Bilan Mensuel Livresque : Avril 2019

Quel Bilan Littéraire pour Avril ? Ai-je lu autant que je l’eusse voulu ? Y a-t-il des coups de cœur livresque et des abandons au menu ? Des LC de folie ou des livres qui finissent dans la case « pertes et profits » ?

Oui, il y a eu de ça au menu d’Avril qui ne compte que 12 romans lus car le 13ème qui aurait pu s’y retrouver est aux abandons, 3 mangas et 5 bédés (20 lectures).

Niveau LC, heureusement que nous avions un Harry Potter, parce qu’entre un report pour cause indépendante de ma volonté et un abandon des deux côtés pour un livre qui ne nous emballait pas, le bilan LC est maigre.

Avril, ne te découvre pas d’un fil… Pourtant, le Mois d’Avril fut ensoleillé au niveau de la météo mais il fut pluvieux dans mon coeur ainsi que dans celui de mes proches.

À croire qu’on n’avait pas assez trinqué déjà avec un décès en octobre d’une personne chère à mon coeur, il a fallu que ma mémé (grand-mère paternelle) décide, elle aussi, d’aller voir ailleurs. Et bien que son âge fusse canonique, bien que ce soit dans l’ordre logique des choses, ça fait tout de même mal à la gueule car c’est tout un pan de notre enfance qui est foutu le camp avec elle.

Une parole de la chanson de Goldman « Puisque tu pars » a d’ailleurs une parole qui résume bien ces deux décès : « Et loin de nos villes, Comme octobre l’est d’avril » (un décès en octobre et un en avril, bien visé, JJG) et puis, comme un malheur n’arrive jamais seul, le frère de mon Chouchou est en phase terminale de son putain de cancer (2,5 ans de lutte), dont, rebelote, on va remettre ça. Faut être solide.

Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu’il est des douleurs qui ne pleurent qu’à
l’intérieur

EDIT du 1er mai : le combat est terminé pour mon beauf’, le cancer l’a vaincu. Il partait gagnant, ce putain de cancer mais il a bien lutté mon beauf’. Salutations à lui.

Plus joyeux, parce qu’il le faut sinon on ne tient pas le coup, le nouveau chien de mes parents apprend tout doucement, elle progresse au niveau écoute, mais un simple papillon lui fait tourner la tête et là, on a encore du dressage à faire.

Sans compter qu’elle a toujours envie de faire des câlins aux chats qui n’apprécient pas trop ça et que dès qu’un fiche le camp en courant, elle le poursuit pour jouer… En ce qui concerne les chats, deux nouveaux sont arrivés, on ne sait pas d’où (abandons ? perdus ?) et pour une fois, on sait les caresser !

Celle que je nommais La Grise (oui, je sais, je suis fortiche dans les noms) s’est laissé caresser durant la bouffe et maintenant, elle vient près de moi se frotter, sans doute une qui était restée un certain temps sans voir des Humains.

Maintenant, elle se nomme Arya et un autre chat, fraichement débarqué lui aussi, a tout d’un grand conquérant mâtiné de postures à la Alain Delon, un vrai pot de colle que j’ai nommé Hannibal car je vous jure qu’il marche comme s’il avait déjà acheté la moitié de la propriété. Il adore jouer à l’ombre de ma mère (qui n’aime pas trop les chats) et la suivre comme un petit chien, déboulant toujours d’on ne sait où (le chat, pas ma mère)…

Quant au Challenge personnel que je me suis mise sur le dos, il avance lentement mais sûrement, mais il est encore trop tôt pour vous en parler, ça pourrait encore foirer et finir en eau de boudin.

Bon, revenons au Bilan Livresque, maintenant.

Retenez bien ceci : Tous les péchés sont capitaux de Daria Desombre (ICI) et pour expier tout cela, vous me ferez 4 paté (de sable) et 3 avé (Caesar morituri te salutant) ainsi que trois tours d’égile, ou, plus simplement, vous me lirez cette enquête bien torchée, palpitante, amusante, fraiche, gore mais qui ne sombre jamais dans le voyeurisme et les détails horribles. Voilà un roman policier whodunit « classique » tout en étant différent car ici, on ne rassemblera pas tout le monde dans le salon pour proclamer que c’était le colonel Moutarde dans la biblio avec la clé anglaise.

Comment ça ? Le coupable désigné par Hercule Poirot, et donc par Agatha Christie ne serait pas le bon ?? Qui a tué Roger Ackroyd ? de Pierre Bayard (ICI) remet les pendules à l’heure. Qu’on soit ou non d’accord avec la théorie de l’auteur, force est de reconnaître qu’il a tout pris en compte pour étayer sa théorie et qu’elle se tient.

S’il y a bien une saga que j’ai adorée, qui a évolué avec l’âge de ses lecteurs et qui est toujours aussi bien à tel point que j’ai eu envie de le relire, c’est bien les aventures du sorcier de Poudlard, Harry Potter ! Harry Potter et la chambre des secrets – Tome 2 ‭de‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca] (ICI).

Certains reprochent aux romans noirs d’être trop noirs, mais en voici un qui tout en étant sombre possède une once de clarté dans sa noircitude ! Comme les lions – Bull Mountain 2 de Brian Panowich (ICI) est moins sombre que le premier tome mais l’auteur a réussi le pari de continuer l’histoire sans l’affaiblir. Il avait la maîtrise de son scénario et nous a même réservé un final qui en mettra sur le cul plus d’un.

Voilà un roman qui parle d’une des nombreuses batailles de la Guerre de Sécession moins connue mais tout aussi mortelle que les autres. La force de Shiloh de Shelby Foote (ICI) est que ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs sont les mêmes. Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Quelle merde ces 4ème de couverture qui, pour vendre un livre, nous font des comparaisons plus que limite ! Malgré son flic borderline, Lune noire [Billy Lafitte – Tome 1] d’Anthony Neil Smith (ICI) n’a pas tenu ses promesses ! Les allusions à Jim Thompson et James Crumley, étaient une erreur ou un leurre du marketing, car nous sommes loin d’un flamboyant Nick Corey, d’un Lou Ford et même d’un Milo Milodragovitch et d’un C.W. Sughrue. Au suivant !

