Clues – Tome 1 – Sur les traces du passé : Mara

Titre : Clues – Tome 1 – Sur les traces du passé

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (05/06/2008)

Résumé :
Londres, fin du XIXe siècle. Emily, jeune fille d’une vingtaine d’années, parvient à intégrer le service du célèbre inspecteur Hawkins.

En accompagnant celui-ci sur l’une de ses enquêtes, elle met la main sur des indices qui pourraient avoir un rapport avec la mort de sa mère décédée tragiquement alors qu’elle était enfant.

Critique :
♪ Je m’appelle Émily Jolie ♫ Je voudrais résoudre avec vous le meurtre de ma mère ♪Sous votre aile ♫ Et je voudrais travailler avec vous toute ma vie ♪

Ok, c’est un peu moins rose pour notre Emily à nous qui, si elle est jolie, a tout de même un grand secret : sa mère s’est faite assassiner par les Red Arrows, un gang qui sème la terreur en ville, et elle aimerait résoudre son meurtre.

Ayant bossé à la police de New-York, la voici revenue à Londres, ville de son enfance, pour bosser avec le Sherlock Holmes de Scotland Yard : l’inspecteur Hawkins.

Grand, distingué, froid, taciturne, intelligent, à la pointe de la technologie des forensics, n’aimant pas trop les femmes, ou plutôt, ne les trouvant pas à leur place dans la police, cet homme a vraiment tout d’un Holmes.

Emily va devoir se taper le ménage et le thé avant que cet homme ne l’utilise pour ce qu’elle est vraiment venue chercher : être son assistante ! Notre Emily a beau être du sexe faible, elle a un cerveau et une longueur d’avance sur certaines choses par rapport à son inspecteur, le tout sera de lui faire comprendre et accepter.

C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur cette saga et c’est avec curiosité que je l’ai ouverte, me demandant si j’apprécierais les dessins ainsi que les personnages qui composeront ce duo pour le moins atypique tout en étant conventionnel (la fille qui doit se faire respecter par le flic froid).

Pari réussi, même si au départ, j’ai eu un peu de mal avec les premières cases, avant de m’y habituer pour finalement trouver mon compte au niveau des couleurs et des dessins.

Oui, le trait me plait bien, de plus, il est détaillé dans certains cases, comme dans le bureau du légiste. L’auteure, rappelons-le, se tape le boulot toute seule comme une grande (scénario, dessins et coloriages).

Les couleurs sont dans des tons froids, mais bon, l’époque victorienne et ses ruelles n’appellent pas vraiment aux tons chaleureux des salons où l’on boit le thé avec le petit doigt en l’air et le dernier potin mondain aux coins des lèvres.

Le duo Hawkins et Emily marche bien, on sent qu’au fil des tomes une relation amicale pourrait voir le jour car même sous sa carapace de type froid et cassant, on sent que Hawkins a du potentiel pour apprécier à sa juste valeur sa nouvelle recrue.

Un début prometteur pour une saga qui fera 4 tomes et dont je ne devrai pas attendre, la bave aux lèvres, que la suite me soit livrée puisque je les ai toutes sous la main.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Moriarty – Tome 4 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 4

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (15/03/2019)

Résumé :
Le mythe de Sherlock Holmes revisité à travers les yeux de Moriarty !

Le MI6 a reçu pour mission de sortir l’Empire britannique de la guerre en Afghanistan dans laquelle il est embourbé. William demande donc au colonel Moran de trouver une solution.

Moran a effectivement des « souvenirs » là-bas, et quand il cherche des puces à ceux qui aiment bien la guerre, surtout quand elle se passe chez les autres, c’est le vrai visage de l’Empire britannique qui apparaît en pleine lumière !!

Critique :
L’Afghanistan est un véritable bourbier pour les Anglais et comme les Afghans reçoivent des armes par les Russes, en stoemelings, tant que les Anglais ne couperont pas l’approvisionnement, cette guerre ne finira jamais.

On entre dans une partie politique, un échiquier géant sur lesquels se déplacent les grandes puissances, à couvert ou pas.

Parfois, il est de bon ton de faire les choses à couvert pour ne pas déclencher l’ire d’une autre grande puissance tout en lui mettant des bâtons dans les roues, comme le fait la Russie avec l’Angleterre.

Dans les salons feutrés de Universal Exports, société fantôme du MI6, on croise un homme élégant, style James Bond… Et, tenez-vous bien, la secrétaire se nomme Monney-Penny, sans compter que nous avons aussi un M… Manquerait plus qu’un Q !

Oups, j’ai parlé trop vite, il y a un Q ! Qui comme Gilbert Montagné… Non, il n’est pas chanteur, juste… Enfin, vous voyez… Pas très crédible, en tout cas.

Le côté politique est assez poussé, dans ce quatrième tome, et j’ai bu du petit lait car j’ai lu ce que je dis toujours : les marchands d’armes ont intérêts à ce que les conflits continuent et même à les pousser, les provoquer.

Par contre, peut-on jouer à l’espion anglais sans pour autant nous faire un remake d’un James Bond à l’époque victorienne ? Le clin d’œil aurait pu être drôle, mais non, j’aurais pour ma part préféré un peu plus de nouveauté et pas une resucée de 007 avec tout ce qui le défini, l’Aston Martin en moins.

Le colonel Moran jouant à l’homme au permis de tuer, ce tome se concentre sur ce personnage nonchalant en nous dévoilant un morceau de son passé juste avant de l’envoyer en mission avec Money Penny.

À ce niveau, c’était bien joué, leur petit duo du mari et femme et Moran a réussi à me faire sursauter, me faire douter et la joute verbale qui a suivi son coup de pute était jouissive car tout le monde le sait, à force de traquer les monstres, le danger est d’en devenir un sois-même.

Cette saga qui revisite le canon Holmésien a de bonnes idées, de bons personnages, de bonnes théories, même si, dans le fond, nous ne sommes pas dupes, tuer des salopards ne fait pas de nous des protecteurs mais des salopards aussi.

Par contre, là où j’ai grincé des dents, c’est en lisant le langage de charretier utilisé par certains personnages, dont Holmes !

Parler de « nichons » (Moran), dire « les trucs à chier », « grouille-toi » (en parlant à Watson) ou « crever de maladie », de « clopes », de « me faire chier comme un rat », bref, des mots qui ne vont pas dans la bouche de Holmes, sans oublier ce comportement enfantin dont l’affuble le mangaka et qui est indigne de Holmes et anti-canonique, à ce niveau-là.

On dirait un gamin sans éducation.

Vous voilà prévenu si vous lisez ce manga. Il est bon, le scénariste ne se contente pas de nous montrer des petits meurtres ou des exécutions banales, il y ajoute du relief, de la profondeur, même si on peut encore aller plus loin et nous propose une autre image du professeur Moriarty à tel point qu’on est toujours le cul entre deux chaises en ce qui le concerne.

Jusqu’à ce qu’il fasse le pas qu’il ne faut pas et qu’on le catalogue dans les tyrans monstrueux assassins qui ne vaut pas mieux que ceux qu’il assassine.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.