1793 : Niklas Natt och Dag

Titre : 1793

Auteur : Niklas Natt och Dag
Édition : Sonatine (04/04/2019)
Édition Originale : 1793
Traducteur : Rémi Cassaigne

Résumé :
1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable.

Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence.

C’est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d’un inconnu. L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux.

Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre à jour une sombre et terrible réalité.

Critique :
Ne vous fiez pas à la couverture, elle a beau avoir de jolis bateaux en illustration, vous ne montrez pas sur leurs ponts !

Donc, pas besoin d’avoir le pied marin ou de prendre un gilet de sauvetage pour entamer la lecture de ce roman historico-policier, vous n’allez pas avoir mal au coeur sur la mer en furie, ni vomir votre quatre heures et votre midi aussi.

Bien que… La mer n’est pas déchaînée, mais l’auteur, oui !

Je vous le chuchote tout bas, j’ai une réputation de « dure » à tenir, mais il y a eu quelques scènes où j’ai pudiquement sauté des lignes car c’était limite insoutenable. Malheureusement, elles devaient être écrites pour la simple raison qu’on devait tout de même en savoir un peu plus sur le cadavre que l’on avait découvert au début du récit, cadavre amputé de tous ses membres.

Dans tout bon roman historico policier ou polar historique, il faut un ou plusieurs enquêteurs et là, l’auteur a fait fort de café en nous proposant deux types que la vie n’a pas épargné et leurs divers problèmes de santé ont ajouté du piment à l’histoire.

Il est vachement plus difficile de jouer au Sherlock Holmes quand on crache ses poumons et au Watson avec un bras en moins. Niveau pouvoir de réflexions, nos deux hommes n’avaient pas de lacunes et au capitale sympathie, ils ont rempli tous leurs devoirs car je les ai adoré tous les deux.

Il est dit dans mon pays que l’union fait la force et nos deux éclopés vont devoir s’unir (pas dans ce sens là, bande d’obsédés), oublier leurs faiblesses et marcher sur des œufs pour arriver à démêler ce sac de nœud, dans une ville gangrenée par la corruption qui règne à tous les étages, surtout dans le monde de la justice et de la police (Don Winslow pourrait nous faire un livre sur la « Corruption » à cette époque là).

Petit à petit, l’auteur nous dévoile une partie de la scène et de ses acteurs, sans trop nous en montrer ou nous raconter tout au départ, ce ne sera qu’au fur et à mesure que nos deux personnages principaux vont se mettre l’âme à nu et que l’histoire va nous faire son déshabillage intégral.

Si à un moment du récit, on pourrait se demander ce que viennent faire deux autres personnages, il ne faut pas avoir peur de les découvrir, de suivre le fil de leur vie à eux, car non seulement, leurs histoires ont leurs importances, mais en plus, ces deux êtres ne sont pas là juste pour la déco.

Ce que nous allons lire au travers de leurs récits, c’est aussi un pan peu glorieux de l’Histoire où les faibles sont écrasés, anéantis, taillables et corvéables à merci tandis que les riches… Hé, vous connaissez la chanson !

Ce que j’ai apprécié, dans ce polar historique, c’est qu’une partie des personnages aient réellement existé (j’en étais sur le cul) et que la précision historique soit si poussée qu’elle donne l’impression d’être plongé dans la réalité de cette époque.

L’auteur a eu un tel soucis de réalisme dans ses descriptions que je dirais presque qu’il ne nous manquait que les bruits et les odeurs (oh non, pitié, pas les odeurs) pour parfaire l’immersion dans cette réalité virtuelle qui se concentre uniquement sur l’année 1793.

C’est palpitant sans pour autant virer au page-turner, mais on est captivé au point qu’on a du mal à lâcher son livre, le suspense est bien dosé à tel point que lorsque l’on quitte nos deux amis et leur enquête pour suivre d’autres personnages, on entre dans leur récit de suite et on se gave de ce qu’ils nous racontent, un autre suspense se mettant alors en place.

Moi je dis qu’un roman aussi réussi, c’est un tour de force car l’auteur lui a donné du goût, nappant son récit d’une sauce onctueuse, sans oublier le sel, à bon escient, saupoudré d’une bonne pincée de mystère, relevé par un suspense bien monté et servi par des personnages, ô combien attachants, et qui n’ont rien de super-héros.

C’est foutrement réaliste, son récit et nous ne sommes jamais au bout de nos surprises.

Moi, de la cuisine pareille, j’en redemande ! Aubergiste, cuisinez-nous le suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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29 réflexions au sujet de « 1793 : Niklas Natt och Dag »

  1. Je te déteste, va brûler en enfer ! Je ne voulais pas le lire, et maintenant comment je fais hein, après une chronique pareille ! 😉.
    Bon OK je le lirai (ça a quoi comme odeur une Belette cramée ?)

    Aimé par 1 personne

    • Elles sont peu nombreuses et on ne saute pas beaucoup de lignes. Si je peux lire les rapports d’autopsie des victimes de Jack, je suis incapable de lire un passage avec un type qui chipote à des yeux, que ce soit pour faire un truc horrible ou mettre des gouttes ou retirer un cil…

      J'aime

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