Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes : Marc Lemonier

Titre : Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes

Auteur : Marc Lemonier
Édition : City Edition (16/11/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est immortel. Plus d’un siècle après sa dernière aventure officielle, il occupe toujours une place de premier ordre au royaume des détectives. Films, pastiches, suites, livres, séries télévisées : Holmes est partout…

Dans ce petit dico, l’auteur part sur les traces de l’œuvre de Conan Doyle, de sa genèse jusqu’à nos jours. Lieux, personnages, objets fétiches, enquêtes, moments clés de sa vie : vous serez incollable sur le dandy détective.

Comment a-t-il rencontré le fameux docteur Watson ? Qui étaient ses parents ? Comment a-t-il disparu en combattant le professeur Moriarty ?

Et au fait, savez-vous que Holmes n’a jamais prononcé le mot « Élémentaire » ?

Critique :
Lorsque je suis tombée sur ce bouquin, je me suis dit que cela serait amusant de le posséder et de faire grossir mes étagères Sherlock Holmes.

Bien souvent, je cherche dans ma mémoire le réalisateur d’un film ou un détail d’une aventure et rien ne surgit (oui, Alzheimer fait des ravages).

Si, à ce moment là, vous n’avez aucun ordinateur allumé, c’est assez embêtant.

Un dictionnaire résoudrait parfaitement ce problème.

Ne vous attendez pas à de grandes révélations en le lisant. Une grande partie de l’ouvrage se trouve sur le site de la SSHF.

Le dico peut, toute fois, se révéler utile en cas de plantage de PC ou de flemme de l’allumer pour vérifier un détail (attention, pas un détail trop petit, juste une indication). Il se lit plaisamment installé dans le canapé, tasse de thé à la main.

L’auteur nous cite souvent des passages entiers du canon, comprenant dialogues ou descriptions. Lorsqu’il nous donne le titre de l’aventure canonique, en dessous, il note le titre en V.O, sa date de publication, l’endroit où elle fut publiée ainsi que son abréviation officielle en bas du texte.

Lemonier nous parle aussi de quelques films sur Holmes, dont les deux derniers de Ritchie, la série Sherlock de la BBC, celle de la Granada, des villes citées dans le canon, des personnages (quelques uns, les plus importants), de quelques acteurs qui ont interprétés Holmes à l’écran, des untold stories,…

Mais sans trop entrer dans les détails. le strict minimum.

Toutefois, il y a des erreurs et quelques oublis importants à mes yeux :

Page 22 : « L’aventure de Wisteria Lodge » (WIST) où l’auteur du dico oublie un détail monumental. Cette histoire commence en effet par Watson qui nous écrit ceci : « Dans mes notes je retrouve la date : fin mars 1892. le temps était froid, et gris, le vent soufflait. Holmes avait reçu un télégramme et il avait griffonné la réponse. » 1892 ? Holmes étant disparu aux chutes le 4 mai 1891. L’erreur canonique aurait dû être soulignée dans le dico, je trouve.

P 43 : parlant de Jeremy Brett qui incarna le détective, il a cette phrase étrange « Il ne lui manque que la haute stature ». Sachant que Brett mesurait 1,88 m et que Holmes en faisait 1,80 m, je me demande ce que Lemonier a voulu dire par-là. N’aurait-il pas vérifié les tailles de ces deux hommes ? Ou alors, il n’aime pas Brett et trouve qu’il n’interprétait pas brillamment Holmes…

P 48-49 : Les titres des recueils (Adventures, Memoirs, Return) sont en gras, les nouvelles qui les composent en italique, notées l’une à la suite de l’autre. Avant de passer au titre du recueil suivant, il y a un espace. Les nouvelles auraient gagnées en clarté à être mise l’une en dessous de l’autre, mais bon.

Par contre, le correcteur n’a pas vu que « His last bow » n’était pas en gras et se trouvait directement sous les titres composant « The return », sans l’espace de séparation requis. Pareil pour « The casebook ». Cela donne un gros plaquage sur la fin.

P 56 : « Quand il s’ennuie un peu, le détective se shoote avec une solution à 7% de cocaïne ! » C’est noté texto ainsi. Punaise, dit ainsi, on dirait un camé de la pire espèce.

P 67 : C’est « LA cycliste solitaire » ou « LE cycliste solitaire » ? Pourtant, il me semblait avoir lu que, d’après des notes manuscrites de Conan Doyle, il visait bien l’homme qui suivait mademoiselle Violet Smith et que c’était « Le » et pas « La ». Une histoire de sexe, encore une fois. L’inconvénient de la langue anglaise, c’est le « the » qui ne vise personne en particulier (The Adventure of the Solitary Cyclist).

Page 73 : « inspecteur « Greyson »?? Dans le canon, c’est l’inspecteur GREGSON !! La faute. Carton rouge.

Page 82 : Dans « L’Employé de l’agent de change », la Franco-Midland est rebaptisée « Les Quincailliers de la Franco-Midland » et serait donc ainsi (en ces termes) présente dans le Canon. Ce qui ferait du président un plagiaire de Conan Doyle si cet intitulé se trouvait bien dans le Canon. Hors, c’est lui qui l’a inventé de toute part pour le site de la SSHF.

Page 94 : on apprend que la série Granada est interrompue par le décès de Brett. Il n’en est rien. Jeremy Brett était pourtant encore bien vivant quand il embrassa publiquement le président à la fin de la soirée télévisée organisée en 1994 pour marquer la fin de la série…

P 165 : erreur lamentable dans le titre en V.O des « Propriétaires de Reigate » qui devient « The Red-Headed League » au lieu de « The Reigate Squires ». L’abréviation REIG et la date de publication sont les bonnes.

P 207 : Il parle de Lady Eudoria Vernet Holmes, mère d’Enola, de Sherlock et de Mycroft. Cette femme est un personnage fictif des livres de Nancy Springer. Lemonier nous signale ensuite qu’elle a été enlevée. Erreur ! Elle a disparu, oui, personne ne sait où ni pourquoi, mais très vite ils comprennent qu’elle a disparu de son plein gré. Désolé, mais on  ne mélange pas les faits canoniques avec les apocryphes.

P 210 : le violon de Holmes. L’auteur nous signale qu’il l’a acheté son Stradivarius pour une bouchée de pain à un brocanteur. Était-ce si compliqué de donner plus de détails ? Comme quoi il valait au moins 500 guinées et qu’il l’avait payé 55 shillings à un brocanteur juif de Tottenham Court Road (The Adventure of the Cardboard Box).

P 210 : le violon, toujours. Lemonier nous parle de Holmes cherchant à découvrir la note qui ferait immobiliser les mouches. Cette expérience est celle de Holmes/Robert Downey Jr dans le film de Ritchie, mais ce n’est pas précisé. Pour l’histoire des mouches et de l’expérience avec le violon, cela provient d’un film avec Rathbone (« Les aventures de Sherlock Holmes ») auquel Ritchie rendait hommage dans son premier opus…

Bref, un peu trop d’erreur pour un dictionnaire !! Un peu trop d’approximations et de mélange entre la fiction et le canon.

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