Qui a tué Roger Ackroyd ? : Pierre Bayard

Titre : Qui a tué Roger Ackroyd ?

Auteur : Pierre Bayard
Édition :

Résumé :
Même s’ils n’ont pas lu le chef-d’oeuvre d’Agatha Christie, Le Meurtre de Roger Ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l’a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l’assassin est [no spolier]. Mais est-ce si sûr ?

Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour [no spolier], celui du [no spolier] ?

Et qui peut dire qu’Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s’est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?

Roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l’enquête et en démasquant le véritable assassin, s’inspire de l’œuvre d’Agatha Christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d’interprétation.

Critique :
Mais oui, QUI a tué Roger Ackroyd nom d’un petit bonhomme (en mousse ? Heu non)

Chez nous, en Belgique, ce « QUI ? » fait de suite référence à un de nos homme politique, le Vieux Crocodile, autrement dit VDB qui après son enlèvement avait dit « QUI m’a enlevé ». On en avait même fait une chanson.

Mais trêve d’histoire Belgo-Belge et revenons à nos Anglais, pas encore brexité à cette époque et au meurtre de ce bon vieux Roger Ackroyd où la mère Agatha nous avait bien entubé tout au long du roman, la vilaine (pour notre plus grand plaisir), brouillant les pistes et nous mystifiant jusqu’aux dernières lignes.

Oui mais d’après l’auteur, le coupable désigné par Hercule Poirot n’est pas le bon ! Mais si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce ? (célèbre jeu de société). Si ce n’est toi, c’est donc… Bon sang, mais c’est bien sûr !

Bon, j’aurais pu m’abstenir de lire son essai car j’ai vu venir le coup de loin, le seul autre coupable qui sortait de l’ordinaire était… [No spolier]. Et bingo ! J’ai gagné.

Amis lecteurs et amies lectrices, gaffe ! Ne lis pas cet essai si tu n’as pas déjà découvert une grosse partie de l’œuvre d’Agatha Christie, ou du moins, les plus célèbres de ses romans parce que monsieur Bayard, chevauchant le cheval du même nom, dévoile des noms de coupables à tour de bras !  Savoir leurs noms gâcherait le plaisir de lecture future.

Analysant le roman, l’auteur ne se prive pas de mettre en avant les incohérences, notamment de temps, prouvant par A+B que cette personne n’aurait jamais eu le temps de mettre tout cela au point !

Sans compter que niveau courage de tuer, il avait tout d’un mou du genou, qu’il aurait pu s’éviter un meurtre, les preuves le dénonçant du chantage commis étant faibles (et venant d’une suicidée criminelle), sans compter qu’il aurait pu même nier être le coupable, Poirot n’ayant que peu de preuves, donc, il pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Quid alors ? Poirot aurait-il abusé de la tisane à base de citrouilles au point de se planter autant et de négliger l’interrogatoire d’un personnage présent mais que personne au grand jamais n’inquiète par des questions (du jamais vu dans les romans de la mère Christie) ? Ben oui…

Si la partie qui dévoile le véritable coupable est intéressante de par son étude sérieuse et qui s’appuie sur le récit même, si la première partie qui analyse certaines histoires d’Agatha Christie est tout aussi intéressante, j’ai eu tendance à piquer du nez une fois qu’il est entré dans la partie intitulée « DÉLIRE » parce que la psychanalyse, c’est pas ma tasse de café.

Qu’on soit ou non d’accord avec la théorie de l’auteur, force est de reconnaître qu’il a tout pris en compte, notamment le temps nécessaire à la réalisation du crime, le double texte de la narration, les omissions, les ellipses, les phrases ambiguës, le caractère propre à chaque personnage, les mobiles, les alibis et que son analyse tient la route.

Néanmoins, les lecteurs n’aiment pas trop qu’on leur mette le nez dedans en lui démontrant qu’ils ont cru Hercule Poirot et sa brillante théorie alors que lui-même s’est foutu le coin de la moustache dans l’oeil !

