Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre : Christophe Arleston, Dominique Latil & Jack Manini

Titre : Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre

Scénaristes : Christophe Arleston & Dominique Latil
Dessinateur : Jack Manini

Édition : Soleil Productions (1995)

Résumé :
Depuis bientôt mille ans, l’homme est maître des étoiles et de la Galaxie. Des millions de vaisseaux de ligne relient chaque jour entre eux les innombrables mondes connus : planètes de la Fédération, colonies indépendantes, mondes laissés aux indigènes intelligents.

Mais si la technologie évolue régulièrement et de façon spectaculaire, ce n’es pas le cas de l’homme. Depuis la plus haute antiquité, il se livre toujours aux mêmes activités : le commerce, l’étude, la recherche des plaisirs, et parfois le crime…

Mycroft d’Aquilée est inquisiteur privé. Bien qu’il n’en ait pas l’allure, ce Sherlock Holmes des étoiles est un redoutable adversaire pour les criminels. On ne se méfie pas assez des petits vieux !

Évidemment, ses tarifs sont assez élevés. Mais ne raconte-t-on pas que certains de nos plus éminents gouvernants ont parfois recours à ses services ? Surtout lorsqu’il s’agit des Mondes des Confins…

Accompagné de Morgane, sa délicieuse collaboratrice, Mycroft se rend à Caprale pour résoudre une énigme sur la contrefaçon d’inestimables flacons de vins de fleurs.

Mais sur l’île du Maître Floraliste, ce sont des cadavres qui l’attendent…

Critique :
Mycroft, en inquisiteur et dans qui enquête dans l’espace ! Oui, ça risque d’en effrayer certain(e)s pourtant, c’est tout de même assez bien foutu dans l’ensemble.

Mon seul bémol sera pour le manque d’humour auquel Arleston nous a habitué dans ses autres séries, mais si on n’a pas son quota de jeux de mots, on aura tout de même quelques belles réparties car Mycroft ne manque pas de cynisme et d’ironie.

— Mycroft !   Ce que vous venez de faire est proprement immoral !
— Je sais, mon petit. Mais j’ai des frais, vous comprenez !

On a beau se trouver face à une enquête à 100% SF, pour moi, ça reste une enquête et même s’il n’est noté nulle part que nous avons affaire au grand frère de Sherlock, Mycroft d’Aquilée a tout de ceux qui l’ont sans aucun doute inspiré.

— Je dois vous avouer que lorsque j’ai répondu à l’annonce je ne vous imaginais pas comme ça !!
— Ma chère Morgane, peu importe le physique, un bon inquisiteur se fie avant tout à son cerveau et à sa logique.

Niveau déductions, il ne nous les sort pas comme Sherlock – dommage – mais il reste tout de même un enquêteur de pointe et très intelligent. D’ailleurs, il le sait.

Mycroft a beau avoir de l’âge, porter un kilt, une casquette ridicule et fumer un narguilé directement relié à une espèce de bourse pendant devant les siennes, il n’en reste pas moins un homme attaché aux détails et aimant pousser les gens dans leurs retranchements afin d’arriver à la vérité.

Se rendant à Caprale (là où on fabrique des vins exquis à partir de fleur) pour une simple enquête à propos de faussaires, voilà notre Mycroft et son assistante, la pulpeuse Morgane, face à un crime atroce : un décapité qu’on a jeté ensuite dans la cuve de nectar.

Mais que fait l’agence fédérale pour la sécurité alimentaire ?? Le vin va avoir un goût.

Minutieusement, notre Mycroft va enquêter, ne pas tout dévoiler à sa sexy assistante, regarder tout de monde de travers, leurs sortir leurs quatre vérités afin de démasquer le coupable et de tenter de savoir qui en veut ainsi à sa vie et à celle de Morgane.

Comme dans un bon Hercule Poirot, notre Inquisiteur Enquêteur rassemblera tout le monde à la fin pour tout nous expliquer et confondre l’assassin.

Et c’est là que l’on rajoute la chantilly sur une pâtisserie qui était déjà exquise car les auteurs ont tout de même fait en sorte de nous offrir une résolution à laquelle on ne s’attend absolument pas.

Ils auraient pu faire dans du basique, mais non, ils se sont creusés les neurones pour nous étonner et ils ont bien fait.

Je m’étais bien amusée à découvrir cette bédé il y a 1 an et la relecture n’a rien entamé de ce plaisir car, en plus, j’avais tout oublié de l’identité du coupable.

Comme quoi, avec des bons scénaristes aux commandes, on peut envoyer une sorte de Mycroft Holmes dans l’espace sans que cela nuise au personnage car il est là-dedans comme un poisson dans l’eau.

— Morgane, voulez-vous coucher avec moi ?
— Pardon ??
— Oh, je me suis peut-être mal exprimé… Je voulais dire qu’on a déjà attenté à notre vie, et que la prudence élémentaire voudrait que nous ne nous séparions pas. Vous prendrez mon lit, je dormirai dans le fauteuil.
— Ahhh ! Oui, bien sûr.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).