La Neige de saint Pierre : Léo Perutz [LC avec Rachel]


Titre : La Neige de saint Pierre

Auteur : Léo Perutz
Édition : Zulma (03/10/2016)
Édition Originale : St. Petri Schnee (1933)
Traducteur : Jean-Claude Capèle

Résumé :
En 1932, Georg Friedrich Amberg, jeune médecin engagé par le baron von Malchin, quitte Berlin pour le lointain village de Morwede.

Pour y soigner des paysans ? Pas si évident, car dans le secret de son laboratoire, la baron vient de découvrir une drogue surpuissante : la neige de saint Pierre. Dont il compte bien faire usage à grande échelle.

Interdit par les nazis dès sa parution en 1933, la Neige de saint Pierre est, par-delà l’enquête aux allures de rêve hallucinatoire, le roman de la manipulation et du pouvoir.

Critique :
Rêve ou réalité ? Cette question a failli rester sans réponse, pourtant, quelques indices me donnent à penser que c’était la réalité…

Imaginez que vous vous réveillez sur un lit d’hôpital, vos derniers souvenirs sont qu’une personne vous a assommé avec un fléau…

Le médecin vous signifie qu’on n’utilise plus de fléau pour battre le blé, nous sommes en 1932 tout même et qu’en plus, vous avez été renversé par une voiture.

Youyou, il y a quelqu’un là-dedans, McFly ?

Le doute s’installe. Avez-vous rêvé votre histoire ou vous ment-on ?

Puisque le doute l’habite, le jeune docteur Georg Friedrich Amberg va donc faire appel à ses souvenirs pour nous expliquer son histoire et nous donner la vérité, qui est ailleurs, comme toujours.

L’auteur, au moyen des souvenirs de son personnage principal, va nous entraîner dans un petit village, perdu au fond du trou du cul de la Westphalie, où règne le baron von Malchin et où tout est encore à l’ère manuelle, comme dans des temps reculés.

Si les expériences de petit chimiste de Gaston Lagaffe étaient réputées pour être dangereuses pour tout l’immeuble des éditions Dupuis, ainsi que pour celui de leurs voisins, Ducran et Lapoigne, les expériences chimiques du baron et de son associée, la belle Kallisto Tsanaris (Bibiche pour les intimes) ne le sont pas moins.

Croyez-moi, l’univers de ce roman est spécial, tournant parfois au huis-clos puisque nous sommes dans un petit village et que le baron voudrait, au travers de son fils adoptif, Frederico, ultime descendant de l’empereur Frédéric II (qu’il dit), rétablir la dynastie des Hohenstaufen du Saint Empire Romain Germanique (Ier Reich). Rien de moins…

Bizarre cette idée de vouloir rétablir un grand Empire… C’est moi ou ça pue l’idée du grand Reich de l’autre moustachu de sinistre mémoire ?

Vu que son roman a été interdit dès 1933 par les nazis, ces petits êtres sadiques, je pense qu’en effet ces tristes sires y ont vu, eux aussi, une allégorie des idée de grand empire prônée par leur grand guignol fanatique aux idées détestables et assassines.

Mince alors, ils avaient donc un cerveau ? Ou alors, délation, quand tu nous tiens.

Anybref, voilà une lecture que je n’aurais jamais faite dans ma copinaute Rachel et sans l’erreur qui fut sienne d’acheter ce roman en lieu et place de « La nuit sous le pont de pierre » du même auteur et que j’avais coché pour mon Mois du Polar (PTDR).

Une erreur qui a bien fait les choses car elle m’a permise de lire ce roman étrange, qui se lit facilement et qui parle des rêves un peu fous d’un baron, peut-être pas si frappadingue que ça, et qui va tenter, grâce à une substance chimique, de manipuler les foules pour leur rendre… Je ne vous dis rien de plus.

C’est un roman qui explore à la frontière entre la réalité et le fantasmagorique, qui se promène aux frontières du réel, faisant hésiter le lecteur et le personnage sur les faits qui se sont produits et dont il a été le témoin direct.

Malgré le fait que tout le monde lui dit le contraire, notre docteur se raccroche à ses souvenirs et se demande pourquoi on tente de le manipuler. La réalité serait-elle une illusion ? Ou le rêve est-il vraiment la réalité et on veut l’empêcher d’en parler ?