Mais ce n’est pas pour cela que le livre perd des plumes, c’est juste que la partie psychanalyse m’a un peu endormi, mais je suis sûre qu’elle comblera les amatrices (amateurs) du genre et fan d’Œdipe-roi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

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36 réflexions au sujet de « Qui a tué Roger Ackroyd ? : Pierre Bayard »

  1. Je prévoie de lire un peu plus d’Agatha Christie à l’avenir. Je garde se livre dans un coin ma tête en attendent le jour où j’aurais lu assez de livre de l’autrice 😂mais j’imagine qu’il faut tout de même se rappeler des enquêtes d’Hercule Poirot pour comprendre cet essai ?

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    • Non, faut juste avoir lu les classiques de Agatha pour ne pas découvrir les noms des assassins de ses livres, ça gâcherait le plaisir avant la lecture 😆 Maintenant, avec un bon Alzheimer, ça pourrait le faire.

      Bonnes lectures de ses crimes 😉

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  2. 2,5 Sherlocks… ça me laisse dans le doute sur la nécessité de l’acquérir. D’autant qu’il faut avoir lu tout le reste avant… je crois qu’il pourrirait des décennies au fond de ma PAL agathachristienne!

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    • Tu aimerais sans doute le passage psychanalyse !! Il te parlerait plus. Sinon, tu zappe le début où il balance et tu passes direct à la dernière partie.

      Je te sers un mojito dès que j’aurai du temps ?

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      • Même la partie psy nécessite sans doute de bien connaître le contenu pour saisir l’intérêt des interprétations. 🤓 Cela étant je me méfies toujours un peu de la psychanalyse appliquée au tests. Ça n’est possible qu’avec de très bons écrivains capables de donner une vie psychologique crédible à leur personnages et des auteurs dont on connaît suffisamment la vie pour pouvoir savoir où les fantasmes de l’auteur se trouvent projetés sur le dos de leurs héros. Agatha Christie peut faire partie du lot… c’est ça qui me rassure. Après… je ne connais pas la formation de l’auteur du bouquin à la psychanalyse et… Dieu sait s’il y a des pseudos analystes auto institués qui battent le pavé !🙄

        Bref chuis curieuse de lire ça mais… toujours méfiante avec cet exercice! Freud croyait tellement à la psychanalyse qu’il crée le genre « psychanalyse appliquée au texte » lui-même et ça a été une belle connerie!☹️

        Les psychanalystes ne pourront pas sauver la psychanalyse sans s’autoriser un regard critique sur l’oeuvre de Freud dont il convient de célébrer les jolies trouvailles en critiquant celles qui le sont moins. Hélas le débat scientifique sur ce sujet est biaisé : les anti psychanalyse prenne la moindre erreur pour justifier de tout jeter… et les pros psychanalyse défendent tout bec et ongle et parfois… même l’indéfendable de peur que tout s’écroule! On ne s’en sortira pas comme ça !😫

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        • Bon, on a du boulot, à ce que je vois !! On a toujours les prêt à tout pour brûler la totale et les autres pour défendre bec et ongles, jamais de nuance dans ces gens ??? Comme toujours et avec tout… Ou on tape sur la religion la rendant responsable de tout (même des viols sur mineurs comme ça, l’homme qui les a commis sort blanchi) ou on l’érige en truc qui doit gouverner ta vie. Putain, le juste milieu, il pue ?

          Bon, je vais aller boire un café, ça va me calmer et si tu veux un mojito, je te le sers quand tu veux ! Sauf la nuit parce que la nuit, je dors !

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  3. oooohh un Kirikiki ?….ohhh cela peut etre interessant…mais non, j’aime meme pas regarde les magiciens qui demontrent leur tour de magie…alors non….j’aime rester naive et sure de Hercule, mon hero….;)

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  4. J’ai vu il y a quelques mois un docu sur Arte reprenant le même thème. J’avais trouvé l’analyse assez intéressante mais je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire le bouquin… Sinon, je ne connais pas cette blague belge… Il faut que je regarde cela de plus près.

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    • Mais ce n’était pas une blague belge ! On avait bel et bien enlevé un de nos ministres, VDB (Vanden Boeynants), il a été deux fois 1er ministre, même. Un coup de la bande Haemers si je me souviens bien. Il était truculent, le VDB. Après, on s’est foutu de sa gueule avec ses deux phrases devenues célèbres « QUI m’a enlevé » et le « Je me suis dis : VDB tu ne vas crever ici ». Ça date des années 80 mais je m’en souviens, de ces phrases.

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