Si vous avez trop chaud ou si vous voulez aller en Alaska à moindre frais et éviter les engelures, plongez-vous dans Sauvage de Jamey Bradbury (ICI) et vous découvrirez un récit dur, âpre, magnifique, servi par une plume alerte qui sait bien décrire les émotions ou l’implacabilité, la rudesse de l’Alaska et la solidité des gens qui y vivent. Un coup de cœur.

Longue nouvelle ou court roman, je ne sais pas, mais malgré un air de déjà-lu, Élévation de Stephen King (ICI) s’affranchi très vite de « La peau sur les os » pour partir dans une toute autre direction et baffer les biens pensants de l’Amérique homophobe ou tout simplement les biens pensants qui n’aiment pas que les autres suivent une autre route qu’eux. Une lecture qui, sans être exceptionnelle m’a fait fondre de plaisir durant quelques heures et m’a élevé un peu au-dessus de la mêlée de tous ces bas de plafond que je n’apprécie pas.

On devrait mettre un bandeau-titre pour prévenir les lecteurs que Nuits Appalaches de Chris Offutt (ICI) procure des émotions violentes et rend ceux qui le lise accro aux personnages et à l’histoire. Ça, c’était un sacré putain de roman noir comme la nuit, mais une nuit pourvue d’étoiles qui brillent au firmament et qui vont me hanter longtemps tant le récit était magnifique, la plume portant son récit d’une manière acérée. Gallmeister, mon fournisseur de coups de coeur…

Punaise, à chaque roman, il m’emballe, il m’emporte et Manhattan Chaos ne fera pas l’exception ! Michaël Mention (ICI) a du talent et il sait le transcender dans ses romans qui sont tous différents car l’auteur ne se cantonne pas dans un seul genre. Je vous le dis, si ce type mettait son talent littéraire à la cuisine, il me ferait bouffer n’importe quoi tellement il le sublimerait ! Chapeau bas et Merci. Pour. Ce. Moment. Littéraire.

Comment arriver à rendre une enquête sur une chute qui a tout de l’accident en roman impossible à lâcher ? Comment, sans rebondissements à gogo maintenir le lecteur en éveil ? Faut demander à John Wainwright car dans Une confession (ICI) il est arrivé à ma scotcher plus facilement qu’avec de la SuperGlue©. Le fait qu’il soit Anglais y est sans doute pour quelque chose, ils savent créer des ambiances, eux. Un roman policier qui joue avec nos nerfs, nos certitudes, nos pensées, pour mieux les chambouler et nous étourdir à la fin. Des comme lui, moi, j’en redemande !

Pour le Pique-Nique des orphelins de Louise Erdrich, qui devait constituer notre autre LC du mois avec Bianca, ce fut un échec total. Impossible pour moi de me concentrer dans le roman, vous me direz que c’était normal, vu les mauvaises nouvelles qui nous tombaient sur le dos mais bizarrement, à la maison, j’en ai pris un autre et là, ça passait comme une lettre à la poste. Donc le problème venait du roman et comme nous étions sur la même longueur d’ondes avec Bianca, allez hop, aux oubliettes !

Je n’ose imaginer le travail de titan qu’il a fallu à l’auteur afin de pondre un roman qui a tout de l’exactitude historique. 1793 de Niklas Natt och Dag (ICI) m’a plongé dans la Suède de 1793 aux côtés de deux enquêteurs atypiques qui avaient tout d’un Holmes & Watson en situation de handicap (physique, pas mental) sans oublier de nous dévoiler un pan de la vie d’autres personnages qui étaient des plus intéressants.

Bilan Livresque : 12 romans lus + 1 abandon

  1. Tous les péchés sont capitaux : Daria Desombre
  2. Qui a tué Roger Ackroyd ? : Pierre Bayard
  3. Harry Potter – Tome 2 – Harry Potter et la chambre des secrets ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]
  4. Comme les lions – Bull Mountain 2 : Brian Panowich
  5. Shiloh : Shelby Foote
  6. Lune noire [Billy Lafitte – Tome 1] : Anthony Neil Smith
  7. Sauvage : Jamey Bradbury
  8. Élévation : Stephen King
  9. Nuits Appalaches : Chris Offutt
  10. Manhattan Chaos : Michaël Mention
  11. Une confession : John Wainwright
  12. Le pique-nique des orphelins ‭: Louise Erdrich [LC avec Bianca] (ABANDON)
  13. 1793 : Niklas Natt och Dag

Bilan Livresque : 3 Mangas lus + 5 bédés (8 lectures)

  1. Choc – Tome 01 – Les fantômes de Knightgrave : Colman & Maltaite
  2. Choc – Tome 02 – Les fantômes de Knightgrave : Colman & Maltaite
  3. Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 03 – Après la guerre : Jacques Tardi
  4. Dent d’ours – Tome 05 – Eva : Alain Henriet & Yann
  5. Kid Paddle – Tome 05 – Alien Chantilly : Midam
  6. Vinland Saga – Tome 18 : Makoto Yukimura
  7. Vinland Saga – Tome 19 : Makoto Yukimura
  8. Vinland Saga – Tome 20 : Makoto Yukimura

 

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Une confession : John Wainwright

Titre : Une confession

Auteur : John Wainwright
Édition : Sonatine (14/03/2019)
Édition Originale : Cul-de-Sac (1984)
Traducteur : Laurence Romance

Résumé :
À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle.

Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide.

L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Critique :
La vie est ironique. John Wainwright avait écrit « À table », qui donna l’excellent film « Garde à vue », avec Michel Serrault, Lino Ventura, Romy Schneider et Guy Marchand et si son roman eut du succès, apparemment, ce ne fut pas le cas des autres.

Et voilà que Sonatine nous sort de son chapeau un autre chef d’oeuvre de cet auteur, mais inconnu, celui-là ! Comment cela se fesse-t-il ? Un roman à succès et un autre qui dormait ?

On aura attendu 35 ans avant de pouvoir le lire dans la langue de Molière mais je pense que cela valait la peine d’attendre.

Confession, c’est John Duxbury qui se confie à son journal, lui confiant ce qui ne va pas dans son couple, mais sans entrer dans des détails scabreux car ce journal est pour son fils.