Un roman qui met en avant, avec moquerie, le Premier Reich, touchant par là-même le Troisième qui se voulait aussi grand, qui parle de la foi comme de l’opium du peuple (mais d’une autre manière que je ne divulgâcherai pas), qui parle de la manipulation des masses par quelques personnes, le tout sur un ton assez badin, amusant, mêlant habillement le roman d’investigation à celui d’anticipation.

On comprend l’interdiction de l’époque ! Mais maintenant, on peur le lire sans peur et sans reproches.

Une LC avec Rachel qui, malgré les cafouillages du départ, aura été une belle découverte. Elle, comme moi, a apprécié sa lecture. D’ailleurs, elle vous le confirmera dans sa chronique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°202.

27 réflexions au sujet de « La Neige de saint Pierre : Léo Perutz [LC avec Rachel] »

    • Il mérite d’être découvert, ne fut-ce que parce qu’il fut interdit par les nazis. Il était inconnu chez moi aussi, sans la bourde de Rachel qui s’est trompée de titre, jamais je ne l’aurais découvert. J’aime quand mes copinautes de LC font des erreurs 😀

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  2. Je dois être fatiguée tant je suis débordée par le télétravail depuis deux jours… et par mon esclavage en cuisine… et par ma sinusite… mais en fait j’ai pas tout compris tellement ça m’a l’air tordu cette affaire… Je passe!

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      • Ah non! C’est fini les machins à grignoter! Je la connais la chanson… A chaque fois qu’il est question de grignoter en ce moment… C’est encooooooore moi qui doit aller le cuisiner! 😉

        Et le pire, c’est que si je mange encore les trucs qui vont bien avec le thé, je ne passerai plus la porte de chez moi une fois que je serai autorisée à en sortir à la fin du confinement! 😀

        J’avoue avoir un peu abusé des Shortbreads à Pâlemoral (à propos, il paraît que Charlot va mieux… enfin… ils disaient ça dans le poste. Le problème c’est que c’est après la phase « fièvre » que l’inflammation pulmonaire mortelle survient… c’est traître cette saloperie!) et Toqué à pris un stock de pommes de taré en faisant les courses et je vais être bonne pour devoir faire des tatins pour ne pas gâcher… 😦

        En fait comme le paracétamol n’est pas assez efficace avec mes sinusites, et qu’il ne faut SURTOUT pas prendre des anti inflammatoires qui ferait gravement flamber le Covid19 en cas de contamination, j’ai dû me shooooter au Tramadol et franchement… pour suivre un truc un peu compliqué avec ça… c’est mission impossible. Au moins, j’ai l’impression d’aimer la terre entière, c’est déjà ça… Même regarder fixement le plafond me paraît passionnant… 😀

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        • J’ai évité d’acheter des saloperies pour ne pas être tentée de grignoter !! J’avais envie que mes capitons n’enflent pas, pour les vacances, mais je pense que les vacances, on va les avoir dans le cul ! :/ D’ailleurs, j’ai mal au cul à cause de la selle de mon vélo, c’est un de course, mon VTT est niqué depuis des années, mais purée, j’ai 20 ans de plus et mon cul est plus délicat qu’à l’époque où j’étais dans la pédale (et les cadres).

          Merci pour les infos, je ne savais pas quand commençait l’inflammation pulmo… Faut que mon mari évite ça, avec son poumon et demi, il y passerait.

          Pour l’ani-inflammatoire, j’avais entendu, une cousine à mon mari est infirmière, elle nous l’avait déconseillé. Je n’en prends que pour les migraines les plus terribles.

          On devrait conseiller le Tramadol pour les gens agressifs qui engueulent les pauvres caissières et la terre entière :/

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          • Ben le problème avec le Tramadol, c’est que ça ne fait qu’amplifier le caractère des gens en levant les inhibitions… Moi j’aime tout le monde (en tout bien tout honneur hein…) quand j’en prends, et je suis un poil plus bavarde que d’habitude et toute gaite (oh… toi t’étais bien dans la pédale! 😀 )… Mais les têtes de cons sont encore plus tête de con… Les méchants sont encore plus méchant etc… On m’a même parlé de quelqu’un qui voyait des complots contre lui sous tramadol… ça peut faire dégonder les gens fragiles… et si t’es sensible aux nausées… t’es mal! Bref… Ce n’est à prendre que sous contrôle médical et en suivant bien les dosages de la prescription.

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