Dans les forêts de Sibérie : Sylvain Tesson

Titre : Dans les forêts de Sibérie

Auteur : Sylvain Tesson
Édition : Folio (2011/2013/2016/2019)

Résumé :
Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane.

Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux.

Je crois y être parvenu.

Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ?

Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?

Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Critique :
Oui, je dois être prise de folie pendant ce confinement (qui est plus doux que celui de mes voisins français) puisque après avoir lu des romans traitant de la peste et du choléra, voilà que je me suis plongée dans un roman qui traite d’un isolement choisi.

Quelle idée folle que celle d’aller s’enterrer 6 mois dans une cabane en bois, au fond de la Sibérie, le long du lac Baïkal ?

D’accord, tout comme Sylvain Tesson, j’ai des lectures en retard, mais jamais de le vie je n’irais m’exiler, seule, en Sibérie…

Merde, Sylvain Tesson, tu m’as donné envie d’y aller, maintenant ! Mais pour mon cas, il faudrait un semi-remorque pour transporter les livres que je veux lire…

Des mauvaises langues pourraient penser que la méditation le long du lac Baïkal est un truc de fainéant, mais je les détrompe de suite…

Là-bas, si tu ne coupes pas ton bois pour faire du feu, personne ne le fera à ta place ! Si tu ne pêches pas tes poissons, Ordralphabétix ne t’en vendra pas sur la place du village puisque ton plus proche voisin est à 5h de marche !

Ce que j’aime, dans les récits de Tesson, c’est que non seulement il nous emmène loin de toute civilisation, mais aussi qu’il parsème ses romans d’aphorismes en tout genre, d’extraits des romans qu’il a lus et se sont toujours des phrases qui donnent à réfléchir.

Ici, la Nature est LE personnage principal. Les ours, les poissons, les cerfs, la neige, la glace, le froid, la solitude sont à prendre en compte. Mais avec des litres de vodka et des cigares, on vient à bout de tout. Même des -30°. Vaut mieux le lire au soleil, à l’abri du vent, sinon, le froid s’insinuera dans vos os.

Un roman dépaysant, où les alternances entre le récit de la description du quotidien alterne avec des moments grandioses de poésie, d’éclair de génie, de phrases magnifique.

Un roman où l’Homme est peu de choses face à la Nature, même si, avec les nouvelles technologies, l’Humain se fraye de plus en plus un chemin dans ces grandes étendues désertiques.

Espérons qu’un jour il n’y aura pas d’embouteillage comme sur les sommets qui ne sont plus immaculés mais maculés de déchets. Hélas, sur ces étendues sauvages, les Chinois lorgnent , pour la déforester…

Un roman sur un confinement voulu, prévu, mis en place car rêvé par Sylvain Tesson qui est allé jusqu’au bout de son rêve. Bon, d’accord, lui, il pouvait sortir prendre l’air et arpenter les étendues glacées !

33 réflexions au sujet de « Dans les forêts de Sibérie : Sylvain Tesson »

  1. Ping : Bilan Livresque Annuel et Coups de Cœur 2020 (2/2) | The Cannibal Lecteur

  2. Ping : Bilan Livresque Annuel et Coups de Cœurs 2020 (1/2) | The Cannibal Lecteur

  3. Ping : Bilan Mensuel Livresque : Mars 2020 | The Cannibal Lecteur

  4. J’adore aussi les récits de Sylvain Tesson. Je garde un bon souvenir de cette « retraite » en Sibérie. Je crois que ça m’avait fait du bien à titre personnel. « La Panthère des neiges » est déjà dans ma PAL. Est-ce que tu as lu Bérézina?

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  5. Pendant les premières années de ma vie professionnelle je suis allée vivre seule dans un village de campagne où les locaux m’ignoraient superbement… Ce n’est pas qu’ils étaient vilains mais mon job n’aidait pas à ce que les gens aillent vers moi et le réflexe est d’aller à la facilité et de ne pas sortir de ses cercles habituels. Bref, en dehors des heures de boulot j’étais très seule.

    A cette époque on avait péniblement 6 chaines de télé dont deux ne passaient pas chez moi et pas internet. Le téléphone mobile était à ses balbutiements et on était en zone blanche… Et ben tu sais quoi? Je crois que si j’avais eu la fibre et toutes ses possibilités pour ne pas m’ennuyer j’y serai certainement restée ! Et Toqué n’aurait jamais entendu parler de moi!

    Cette période de confinement ne m’est pas si pénible que ça si on excepte la galère des courses et le télétravail difficile (purée si tu savais les incompétents que j’ai en face! Déjà en temps normal ça marche pas… alors là… je n’en parle même pas!).

    Y a des gens comme ça qui n’ont pas peur de la solitude… ça suppose de s’aimer assez ou du moins de ne pas se détester… d’être assez confiant pour affronter le monde sans s’angoisser… de pouvoir contempler le vide sans crainte de se laisser avaler… et d’avoir ce qu’il faut pour tromper l’ennui.

    Aimé par 1 personne

    • La campagne profonde… Je vois que cela date sans doute du début du XXème siècle, dans la période qui a suivi la Première Guerre… Oui, je sors.

      Tu imagines à quoi ça tient, notre chemin de vie ?? Un peu de fibre et boum, tu n’aurais pas connu Toqué ! Si j’étais restée au bled, je n’aurais pas connu mon chéri et si son père avait toujours eu son boulot en Sicile, il ne serait pas venu en Belgique… Fallait vraiment qu’on se trouve, nous 😀

      Ma vie sociale est « correcte », mais bien moins importante que celle de certains, ma tante, elle a fait une mini-dépression de quelques jours. Plus habituée que moi à avoir des activités extra et de causer avec des tas de gens. Moi j’ai juste la famille qui me manque et les quelques personnes « amies » auxquelles je tiens parce que leur conversation sont intéressantes.

      Les incompétents, je connais, en plus, ils se donnent toujours un genre…

      La solitude ne me fait pas peur, j’ai de quoi m’occuper et tu remarqueras que mon activité du Net a diminué ! Purée, je suis en « congés » et je ne passe pas une partie de ma journée sur mon PC loisirs ! Tu donnes des consultations à distance ?? 😀

      Avec ma PAL j’ai de quoi tromper l’ennui durant 10 ans 😉

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