Agatha Raisin enquête – Tome 17 – Cache-Cache à l’Hôtel : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste bénévole Experte en Agathologie]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 17 – Cache-Cache à l’Hôtel – Le soleil, la mer et la taule…

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (05/06/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 17: Love, Lies and Liquor (2006)
Traducteur : Esther Ménévis

Présentation Babelio

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi, est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépit de Burryhill-on-Sea* où enfant, il passait ses étés.

Et tout va de mal en pis : quand un autre client de l’hôtel est assassiné, Agatha est la principale suspecte et est obligée de résoudre l’affaire depuis sa cellule de prison !

*NDLR : Dans mon exemplaire du roman, Burryhill (que je ne sais comment traduire: la vallée enterrée?  la vallée où on enterre?…) est remplacé par Snoth (Morve)… Bref… le lieu de vacances de James et d’Agatha s’appelle en français Trou sur Mer ou Morve sur Mer… z’avez le choix ! A moins que Babelio se soit grave gouré ?

Résumé :
Désolée les filles mais là on commence par un spoiler (annoncé par la présentation tout de même) ! Je ne peux pas faire autrement…

À la toute fin du volume précédent de  ses enquêtes, James Lacey, l’homme autour duquel elle avait tourné autour pendant pratiquement dix romans avant de l’épouser et d’en divorcer aussi rapidement…

L’homme qui s’était retiré dans un monastère et qu’elle s’était péniblement efforcée d’oublier dans d’autres bras, puis en se lançant dans la création de son agence de détectives… sonne à sa porte.

En ce début de volume 17, vous ne savez pas ce qu’il a bien pu lui dire… Mais vous apprenez en quelques phrases qu’il a réintégré son ancien cottage comme si de rien n’était, et qu’Agatha et lui se fréquentent vaguement.

Assez pour partir ensemble à un barbecue calamiteux à la fin duquel James essaie de se faire pardonner en proposant des vacances surprises à Agatha qui dit banco.

Ben oui, on ne sait jamais… Sur la base d’un malentendu comme dirait Jean-Claude Duss, elle pourrait peut-être à nouveau conclure !

James veut l’emmener dans le Palace d’une station balnéaire merveilleuse de son enfance… enfance qui date suffisamment pour que cette station soit devenue immonde et le Palace une ruine décatie ressemblant à l’hôtel de Shining et à la cuisine infecte et au service désastreux.

En même temps que peut-on s’attendre à trouver dans un bled qui littéralement se nomme « Morve sur Mer » ?

Et c’est sans parler de la clientèle vulgaire à souhait avec qui notre grande gueule d’Agatha se prend le bec dès le premier soir avant que James ne commence à organiser un plan B salutaire pour une exfiltration vers le sud de la France.

Mais à peine repartis en direction du premier port pour nos beaux rivages, James et Agatha sont rattrapés par la police qui accuse Agatha de meurtre et l’assigne à résidence dans ce prétendu hôtel où de nouveaux cadavres sont au programme…

Mon avis (qui est celui de dame Ida !) :
L’auteure me prendrait-elle pour une conne, moi et les lecteurs qui la font vivre en abusant de notre attachement pour Agatha ?

Elle fait surgir James comme un diable de sa boîte en deux lignes à la toute fin du précédent bouquin, nous donnant envie de nous précipiter sur le suivant pour avoir droit à LA grande explication qui s’impose, et qui nous aurait permis de comprendre comment Agatha pleine de ressentiments à son égard et James allaient solder leurs comptes…

Permis de savoir ce qu’était devenu James pendant tout ce temps… De savoir pourquoi il revient là et comment il s’est remis de la crise mystique qui l’avait éloigné d’Agatha…

Le truc incontournable pour donner un peu de crédibilité et de logique temporelle à la suite…

Et ben non ! Vous ne saurez rien ! Rien de rien ! C’est comme dans Dallas… Bobby meurt… et à la saison d’après sa femme le retrouve vivant dans la douche comme si de rien n’était et tout ce qui s’est passé entre temps n’était qu’un rêve entrecoupé de spots publicitaires !

On vous dit juste avant la cinquième page qu’Agatha a l’impression d’être revenue à la case départ ! Tu m’étonnes ! Et son premier mari décédé ? Ils vont nous le ressusciter aussi ??? Et elle reprend son agence de communication quand tant qu’on y est ?

D’autant que James se barre à la page 40 pour être remplacé par… Sir Charles dont les antennes vibrent à chaque fois qu’Agatha renoue avec James ou qu’elle se trouve dans la mouise pour la lâcher 50 pages plus loin !

Mais c’est même pas grave puisqu’un bellâtre vénéneux apparaît 5 pages après…

Et ouais ! Le vaudeville recommence ! Pourquoi ai-je une telle impression de déjà-vu ? Pourquoi ai-je soudainement l’impression de me retrouver devant la rediffusion d’une série médiocre des chaînes de la TNT que personne ne regarde jamais ?

Merde quoi ! Agatha avait enfin cessé de tourner en rond depuis quelques temps avec son agence de détectives et son personnage semblait enfin évoluer et… patatras ! On annule tout et on recommence ! Quelle honte !

Bref, vous l’aurez compris, je suis verte de rage et il s’en est fallu de peu pour que je n’apprenne au livre à s’envoler par la fenêtre !

Forcément c’est toute la bibliothèque de ma liseuse qui aurait suivi…

Je suis allée au bout par conscience professionnelle et toussa toussa… Mais j’avoue que dès les premières pages j’étais tellement remontée que s’il y a eu quelque chose de franchement top dans le livre et bien je n’ai pu que passer à côté !

En plus… Le coup d’Agatha suspectée de meurtre pendant ses vacances et qui se voit obligée d’enquêter pour laver son honneur… On nous l’avait JAMAIS fait celle-là ! Hou là là ! Que d’originalité ! Vais-je m’en remettre ? Pas certain…

L’énigme est pas mal certes… Mais même si l’écologie est une préoccupation vitale aujourd’hui, ça n’est pas une raison pour recycler sans cesse les mêmes ficelles moisies.

D’autant que les portraits des personnages secondaires sont brossés à l’arrache et ressemblent à s’y méprendre à ceux qu’Agatha a déjà croisés lors de ses enquêtes précédentes. Et oui ! Même les portraits sont recyclés !

Là c’est juste plus possible le coup du vase-clos pendant des vacances qui tournent mal et tous ces flics idiots qui veulent toujours coffrer la pauvre Agatha !

À sa place je deviendrais parano ! Avant je me disais juste que le taux de mortalité était effroyable dans son village, mais maintenant c’est établi ! C’est juste Agatha qui a la poisse, un peu comme Princesse Sarah ou Caliméro ! C’est too much !

Même le style laisse à désirer ! Ok… Je ne m’attends pas à lire du Proust quand j’ouvre un Agatha Raisin, mais le style est ici tellement pauvre et aseptisé que dès les premières pages ça fait plus résumé de bouquin écrit à la hâte qu’autre chose.

Genre l’auteur est à la bourre pour rendre sa copie à son éditeur et se dépêche de taper le manuscrit pendant son voyage en train jusqu’à la maison d’édition.

Oui… Agatha et son mauvais caractère… et ben ça reste Agatha… et elle et moi on est potes pour la vie… Mais il faut d’urgence qu’elle se trouve une autre scénariste, parce que là, je sature !  Agatha mérite mieux que ça.

Il faudra que le volume 18 soit à la hauteur car ça risque d’être ma dernière fiche sur la série si ça continue ainsi.

… et encore… je suis gentille ! Il y en a au moins un en souvenir du bon vieux temps.