Détectives – Tome 2 – Richard Monroe, Who killed the fantastic mister Leeds ? : Herik Hanna & Nicolas Sure

Titre : Détectives – Tome 2 – Richard Monroe, Who killed the fantastic mister Leeds ?

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Nicolas Sure

Édition : Delcourt (2014)

Résumé :
L.A. 1935. Tout le gratin hollywoodien est réuni pour la première de « Who Killed The Fantastic Mister Leeds ? » associant les étoiles montantes Ava Lamont et James Crowley.

Mais quand James s’écroule sous l’effet d’une balle à blanc plus mortelle que prévu, Ava est immédiatement arrêtée.

Rien ne pourra la soustraire à la justice… si ce n’est un célèbre détective privé prêt à vivre la pire nuit de sa vie.

Critique :
« Ceci n’est pas une pipe ». Voilà comment on pourrait résumer en quelques mots cet album car, tout comme la célèbre toile de Magritte qui représente une pipe, ce n’est pas une pipe.

Juste l’image d’une pipe… Autrement dit, méfions-nous de ce qui pourrait être trop flagrant.

Aimez-vous vous faire mystifier, gruger, vous faire avoir jusqu’au trognon dans une lecture ? Moi, oui. Mais faut que cela soit fin, très fin.

La mère Agatha savait le faire mieux que personne, comme elle le fit dans « Le meurtre de Roger Ackroyd », jouant avec les phrases à double sens que l’on ne comprenait qu’une fois le roman terminé (ou à sa relecture).

Attention, faut pas qu’on ne me sorte pas un lapin d’un chapeau. Trop facile. Ce ne fut pas le cas dans cette enquête où je me suis faite avoir dans les grandes longueurs, revenant même en arrière pour tâcher de comprendre où l’auteur m’avait prise par surprise.

Pas de lapin sorti d’un chapeau, tout était sous mes yeux mais je n’ai pas vu. Enfin, si, j’ai vu mais je n’ai pas observé, me chuchote Sherlock Holmes dans mon oreille.

Heureusement que le scénario était à la hauteur, parce qu’il n’est pas évident d’apprécier une bédé lorsque les dessins ne vous reviennent pas, que vous les trouvez trop rigides, les épaules des personnages trop carrées, le trait trop simpliste (les oreilles ne sont même pas détaillées).

Certes, si je devais dessiner, ça ne ressemblerait à rien, je vous l’avoue, mais ce n’est pas mon job.

Le découpage de l’histoire est bien pensé, en commençant pas la scène de la défenestration (du 47ème étage du building) et en suivant ensuite par l’interrogatoire de Richard Monroe, cette ellipse permet de faire monter le suspense et les questionnements de suite.

Nous racontant l’histoire en commençant par le début, Monroe qui s’empêtre souvent dans son récit, nous permet de la vivre après coup, après les meurtres, et durant toute son histoire, je me suis posée des questions à savoir « Qui a vraiment fait ça et pourquoi ? La belle actrice a-t-elle bien tué son partenaire ? ».

Ajoutant dans les dessins de l’histoire la tête bandée de Monroe et la tête de l’agent du FBI, les auteurs ont pu insérer des petites questions et des réponses, des petits piques d’humour et de la suspicion, sans devoir revenir au moment présent par une autre case.

Moins charismatique que Miss Crumble du premier tome, Richard Monroe a une gueule taillée à la serpe, un caractère de cochon, têtu comme une mule, mais au moins il est compétent et il observe au lieu de voir. Sorte de détective à la hard-boiled, il a tout d’un Dick Tracy ou d’un Mickey Spilane.

Commencé en huis clos dans une salle d’interrogation de la police, l’histoire repassera en huis-clos dans l’hôtel où avait lieu la pièce de théâtre et les meurtres avant de se finir en course-poursuite qui fera le bonheur des vitriers tant on cassera des vitrines.

Un bon album, dans la continuité des autres (que j’avais lu pour le Mois Anglais de Juin 2019) mais mes préférés restent Miss Crumble, Frédérick Abstraight, Nathan Else et Ernest Patisson).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°28 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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Jerry Spring – Tome 4 – Trafic d’armes : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 4 – Trafic d’armes

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1957 / 1987)

Résumé :
Jerry est devenu marchand ? En tout cas, il doit convoyer 10 caisses de machines à coudre jusqu’à Chihuahua.

L’affaire conclue, la frontière franchie, le ranch de Pancho et de son frère s’avère vide.

S’y trouve encore un jeune garçon qui décide d’escorter Jerry par des chemins quelque peu détournés.

En effet, une nouvelle « revolucion » s’est mise en marche. Contrôlés par des « federales » -la cavalerie gouvernementale- et les caisses ouvertes, ces dernières sont remplies de fusils.

Arrêté, emprisonné pour contrebande, Jerry doit être passé par les armes le lendemain.

Critique :
— La révolution c’est comme un bicyclette: quand elle n’avance pas, elle tombe.
— Eddy Merckx ?
— Non, Che Guevara.

Non, non, pas Victor Pivert dans ces pages, pas de Farès c’est effarant non plus, pas de chewing-gum Le Yankee, mais une révolution !

¡  Una revolución ! Siempre revolución !

Le Mexique connait une révolution et notre Jerry Spring va aller y foutre ses bottes et les sabots de son bel étalon, tout ça pour convoyer des machines à coudre…

Des caisses de machines à coudre ! Non mais, Jerry, allo quoi ? Qui donnerait 100$ (de l’époque) par caisse de machine à coudre pour les conduire à Chihuahua ? Si tu avais vérifié ce que tu transportais, Jerry, tu ne serais pas en instance d’être fusillé par les Federales !

L’avantage, avec les révolutions, c’est que les gens aux pouvoir changent très vite et qu’au lieu de se faire fusiller par ces hijis de puerco de Federales, on peut se faire fusiller par ces hijos de perro de Banditos !

Pardon, pas par des Banditos, mais des braves révolutionnaires qui ont un point commun avec les Federales contre qui ils se battent : ils ne font pas de quartier.

L’auteur devait avoir peur que ses lecteurs ne sachent pas lire car l’écriture dans les phylactères est super grande, ce qui gâche un peu les décors dessinés car Jijé savait dessiner mieux que personne les gens et les chevaux. Un trait très réaliste.

L’humour est omniprésent, limite humour noir, quand on y regarde d’un peu plus près, mais pas de panique, on sait bien que Jerry Spring s’en sortira toujours. 22 albums, on ne va pas le zigouiller au tome 4 !

Beaucoup de rebondissements, d’action, de chevauchée et de retournements de situation jusqu’à l’explication finale et la découverte de l’énigme des machines à coudre qui, je vous le dis de suite, est balancée en quelques lignes de dialogues et le final est expédié en deux temps trois chevauchées.

Une fois de plus, l’album aurait mérité plus de planches afin d’être un plus développé dans cette histoire de Revolución et celle du trafic d’armes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°27, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur  et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.