Moriarty – Tome 5 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 5

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (05/07/2019)
Édition originale : Yûkoku no Moriarty, book 5 (2018)

Résumé :
Le mythe de Sherlock Holmes revisité à travers les yeux de Moriarty !

Fin du XIXe siècle, l’Empire britannique a atteint son acmé…

Albert Moriarty, fils aîné du comte Moriarty, est révolté par le système social fondé sur la hiérarchie des classes et profondément enraciné dans les esprits.

Deux frères rencontrés dans un orphelinat vont lui permettre de se lancer dans un projet d’une ambition folle : apporter la paix au pays tout entier.

Eh oui, l’ennemi juré de Sherlock Holmes cachait un secret… !

Critique :
En début de ce tome, Sherlock a joué avec William Moriarty à qui a tué le monsieur dans le train lancé à plus de 80km/h et tous les deux ont résolu cette affaire, bien que l’un ai triché…

Maintenant, voici Sherlock et John face au roi de Bohême tandis que son frère Mycroft, lui, est confronté au vol d’un document tellement important que si il venait à être divulgué, ce serait la fin de l’Empire, au minimum.

Rien que ça… Entre nous, on a déjà une reine Victoria vachement jeune et on se permet d’appeler le voleur de document un pirate…

Je ne sais pas où il a garé son navire, ni avec quel ordinateur il a pénétré dans les appartements de sa Gracieuse Majesté, mais le terme « pirate » est aussi approprié qu’une trou dans son pantalon (au cul, bien entendu).

Vous verrez que dans le tome 6 on va le nommer « Tipiak »…

Je me répète sans doute, mais ça fera du bien à ceux qui n’écoute pas dans le fond, mais le langage ordurier de Sherlock Holmes en ces temps victorien est aussi déplacé qu’une meute de cafards chevauchant des rats dans un restaurant 4 étoiles le jour de l’inspection de l’hygiène et de la venue des inspecteurs du guide Duchemin (l’aile ou la cuisse).

Que le Sherlock BBC jure, utilise des mots de notre époque, je ne dirai rien, mais qu’un Holmes du temps de la reine Victoria utilise les prénoms, dise des « j’en ai rien à foutre » et autre mots barbares, ça ne colle pas, ça ne lui va pas.

De plus, il a toujours l’air d’un gamin déluré qui n’aurait pas reçu assez de fessées dans son enfance. Il n’a pas de charisme, est trop foufou, trop mal poli, trop foutraque, fadasse, sans épaisseur aucune.

Parlons un peu du scénario qui révise le Canon Holmésien à sa manière et nous rejoue Le Scandale En Bohême à sa manière, c’est-à-dire… Heu, j’hésite entre la franche rigolade ou une visite au fond de la Tamise.

Si une copinaute m’avait joué ça dans une fanfic, j’aurais ri de bon coeur, mais dans le mange, ça passe un peu moins bien, surtout que Holmes n’agit pas comme son alter ego du Canon. Qu’on le change un peu, je ne dirai rien, mais là, « trop is te veel », comme on disait chez nous du temps de la terrible rage taxatoire ! (« Trop c’est trop » dans les deux langues).

Quant à la belle Irene Adler, la soprano, elle a plus l’air d’une demi-mondaine qu’autre chose. Ben tiens, c’est justement ça, c’en est une, de demi-mondaine et elle va piéger Sherlock d’une belle manière, mais lui, bordel de dieu, se vautrer par terre pour demander pardon, pitié !

Malgré tout, puisque j’ai commencé cette saga et qu’elle me diverti en me faisant grincer des dents, je la continuerai afin de vous tenir informé de la suite des événements. C’est mon job.

Entre nous, il vaut mieux la prendre pour une revisite des enquêtes de Holmes à la va-comme-je-te-l’interprète plutôt que comme quelque chose de sérieux.

Dommage que leur Sherlock ne soit pas un peu plus stylé, plus gentlemen, moins gamin, parce qu’il y avait tous les ingrédients pour une réécriture étonnante et réussie. Au final, c’est Moriarty qui est le plus sérieux dans tout cela et le moins fadasse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°03.

 

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11 réflexions au sujet de « Moriarty – Tome 5 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi »

  1. Certes, autant les libertés prises avec le canon et les anachronismes sémantiques (t’as vu comment je cause bien!) sont prodigieusement agaçants, autant le fait de faire passer Irene pour une demi mondaine est exact car… hélas… il faut bien le reconnaître… à l’époque, chanteuses et danseuses d’opéra ou les actrices ne vivaient pas que de leurs cachets mais aussi de leurs riches amants souvent mariés… comme les call-girls du moment.

    C’était des femmes inépousables pour la bonne société qu’elles côtoyaient fussent-elles extrêmement talentueuses sur scène et pas seulement dans un plumard!

    Donc là… ils n’ont pas tout faut… mais pour le reste… aïe aïe aïe… keloreur! 😤

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    • Oufti, qu’tu causes ben, en effet ! Moi je me contente de dire qu’ils causent pas correct, les personnages, mais toi, tu le dis mieux ! Bon, y’a personne qui comprendrait, mais ça fait chouette ton « anachronismes sémantiques » 😆

      Bon, j’accepterai le demi-mondaine, mais faut pas qu’on oublie que Irene a épousé l’avocat Norton ! Donc… elle était épousable et sa chatte encore fréquentable. Pas si demi-mondaine que ça, CQFD :p

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      • Ah mais Liane de Pougy une grande cocotte de la belle époque est carrément devenue princesse Gika (du nom du prince russe épousé) et sa collègue Esther Lackman est devenue marquise de la Paiva (le marquis s’est grillé la cervelle) puis comtesse pétée de thune en Allemagne!!!

        Mais ça a un peu fait scandale tout de même ! Ça ne se faisait pas… mais ça se faisait quand même des fois! Alors quand Irene épouse un avocat… c’est pas non plus la haute société… c’est un bourgeois moyen… donc c’est pas totalement incroyable… d’autant qu’ils filent aux US… Norton aurait été viré de tous les clubs londonien avec un tel mariage… et jamais invité nulle part!

        Là c’est dans un Secret d’Histoire sur « les grandes horizontales » que j’ai appris ça !😉

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        • Pfff, la vie n’était pas marrante en Angleterre, leurs cousins d’en face étaient un peu plus délurés, au moins :p

          J’adore l’expression des grandes horizontales !!!

          Bon, je remarque que n’ayant, ni l’une ni l’autre, épousé un prince ou un marquis, on a loupé notre vie !

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