Les Fugitifs de l’Alder Gulch : Ernest Haycox

Titre : Les Fugitifs de l’Alder Gulch

Auteur : Ernest Haycox
Édition : Actes Sud L’Ouest, le vrai (02/06/2016)
Édition Originale : Alder Gulch (1942)
Traducteur :

Résumé :
Au milieu des années 1800, un couple improbable s’enfuit pour rejoindre le nouvel eldorado de la vallée de l’Alder Gulch, dans le Montana, où des milliers de chercheurs d’or s’aventurent pour faire fortune.

Jeff Pierce est traqué par le frère de l’homme qu’il a tué. Sa compagne de route, Diana Castle, cherche à échapper à un mariage arrangé. Quel avenir y aura-t-il pour eux dans cet Ouest sauvage où la loi est piétinée ?

Avec ce portrait d’une communauté d’orpailleurs dans les contrées les plus sauvages du Montana (l’endroit est historique : l’Alder Gulch et Virginia City ont véritablement existé), Haycox déploie à merveille son art romanesque et sa connaissance de la nature humaine.

Son roman est nourri de cette authenticité lyrique qu’on lui connaît depuis Des clairons dans l’après-midi (Actes Sud, 2013) et Le Passage du canyon (Actes Sud, 2015).

Critique :
Bienvenue dans la communauté des orpailleurs, dans le Montana. Ici, l’or est là, il suffit de se pencher pour le prendre.

Bon, faudra creuser tout de même et tamiser avant de trouver des pépites que vous irez dépenser au saloon du coin, vous encanaillant avec les prostituées, dépensant vos pépètes au poker avant de retourner tamiser la terre afin de vous refaire.

Le cercle vicieux.

Mais si vous gardez toutes vos pépites, tel un écureuil, lorsque vous mettrez les voiles, attendez-vous à ce que les bandits du coin vous les chipe et ne laisse votre cadavre pourrir sur le sol.

La communauté des orpailleurs, je l’avais suivie dans des bédés, mais pas vraiment dans un roman (ou alors, ma mémoire me fait défaut, ce qui serait normal, vu tout ce que je lis et tout ce que j’ai déjà lu).

Tous les ingrédients d’un bon western sont réunis, même si nous commençons l’aventure sur le pont d’un navire que nous quitterons bientôt à la nage. Ensuite, ce sera la fuite avec une jolie fille qui fuit sa famille et l’arrivée dans une citée de chercheurs d’or, avec tout ce que ça comporte comme dangers.

Jeff Pierce est celui qui s’est enfui du bateau où il n’avait pas souhaité monter et Diana Castle est celle qui l’aidera à fuir, profitant de lui pour fuir aussi sans attirer l’attention, car il est plus facile pour un couple de passe inaperçu que pour un fugitif et une femme seule de voyager.

Direction l’Alder Gulch et Virginia City. Une ville champignon qui a poussé après une ruée vers l’or, ça attise bien des convoitises et tout ce que le pays comptait de méchants s’est réuni dans une bande qui fait la loi et dont personne n’ose contrecarrer les mauvaises actions.

Une fois de plus, comme dans les Lucky Luke, on a une foule qui en a marre des meurtres, qui voudrait un peu plus de sécurité, qui souhaiterait que l’on mette fin aux exactions des bandits, mais qui n’est pas soudée, qui a besoin d’un meneur et d’une goutte d’eau pour faire déborder le vase.

Nous sommes face à des gens qui ont peur, qui voudraient que cela s’arrête mais ne savent pas comment faire, n’osent pas le faire, sans oublier qu’ils ont peur des représailles et sont limite fleur bleue car ils ont hurlé pour qu’on ne pende pas certains des assassins car ils s’étaient laissé attendrir.

Ce sont des pleutres et ils ne diffèrent pas vraiment de nous, qui, à notre époque, avons encore les mêmes peurs face à des racketteurs, des dealers, des gangs, des petits merdeux de gamins,…

L’auteur nous décrit avec détail la vie dans une ville qui ne vit que grâce aux chercheurs d’or, décrivant les privations, le dur labeur, les conditions météo hostiles, l’éloignement, la solitude, la peur de l’autre et l’individualisme car ici, tout le monde veille jalousement sur sa matière jaune et espère qu’un autre fera le ménage à sa place.

On pourrait résumer le livre par deux mots : authenticité et réalisme. L’action n’est pas toujours présente, Haycox prenant le temps à un moment donné de nous faire vivre ce qui pouvait se passer dans ce genre de ville, nous présentant différents personnages secondaires qui, contrairement aux hors-la-loi, seront moins étiqueté « irrécupérables ».

Si les bandits sont tous catalogués dans les Méchants, l’un d’entre eux se distinguera par son côté jovial et amitieux, le genre de personne que l’on voudrait pour ami et qu’on n’hésiterait pas à tenter de sauver s’il passait du côté obscur de la Force.

Mêmes notre Pierce n’est pas tout blanc, mais au moins, il est honnête. Et dans le milieu des orpailleurs, un honnête homme, ça a de l’importance. C’est même en voie de disparition. Un bien rare étant cher, un homme honnête, c’est cher.

Ce western qui a tout du Roman Noir possède des émotions, de l’action, du suspense, du mystère, de la justice, qui peut faire défaut ou être expéditive, et des hommes prêts à tout pour s’enrichir. Des hommes qui doivent survivre face à une Nature hostile et un climat peut propice au bikini en hiver, sans compter qu’il faut faire face à l’envie, la jalousie, le vol.

Un western où la sauvagerie des lieux déteint sur les Hommes mais où brille un espoir, tout de même, celui de voir les gens se serrer les coudes pour faire face à ceux qui se pensaient tout puissant et à l’abri de tout danger.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°58, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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19 réflexions au sujet de « Les Fugitifs de l’Alder Gulch : Ernest Haycox »

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  2. Ah ! Ces chercheurs d’or! Toujours prêts à se foutre sur la gueule pour une pépite pas forcément aurifère… ou à s’entretuer pour une concession! Les parias partis d’Europes où la corde les attendait déjà et que leurs mœurs de psychopathes avaient suivis à travers l’Atlantique… Nan j’aime pas ces types mal rasés et pas lavés! Je préfère les sociopathes de haut niveau qui se font passer pour des normopathes! 😂🤣😂

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