Bilan Livresque Mensuel : Août 2019

Août et son temps bizarre : chaud, plus frais, puis de nouveau les canicules… Bilan ? 10 romans lus (dont un pavé de 700 pages), 1 encyclopédie et 14 bédés (3 nouvelles lectures et 11 relectures).

(Durant tout le mois d’août, lorsque je restais au soir près du Minou, j’ai commencé à lire Le Polar pour les Nuls, grand format pendant que môssieur se léchait ou pieutait sur son coussin, dans mon dos. Moi assise par terre sur mon bête coussin et ce chat sur un lit et sur son coussin perso ! Pauvre bête malheureuse, va !).

Non, mon Bilan Livresque Mensuel de ce Mois d’Août n’est pas super super… La faute aux travaux à la maison qui m’ont empêchés de lire et la fatigue était telle qu’au soir, je n’avais même plus envie d’ouvrir mon roman !

Oui, ça peut arriver aux meilleurs d’entre nous (Modeste est mon second prénom). Bosser le matin (pendant que l’autre collègue faisait l’après-midi), rentrer à la maison, se changer, manger vite un morceau et monter sur l’échafaudage pour peindre (3 couches), ben je vous jure qu’au soir, vous ne savez plus comment vous vous appelez !

Ensuite, faut tout ranger, tout nettoyer et réfléchir aux menus pour que le jour où ma famille et la famille de Chouchou se retrouvait pour venir manger chez nous, tout soit au point, parfait, exceptionnel, magnifique, bon…

Anybref, le lendemain du repas, j’étais sur les rotules mais foutrement heureuse que tout le monde ait bien mangé et bien ri.

Le Bilan s’en est ressenti… J’affiche pourtant 25 lectures en tout, ce qui n’est pas si mal quand on est occupée sur tous les fronts.

À ce jour, mon objectif de 200 lectures pour 2019 est dépassé (223/200). Je l’ai revu à la hausse (250).

Pour ceux ou celles qui cherche dans une lecture de l’action à gogo November Road de Lou Berney (ICI) ne sera pas pour eux car malgré un road-trip, on va à un rythme de sénateur, juste après l’assassinat d’un président. On a des tueurs sans pitié, on a de l’amour, de l’amitié, de l’ironie, de l’humour noir, de la noirceur, de la douceur, des trahisons, du mystère, du suspense, j’ai bien aimé ce roman mais il n’avait rien de transcendantal. Il est bon, oui, mais rien d’exceptionnel comme vanté sur le bandeau-titre.

Il y a des jours où l’on va à l’encontre de toute la blogo et que l’on ressort déçue d’un thriller que tout le monde a encensé. L’Empathie d’Antoine Renand (ICI) possède une histoire qui fout la trouille et est un page-turner assez addictif. Par contre, je n’ai ressenti aucun atomes crochus avec les personnages que j’ai trouvé trop caricaturaux. Ceci n’est que mon avis et cela n’empêchera pas l’auteur d’enchanter des tas de lecteurs/trices après mon avis.

Ne vous demandez pas si c’est du Nature Writing ou du Roman Noir, car Denali de Patrice Gain (ICI) c’est le deux en même temps ! C’est un récit bouleversant que Matt va nous faire. Ce jeune garçon a vu sa vie basculer lorsque son père est décédé. Un récit magnifique, empreint d’émotions brutes et je l’ai terminée sur les genoux, tellement il m’avait pris aux tripes. Un coup de coeur !

Si vous êtes à la recherche d’un roman noir retors, cynique, horrible, où les personnages sont à fond dans leur rôle, alors, jetez-vous sur la nouvelle traduction conforme qu’est Hot Spot de Charles Williams (ICI). Ce roman noir est un petit bijou de noirceur, de cynisme, de sadisme, de perversité, d’êtres retors, de scélératesse et les personnages sont extrêmement bien campés.

Une relecture, c’est toujours périlleux car on pourrait ne pas retrouver les excellentes sensations de l’époque et en ressortir déçu(e). Mais pas avec la valeur sûre qu’est Harry Potter – T04 – Harry Potter et la coupe de feu de‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca] (ICI). Encore mieux : non seulement j’ai adoré cette relecture mais en plus, j’ai éprouvé encore plus de plaisir qu’à l’époque. What’else ?

Le monde des gangsters et plus particulièrement la bande de Dillinger avec un de ses illustre membre, Harry Pierpont que l’histoire connait moins que Dillinger. Handsome Harry – Confessions d’un gangster de James Carlos Blake (ICI) est un roman noir qui arrive à vous faire éprouver de l’empathie pour des gangsters ! Ce roman aurait terminé en coup de coeur s’il n’avait pas eu les dialogues insérés dans le texte qui, à la fin, a donné de la lourdeur à l’ensemble.

Les injustices font partie de notre monde, mais elles me révoltent toujours autant. Taqawan d’Éric Plamondon (ICI) parle des grosses injustices faites aux Améridiens Mi’gmaq. Les chapitres sont courts, le rythme assez rapide et les chapitres sont des mélanges de récit contemporain, de ceux du passe, des légendes, d’extraits de journaux, de pub et ce qui semblait bordélique devient un grand tout formant un ensemble cohérent et génialissime. Un coup de coeur.

Il faut savoir composer la mélodie d’un thriller psychologique en huis-clos pour éviter les fausses notes et dans Le silence et la fureur de Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves [LC avec Bianca] (ICI), on peut dire que le concert est réussi. Malgré le silence assourdissant qui règne, on entend la musique, elle bat dans nos oreilles et c’est avec les tripes nouées que l’on voit arriver le final, qui, entre nous, est ignoble, mais j’adore !

Un tueur à gage de 1,50m, qui donne l’impression d’avoir 17 ans alors qu’il en a 30… Dans Nuit de fureur, ce diable de Jim Thompson (ICI) se moque des clichés du polar noir, les détourne, nous balance des personnages hors-norme, avec un tueur sympathique et effrayant, sans oublier les autres qui sont sournois, fourbes, menteurs, manipulateurs. Peu d’action mais beaucoup de psychologie. C’est surréaliste, cauchemardesque et on assiste, impuissant, à un final ignoble, lui aussi. Thompson, l’auteur qui m’aura remué quelques fois les tripes !

La pêche, je n’y connais rien et entre nous, je n’aime pas ça… Un roman policier qui aurait pour trame de fond des pêcheurs nous parlant de leurs mouches, ça aurait dû me faire fuir, telle une truite apeurée. Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty (ICI) n’était pas fait pour moi. Et pourtant… L’auteur a su choisir son leurre, la bonne mouche sèche, le bon hameçon parce qu’il m’a attrapé à la lèvre et je n’ai plus décroché durant ma lecture, tirant sur le fil pour en avoir plus.

