Le Pays des oubliés : Michael Farris Smith

Titre : Le Pays des oubliés

Auteur : Michael Farris Smith
Édition : Sonatine (17/01/2019)
Édition Originale : The Fighter (2018)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Abandonné à la naissance, Jack est passé d’orphelinats en foyers, avant que Maryann, une lesbienne mise à l’écart par la bonne société de Louisiane, le prenne sous son aile.

Aujourd’hui celle-ci vit ses derniers jours et sa propriété est menacée par les banques. Jack, qui veut à tout prix conserver cet héritage, doit trouver l’argent nécessaire.

Mais, le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, il ne se sent plus la force d’avancer.

D’autant plus qu’il doit aussi affronter Big Momma Sweet, qui règne sur cet empire du vice qu’est le delta du Mississippi.

Critique :
♫ Premier coup d’poing, échangé, dans une cour, de récré ♪

♫ Premier combat, dans la cage, que vous v’nez d’remporter ♪ Ça ne s’oublie pas quand c’est la première fois ♫

Je ne voudrais pas faire hurler dans les chaumières avec cette vieille ritournelle que je viens de vous remettre en tête, mais elle m’est venue spontanément à l’esprit…

Je m’en voudrais aussi de faire pleurer dans les chaumières avec l’histoire malheureuse de Jack, abandonné à l’âge de deux ans par ses parents, uniquement vêtu d’une couche sale et brinquebalé ensuite de foyer en foyer…

Mais c’est ainsi… Vous aurez la larme à l’oeil et personne ne saura si c’est à cause de l’histoire triste de Jack ou à cause de la chanson que je viens de vous remettre en tête pour toute la journée.

Ma foi, j’aurais pu chanter du Nolwenn avec son ♫ Cassé ♪ car c’est ce que Jack est, cassé de partout. Trop de combats dans la cage, trop de coups de poings encaissés, trop de cachets avalés, trop de whisky, trop de dettes à rembourser, trop de tout.

Pourtant, à l’âge de 12 ans, ça avait mieux tourné pour lui, quand Maryann l’avait accueilli, mais on ne peut pas lutter contre ses démons et si Jack s’était apaisé, d’autres sont venus jeter de l’huile sur le feu bouillonnant qu’il était.

Jack, on pourrait le cataloguer dans les loosers : il a emprunté de l’argent à Big Momma Sweet, l’a joué dans les combats, ne s’est pas couché quand on le payait pour ça, a joué au casino pour se refaire, ne s’est pas retiré à temps…

Un cercle vicieux dans lequel il a mis le doigt et impossible d’en sortir, un pas après l’autre, il court à sa perte car il est incapable d’être raisonnable, est tête brûlée et on a souvent envie de l’attraper par le col, et pourtant, on reste là à le regarder s’enfoncer de plus en plus, en serrant les dents pour lui.

Ce roman noir est court mais tous les ingrédients du roman noir se trouvent dedans ! Rien ne manque, ni les personnages flamboyants, paumés, violents, alcooliques, sans morale aucune, profitant des faiblesses des autres ou les loosers magnifiques.

Comme durant un match dans la cage, les coups pleuvent entre les rounds et l’auteur, s’il te laisse tout de même respirer, t’entraine vers le combat ultime, celui dont tu as peur de ne pas tenir, de t’écrouler et de voir ton sang imprégner le ring sale sur lequel tous les coups sont permis.

Là, tu as envie de te mettre à genoux et d’implorer le créateur de ses pages d’épargner un peu ses personnages, de leur offrir des vacances, loin de tout cela, de faire intervenir les Bisounours pour calmer le jeu, mais pas de miracle, l’auteur ne t’écoute pas et on se prend des pains dans la gueule et on en redemande.

Un roman noir violent, sombre, avec très peu de sucre, profond, âpre, mais il est réaliste, juste et la plume de l’auteur se plante dans ton cœur car il nous offre des personnages puissants, même dans leur détresse ou dans leur loositude (comment ça, le mot n’existe pas ? J’m’en fous).

L’Amérique profonde, une fois de plus, m’a envoûtée. Normal, avec Michaël Farris Smith aux commandes, le voyage ne pouvait être que très bon.

Mais il serait peut-être temps que je me fasse un roman d’humour ou un Oui-Oui, ça me ferait du bien au moral littéraire.

Des centaines de kilomètres plats. Des repaires d’esclaves et de soldats. Une terre d’oubliés couverte de cieux infinis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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30 réflexions au sujet de « Le Pays des oubliés : Michael Farris Smith »

  1. Bin euh je ne connais pas cette chanson…didonc….mdr…cela ne rentre pas dans ma tete alors…
    en tout cas tout un roman…je le verrais bien en Film….cela peut etre excellent…;)
    Bonne semaine….

    Aimé par 1 personne

  2. Bouh que c’est triste ! Tu veux me faire pleurer hein? Avoue vilaine Belette que tu veux me faire pleurer! Tu veux que je fasse une dépression c’est ça ! 😂🤣😂 Nan plus sérieusement… comment tu fais pour supporter des zhistoires pareilles? T’as pas assez lu de Zola ou c’est que tu trouve qu’il n’allait pas assez loin? 😁 Heu… dans ce cas… serait-on alors fondés de te considérer comme étant animée d’une certaine dose de sadisme ? 😬

    Aimé par 1 personne

    • Oui, parce que j’ai investi mon fric dans les pharmaceutiques et les anti-dépresseurs, paraît qu’on se fait un fric de malade avec ces saloperies !!! Les gens sont vites accros 😉

      Non, pas encore lu Zola, sauf Germinal, vu en film… Faudra que je vérifie s’il va au bout des choses, l’Émile !

      Sadique, moi ? Maso, sans doute…. 😆

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      • Oh! Faut absssoooooluement que tu lises Nana! Il est plus léger que les autres et il se moque des bourgeois hypocrites qui entretiennent des courtisanes. En plus il y mets des éléments de réalité de l’époque (le lit de Nana à tellement existé sauf qu’il a été fait par Valtesse de la Bigne).

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  3. Quelques lourdeurs dans le style m’ont un peu gâché le plaisir… Et j’ai vu venir la fin comme le nez au milieu de la figure. Mais force est de reconnaître que l’auteur est un sacré conteur… usrtout quand il s’agit de nous plomber le moral 🙂

    Aimé par 1 personne

    • J’avais espéré la fin, mais je pensais que l’auteur ne nous la ferait pas ainsi, que je devrais sortir les mouchoirs. Mais niveau « je plombe l’ambiance », l’auteur est fortiche !

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