À la lecture de ses pages, on voit bien qu’il y a une couille dans le potage entre lui et Maude, son épouse, qui est aussi folichonne et enjouée qu’un discours de notre roi des Belges à nous, Flupke Ier.

C’est vous dire l’amusement et la folle ambiance qui règne chez le couple Duxbury dont madame pense qu’au-delà d’un certain âge (50 ans), faire des folies de son corps n’est plus permis.

Vous comprendrez que lorsqu’elle boira son bouillon de onze heures en glissant du haut d’une falaise (J’ai glissé, chef) j’en ai presque souri de contentement.

Maintenant, quant à savoir si monsieur son mari l’a poussé ou pas, c’est une autre histoire et il faudra un enquêteur aussi tenace qu’un Columbo, avec les petites cellules grises d’un Poirot et la perspicacité d’un Holmes pour démêler ce sac d’embrouilles.

L’inspecteur Harry Harker aurait bien besoin de la baguette magique de Harry Potter…

Non, on ne commence pas ce roman dans l’espoir de lire un scénario à la 24h chrono car l’allure est plus proche de celle d’un vieil épisode de l’Inspecteur Derrick que d’un Jack Bauer sous amphétamines.

Mais nom de Zeus, Marty, quelle ambiance ! L’Angleterre, ça vous change un roman policier, ça vous le présente sous un autre jour, ça vous le sublime avec presque rien et ça vous tient par la barbichette aussi bien qu’un épisode de GOT (mais avec les dragons en moins).

L’auteur a su jouer avec les différents personnages, nous faisant suivre le journal de Jhon Duxbury, mais aussi l’enquête de Harry ou de différents policiers, nous présentant par la même occasion toute une galerie de personnages des plus intéressants.

Duxbury est-il coupable, oui ou non ? Le témoin est-il fiable ? Parce que vu ainsi, ça sent un peu la vengeance… Et si culpabilité il y a, comment la prouver avec ce témoin aussi costaud qu’un vieux Carambar oublié au soleil ?

Véritable travail de Petit Poucet, enquête minutieuse partie de rien, Harry Harker n’a pas la gouaille d’une capitaine Marleau mais pour ce qui est de rassembler les petits détails tels des petits cailloux blancs disséminés dans tous les coins, on peut lui faire confiance.

Voilà un roman policier qui m’a accroché, qui m’a tenu en haleine sans pour autant mettre du suspense à toutes les pages et l’auteur, homme talentueux qu’il est, a encore su nous réserver du dessert pour le final et me trouer le cul.

Un policier qui joue avec nos nerfs, nos certitudes, nos pensées, pour mieux les chambouler et nous étourdir à la fin. Des comme lui, moi, j’en redemande !

Messieurs dames de chez Sonatine, continuez de fouiller les vieilles caisses de romans inconnus d’auteurs connus et donnez-nous encore un tel plaisir littéraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019). et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Vinland Saga – Tome 10 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 10

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/10/2011)

Résumé :
Au contact d’Einar, Thorfinn aperçoit un monde qui lui était étranger, celui de la paix. Pourtant, il continue d’être rongé par des cauchemars dont il ne parvient jamais à se souvenir et qui pourtant semblent contenir un message important.

Mais aucune vie n’est exempte de violence te Thorfinn et Einar ont de plus en plus de problèmes avec des paysans de la ferme, jaloux de voir le maître accorder de l’attention à de vulgaires esclaves.

Vient alors pour Thorfinn le moment de se rappeler les paroles de son père et d’Askeladd et de faire le choix le plus important de sa vie…

Critique :
Habitués que nous avons été à suivre des combats vikings, qui aurait pu dire que le lecteur apprécierait tout autant la description de la vie dans les champs du Danemark ?

Franchement, je n’aurais pas parié un cent sur un tel engouement et pourtant, pourtant, le mangaka est arrivé à rendre tout cela passionnant en insérant dans cette vie rythmée par les travaux, des petits plus qui donnent envie d’aller plus loin dans l’aventure.

Les différents personnages qui se croisent dans ce tome n’y sont pas non plus étrangers et l’auteur a pris soin de les travailler, de leur fournir une personnalité propre, que se soit le fils du propriétaire, le petit vieux acariâtre et râleur qui aide Thorfinn et Einar, la jolie favorite de Ketil, l’épouse de Ketil qui doit avec ses règles perpétuellement ou les mercenaires engagés pour protéger le domaine.

Tout le monde interagit et sans même s’en rendre compte, on dévore ce tome avec avidité, se demandant toujours comment nos deux amis, Thorfinn et Einar, vont faire pour s’en sortir.

Hé oui, il y a toujours les serviteurs libres de Ketil qui, étant en dessous du tableau hiérarchique, cherchent des poux à ceux qui ne s’y trouvent même pas… Toujours descendre le plus faible, paraît que ça rehausse son prestige… Et puis surtout, c’est si facile.

Thorfinn change, même s’il a toujours l’air un peu zombie, il grandit, devient adulte, on oublie le jeune homme colérique qu’il était, l’assassin sans bruit qu’il fut, et les nombreuses morts qu’il a sur la conscience.

Il comprend que pour avancer, il va devoir changer et affronter ses démons, comme il le fit dans le Valhöll, ce qui donne un petit côté fantastique à l’épisode.

Toujours un tome de transition, mais ici, Thorfinn évolue, change. Il avait déjà commencé à changer au contact d’Einar, un pacifiste, mais là, il repasse du bon côté de la Force et va tenter de quitter son côté obscur.

Un tome bourré de mystères et de suspense, quoiqu’on pourrait en penser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Manhattan Chaos : Michaël Mention

Titre : Manhattan Chaos

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10/18 (07/03/2019)

Résumé :
New York, 13 juillet 1977. L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Fils de Sam rôde dans les rues.

Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville.

Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. En manque d’héroïne, il se résout à sortir en quête d’un dealer lorsque des émeutes se déclenchent.

Débute une nuit de terreur, où il va se heurter aux pillards et aux fantômes de Manhattan.

Traqué d’un siècle à l’autre, la star déchue fera tout pour survivre, alors qu’un mal mystérieux le ronge de l’intérieur.

Critique :
Michaël Mention est un auteur qui a du talent et si tout son talent littéraire devenait culinaire, ce type arriverait à me faire bouffer des abats avec un grand sourire aux lèvres, à tel point que j’en redemanderais !