Bilan Livresque Mensuel : 10 romans lus + 1 encyclopédie (11 lectures)

  1. November Road : Lou Berney
  2. L’Empathie : Antoine Renand
  3. Denali : Patrice Gain
  4. Hot Spot : Charles Williams
  5. Harry Potter – T04 – Harry Potter et la coupe de feu ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca] 
  6. Handsome Harry – Confessions d’un gangster : James Carlos Blake
  7. Taqawan : Éric Plamondon
  8. Le silence et la fureur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves [LC avec Bianca]
  9. Nuit de fureur : Jim Thompson
  10. Meurtres sur la Madison : Keith McCafferty
  11. Le Polar pour les Nuls, grand format : Marie-Caroline Aubert

Bilan Livresque Mensuel : 14 bédés lues

  1. Les Tuniques Bleues – Tome 37 – Duel dans la Manche : Cauvin et Lambil
  2. Le Scrameustache – Tome 04 – Le Totem de l’espace : Gos
  3. Le Scrameustache – Tome 09 – Le Dilemme : Gos
  4. Le Scrameustache – Tome 10 – Le Prince des Galaxiens : Gos
  5. Le Scrameustache – Tome 11 – Le Renégat : Gos
  6. Le Scrameustache – Tome 12 – La Saga de Thorgull : Gos
  7. Le Scrameustache – Tome 13 – Le Secret des Trolls : Gos
  8. Le Scrameustache – Tome 16 – Le Grand Retour : Gos
  9. Gaston – Tome 11 – Gaffes, bévues et boulettes : Franquin
  10. Gaston – Tome 12 – Le Gang des gaffeurs : Franquin
  11. Tif et Tondu – Tome 22 – Un plan démoniaque : Tillieux & Will
  12. Lucky Luke – Tome 30 : Calamity Jane – Morris & Goscinny
  13. Nains – Tome 13 – Fey du temple : Nicolas Jarry, Paolo Deplano & Benoît Dellac
  14. Elfes – Tome 22 – Le Gardien des Racines : Nicolas Jarry & Gianluca Maconi

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Le silence et la fureur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves [LC avec Bianca]

Titre : Le silence et la fureur

Auteur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves
Édition : XO Thriller (01/03/2018)

Résumé :
Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars.

Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne.

Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ». Un futur pianiste de génie, comme son père. Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

Critique :
♫ Smoke on the water, fire in the sky ♪ Smoke on the water ♫

Non, on ne parlera pas de Deep Purple, mais on va causer musique tout de même car elle est en arrière-fond de ce thriller psychologique en huis-clos.

Une île au Canada, un pianiste de talent, sa femme à tout faire et un silence assourdissant avant que la fureur ne se déclenche…

Un lieu retiré, un village qui a tout du village fantôme depuis que Max King, virtuose du piano qui remplissait les salles encore plus vite que Johnny, Madonna et U2  réunis, a arrêté de jouer suite à une catastrophe arrivée à un de ses concerts.

Notre homme a beau vivre en reclus, être perclus de manies, se comporter comme un enfant, avoir d’un tyran maniaque, il attire tout de même la sympathie car il est incapable de jouer de la musique, de lire une partition, d’écouter de la musique à la radio, sous peine d’avoir l’impression qu’une perceuse lui vrille la tête.

Dans sa maison, la musique est coupée, interdit de la fredonner, pourtant, elle est sans cesse en arrière-plan, jouant à « on m’entend », « on m’entend plus ». Lui-même voudrait bien, mais il ne peut point.

L’arrivée d’un visiteur surprise arrivera-t-elle à le sortir de sa gangue de plomb dans lequel son corps, son esprit, son talent, est enfermé, englué, prisonnier ??

Sa femme à journée, celle qui s’occupe de lui constamment, arrivera-t-elle à lui lâcher un peu la bride et à cesser de s’en occuper comme si c’était son enfant, celui dont on ne veut pas qu’il grandisse, des fois qu’il n’ait plus besoin de nous ??

Si on transposait ce roman en film, je recommanderais, en fond sonore, une musique angoissante, celle qui dresse les poils sur les bras (L’exorciste) car tout est fait pour nous donner l’impression que l’on avance à vue, dans la fumée, tâtonnant afin d’en savoir plus, tandis que les auteurs nous guident dans leur thriller psychologique, jouant avec nous comme si nous étions leurs pantins.

Même les personnages sont les pantins des auteurs. On ne sait pas qui ment, qui dit la vérité, si vérité il y a et mensonges aussi. On se pique au jeu, on se prend dans le récit angoissant, bourré de tensions, sans pour autant avoir de l’action, car ici, tout est dans les attitudes, les silences, les paroles, les gestes, des différents personnages.

Le final, lui, il est époustouflant, violent, angoissant, anxiogène, rempli de suspense et tous les secrets enfouis referont surface, pour le meilleur, ou pour le pire.

Un roman qui fait monter la tension et les battements cardiaques.

Enfin, du moins chez moi car Bianca, ma copinaute de LC, n’a pas du tout aimé le récit, n’a pas su entrer dedans et à trouver le final ignoble. Je confirme qu’il est ignoble, mais j’ai adoré.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°22.

Le Mois Américain : Logos [Septembre 2019]

Voici tous les 18 logos que j’ai « créés » pour le Mois Américain de Septembre 2019. Celui qui se trouve ci-dessus n’a pas été créé par moi, d’ailleurs, il ne porte pas la mention du Mois Américain, il est juste là pour illustrer.

Les précédents logos publiés dans mon programme de lecture du Mois Américain étaient surtout ceux pour faire de la pub et rameuter du monde.

Ils sont disponibles pour toutes les participantes (je ne pense pas qu’il y ait des mecs dans ce challenge).

Bon Mois Américain à vous toutes, les filles (et le potentiel mec, s’il voulait être le seul mâle parmi des filles…).

Tout ce qui fait l’Amérique s’y retrouve : les aigles pygargue à tête blanche, les cow-boys, les western, les troupeaux de chevaux et les Indiens.

Réducteur ? Non, juste que j’aime ça et que je me fous du reste ! ;-))

Vinland Saga – Tome 16 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 16

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (12/05/2016)

Résumé :
Alors que Thorfinn, Einar et Leif se préparent à partir pour la Grèce, première étape de leur expédition au Vinland, ils sont forcés de quitter l’Islande précipitamment en emmenant Gudrid, qui, incapable de renoncer à ses rêves de découverte du Monde et d’endosser le rôle d’épouse rangée que lui impose la tradition, a poignardé Sigurd lors de leur nuit de noces.

Leur voyage à peine commencé, les imprévus à gérer pleuvent : fugitive, bébé, chien, poursuivants, ours tueur?

La situation se complique encore davantage lorsque Thorfinn se retrouve face à face avec l’enfant d’un homme qu’il a assassiné sur les champs de bataille ?

Critique :
Comme le disait si bien madame Musquin (le père Noël est une ordure) : « Allez hop, à Créteil » mais ici, on remplacera par « Allez hop, en Grèce ».

Heureusement, si nos amis vont vivre quelques aventures périlleuses en mer et sur terre, jamais ils ne se retrouveront coincés dans un ascenseur à jouer de la trompette en plastique pour appeler à l’aide ou à dévisser le panneau de commande de l’ascenseur avec un tournevis pour enfant.

On se demande d’ailleurs ce qu’aurait fait Gudrid avec un tournevis en plastique… Aurait-elle su poignarder son mari Sigurd juste avant qu’il ne consomme la nuit de noce ? M’est avis que ça aurait fait moins mal à la jambe mais encore plus à son égo.

Parlons-en, de Gudrid, cette jeune veuve qui ne rêve que d’une chose, être marin et qui lutte contre sa condition de femme qui la place dans un carcan « Cuisine-enfants » (ne manque que l’Église et on reproduit les 3 K chers aux nazis) alors que elle a plutôt envie de faire la révolution féminine d’une manière moins disciplinée que sa future belle-mère qui a tout d’une cynique.

Leur bateau n’est pas un fameux trois mats, hissez haut, Santiano, d’ailleurs, Gudrid a eu si mal au cœur sur la mer en furie, qu’elle a vomi son quatre-heures et son minuit aussi.

