Cormoran Strike – Tome 3 – La carrière du Mal : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 3 – La carrière du Mal

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2016) / Le Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 3 : Career of evil (2015)
Traducteur : Florianne Vidal

Intro Babélio :
Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.

Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.

Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants…

Résumé :
Où l’on retrouve nos héros, Cormoran et Robin en charge d’une nouvelle affaire.

Les affaires décollent doucement… Cormoran Strike parvient même à payer le loyer de l’appartement exigu au-dessus de son cabinet pour ne plus avoir à dormir dans un lit de camps plaqué dans son bureau. Et Robin est si efficace qu’elle a même été promue au rang d’associée, prenant une part de plus en plus active aux enquêtes de terrain, mais… sans lâcher la paperasse pour autant. Il faut bien que quelqu’un la fasse, non ? Et on ne va pas embaucher une secrétaire qu’il faudrait payer pour faire un boulot que Robin sait déjà faire comme une perle !

Mais une affaire un peu particulière leur tombe dessus. Une affaire sans client… Ou du moins sans client payant, puisqu’il semblerait fortement que ce soit le criminel lui-même qui vienne chercher Cormoran en envoyant à son cabinet un joli colis avec un membre humain !

Forcément, Strike qui est un ancien policier militaire réglo et droit dans ses bottes (même si son deuxième pied n’a pas repoussé), appelle illico ses amis de la police. On ne jette pas une jambe humaine reçue par la poste comme un bouquet de fleur d’un admirateur indésirable !

Faut qu’il soit examiné par le médecin  légiste, voire identifié, et rendu à ses proches… C’est l’usage ! Et si on arrive à trouver qui a pu commettre le crime que ça laisse imaginer, ça n’est pas plus mal pour les sujets de sa Gracieuse Majesté qui pourront dormir plus paisiblement en sachant le méchant en prison.

Le petit mot (il y a toujours un petit mot dans ces cas-là ! Vous ne laissez pas un mot, vous quand vous envoyez des fleurs ?) joint à la jambe féminine renvoie Strike à son passé et à quelques suspects potentiels… Son beau-père, qu’il soupçonne d’avoir conduit sa mère à l’overdose…

Un pédophile qu’il n’a pas réussi à faire coffrer jadis… Un autre vilain qui battait sa femme et son enfant… Et pendant ce temps, la police investigue une autre piste concernant un autre type coffré grâce à Strike.

Cette affaire va nous mener sur les pas d’un serial killer pervers et retors et dont notre chère Robin a tout à craindre.

Mon avis :
Après les deux premiers volumes des aventures de Cormoran et Robin, non-couple improbable aux personnalités aussi opposées que complémentaires, j’avais longtemps piaffé d’impatience, guettant sa sortie.

Je n’ai pas été déçue, et vous-même, si vous avez apprécié les deux premières enquêtes, vous estimerez certainement en avoir eu pour votre argent.

Rien à dire sur l’intrigue qui reste palpitante et tordue du début à la fin…

Si ce n’est qu’elle se mêle adroitement aux développements sur les parcours de Robin et de Strike.

En effet, dans ce volume, on en apprendra davantage sur le passé accidenté et douloureux de Robin et son fiancé (si, si il lui a offert une bague et le jeune couple prépare activement son mariage) qui n’en sortira pas grandi.

D’ailleurs, je serais Robin… il y a longtemps que j’aurais pris mes cliques et lui aurais fichu des claques avant de ficher le camp… Mais bon… Je ne vais pas spoiler… Z’avez qu’à lire le livre épicétou.

Cela étant c’est le seul bémol qui vient ternir mon enthousiasme. Robin qui est une fille intelligente, indépendante d’esprit, qui a une âme bien trempée pour être parvenue à se relever de ses propres blessures, m’intrigue un peu quant à son obstination peu crédible à rester avec le parfait crétin qu’elle est supposée épouser.

On en saura plus sur Strike et notamment sur son enfance auprès d’une mère junkie et loin de l’ombre d’une sorte de Johnny local.

C’est le truc que j’apprécie avec les romans avec des héros récurrents que l‘on voit évoluer au fil des tomes, et dont on voit les énigmes personnelles se résoudre également au rythme des enquêtes qu’ils mènent.

Évidemment, il y a toujours la fascinante Londres, capitale d’un empire révolu sur lequel le soleil ne se couchait jamais mais qui en a gardé le cachet…

Et il y encore et toujours le style de Robert Galbraith… Heu… de J.K Rolling. Ne croyez pas que son ton critique des mesquineries d’une certaine bourgeoisie londonienne soit devenue moins mordante…

On a le droit évidemment de ne pas aimer… Mais moi j’aime beaucoup et y suis d’autant plus sensible que comme elle j’ai connu de par mon propre parcours quelque chose de l’ordre du déclassement, c’est-à-dire de devoir côtoyer au quotidien des personnes de milieux plus privilégiés que ceux de mon milieu d’origine, et de m’attacher également à des personnes de milieux plus modestes.

Naviguer longtemps entre deux eaux vous pousse à vous rendre compte que qui que l’on soit, on n’est jamais assis que sur son derrière et de l’imposture sur laquelle les distinctions sociales se fondent et s’auto-justifient en dehors de… l’argent. Et cette imposture, on ne trouve rien de plus jouissif que de la dénoncer !

Bref, une intrigue diabolique, des héros sympathiques qui gagnent en profondeur à chaque tome, les turpitudes de Londres et un soupçon de satire sociale… Que demander d’autre ?

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