Non seulement ce p’tit gars m’a fait apprécier un roman qui parlait DU fameux match de foot France/RFA du 8 juillet 1982 (demi-finale de la coupe du monde de football en Espagne), alors que j’en ai rien à fou… foot, de ce sport (j’ai toujours rien capté au hors jeu, c’est vous dire).

Et là, maintenant, il vient de me faire passer un foutu bon moment de lecture avec Miles Davis alors que je déteste le jazz (oui, c’est viscéral) et que je connais rien de cet homme !

Le décor est grandeur nature, Miles Davis commence sa soirée dans son appart. Après la grandeur on est dans la décadence et notre jazzman de génie (c’est pas moi qui le dis) a sombré dans l’alcool, la drogue et ce n’est guère reluisant.

Stock de drogue à zéro et pas de dealer pour la lui livrer, voilà notre Miles qui part en goguette dans la ville de New-York, plongée dans le noir, suite à un black-out. Décor grandeur nature, sans spotlight, mais c’est comme si nous y étions, car Mention a l’art et la manière de vous décrire des lieux, comme si vous y étiez. Il aurait aussi ses chances comme agent de voyage, lui.

Deux personnages centraux, principaux : Miles Davis, bien entendu et le mystérieux John. Si le second est énigmatique, le premier est décrit avec talent à tel point que j’ai eu envie d’aller écouter du jazz et d’en apprendre plus sur la vie de Miles. Un comble pour moi qui n’aime pas cette musique.

Bon, sur ce point là, Mention n’a pas réussi à me faire aimer le jazz, pour les miracles, comptez 48h.

Oups, j’ai oublié un autre personnage principal, moi : Big Apple ! New-York et ses quartiers, chauds ou non, livrés aux pillages durant ce black-out de juillet 77.

La présence de N-Y, que nous allons traverser dans l’espace et dans le temps est bien prégnante, tout en sachant se faire discrète afin de ne pas voler la vedette à notre toxico trompettiste, tout en étant là et bien là, en arrière-plan.

On aurait pu croire que toute l’histoire va tourner autour de Miles Davis cherchant à éviter le danger dans cette ville plongée dans le noir, livrée à elle même et que tout ne sera qu’un parcours de cache-cache avec la faune sauvage de la Grosse Pomme, mais ce serait réducteur et trop facile.

Michaël Mention explore une fois de plus les pans de l’Histoire de New-York et vous vous doutez bien, que c’est, une fois de plus, les plus sombres ! Oubliez les cotillons et les confettis mais sortez les cagoules blanches pointues, les croix gammées, le racisme et tout ce qui fait l’identité de l’Amérique que je n’aime pas mais que je prends toujours plaisir à observer dans les romans.

Sans jamais être ennuyeux ou redondant, l’auteur nous immerge au plus profond de la chaleur de New-York et de son Histoire personnelle. Oserais-je dire qu’il le fait avec Mention ? En tout cas, c’était inattendu de la manière dont il le fait. Inventif et subjuguant,  voilà comment il le fait.

Un roman noir dans tous les sens du terme, caniculaire et glaçant, totalement fou mais avec les pieds sur terre, un very bon trip qu’on n’arriverait jamais à faire, même sous cocaïne, solution à 7%, bien entendu !

Je vous le dis, si ce type mettait son talent littéraire à la cuisine, il me ferait bouffer n’importe quoi tellement il le sublimerait !

Dis-moi, Michaël, t’en as encore beaucoup des histoires dans ce genre là ? Parce que moi, je suis preneuse ! Hélas, je te connais et je sais très bien que tu changes à chaque fois d’univers, que tu te réinventes, que tu explores à chaque fois de nouveaux univers, pour notre plus grand plaisir.

Et tu le fais bien avec ton style d’écriture qui n’appartient qu’à toi. Merci. Pour. Ce. Moment. Littéraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le loup en slip – Tome 02 – Le loup en slip se les gèle méchamment : Wilfrid Lupano, Paul Cauuet & Mayana Itoïz

Titre : Le loup en slip – Tome 2 – Le loup en slip se les gèle méchamment

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateurs : Paul Cauuet & Mayana Itoïz

Édition : Dargaud (10/11/2017)

Résumé :
Le loup en slip est de retour et pourrait bien redevenir le méchant de l’histoire L’hiver arrive, il neige, il fait froid. Grognon, le loup répète sans cesse « qu’on se les gèle » !

Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ?

Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !

Critique :
L’hiver est là mais pas de panique, les animaux de la forêt sont bien organisés et tout est prévu pour qu’on puisse acheter du pain, des fromages pour faire des raclettes, skier, prendre des bains chauds et tout ce qui aide à supporter l’hiver rigoureux.

Tout le monde est content, donc ?

Ben non, notre ami le loup est ronchon, grognon et répète à qui veut qu’on se les gèle ! Qu’on se les gèles grave, même…

Oui, mais on se gèle quoi, au fait ?? Voilà la grande énigme de ce deuxième album.

Puis des animaux disparaissent… Disparitions brusques alors que le loup en slip est ronchon et de mauvais poils ??

Les alarmistes s’agitent : on vous l’avait bien dit que le loup était un prédateur !!! Allez hop, on ressort la panoplie des brigades anti-loup et autres trucs pour se défendre !

Toujours dans la même veine que le premier, ce deuxième album m’a ravi parce que durant toute l’histoire, je me suis demandé ce que le loup pouvait se geler puisqu’il porte un slip tout beau tout chaud.

D’ailleurs, les animaux aussi se sont posé la question et les plus téméraires ont demandé à notre loup mais n’ont pas eu la réponse escomptée.

Si le premier tome portait sur la peur de l’autre et la stigmatisation des minorités, celui-ci parlera d’égoïsme, de société de consommation, d’hypocrisie, de loisirs à gogo et le tacle aux autres animaux sera sévère. La gifle à notre société aussi puisque ces animaux agissent comme nous, bien souvent sans s’en rendre compte.

Sans lourdeur, sans exagérer, les auteurs nous démontrent une fois de plus les travers de notre société grâce aux animaux de la forêt et si le final n’est pas un véritable happy end car impossible à réaliser, c’était tout de même un : « Tout ne fut pas parfait, mais ce fut mieux que quand c’était pire ».