Passant par les iles Féroé et les îles Shetland pour finir à Bergen en Norvège, nos amis n’auront pas une minute de répit tant les aventures et les mésaventures vont se succéder à un rythme infernal. Le pire sera sans doute le changement d’une couche à un bébé dont tout le village a été massacré.

On sent que l’on se dirige vers un autre arc narratif, une fois de plus, qu’on change de cap, comme on l’a fait souvent durant 16 tomes, mais toujours en restant réaliste et crédible, même si le magaka a plus d’une fois surpris son lectorat.

Et moi, j’aime les surprises et ne pas trop savoir où un auteur n’emmène ! Ici, je suis gâtée niveau mystères et suspense, surtout qu’on est poursuivi par un Sigurd qui a la haine et qu’un nouveau personnage féminin vient de faire son apparition, nous laissant sur un cliffhanger de malade.

M’en fous, j’ai le tome suivant !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°21.

Agatha Raisin enquête – Numéro Spécial – Le Noël d’Agatha – Gare au pudding [Par Dame Ida, Spécialiste Mondiale Très Reconnue de la fiction Agathienne Contributrice Bénévole]

Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Numéro Spécial : LE NOEL D’AGATHA – GARE AU PUDDING

Par Dame Ida, Spécialiste Mondiale Très Reconnue de la fiction Agathienne

Contributrice Bénévole

INTRO : Agatha Raisin, notre détective privée bien connue, n’a pas de projet de voyage au bout du monde pour échapper aux fêtes de Noël qui ont la fâcheuse habitude de renvoyer les célibataires à leur solitude, même lorsqu’ils sont invités quelque part !

Voilà qu’elle se pique de l’idée saugrenue de devenir Dame Patronnesse et d’inviter toutes les personnes âges seules de Carsely pour un Noël qui va évidemment s’avérer tragique, puisque chaque aventure d’Agatha Raisin est inaugurée par le refroidissement définitif d’un habitant de son village qui détient le record mondial de mort violente/habitant …

RÉSUMÉ : Agatha est d’humeur pensive en l’approche des fêtes de fin d’année et en discute avec sa bonne amie, Mrs Bloxby, la femme du pasteur qui lui, malgré son devoir de charité chrétienne ne cache jamais rien de son acrimonie à l’adresse de notre héroïne préférée.

Voilà que devant l’incontournable tasse de thé qui se doit d’occuper les mains quand on papote outre-Manche, Agatha est prise d’une illumination et imagine pour une fois de ne pas s’exiler très loin du monde occidental et de ses traditions en attendant que Noël soit passé, mais d’affronter ces fêtes en faisant le bien !

La voilà décidée à organiser un réveillon chez elle, et d’y inviter toutes les personnes âgées isolées de Carsely dont Mrs Bloxby l’aide à dresser la liste. Il y en a six au total… Plus ou moins valides, plus ou moins sympathiques… Mais ça n’est pas grave, Agatha s’y connaît en personne pas sympathiques et sait ne pas s’en laisser conter et les remettre à leur place si besoin.

Mrs Bloxby prendra la précaution cependant de lui rappeler qu’elle est peut être une bonne organisatrice d’événements de com’ mais que côté organisation de repas, elle est parfois à côté de la plaque, notamment lorsqu’il s’agit de cuisiner autrement qu’en réchauffant une barquette au micro-onde !

Evidemment, Agatha reste Agatha… Et s’accroche à l’idée qu’elle n’est pas moins capable qu’une autre, mais… reconnaissant qu’elle pourrait se laisser déborder en devant gérer ses inviter et la cuisine en même temps, elle admettra l’idée de faire appel à un traiteur…

Sauf pour l’inévitable Christmas Pudding flambé qu’elle se fait un point d’honneur à confectionner elle-même avec l’aide de son ancien collaborateur Roy Silver célibataire lui-même et qui s’est invité chez Agatha pour les fêtes.

Munie du livre de cuisine le plus facile à suivre qui soit du Royaume Uni et de tous les ingrédients requis, les acheter n’étant pas un problème pour Agatha, la voilà partie dans un massacre pâtissier en règle, puisque notre détective n’a pas appris que la pâtisserie, c’est de la chimie et que ça suppose de suivre les étapes à la lettre, et de respecter les proportions au gramme près, sans parler des temps et mode de cuisson, ou les temps de refroidissement…

Et pourquoi réduire en poudre ou en morceau un ingrédient dont on imagine qu’il pourrait « fondre » tout seul comme par magie ? Bref, vous l’aurez deviné ce pudding promet d’être immonde, et le coup d’insecticide passé dessus pour chasser les mouches qui l’ont attaqué n’a certainement rien arrangé…

Roy essaie de rattraper le coup et de cacher la misère en le recouvrant d’un glaçage caramel qu’il maîtrise, et au terme d’un réveillon bien arrosé au cours duquel les esprits de nos chers aînés se sont un peu échauffés, voilà que le moment où les employés du traiteur s’en vont et que l’instant d’apporter le dessert arrive…

Or, tandis qu’Agatha adopte une position improbable pour essayer de flamber son « œuvre » selon l’usage, l’un des petits vieux, pervers notoire qui lui avait offert un string en remerciement de son invitation, lui passe la main sous la jupe pour lui tripoter les fesses.

Allez savoir pourquoi, mais Agatha n’a pas trop apprécié, et le pudding dégoulinant a fini sur la tête de l’obsédé, qui s’écroula raide mort sur le coup…

Evidemment, l’une des invitées crie au meurtre alors que les autres témoins de la scène voulaient protéger Agatha… Mais il fallait bien faire venir la police, l’ambulance etc… Bill Wong prend les choses en main…

Mon avis : Les amateurs de séries anglaises connaissent la tradition qui courre outre-Manche et selon laquelle chaque producteur fait un épisode « spécial » pour Noël.

En général ces épisodes sont l’occasion de retrouver les personnages qui ont accompagné les spectateurs tout au long de l’année, autour d’un épisode ayant sa propre trame scénaristique détachée de la trame habituelle de la série.

Le plus souvent il est question de Noël également. Il s’agit d’une parenthèse, d’un trêve des confiseurs…

Souvenez-vous ! Ils nous ont fait le coup entre les saisons 3 et 4 de Sherlock avec l’Effroyable Fiancée… Et Même Downton Abbey nous avait gratifiés d’un épisode à l’humour tout sauf victorien (qui n’est d’ailleurs pas inclus au coffret)…

Anybref, et bien, cette aventure d’Agatha Raisin est à considérer comme étant dans cette veine. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un roman mais d’une courte nouvelle qui n’atteint pas la quarantaine de pages. Autant dire que c’est vite lu… Et que c’est loin de ressembler à un Agatha Raisin habituel.

Mais rassurez-vous, c’est gratuit ! C’est en effet un petit cadeau offerts aux amis d’Agatha, lors de l’achat d’un autre volume… Et pour tromper le couillon en épaississant d’avantage le volume du livre, on rajoute autant de page en vous mettant le début du premier tome des enquêtes d’Agatha…

Bref, le petit cadeau à faire circuler aux amis pour leur donner envie d’en savoir plus sur la détective la plus gaffeuse du Commonwealth !

