Les chroniques de St Mary – Tome 1 – Un monde après l’autre : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary – Tome 1 – Un monde après l’autre

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (08/02/2018)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 1: Just one damned thing after another (2013)
Traducteur : Cindy Colin Kapen

Résumé :
À l’institut St Mary de recherche historique, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.

Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé.

Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils « étudient en temps réel les événements majeurs de l’Histoire ».

En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.

Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…

De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements.

Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…

Critique :
La couverture rouge m’avait tapée dans l’oeil et puis ce fut le résumé.

Des voyages dans le temps ? Mais je ne me sens plus, c’est la méga teuf dans ma tête, là.

Pour parodier Bellemare imité par Gerra : « C’est un bel objet » ! La couverture est richement détaillée et ce n’est qu’après la lecture qu’on comprendra les références de ces dessins.

Le roman, lui, est à la hauteur de sa couverture rouge flashy car il est jubilatoire !

Non seulement les personnages ne manquent pas de piquant ou de sel, mais en plus, le scénario est dynamique, intéressant, fantastique (dans les deux sens du terme) et l’humour est bien présent dans les pages, lui aussi.

Les Historiens qui peuplent l’Institut St Mary sont des cas à part, des sujets d’études pour psychiatre…Pour leurs qualités, citons celle de boire du thé comme des assoiffés et de pouvoir foutre le bordel dès que possible.

Le personnage principal, Madeleine « Max » Maxwell, est, quant à elle, la preuve vivante que l’emmerdement maximum peut être plus que maximum ! Elle est bourrée d’humour, de calembours, de bons mots mais c’est une catastrophe ambulante sur jambes !

Si nous ne sommes pas face à de la grande littérature, de celle qui donne mal à la tête, ce roman a pourtant tout pour lui et se révèle être une excellente lecture à emporter pour ses vacances ou si on a envie de se détendre sans se casser la tête.

Non pas qu’il est simpliste, il est juste normal, même si dans ce roman, vous voyagerez du Crétacé à la Première Guerre Mondiale et que vous irez faire un tour dans la grande bibliothèque d’Alexandrie… ♫ Alexandra ♪ J’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid ♪ (bien que là, vu l’incendie qui y fait rage, c’est nous qui aurons chaud aux miches et pas Clo-Clo).

Cette série n’est pas là pour faire dans le registre sérieux, ni pour décrocher un Goncourt, mais au Grand Prix de l’Humour, elle se classerait avec la mention très bien car j’ai souvent souri, pouffé, ri, bien que parfois, on entre dans le registre plus tragique.

Un cocktail détonnant d’humour, de fantastique, de science-fiction (sans voyage dans l’espace), de voyages dans le temps (sans la DeLorean), d’humour, de tragique, d’amour, de relations de travail (elles peuvent être houleuses), de jalousie, de Gentils qui sont loufoques mais gentils et de Méchants qui n’ont rien pour se faire pardonner.

Dit ainsi, ça fait de suite « simpliste » mais vu la qualité du scénario, le fait que les Méchants soient des vrais Méchants ne pose aucun problème. Faudra juste les dégommer pour pouvoir boire son thé tranquille, nom d’un voyage temporel.

À déguster sans modération, avec un zeste de citron vert et du rhum. Non remboursé par la sécurité sociale, ce qui est bien dommage, ça en dériderait peut-être certains… Pas sûr !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde

Titre : Le portrait de Dorian Gray

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Folio Classique (2014)/ Livre de Poche -Les Classiques (2016) / Gloriana (2016) / Pocket Classiques (2019)
Édition Originale : The Picture of Dorian Gray (1891)
Traducteur : Vladimir Volkoff

Résumé :
Alors qu’il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray.

Émerveillé par sa jeune beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d’amitié avec lui et dit, en plaisantant, qu’une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu.

Le jeune homme déclare alors qu’il donnerait son âme pour que ce portrait vieillisse à sa place. À ces mots, tous rirent… sur le moment.