Une jolie fable au message sévère, certes, mais la fable ne se veut pas moralisatrice non plus, cela ne ferait pas changer les comportements. Disons que c’est une sacrée piqûre de rappel.

Encore un excellent album !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Nuits Appalaches : Chris Offutt

Titre : Nuits Appalaches

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister Americana (07/03/2019)
Édition Originale : Country Dark (2018)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs.

Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine, et la sauve des griffes de son oncle. Immédiatement amoureux, tous deux décident de se marier pour ne plus jamais se quitter.

Tucker trouve un boulot auprès d’un trafiquant d’alcool de la région, et au cours des dix années qui suivent, malgré leur extrême précarité, les Tucker s’efforcent de construire un foyer heureux : leurs cinq enfants deviennent leur raison de vivre.

Mais quand une enquête des services sociaux menace la famille, les réflexes de combattant de Tucker se réveillent.

Acculé, il découvrira le prix à payer pour défendre les siens.

Critique :
Et bien, ça m’arrive tellement rarement de ne pas avoir ma phrase d’intro pour une chronique que ça mérite d’être souligné !

Là, je suis toujours un peu groggy, suite à ma lecture passionnante et émouvante de ce que j’appellerais « Les aventures de la famille Tucker ».

Aventures « merdiques », il va sans dire, puisque cette famille habite les collines du Kentucky et que, sans vouloir entrer dans les stéréotypes, je suis pourtant forcée de le faire, car habiter cette région vous colle une étiquette sur le front et que malheureusement, une partie de cette étiquette est véridique.

Peuplée de familles vivant dans la précarité, de pères violents, alcoolos, de jeunes désœuvrés, les collines du Kentucky recèlent toujours une faune assez haute en couleur, même si je ne les ai visitées que par la littérature, mais Chris Offutt en parle tellement bien, qu’on les aime directement, ces white trash.

La famille Tucker est composée d’un vétéran de la guerre de Corée – Tucker – qui a rencontré sa future épouse – Rhonda, 15 ans – en la délivrant de son oncle qui voulait se la faire le jour des funérailles du père de cette même Rondha… Ça vous situe ?

Pour faire bouillir la marmite, notre Tucker devient coursier pour un bootlegger du coin, puisque nous sommes en 1953 et que fabriquer de l’alcool est toujours une activité lucrative. Tucker ne sait rien faire d’autre que la guerre, alors, coursier, ça lui va très bien.

Dix ans plus tard et 5 enfants aussi, Tucker est le meilleur coursier et même si sa famille vit dans la précarité, il est prêt à tout pour elle.

La force de ce roman tient dans ses personnages qui n’ont rien pour eux, au départ, qui ressemblent à tous les gens précarisés de la colline, si ce n’est que chez les Tucker, on aime ses enfants, on les protège, on les couvre de tendresse et que l’on se demande pourquoi on n’arrive pas à faire des enfants sans handicap (une seule fille est née « normale).

Énormément d’émotions dans ce père qui parle à son fils, Big Billy, atteint d’hydrocéphalie, énormément de tendresse dans cette soeur, Jo, qui s’occupe de ses sœurs atteintes, elles, d’autres handicap, tellement de questions et de peine dans cette mère, Rhonda, qui se voit mettre au monde des enfants anormaux et qui fait tout ce qu’elle peut pour tenir sa maison en ordre.

Il y avait aussi tellement de compréhension dans cette dame des services sociaux qui sait comment adresser la parole aux Tucker, alors que son collègue ne veut qu’une chose : les retirer tous à leur mère.

Ce qui entrainera des conséquences lourdes pour la famille et pour ce crétin des services sociaux qui a vu des animaux de foire, des parasites, en lieu et place d’êtres humains doués de sensibilités et d’amour.

Un sacré putain de roman noir comme la nuit, mais une nuit pourvue d’étoiles qui brillent au firmament et qui vont me hanter longtemps tant le récit était magnifique, la plume portant son récit d’une manière acérée.

Un roman noir comme je les aime et comme je voudrais en lire plus souvent. Mon seul bémol sera pour le fait qu’il était trop court et que j’aurais aimé passer plus de temps avec les membres de la famille Tucker.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre : Jacques Tardi

Titre : Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre

Scénariste : Jacques Tardi
Dessinateur : Jacques Tardi

Édition : Casterman (28/11/2018)

Résumé :
Le final du récit le plus intime de Tardi.

Après son retour du Stalag, René Tardi donne naissance à son fils Jacques en 1946, puis, toujours militaire, il est envoyé en Allemagne dans la zone occupée par la France.

Toute la famille va l’y rejoindre, et s’installer dans une caserne. C’est là que le petit Jacques vivra ses premiers souvenirs, entre ruines et camps militaires.

Puis ce sera le retour à la campagne française, près de Valence, ou entre station-service et garage, son père essaie malgré tout de boucler les fins de mois.

Avec ce dernier volume, Tardi boucle le récit paternel et ouvre une porte sur son enfance, sans toutefois tomber vraiment dans l’autobiographie.

Critique :
Voilà le dernier tome qui clôt une trilogie magnifique, remplie d’émotions, d’Histoire et de tacles pour l’imbécilité humaine, surtout quand l’Homme se fait la guerre.

Ici, nous sommes dans l’après-guerre et Tardi continue de frapper sous la ceinture, là où ça fait le plus mal, et il a bien raison de souligner les comportements horribles qui eurent lieu après la fin de la guerre.

Et surtout l’hypocrisie des uns et des autres, dénonçant la paille dans l’oeil de la voisine qui finira tondue au lieu de voir la poutre dans son oeil à lui, le planqué ou le dénonciateur sans scrupules.

Tardi se met toujours en scène aux côtés de son père, qui nous reparle de quelques faits marquants d’avant-guerre (et de son évitement qui aurait pu avoir lieu), de ses quelques faits d’armes durant la drôle de guerre et surtout de son retour dans sa famille, entre une épouse qui ne veut rien entendre de la guerre ou de la politique ou des anciens qui lui rabâchent sans cesse que leur guerre n’en fut pas une, que la Grande Guerre, ça au moins, c’était une guerre et qu’on l’a gagné…

Bref, pas facile de se reconstruire quand on te rabaisse, quand on ne veut pas écouter tes traumatismes et que tu as toi-même du mal à en parler, que tu t’énerves pour un rien et que tu en veux à tout le monde, surtout à ceux qui se sont enrichis durant le conflit.