Comme c’est court, on retrouve assez peu de personnages secondaires habituels… Mrs Bloxby au début… Bill Wong assez brièvement…

Et Roy qui va partager le réveillon avec elle. Exit Sir Charles et James Lacey ! Les six invités d’Agatha sont de parfaits inconnus…

Comme l’ensemble ne fait que quelques pages, difficile de ne pas spoiler pour vous donner mon avis. Donc… ne lisez pas la suite si vous ne voulez pas en savoir trop…

Quoi que dans ces quelques pages, le style et la description des situations abracadabrantes brillent plus que l’intrigue qui elle est d’une platitude parfaite. En fait il n’y en a pas vraiment.

Personne n’aura évidemment la gougeâterie de faire le lien entre le fait qu’Agatha se sente vieillir et son soudain intérêt pour les personnes âgées… Ni entre l’âge de l’auteur et le plaisir qu’elle a pris pour brosser rapidement les portraits de six petits vieux…

On aura deux morts et un mariage en 40 pages… Mais pas l’ombre d’un assassin. L’innocence d’Agatha triomphant assez rapidement après une autopsie la mettant hors de cause : son pudding n’avait pas tué son invité obsédé…

Cela étant, elle aurait probablement eu huit morts par empoisonnement s’il avait été mangé… Mais bon… Un mariage et deux enterrements… ça me rappelle un film anglais tiens…

Mon impression de l’aventure 17 n’avait pas été très engageante et j’avais dit attendre l’auteur au tournant.

Evidemment, cette brève nouvelle gratuite n’est pas à considérer comme étant la 18e aventure… et je n’exigerai pas le même traitement d’une intrigue en 40 ou 150 pages…

Donc… Je réserve encore ma décision sur la nécessité de confier d’autorité et en urgence la franchise Agatha à quelqu’un de plus doué que l’auteure actuelle.

PS du Cannibal Lecteur : dans 4 mois, c’est Noël !!! (maintenant que j’ai foutu le bordel, je me casse).

 

Mois américain – Septembre 2019 – Programme lecture

Jeune, je détestais Septembre et sa putain de rentrée des classes. Adulte, je le déteste toujours pour ses jours qui raccourcissent, pour l’été qui fout le camp, pour les métros qui redeviennent bourrés de sales mioches gueulants et de dessous de bras puants.

Fini la quiétude de l’été, fini de se la couler douce, les pieds sur le bureau, on recommence à bosser sérieusement…

Depuis quelques années, j’ai une raison d’aime Septembre car c’est le Mois Américain et la littérature américaine et moi, c’est presque une aussi vieille histoire d’amour qu’avec la littérature Anglaise.

C’est donc avec fébrilité et la bave aux lèvres que je prépare mon programme de lecture, fouillant ma base de données, qu’elle soit Babelienne ou Livraddictienne…

Bon, avant de me crever le coeur et le pur esprit à tout retourner, je vais commencer par piocher dans mon programme du Mois Américain de 2018 car bon sang de bonsoir, il serait plus que temps que je lise ces romans !

Pas de panique, à partir du N°20, c’est des nouveaux titres jamais sélectionnés (enfin, je pense) que j’espère lire aussi un jour… On risque de les revoir en Septembre 2020 ! mdr

Comme d’habitude, j’ai sélectionné des Western – parce que j’aime ça – des romans parlant de la ségrégation raciale, des romans Noirs parce que c’est aussi ça, l’Amérique et l’un ou l’autre Classique, comme Faulkner parce qu’il est temps que je l’ajoute à mes trophées de chasse.

Je ne vais pas manquer non plus d’ajouter quelques bédés afin de faire monter le chiffre des billets et pour avoir une fois de plus le plaisir d’inonder Titine de liens quotidiens ! Elle aime ça (son côté masochiste sans doute).

Pas de panique, je ne saurai jamais lire tout ce que j’ai sélectionné, mais ça me permet aussi de lister des romans Américains et de les lire ensuite, comme je le fais avec mes listes du Mois Anglais (ou bout de quelques années, j’y arrive, vous savez). Si, si (impératrice).

En ajoutant des biblios et en faisant un peu de tri dans tout mes livres possédés (2 tonnes, au bas mot), j’en avais profité pour classer une partie de mes beaux livres dans une des nouvelles biblio et, hasard ou pas, j’avais classé tous mes livres parlant de l’Amérique des grands espaces. Cela faisait des années que je ne les avais plus feuilleté, j’ai donc remis ça à jour.

Allez, c’est parti mon kiki pour un Mois Américain de folie et surtout, de cow-boys puants la sueur et le cheval (et le chacal), d’Américains bas de plafond suintant la haine d’autrui, de massacres, de génocides d’Améridiens, de guerre de Sécession, d’énigmes, d’enquêtes, de bas-fonds, de saloon, de drogues, de beaux paysages, de nature writing et d’étendues désertiques à tomber raide mort tant elles sont belles….