Effrayé par ce portrait si parfait, Dorian le laissera chez lui, protégé de la vue de tous, cachant honteusement le secret de son âme…

Le Portrait de Dorian Gray a été rédigé en 1890 puis complété en 1891. Ce roman fantastique est à la fois un manifeste esthétique et un récit moral.

Bien qu’Oscar Wilde y développe l’idée d’un art dégagé de toute éthique, le jeune Dorian Gray va faire face à sa conscience morale à travers son portrait qui porte à sa place les traces de sa perversité et la décadence que le temps inflige aux esprits les plus purs.

Critique :
Toutes les stars en ont rêvé, l’Oréal a essayé de le faire, Botox y est presque arrivé, mais en ce qui concerne la meilleure crème anti-vieillissement, c’est une peinture avec le portrait de Dorian Gray dessus.

Un p’tit coup de pouce du diable, sans aucun doute… Mais au moins, ça fonctionne et vous ne vous ruinerez pas en crème en tout genre ou en opération botox loupée.

Oscar Wilde, je le connais plus aux travers de ses enquêtes qu’aux travers de ses romans, c’est pour cela que j’avais, en 2012, découvert ce roman.

Punaise, quel coup de pied au cul, quelle plaisir de lecture, qu’elle plume que celle de Wilde ! Je ne pouvais pas juger sur ses autres romans, mais celui-ci avec un ton qui m’avait bien plu et qui me plait toujours autant.

Cynique, pince-sans-rire, les répliques sont cinglantes, elles fusent de toutes part, c’est savoureux, ça se déguste avec savoir mais sans sagesse car le roman ne fait pas grossir, malgré le fait qu’il est une friandise plus que gourmande.

Dorian Gray… Rhââ, il est beau, sexy, sensuel, bourré de fric, un vrai dandy qui a plus de présence qu’un fade Mister Grey, celui des 50 nuances… Même le Portrait a une présence, dans ce roman.

Par contre, niveau action, on doit plus en avoir dans les 50 nuances que dans Le Portrait car ce dernier a plus du suspense psychologique et des bons mots, des aphorismes que du roman bourré d’action.

Toute réussite nous attire un ennemi. C’est la médiocrité qui entraîne la popularité.

Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. Résistez-y, et votre âme languira, tourmentée.

De toute façon, on ne lit pas le Portrait pour le côté thriller mais pour l’écriture de Wilde qui avait dû aussi passer un contrat avec Méphistophélès pour en arriver à un tel niveau. Ça pique et tape sous la ceinture.

Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.

La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.

— Les bonnes influences n’existent pas, monsieur. Toute influence est immorale. 

— L’humanité se prend beaucoup trop au sérieux ; c’est le péché originel du monde. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l’Histoire serait bien différente. 

Le culte de la beauté et de la jeunesse éternelle, l’égo, la perversion de ce jeune mondain (par un autre homme) pour qui ce culte de la beauté et de la jeunesse vont devenir une priorité et donc, précéder sa chute.

Il n’y a que deux sortes d’êtres qui soient véritablement fascinantes : ceux qui savent absolument tout, et ceux qui ne savent absolument rien.

Le portrait de Dorian Gray a une saveur plus particulière pour moi, holmésienne du dimanche car il rappelle un dîner offert par un américain à deux auteurs anglais bien connu : Conan Doyle et Wilde.

Nos deux auteurs avaient reçu une avance d’un américain nommé Joseph Stoddart, le directeur du Lippincott’s Monthly Magazine, publié simultanément à Londres et à Philadelphie, excusez du peu.

Une avance pour quoi ? Pour écrire chacun un roman, pardi, pas pour participer à Top Chef !

Wilde, écrivit « The picture of Dorian Gray » qui allait scandaliser le Londres littéraire et mondain et Conan Doyle, lui, s’était vu réclamer, non pas un roman historique, mais une autre aventure de Sherlock Holmes ! Ce fut « Le signe des quatre ». Moi je dis qu’on devrait le sanctifier, le Stoddart en en faire un Saint-Stoddart pour que je puisse aller lui brûler un cierge !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.