Une fois arrivé à sa propre naissance, Jacques Tardi laissera sa place à son double, à son lui-même mais en version bébé, puis jeune gamin.

L’occasion était trop belle et l’auteur parle aussi de sa famille, de sa mère qui lui reprochait sans cesse d’avoir tout bousillé à l’intérieur lorsqu’il était né, l’empêchant ensuite d’avoir des enfants ; ses multiples déplacements avec ses parents lorsque son père était basé en Allemagne ; le mépris des uns pour les autres et le fait qu’ensuite ses parents l’aient confié à ses grands-parents et qu’il ait ressenti cela comme un abandon.

Anybref, on a un peu de tout dans ce dernier tome, de l’après-guerre avec les comportements de tout un chacun et le passé de l’auteur qui, selon moi, est très instructif car nous sommes dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de tous les événements politiques importants qui eurent lieu à ce moment-là.

De quoi se cultiver encore un peu plus, tout en savourant les piques acérées lancées par ses personnages, que ce soit son paternel ou lui-même. Tardi n’est pas tendre et il a raison de taper sous la ceinture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Élévation : Stephen King

Titre : Élévation

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (03/04/2019)
Édition Originale : Elevation
Traducteur : Michel Pagel

Résumé :
À Castle Rock, Scott Carey est affecté par un mal étrange. Il perd rapidement du poids tout en conservant extérieurement la même masse corporelle.

Avec l’aide du docteur Bob Ellis, il tente de comprendre cet inquiétant phénomène.

Parallèlement à cela, Carey a un litige avec ses voisines concernant le chien de celles-ci. Si l’une de ces voisines, Missy, est très amicale, l’autre, Deirdre, est glaciale.

Toutes deux essaient de lancer un restaurant mais le fait qu’elles soient ouvertement mariées provoque l’hostilité d’une bonne partie des habitants de la ville.

Apprenant leur problème et confronté au sien, Carey décide de les aider à vaincre les préjugés de la population locale.

Critique :
À Castral Roc, un homme perdu du poids de manière incompréhensible… Oups, c’est à Castle Rock, mes excuses pour avoir confondu.

Mais attendez un peu, là… Le coup du type qui maigrit à vue d’oeil, le King nous l’avait déjà faite !

Souvenez-vous, cet homme qui était au volant de sa voiture pendant que sa femme lui faisait une clintonnerie et qui avait renversé une vieille gitane (sans filtre ?) qui, en représailles, lui avait jeté un sort d’amaigrissement (cf « La peau sur les os »).

Oui, le King nous l’a déjà fait, mais ici, si le fond reste le même (un homme qui perd du poids), le fond n’est pas le même car sa silhouette ne change pas d’un iota !

Son bidou qui déborde est toujours là, sa masse corporelle ressemble à celle d’un homme d’une nonantaine de kilos (90) et il se passe un truc encore plus chelou lorsqu’il monte sur la balance habillé ou à poil… Mais je ne vous dirai rien, na !

Non, ce court roman ou cette longue nouvelle du King ne fout pas la trouille, même si on est dans le fantastique en plein, par contre, il donne froid dans le dos au niveau du comportement de certaines personnes envers des autres qui sont différents, notamment au niveau de la sexualité.

Il ne fait pas bon être lesbiennes ET mariées dans les petites bourgades car les gens sont mauvaises langues et prompt à juger, à médire, à éviter, sous le prétexte qu’ils n’aiment pas trop les…

J’éviterai l’expression imagée utilisée par un bas de plafond qui se trouve dans l’histoire (on comprenait de suite son mépris), mais disons que les braves gens n’aiment pas trop qu’on suive une autre route qu’eux (merci Brassens).

Grâce à ses personnages bien campés que sont le perdeur de poids Scott Carey et ses voisines lesbiennes, Missy la gentille et Deirdre la glaciale, dont les chiens défèquent sur sa pelouse, notre King adresse une claque à son président du moment, le très viril peroxydé et pas très malin Donald car la ville de Castle Rock est une mini Amérique à elle toute seule, avec ceux qui s’en moquent, ceux qui n’ont rien contre l’homosexualité mais fallait pas se marier et ceux très bigot qui n’en veulent pas dans leur entourage.

Non, niveau fantastique, l’histoire ne fait pas peur, elle donne des frissons autrement, avec son histoire de rejet d’une partie de l’Humanité pour cause d’homosexualité (ou de couleur, de religion, mais pas le sujet ici), avec son histoire d’amitié et ses personnages qui évoluent, se dévoilent, se fendent et montrent ensuite un autre visage.

Non, tout ne sera pas résolu à la fin, l’Homme aura toujours le rejet ancré en lui, mais l’auteur nous démontre que la sexualité est une affaire privée (tant que tout le monde est majeur et consentant) et qu’elle ne devrait pas agir sur la manière que nous avons de voir les autres.

Ma foi, on a le droit d’être contre l’homosexualité, de ne pas être d’accord, on est démocratie, merde, mais on n’a pas le droit d’attaquer, de mépriser, d’insulter, de tabasser QUI que ce soit autrement que pour se défendre d’une agression physique ou parce que l’on appartient à un club sado-maso (les gens font ce qu’ils veulent, après tout).

Une lecture qui, sans être exceptionnelle m’a fait fondre de plaisir durant quelques heures et m’a élevé un peu au-dessus de la mêlée de tous ces bas de plafond que je n’apprécie pas.

Malheureusement, ni moi ni ma PAL n’avons maigri… Qu’importe les calories perdues ou prises tant que l’ivresse littéraire est là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Sauvage : Jamey Bradbury

Titre : Sauvage

Auteur : Jamey Bradbury
Édition : Gallmeister Americana (07/03/2019)
Édition Originale : The wild inside (2018)
Traducteur : Jacques Mailhos

Résumé :
À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska.

Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : « ne jamais perdre la maison de vue », « ne jamais rentrer avec les mains sales » et surtout « ne jamais faire saigner un humain ».

Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur.

Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit.

Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.