Ce que je voudrais lire (et que je n’y arriverai pas) : Le visuel est ici 

  1. La famille Winter : Clifford Jackman [ROMAN]
  2. La prisonnière du désert : Alan Le May [ROMAN]
  3. Le sang des Dalton : Ron Hansen [ROMAN]
  4. La culasse de l’enfer : Tom Franklin [ROMAN]
  5. La porte d’or : Michel Le Bris [ROMAN]
  6. La rivière des indiens : Jeffrey Lent [ROMAN]
  7. L’agent indien : Dan O’Brien [ROMAN]
  8. Méridien de sang : Cormac McCarthy [ROMAN]
  9. Le pouvoir du chien : Thomas Savage [ROMAN]
  10. L’Aventurier du Rio Grande : Tom Lea [ROMAN]
  11. Le Passage du canyon : Ernest Haycox [ROMAN]
  12. Les Fugitifs de l’Alder Gulch : Ernest Haycox [ROMAN]
  13. Du haut des cieux, les étoiles : Harry Brown [ROMAN]
  14. Terreur apache : William R. Burnett [ROMAN]
  15. La montagne en sucre : Wallace Stegner [ROMAN] 
  16. Le gang de la clef à molette : Edward Abbey [ROMAN]
  17. Bohemian flats : Mary Relindes Ellis [ROMAN]
  18. Le gang des rêves : Luca Di Fulvio [ROMAN]
  19. Sherlock & Moria – T1 – L’initiation : Ridley Pearson [ROMAN]
  20. Sherlock & Moria – T2 – La Spirale infernale : Ridley Pearson [ROMAN]
  21. 221b Baker street : Graham Moore [ROMAN]
  22. Dites-leur que je suis un homme : Ernest J. Gaines [ROMAN]
  23. Wash : Margaret Wrinkle [ROMAN]
  24. Le Châtiment de Willie Jones : Elizabeth Hartley Winthrop [ROMAN]
  25. Le régiment noir : Henry Bauchau [ROMAN]
  26. Mississippi : Hillary Jordan [ROMAN]
  27. Cherry : Nico Walker [ROMAN]
  28. La poudre et la cendre : Taylor Brown [ROMAN]
  29. Terminus : Tom Sweterlitsch [ROMAN – SF]
  30. En attendant Eden : Elliot Ackerman [ROMAN]
  31. Whiskey : Bruce Holbert [ROMAN]
  32. Les morts de Bear Creek : Keith McCafferty [ROMAN]
  33. Au nom du Bien : Jake Hinkson [ROMAN]
  34. Le Grand Silence : Jennifer Haigh [ROMAN]
  35. Stoneburner : William Gay [ROMAN]
  36. Un silence brutal : Ron Rash [ROMAN]
  37. Les animaux : Christian Kiefer [ROMAN]
  38. Le pays des petites pluies : Mary Austin [ROMAN]
  39. La véritable histoire de l’Ouest américain : Jacques Portes [ROMAN]
  40. Le cercle brisé – Meurtres en pays navajo : Rodney Barker [ROMAN]
  41. Pieds nus sur la Terre sacrée : Teresa Carolyn McLuhan [ROMAN]
  42. Swan Peak : James Lee Burke [ROMAN]
  43. Red Grass Rive: James Carlos Blake [ROMAN]
  44. Dans la vallée de l’ombre de la mort : Kirk Mitchell [ROMAN]
  45. Sympathy for the Devil : Kent Anderson [ROMAN]
  46. Mindhunter – Dans la tête d’un serial-killer : Douglas & Olshaker [ROMAN]
  47. Un feu d’origine inconnue : Daniel Woodrell [ROMAN]
  48. Normal : Warren Ellis [ROMAN]
  49. Avant la nuit : Pete Fromm [ROMAN]
  50. Walt Longmire – T07 – Tous les démons sont ici : Craig Johnson [ROMAN]
  51. Walt Longmire – T10 – Steamboat : Craig Johnson [ROMAN]
  52. Tandis que j’agonise : William Faulkner [ROMAN]
  53. Le petit arpent du bon dieu : Erskine Caldwell [ROMAN]
  54. Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole : Bradford Scott [ROMAN]
  55. Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle : Bradford Scott [ROMAN]
  56. Walt Slade – Tome 4 – Le Chariot mystérieux : Bradford Scott [ROMAN]
  57. Perry Mason – Tome 23 – Le moustique flemmard : Erle Stanley Gardner
  58. Le train des orphelins – T01 – Jim : Ph. Charlot et X. Fourquemin [BD]
  59. Le train des orphelins – T02 – Harvey : Charlot et Fourquemin [BD]
  60. Le train des orphelins – T03 – Lisa : Charlot et Fourquemin [BD]
  61. Le train des orphelins – T04 – Joey : Charlot et Fourquemin [BD]
  62. Le train des orphelins – T05 – Cowpoke Canyon : Charlot et Fourquemin [BD]
  63. Le train des orphelins – T06 – Duels : Charlot et Fourquemin [BD]
  64. Le train des orphelins – T07 – Racines : Charlot et Fourquemin [BD]
  65. Le train des orphelins – T08 – Adieux : Charlot et Fourquemin [BD]
  66. Lucky Luke (d’après Morris) – T03 – Homme de Washington : Achdé & Gerra [BD]
  67. Lucky Luke (d’après Morris) – T04 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé & Pennac [BD]
  68. Lucky Luke – Tome 09 – Des Rails sur la prairie : Morris [BD]
  69. Lucky Luke – Tome 29 – Des Barbelés sur la prairie : Morris [BD]
  70. Lucky Luke – Tome 33 – Le Pied-tendre : Morris [BD]
  71. Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James : Morris [BD]
  72. Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris [BD]
  73. Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris [BD]
  74. Lucky Luke – Tome 63 – Le Pont sur le Mississipi : Morris [BD]
  75. Jerry Spring –Tome 03 – Lune d’argent : Jijé [BD]
  76. Jerry Spring –Tome 04 – Trafic d’armes : Jijé [BD]
  77. Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé [BD]
  78. Jerry Spring – Tome 14 – Les Broncos du Montana : Jijé [BD]
  79. Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne : Jijé [BD]
  80. H.H.Holmes – Tome 01 – Englewood : Henri Fabuel & Fabrice Le Hénanff [BD]
  81. Sonora – Tome 02 – Lola Montez : Jean-Pierre Pécau [BD]
  82. Astérix – Tome 22 – La grande traversée : Goscinny et Uderzo [BD]
  83. USA – Le Sud-Ouest : Thomas Jeier [BEAUX LIVRES]
  84. Far West éternel (Voyages et aventures) : Dylan Winter [BEAUX LIVRES]
  85. Cow-Boys – Mythe et réalité : Yves Berger [BEAUX LIVRES]
  86. Itinerrance dans l’Ouest des USA : Josyane Cassaigne [BEAUX LIVRES]
  87. Ouest américain – Territoires sauvages : Grunewald [BEAUX LIVRES]
  88. L’Ouest Américain : Montagu et Thomas [BEAUX LIVRES]
  89. The Rider – Le film qui te dit qu’avec l’âge, les Rider se déplacent [FILMS] 
  90. La porte du paradis – Heaven’s Gate – Le film qui Knock-knock-knockin’ on heaven’s door ♫ (1980) [FILMS] 

Harry Potter – T04 – Harry Potter et la coupe de feu ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter – T04 – Harry Potter et la coupe de feu

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001/2007/2011/2016/2017) / Gallimard (2000)
Édition Originale : Harry Potter, book 4: Harry Potter and the goblet of fire (2000)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Harry Potter a quatorze ans et entre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée : la tenue d’un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie.

Déjà les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit…

Trop vite. Il va se trouver plongé au cœur des événements les plus dramatiques qu’il ait jamais eu à affronter.

Dans ce quatrième tome bouleversant, drôle, fascinant, qui révèle la richesse des enjeux en cours, Harry Potter doit faire face et relever d’immenses défis.

Critique :
L’exercice de la relecture est toujours périlleux car on pourrait ne pas retrouver les excellentes sensations de l’époque et en ressortir déçu(e).

Parfois, c’est l’effet inverse qui se produit et on se surprend à prendre encore plus de plaisir lors de la relecture qu’il y a 17 ans.

Autant j’avais encore des souvenirs de lecture du tome 3, autant il ne m’en restaient plus beaucoup du tome 4 et ce fut donc une véritable redécouverte, même si, eu fil des pages, des petits souvenirs sont, tels Mathilde, revenus.

Lors de ma première lecture, j’avais trouvé Harry Potter chiant à toujours reporter à plus tard l’ouverture de son oeuf en or, à ne pas vouloir écouter la voix de la raison qu’était celle de Hermione qui lui disait de bosser un peu plus, de s’y prendre plus tôt.

Son petit égo m’avait aussi énervée, lui qui refusait l’aide des autres mais de dédaignait pas celle de ses amis.

Avec le recul, j’ai compris Harry, il n’est pas différent de nous, au final, à toujours procrastiner pour certaines tâches. Moi-même je faisais pareil avec mes matières à étudier… Là, Harry m’a plutôt envoyé de brûlantes piqûres de rappel. Shame on me de l’avoir si mal jugé à l’époque de ma première lecture.

Si mettre en récit un jeune garçon qui entre dans une école de sorcellerie n’est pas d’une créativité folle, l’univers que J.K. Rowling a développé dans ses romans est lui, d’une richesse époustouflante, incomparable tant il est réaliste, proche du nôtre, de l’Histoire, pas toujours glorieuse de l’Homme, tant ses personnages sont évolutifs, mûrissants avec l’âge et riches de profondeur (m’en fout si c’est pas correct, moi, je me comprends).

Les deux premiers tomes étaient de la littérature enfantine, on le sentait bien dans l’écriture, dans la manière d’être des personnages qui, à l’époque, avaient 11 ans, comme leurs lecteurs.

Dans le tome 3, on sentait venir le basculement et là, pour le tome 4, la littérature jeunesse est loin derrière nous, comme si l’auteure en avait eu plein le cul d’écrire pour les enfants où comme si elle avait eu envie de faire évoluer son écriture et ses récits avec l’âge de ses personnages principaux et de son lectorat.

