Les Attracteurs de Rose Street : Lucius Shepard

Titre : Les Attracteurs de Rose Street

Auteur : Lucius Shepard
Édition : Le Bélial’Une Heure Lumière (30/08/2018)
Édition Originale : Rose Street Attractors (2011)
Traducteur : Jean-Daniel Brèque

Résumé :
Londres, fin du XIXe siècle. Une métropole enfumée, étouffant sous le smog et les remugles de l’industrialisation en pleine explosion… Samuel Prothero est aliéniste. L’un des meilleurs de sa profession.

Membre du sélect Club des Inventeurs, jeune homme respecté, son avenir est tout tracé dans cette société victorienne corsetée.

Jusqu’à ce que Jeffrey Richmond, inventeur de génie mais personnage sulfureux, sollicite son expertise sur le plus étrange des cas.

Troublante mission, en vérité, pour laquelle le jeune Prothero devra se résoudre à embrasser tout entier l’autre côté du miroir, les bas-fonds de la ville-monde impériale et ceux, bien plus effrayants encore, de l’âme humaine…

Critique :
Un peu de fantastique, ça ne fait jamais de tort. En plus, faut dire les choses telles quelles, les couvertures des éditions Le Bélial sont souvent agréable pour les yeux.

Londres, époque victorienne… Si on avait des doutes, les premières lignes de ce roman les dissipera tous dans l’atmosphère est victorienne à souhait.

Imaginez, nous commençons ce récit dans un Club où se réunissent des bourgeois, ceux de la classe sociale du tiroir du haut, ceux de l’Angleterre d’en Haut !

Ensuite, on rajoute un service avec la description du fog ou smog qui règne dehors, on vous parle des ruelles sombres, crasseuses, remplie de pauvres gens miséreux. Allez Dickens, sors de ses pages !

Whitechapel, Spitalfields, Limehouse, les quartiers miséreux… Oubliez-les et passez faire un tour à Rose Street, le quartier mal famé de Saint Nichol et arpentez les rues, si vous l’osez !

Pas de Jack The Ripper dans ses ruelles mal famées, juste un bourgeois inventeur, comme ses pairs au Club. Il a mis au point une machine à dépolluer et ses attracteurs à smog ont fait apparaître sa sœur, décédée tragiquement.

Des fantômes, un aliéniste, une dose de fantastique, une louche de mystère, une pincée du père Freud et de l’opacité puisque personne ne veut divulguer ses petits secrets. Il nous manque un maitre des Chuchoteurs… (Oui, la fin de GOT a fait un trou dans ma vie).

Ce que j’ai apprécié dans ce court roman, c’est l’atmosphère ! Ah, elle a vraiment une gueule d’atmosphère, l’atmosphère. Il y a aussi un petit côté steampunk, mais le gothique est plus prégnant que le côté machines habituellement dévolu à ce genre.

Sans oublier que le vieux château aux volets grinçants est remplacé par une maison qui abrita, jadis, un bordel (ça grinçait ailleurs que dans les volets).

Dans les descriptions, tout contribue à nous faire sentir le Londres de la reine Victoria par tous les pores. Cette époque où les classes sociales ne se mélangeaient pas (ou alors, dans les bordels, mais chuut) et où les conventions régissaient la vie des plus fortunés ou titrés. Ça pue les conservateurs dans ces pages.

Oui, l’auteur a vraiment fait en sorte que nous ressentions ce mépris des classes bourgeoises pour ce qui n’est pas de leur milieu, c’est-à-dire les classes laborieuses, populaires. Ce sont les classes d’en haut qui décident pour tout le monde, au détriment bien souvent des classes sociales qui arpentent les caniveaux.

La psychologie des personnages est mise en avant, poussée, même, bien que ces derniers ne soient pas très fouillés, juste esquissés, avec ce qu’il faut pour qu’on s’attache un peu à eux, mais pas trop.

L’écriture est soignée, agréable à suivre, le suspense n’est pas poussé à son paroxysme, mais il y a quelque chose dans ces pages qui vous retient et vous pousse à le lire d’un coup, sans faire de pause (hormis celle du café, ou du thé).

Avec ce genre de récit, je suis sortie de mes sentiers habituels et je compte réitérer la chose avec un autre roman de cette maison d’édition qui propose toujours des récits différents des autres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

20 réflexions au sujet de « Les Attracteurs de Rose Street : Lucius Shepard »

    • Mais as-tu encore des citrons ?? Je parie que non ! Je te fais un envoi de citron vert non traités ! Chez nous, les Verts marchent bien, mais ce sont les Rouges et les Bleus, les perdants, qui négocient avec les Orange, encore plus perdants… J’arrête avec la politique !

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    • J’ai lu quelques uns de leurs romans et à chaque fois, c’est un truc nouveau. Je sors vraiment de mes sentiers battus avec eux ! L’ambiance est atroce, oppressante… J’aurais dû le garder pour la piscine et non pour les jours pluvieux de juin 😆

      Aimé par 1 personne

    • Lu tous les deux mais une nette préférence pour le pont sur la brume… Pas trop aimé l’homme qui mit fin, mais j’ai augmenté ma culture générale, ce qui n’est déjà pas si mal 😉

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