Flirtant avec le fantastique, ce troublant roman d’initiation nous plonge dans l’intimité d’une jeune fille singulière qui s’interroge sur sa nature profonde.

Critique :
Ray Bradbury nous entrainait dans les brasiers enflammant les livres (Fahrenheit 451) et Jamey Bradbury, elle, nous emmènera dans les blanches et froides étendues de l’Alaska.

Mettez vos moufles, sortez vos grosses chaussettes et n’oubliez pas votre cache-nez (et cache-tout-ce-que-vous-voulez) afin de ne pas prendre froid, car c’est un véritable apprentissage de la vie au grand air froid que vous allez faire.

Depuis toute petite, Tracy ne s’est jamais sentie bien qu’en courant dans la forêt ou en attelant des chiens de traineau. Son père est un musher et elle ne rêve que de suivre les traces de ses patins de traineau et de concourir à la Iditarod trail, une course pour musher longue et dure.

Ce roman, dans le style nature-writing, dégage une atmosphère bien particulière : un mélange de poudreuse, de jeune fille rebelle et des relents de fantastique car si Tony Chu (le détective cannibale) était un cybopathe (capable de retracer psychiquement la nature, l’origine, l’histoire, et même les émotions, de tout ce qu’il mangeait), Tracy, elle, c’est un autre don qu’elle possède…

La référence à Stephen King n’est pas usurpée, l’élément fantastique est bien là, c’est trash quand on y pense bien, mais le tout est très bien incorporé à l’histoire et passe sans aucun soucis, ajoutant même une autre dimension au récit.

Je peux même affirmer que sans cet élément, le roman n’aurait pas été aussi bien et nous serions parti sur une description des conditions de course avec des chiens de traineau (attention, j’aurais bien aimé en vivre une de l’intérieur, avec Tracy).

Tracy… Quelle jeune fille énigmatique, qui ne se livre que peu souvent, qui ne vit que pour la forêt, ses chasses, les animaux qu’elle trappe.

Petit à petit, l’auteur, de sa plus belle plume, déroule son récit en y incorporant tout doucement cet élément, en nous donnant des indices sans jamais trop forcer sur le trait et c’est avec un effroi certain que nous le comprenons dans son entièreté, non sans ressentir une dose de fascination au dégoût ou de dégoût à cette fascination (au choix).

D’ailleurs, une scène m’a tellement glacé les sangs que même si elle avait eu lieu sous le soleil des Caraïbes, j’aurais été transpercée par le froid. J’en suis restée avec la bouche ouverte et dans l’incapacité de poursuivre ma lecture durant quelques moments tant elle m’avait coupé les jambes.

Et malgré cela, je n’ai toujours pas réussi à être fâchée avec Tracy : à cause de son don (ou de sa malédiction, toujours au choix), elle avait fait une erreur terrible et malgré le froid qui m’a saisit, malgré mes mains tremblantes, je l’ai trouvée touchante jusqu’au bout, cette jeune fille dure comme le bois.

Un récit dur, âpre, magnifique, servi par une plume alerte qui sait bien décrire les émotions ou l’implacabilité, la rudesse de l’Alaska et la solidité des gens qui y vivent.

Des personnages magnifiques, qui me hanteront longtemps, un père veuf qui a fait tout ce qu’il pouvait mais qui n’avait pas compris sa fille puisque les non-dits sont aussi puissant qu’un blizzard, dans cette famille.

Un récit qui aurait encore pu continuer plus longtemps et une envie folle d’aller arpenter les bois de l’Alaska avec un traineau tiré par des chiens.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

[FILMS] Les nanars de Dame Ida – La momie de Alex Kurtzman (2017)

Titre : La Momie – The Mummy

Production : Universal Pictures

Réalisateur : Alex Kurtzman

Avec : Tom Cruise, Russel Crowe, Annabelle Wallis

Sorti en 2017

Intro Allociné :
Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain.

Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.

Note des spectateurs Allociné : 2,5/5

Note des critiques de presse sur Allociné : 2,3/5

Note Télérama : 1/4

Ce que j’en ai pensé :
Ah! La dure vie que celle de mère de famille !

Outre le fait que les enfants coûtent cher et fassent vite de vous une esclave domestique, vous devez passer du temps avec eux et les accompagner parfois au cinéma ou regarder avec eux des films en VOD…

Et disons que… Les choix cinématographiques des ados sont parfois déconcertants.

Grâce à ma progéniture j’ai donc dû découvrir l’un des grands navets du début du XXIème siècle : La Momie.

Laquelle ? Et bien bonne question… Puisqu’on ne peut pas dire que Tom Cruise et ses amis aient fait preuve d’originalité dans le choix de cette thématique.

En effet suite à la légendaire malédiction de Tout Ank Amon au début du XXème siècle, le thème avait était déjà traitée en long en large et en travers par le cinéma muet, le noir et blanc parlant, puis les premiers films couleurs…

On avait même eu le droit en 1999 à une saga plus récente avec le délicieux Brendan Fraser et le très musclé Arnold Vosloo…

Le premier volet reprenant les grandes lignes de l’histoire de la momie d’un prêtre maudit se vengeant des archéologues qui avaient mis la main sur sa momie et ses richesses… et voulant reconquérir le sosie de sa bien aimée.

Ben oui, on a beau être un monstre ou une carcasse vide farcie d’aromates, on n’en a pas moins besoin d’amuuuur!

La saga de 1999 m’avait plu car grâce au ton de comédie qu’elle employait de façon plaisante, elle faisait oublier le caractère peu crédible de ces histoires fantastiques ancrées dans les traditions d’une mythologie à laquelle plus personne ne croit depuis des millénaires.

On la regarde aussi bien pour rire que pour les effets spéciaux et les splendides décors… Et les références archéologiques bien que débordant du cadre académique restaient assez crédibles.

Mais avec le film de 2017, non seulement on a  l’impression que le soleil ne se lève jamais une fois arrivé à Londres où les momies ne font pas non plus trop couleur locale (bon, je vous l’accorde, le soleil n’est pas ce qui caractérise mieux la capitale britannique…) mais en plus tout le monde se prend très très très au sérieux.

Sans déconner… Qui peut parler avec sérieux de momies maudites sans passer pour un dingue ou sans que ça ne sonne carrément faux ?