L’univers de Harry Potter est un mélange savant de collèges Anglais huppés, où ne sont admis que les enfants de famille riche, ou du moins, d’une certaine élite. Les 4 Maisons de Poudlard sont autant de fraternités comme il en existe dans les universités, les Sangs Purs et les Sang-De-Bourbe ne sont jamais que les idées nauséabondes des partis fascistes (dont un mis au point une solution finale) ou celles des grandes écoles dans lesquelles les boursicoteurs ne sont jamais bien vus.

Voldemort qui revient au pouvoir et que certains ne veulent pas voir, croire, c’est aussi une montée d’un extrémisme que certains continuent de nier ou de regarder ailleurs, pensant ainsi que leur petit monde tranquille va le rester.

Rita Skeeter (à qui on sketerait – casser – bien la gueule) la journaliste fouille-merde n’est jamais que l’apanage de certains journaleux qui sont prêts à tout pour publier un scoop, même à inventer des faits ou à les déformer, juste pour faire le buzz.

C’est aussi une manière pour Rowling de mettre en garde ses lecteurs sur leurs manières de s’informer, sur le fait qu’il ne faut pas lire n’importe quel journal mais bien choisir ceux qui informent et pas ceux qui déforment.

C’est aussi un tacle contre les fake-news qui nous inondent de plus en plus sur la Toile et que nous ne connaissions pas encore en 2001. Rita est une productrice de fake-news et tout le monde croit ce qu’elle écrit.

Anybref, Harry Potter est une oeuvre énorme à analyser et avec les années qui ont passées, on redécouvre d’autres choses, d’autres messages, d’autre parallèles avec notre monde à nous.

Ce tome 4, c’est aussi un sacré pavé de 784 pages qui se lisent toutes seules, sans même se fatiguer, sans même voir le temps passer car ce tome regorge d’actions, d’amitié, de disputes, de petites tensions, de mystères, de suspense, de violence (dans son final) et là on se dit que non, nous ne sommes pas au pays des Bisounours et qu’un pas vient d’être franchi.

J’ai mieux apprécié cette relecture que je ne le pensais et ce tome 4 a fait un bon dans les émotions ressenties et dans mes romans préférés de la saga, sans pour autant détrôner le tome 3 qui lui est indétrônable.

Quant à ma copinaute de LC, Bianca, pour elle, c’est un coup de coeur et pour le moment, c’est son préféré.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°20, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019 – Septembre 2019).

Taqawan : Éric Plamondon

Titre : Taqawan

Auteur : Éric Plamondon
Édition : Livre de Poche Policier (27/02/2019) / Quidam (2018)

Résumé :
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »

Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens Mi’gmaq.

Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions.

Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…

Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Critique :
Des injustices, tout le monde en a vu dans sa vie mais tout le monde n’en a pas subi comme les Femmes, les Juifs, les Noirs, les Amérindiens, les Gitans, les homos, les handicapés, et j’en passe.

Dès qu’il y a des différences, quelles qu’elles soient, dès que l’on veut faire plier des peuples, des personnes, les spolier, les virer, les anéantir, pour toutes les raisons possibles et imaginables puisque lorsqu’on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.

Les injustices touchent souvent des minorités, mais pas toujours… Dans notre cas à nous, les femmes, cela concerne plus de la moitié de l’Humanité.

Anybref, ici, les injustices touchent les Amérindiens Mi’gmaq à qui l’ont refuse le droit de pêcher le saumon, chose qu’ils pratiquent depuis la nuit des temps, bien avant l’arrivée de l’Homme Blanc, celui qui s’appropria tout le territoire, reléguant les anciens habitants dans des réserves, transformant leurs enfants sauvages en petits civilisés, le tout à coup de trique (dans tous les sens du terme, hélas).

À partir de 1870, pour remercier ces vaillants guerriers, on leur enlève leurs enfants pour les emprisonner dans des pensionnats. À grands coups de bâton le matin, de douches froides le soir et de viols la nuit, les institutions vont faire rentrer l’idée de civilisation dans la tête des sauvages.

Ironie, bien entendu car pour moi, les Sauvages ne sont pas les Amérindiens, même s’ils ne sont pas des anges non plus. Les Sauvages et les Barbares, c’étaient les Blancs qui spolièrent le tout et qui ont vidé la Nature de tout ce qu’elle produit, reprochant ensuite au Mi’gmaq de prendre quelques tonnes de saumons quand les autres en prélèvent des centaine de tonnes.

Pourquoi se serait-il préoccupé des six tonnes annuelles pêchées dans le sud de la Gaspésie par les Indiens alors que les pêcheurs sportifs de l’Est du Canada en sortaient cent fois plus, huit cents tonnes par année, de la Nouvelle-Écosse jusqu’à Terre-Neuve? C’était encore pire au large des côtes. Les bateaux-usines capturaient trois mille tonnes de saumon par saison (et ça, c’était sans compter les centaines de tonnes d’autres poissons rejetés à la mer parce que trop petits ou pas assez rentables).

Ce livre qui tacle méchamment dans les talons d’Achille n’est pas construit de manière linéaire, ni même en alternant le passé et le présent.

Non, il serait même plutôt déconstruit et au départ, ça déstabilise un peu cette manière d’englober des souvenirs du siècle passé, où d’une ère lointaine, avec ceux de maintenant, le tout entrecoupé d’extrait de J.T, de recettes de soupe aux huîtres, de légendes, de publicité pour un motor home, d’histoires sur les saumons ou de règlements légaux, anciens et présents.

Avec des chapitres très courts, le rythme est saccadé, mais tout se tient, tout est englobé dans le grand tout et forme un récit qui, sous ses airs bordélique au départ, donne finalement un récit d’une grande cohésion et empreint d’humanisme mêlé de fourberies humaines.

C’est violent car les tacles sont sous la ceinture mais ça fait toujours du bien de dire tout haut ce que l’on pense tout bas. Il n’est pas normal que les Québécois luttent pour une reconnaissance culturelle et linguistique alors qu’ils la refuse aux Mi’gmaq ! Si moi j’ai droit à ma reconnaissance culturelle, il est normal que les autres y aient droit aussi et que tout comme moi, ils luttent pour la faire reconnaître.

— Alors pourquoi le gouvernement québécois ne veut pas donner aux Indiens ce qu’il demande lui-même au gouvernement canadien? Pourquoi faut-il un droit à la culture et à la langue française au Québec à l’intérieur du Canada mais pas de droit à la culture et à la langue mi’gmaq à l’intérieur du Québec ?

Véritable roman noir ancré dans la réalité, ce récit commence par le conflit qui opposa les indiens Mi’gmaq aux forces de police chargées de récupérer leurs filets de pêche et tournera autour de cette guerre du saumon, d’autres petites histoires venant se greffer tout autour pour donner au récit un impact qui fait mal à la gueule.

Sans verser dans la caricature, l’auteur parvient à déployer devant nos yeux avides des personnages différents, réalistes, véritable condensé de ce que l’on pourrait trouver dans cette région, avec leurs pensées divergentes et leurs beaux discours empreint d’humanité mais où leur courage est absent.

Sans nous forcer dans une direction comme on le ferait avec un animal que l’on veut piéger, l’auteur nous considère assez grands que pour tirer nos propres conclusions avec ce qu’il nous a livré comme faits.

Et pourquoi acheter quand la nature vous fournit tout ce dont vous avez besoin? On leur a donc accroché au cou l’offre et la demande, le profit, le marché. À Restigouche, le seul bien monnayable était le saumon. Alors on les a obligés à vendre le saumon tout en réglementant son commerce. Un marché contrôlé par le pouvoir, une variable d’ajustement. Le saumon, celui qu’il suffisait d’attraper pour vivre, ils devaient désormais le vendre pour survivre.

Il y a dans ces pages quatre personnages qui m’ont éblouis, chacun à sa façon. Océane étant celle qui m’a le plus ému alors qu’elle a peu de dialogues, mais elle n’avait pas besoin de parler pour dégager cette force. Magnifique.

Une lecture qui ne laisse pas indemne.

Mutt sangewite’lm’g moqwa’ wen gesatgit nmu’j negmewei.
Ne fais pas confiance à celui qui n’aime pas son chien.

On dirait que le colonialisme, c’est un peu comme un saumon, tu peux le jeter à la mer, il finit toujours par remonter là où il est né.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°19.

Handsome Harry – Confessions d’un gangster : James Carlos Blake

Titre : Handsome Harry – Confessions d’un gangster 

Auteur : James Carlos Blake
Édition : Gallmeister Americana (03/01/2019)
Édition Originale : Handsome Harry : or the Gangster’s True Confessions (2004)
Traducteur : Emmanuel Pailler

Résumé :
Dans la bande de John Dillinger, il y a Red, Charley, Russell et moi, “Handsome Harry” Pierpont. S’il y avait eu un chef, ça aurait été moi, même John le dit.

Mais John aime avoir sa photo dans les journaux et faire le malin devant les dames, alors on ne se souvient que de lui. Il est le plus cool d’entre nous, je vous le garantis, sur un boulot comme sous les balles.

Nous prenons l’argent là où il se trouve : dans les banques. Sans nous vanter, en matière de casse, nous sommes les meilleurs. Un chauffeur, trois ou quatre gars motivés, une voiture de remplacement, et le tour est joué.

Les journaux disent que nous sommes dangereux, l’Ennemi public n°1 : n’exagérons rien. On ne veut de mal à personne, on aime juste les belles voitures, les jolies filles et les fêtes entre copains.

On sait bien que ça ne va pas durer, que les flics nous attraperont un jour ou l’autre. En attendant, on profite de la vie.

Critique :
John Dillinger… Tout de suite on voit la jolie petite gueule de Johnny Deep dans le film « Public Ennemies »… Sexy baby !

Et bien, oubliez-le car ici, ce n’est pas le grand Dillinger qui est mis sous les feux des projecteurs mais « Handsome Harry » Pierpont et croyez-moi, après cette lecture, vous vous direz qu’il n’a pas eu les honneurs qu’il méritait !

Ce n’est pas très moral de dire ça en parlant de gangsters, de pilleurs de banque, de braqueurs de drugstores, armés et dangereux.

Oui, John aurait appuyé sur la détente. Moi aussi. C’est une question d’autorité mais aussi de respect de soi. Si vous voulez proférer des menaces en l’air, soyez instituteur, pasteur, rédacteur. Pas braqueur.

Ça ne rigolait pas avec eux et ils ont laissé des corps froids sur leur passage. Mais les flics aussi parce que dans le genre « je ne sais pas bien tirer », les flics étaient les champions et se sont même tués entre eux… C’est ballot, ça !

L’autre type s’enfuit et les flics ouvrirent le feu. Le gars réussit à partir, mais dans la fusillade, un flic de l’Indiana fut tué par un autre, d’une balle dans l’œil. Ç’avait dû être un sacré spectacle pour le voisinage.

John téléphona à Matt Leach pour lui dire qu’on avait bien rigolé avec ses cascades de film comique dans l’Illinois, mais est-ce qu’on lui avait déjà dit que la police était censée tirer sur les méchants, pas sur les autres flics ? Peut-être que le Père Noël lui apporterait un manuel du parfait tireur et des règles du parfait petit policier.

L’auteur, à la manière dont il nous met en scène les membres de la bande, arrive à dégager de l’empathie, de la sympathie pour ces braqueurs qui purgent de lourdes peines de prisons et qui, tels les Dalton, cherchent un moyen de s’évader.

Harry Pierpont est le narrateur de cette histoire dont nous aurons déjà le compte-rendu du final dès le départ. De toute façon, pour qui connait un peu l’Histoire des gangsters américains et celle de Dillinger, pas de surprise. Tout le monde sait comment ça se termina.

C’est vraiment drôle (à la fois comique et bizarre) qu’ils se donnent autant de mal pour garder en vie quelqu’un, juste pour pouvoir le faire griller. Même s’ils doivent me porter jusqu’à la chaise.

Les braqueurs de banque, dans les années 30, avaient la cote auprès du public, je parle bien entendu des petites gens, de l’Amérique d’en-bas, de celle qui fut durement touchée par la Dépression et qui n’était pas contre le fait qu’on vole des voleurs qui les avaient volés.

Les criminels, c’est aussi bien des types comme moi que les propriétaires des banques, des assurances et de la Bourse, des usines, des mines de charbon et des champs pétroliers, les propriétaires de cette foutue Loi. Une fois, j’ai dit à John qu’être hors-la-loi, c’était le seul moyen de conserver le respect de soi, et il a répondu, Ouais, c’est la triste vérité.

Lorsque les gens voient la Loi se ranger du côté de ceux qui leur pourrissent la vie, c’est naturel qu’ils soutiennent les hors-la-loi.

Parce que pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les banquiers ne sont pas des honnêtes gens, loin de là, ce sont des voleurs eux aussi, juste qu’ils sont bien habillés et qu’ils ne nous mettent pas un flingue sur la tempe pour prendre notre fric, ils sont bien plus subtils que ça. Mais nombre d’entre eux avaient magouillé leurs comptes et un braquage permettait de tout remettre à jour.

Voyons voir, repris-je. Il détourne je ne sais pas combien dans une banque, puis il fait braquer la banque pour cacher ses magouilles, et après il prend un tiers de ce qui reste à la banque ? Et après, ajouta Pearl, il se remet à détourner du fric dans la même banque, lorsqu’elle a récupéré l’assurance. Sympa comme boulot, si on en trouve un comme ça.

Alors oui, l’auteur a réussi à me faire apprécier des gangsters, à souhaiter qu’ils s’échappent de prison et j’ai croisé les doigts pour qu’ils n’y retournent pas, mais contre la Vérité Historique, je ne peux rien et nous n’étions pas dans une dystopie.

Ses personnages sont bien campés, réussis, et on a tout de suite de la sympathie pour Handsome Harry, on a envie de saluer son intelligence, moins sa violence quand il abat de sang-froid, mais en tout cas, on en apprend un peu plus sur la bande de Dillinger, même si personne ne sait toute la vérité puisque les faits divergent et les témoins ne sont pas fidèles.

À dix contre un, aucun des types qui ont écrit sur la bite de John ne l’a jamais vue. Eh bien moi si, et à son maximum, je dis bien. Mary aussi – elle était avec moi à ce moment-là, et j’en parlerai le moment venu. Disons que l’engin de John était, comme le disait Mary, impressionnant. Pourtant – sans vouloir gonfler mes mérites, ha-ha, je dois dire que John ne m’arrivait pas à la cheville.

La seule chose que je n’ai pas trop aimé c’est la manière dont sont présentés les dialogues que l’auteur a englobé dans le texte narratif. Au début, ça passe, mais à la fin, ça devenait lourd et donnait au texte l’impression qu’il avait été écrit par un débutant alors que nous sommes tout de même face à James Carlos Blake.