Or donc, Nick Morton est un militaire américain qui profite de faire la guerre au moyen orient et de la confusion engendrée par les islamistes détruisant les œuvres antiques pour mettre la main sur des trésors archéologiques à vendre au marché noir…

Déjà le mec… profiteur de guerre, trafiquant, arrogant et parfaitement égocentrique… il n’est pas sympathique…

Et puis comme il est joué par le N°2 de la scientologie qui fait la leçon au monde sur le fait qu’il détient la vérité, son amoralité est encore plus irritante, non ?

Et encore, il a piqué la carte aux trésors en fouillant les papiers d’une archéologue avec qui il venait de coucher.

Bref, un parfait gentleman, non ?

Le film n’est pas commencé depuis un quart d’heure qu’on a juste envie de voir le héros se faire fusiller. J’avoue que ça n’aide pas à apprécier la suite.

Et voilà qu’il découvre la momie d’une ancienne princesse égyptienne maudite et enterrée vivante pour avoir passé un pacte avec le dieu Seth afin de prendre le trône de son père qui devait échoir à son petit frère.

Sans le savoir et afin de s’en mettre plein les fouilles sans doute, cet abruti de Morton brise les sortilèges qui neutralisaient les pouvoirs de la momie, et voilà la diablesse libérée qui va aller foutre le boxon à Londres pour retrouver les accessoires qui lui manquent pour accomplir un rituel qui la rendra toute puissante et lui permettra de dominer le monde. Rien que ça.

Ce film qui était donné comme un reboot s’inspirant de la saga de 1999, et devait donner lieu à une suite qui n’a jamais vu le jour. Le public ne peut que s’en réjouir vu la daube que le premier volet représentait.

Ben oui, quand on prétend faire un reboot… on reste un minimum fidèle au point de départ.

Là c’est carrément autre chose : il ne s’agit pas de la momie d’un prêtre renégat enterré vivant (Tiens ? alors pourquoi courre-t-il après ses vases canopes censés contenir ses viscères dans le film de 1999 ??? bon là je vous l’accorde ils ont commis une bourde…), mais d’une princesse qui s’était alliée les puissances des ténèbres pour régner. Parité oblige sans doute ?

Il ne suffit pas de nous faire entre rapidement apercevoir le livre des morts de la saga de 1999, et de coller des araignées pouvant faire penser aux scarabées mangeurs de chair, ou que la momie se requinque en bouffant les fluides vitaux de ses victimes pour qu’on puisse dire qu’il s’agit d’un reboot.

En plus leur momie est pathétique… Elle est tatoué avec des caractères qui tiennent plus de l’alphabet runique celte que des hiéroglyphes égyptiens !

Sur le plan historico-archéologique une telle confusion jette un discrédit éternel sur les crétins qui ont produit cette bouse.

Et puis Seth… nan… c’est pas le dieu des morts non plus… Dans la bouche d’archéologues c’est dramatique parce qu’une telle erreur est éliminatoire en première année d’égyptologie !

Le dieu des morts c’est son frère, Osiris (*). Seth c’est seulement le vilain méchant pas beau du panthéon.

Et puis pourquoi ont-ils eu besoin de rajouter des templiers dans l’histoire ? C’est un artifice scénaristique pour justifier de délocaliser le film à Londres sans doute parce que ça coûtait moins cher que de faire des décors égyptiens ?

Pire encore… On nous colle le Dr Jekyll et Mister Hide dans l’histoire !!! Vous voyez le rapport avec la choucroute, vous ? N’importe quoi !!!

Et je vous passe les fines allusions totalement inutiles au loup-garou de Londres (Morton est hanté par le fantôme d’un type qu’il a tué), aux histoires de vampires ou de zombies…

Et vu la nullité de l’ensemble vous ne m’en voudrez certainement pas de spoiler un peu et de vous révéler que notre N°2 de la scientologie devient carrément le dieu qu’il rêve de devenir à la fin !

Nan mais je vous jure ! Prend-on les spectateurs pour des cons prêts à gober n’importe quoi ? Comme s’il suffisait de piocher dans toutes les thématiques ou dans le supermarché des grands films fantastiques pour se faire un cocktail correct ! Là on a juste un patchwork mal cousu et dont les carrés ont été très mal choisis.

Et puis… faut qu’il arrête Cruise… Il est comme tout le monde… il chope des rides… faut qu’il cesse de faire croire qu’il a 20 ans de moins…

Déjà qu’on a du mal à croire que son QI dépasse le 85 qui le ferait rentrer dans la norme basse…

Et puis, depuis que son charme de bogosse n’opère plus on se rend compte avec horreur qu’il joue comme un pied (note de la Belette Cannibal : Cruise a été désigné responsable du fiasco de ce film ! La star aurait exercé un contrôle excessif sur tous les aspects de la production du blockbuster et aurait transormé le film en ode à sa propre gloire – Fin de la note, vous pouvez reprendre une activité normale).

Son jeu et sa gestuelle sont surfaits au point de friser le ridicule. Sa façon de jouer le « je me prends au sérieux » me fait carrément penser aux mimiques de Trump.

C’est vous dire si ça fait authentique ! Les autres acteurs ne sont guère plus brillants (à part Annabelle Wallis), notamment la momie qui aurait mieux fait de rester muette sans doute…

Mais en même temps avec une histoire et des dialogues aussi mauvais, pouvaient-ils faire mieux ?

Bref, un reboot totalement raté et dont on a certainement renoncé à produire la suite il n’est pas près de faire oublier la série qui la précédé (La momie – Le retour de la Momie – La tombe de l’empereur dragon).

(*) Oui, Dame Ida à raison ! Non, ce n’est pas Anubis (le mauvais jeu de mot n’est pas loin) qui est le Dieu des Mourus ! Tu veux des preuves, lecteur/trice sceptique ? Dans les croyances des Égyptiens de l’Antiquité, c’est Osiris qui règne sur le monde des morts. Quand quelqu’un meurt, il comparait devant Osiris, afin d’être jugé. Un tribunal des morts est constitué par Anubis (il est là, le dieu à tête de chacal), le dieu de l’embaumement, Maât, la déesse de la justice, et présidé par Osiris. Ils auraient demandé Vikidia, ils l’auraient su !