Bon Dieu, dit John, qui t’a appris à sauter à la corde quand t’étais petite ? Les filles du bordel de Mabel ?
Je me disais bien que je t’y avais déjà vu, répliqua Billie. T’étais toujours là pour les soirées à un dollar, hein ?

Hormis ce petit bémol, tout le reste passe comme dans du beurre, on découvre les fake news de l’époque avec des journalistes prêts à raconter n’importe quoi pour vendre leurs feuilles de choux, on parle de politiciens véreux, des gardiens de prison corruptibles, des balances, de l’amitié, de la fraternité et on vit les poursuites à du 100 à l’heure parce que dans les années 30, ce n’étaient pas les bolides de Fast and Furious mais elles avaient encore des marche-pieds pratiques pour mettre les otages.

Les journaux, eux, continuaient à vendre de la peur. Mais comme toujours, certaines lettres de lecteurs montraient clairement que tout le monde n’en voulait pas à notre scalp. Plein de bons citoyens ne nous trouvaient pas pires que certains politiques, et sans doute bien moins nuisibles que la plupart des banquiers.

J’ajoutai que si Dieu avait créé des êtres plus stupides que des flics et des journalistes, je ne les avais pas encore rencontrés.

Si vous voulez faire un tour dans l’univers carcéral des États-Unis des années 30, vous prendre un peu de la grande Dépression dans la gueule, voir la prohibition se terminer et boire à sa santé, braquer des banques, vous décoiffer la permanente en roulant à 100 à l’heure dans les rues de Chicago (ou dans une autre ville), prendre du bon temps en Floride, baiser avec des mauvais garçons ou vous évader de manière brillante, ma foi, ce livre est fait pour vous.

Si vous avez tendance à être pour la Loi et de son côté, ou banquier, vous risquez de grincer des dents lors de la lecture, surtout devant les réponses de Handsome Harry devant les juges.

Je répondis que je ne le niais pas, mais que j’avais l’honnêteté de commettre mes vols l’arme à la main, et le courage de prendre des risques en cas d’opposition. Au moins, je n’étais pas comme ces présidents de banque menteurs, trompeurs et hypocrites, qui trafiquaient leurs comptes pour dépouiller les veuves et les fermiers de leur propriété et leurs économies. Cette réplique-là fit rugir de rire le public, et le juge tapa du marteau comme un menuisier pressé.

Dommage pour les dialogues insérés dans le texte, sans cela, j’aurais mieux aimé la présentation du texte et je l’aurais trouvé moins laborieux, moins lourd à certains moments.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°18.

Je n’ai jamais recouru aux termes vulgaires à la légère – la grossièreté gratuite est un signe de paresse mentale –, pourtant c’était difficile à formuler autrement : si un type essaye de m’enculer… eh bien, je l’encule.

Le syndrome [E] : Franck Thilliez [Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1]

Titre : Le syndrome [E] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir Thriller (2010) Pocket (2012 / 2017)

Résumé :
Méfiez-vous le Syndrome E est certainement en vous… Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle…

Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié…

Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.

Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.

Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.

Car aujourd’hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables…

Critique publiée sur Babelio le 5 juin 2012:
Le jour où je passerai l’arme à gauche (ou à droite, pas de sectarisme), je me dirai que dans ma vie, j’ai eu la chance de lire de très bons auteurs de polars… de très bons auteurs de thrillers… de très grands auteurs…

Thilliez a cette chance unique (il ne se sent plus, l’homme, depuis qu’il le sait) de pouvoir figurer sur ma liste d’auteurs de thrillers qui ont fait vibrer mon petit coeur de lectrice, qui m’ont fait frissonner, qui m’ont donné des sueurs froides, m’ont fait ressembler à une asociale de la pire espèce parce que je grognais dès que l’on voulait m’ôter un livre des mains, tel un chien rongeant son os.

Première incursion dans le monde de Franck Thilliez, plongée directe en eaux troubles et froides et j’en suis ressortie plus groggy que si j’avais disputé dix rounds face à un champion de boxe.

C’était ma première rencontre avec ses personnages – Lucie Henebelle et Frank Sharko – et pour le prix, je les ai eu tous des deux ensemble dans le même roman.

Deux écorchés vifs, des personnages bien travaillés, pas des personnages guimauviens ou fadasse comme la soupe de ma grand-mère, quand elle oublie le sel. Non, des vrais personnages brut de décoffrage, plus écorchés qu’une bête à l’abattoir.

Deux flics plus flics que tous les flics réunis, ne vivant que pour leur boulot, que pour la traque de la bête, tels des chiens de chasse lancés sur la piste d’un cerf. Des dingues, surtout Lucie. Prête à tout. Quand au commissaire Sharko, c’est encore pire… Il est tellement écorché qu’il est atteint de schizophrénie.

Au moins, nous sommes loin des personnages tous lisses que nous avions parfois dans les romans, des gentils tout plein, sans problèmes, avec une femme aimante, des gosses polis et un chien sans puces, au poil lisse. Ici, pas de ça ! Politiquement incorrect, oui. N’hésitant pas à dézinguer des salauds, s’il le faut.

Nos amis Lucie et Franck, partant chacun de leurs côtés, séparément, vont se croiser au cours de leur enquête et la mèneront de concert, tous les deux.

Le genre de chose que j’apprécie dans un roman : deux enquêtes qui n’ont rien en commun et qui se télescopent à un moment donné, sans que vous sachiez « comment » et « pourquoi ». Faut faire durer le plaisir.

Pour ce qui est de leur enquête, je dois dire que « temps mort » n’est pas présent, mais que « morts à gogo » oui, et pas des scènes de crime toutes propres comme chez Columbo ! Gore de chez gore, j’adore!

Sur la fin, les pages tournaient toutes seules, animées d’une vie propre et je me retranchais de plus en plus dans mon monde, courant avec mes deux flics. Je voulais savoir !

Un seul défaut : le nom du commissaire Sharko… Désolé, mais parfois, dans le feu de l’action, mes yeux, ces traîtres, ou mon cerveau, ce salopard, prenait un malin plaisir à ôter le « h » ce qui donnait… je vous le donne en mille… Oui, lui, le petit nerveux.

Avouez que cela peut vous casser une ambiance quand, au lieu de visualiser le grand type costaud qu’est Sharko, vous voyez un petit excité gesticulant. Je vous jure que je ne suis pas maso, mais un truc pareil, ça vous colle deux fois plus de sueurs froides !

Tout autre chose, un bon point pour son incursion dans mon pays, avec la ville de Liège et la clinique universitaire de Saint-Luc, à Bruxelles, que je connais bien.

L’auteur semble aussi être au courant d’un secret d’état bien gardé chez nous : l’état déplorable de nos autoroutes qui ressemblent parfois à une piste du Paris-Dakar, mais plus Dakar que Paris… Ma foi, je lui dirais de ne pas trop se plaindre, il ne les a pas payée, lui !! L’argent de ses impôts ne sont pas passé dans la réfection de cette bande d’asphalte qui se désagrège au fur et à mesure…

Pour conclure (et pas dans le foin), je dirais que le Syndrome [E] est un livre [E]xcellent, digne d’un thriller comme ils se doivent d’être, entrainant, palpitant, bien torché et pas classique, comme scénario. On sort des sentiers battus et tant mieux.

Je me suis posée bien des questions et la fin nous laisse sur un cliffangher des plus dégueulasses pour le lecteur qui ne possède pas la suite [Gataca] sous la main.

Moi, je l’avais… et j’ai replongé avec délice dans les eaux sombres et glaciales…

Faites pareil, vous ne regretterez pas le voyage.