[SÉRIES] Dracula de Steven Moffat et Mark Gattis [Par Dame Ida – Eau bénite non fournie]

Mini série de trois épisodes diffusée par NETFLIX et la BBC, produite en 2019, diffusée en 2020

Créateurs : Steven Moffat et Mark Gattis

Réalisation : Jonny Campbell (1er épisode) ; Damon Thomas (2e épisode); Paul McGuigan (3e épisode).

Introduction : Quand Dame Ida s’emmerde et qu’elle doit faire une pause de lecture (ses vieux yeux ne peuvent plus rester sur sa liseuse plus de deux heures d’affilée… ses vieux os non plus d’ailleurs… mine de rien on ne peut pas lire dans n’importe quelle position), elle a le choix entre faire de la pâtisserie, ou regarder des séries (la position allongée ou vautrée ne lui est aucunement pénible).

Parfois elle fait même les deux en même temps.

Et avec le Grand Confinement face à ce vilain virus qui pourrait presque l’envoyer ad patres vu qu’elle n’est plus si jeune, plus si mince et plus si en forme… Dieu sait si Dame Ida s’emmerde actuellement beaucoup !

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui Dame Ida va vous parler non pas d’un roman mais d’une série…

Et qui plus est d’une série récente puisqu’une copine lui a prêté son code Netflix…

Et comme ici on aime les trucs un peu gothiques victoriens vu que c’est contemporain de notre Détective Consultant préféré (auquel je n’ai pas pu m’empêcher de percevoir comme une allusion quand au détour d’un dialogue on évoque un détective de Londres… Et bien je n’ai pas résisté au plaisir de vous en faire un retour.

Résumé : Fin du XIXème siècle, dans un couvent perdu de Bulgarie, Sœur Agatha, secondée par une autre femme en habit de religieuse, interroge un certain Jonathan Harker bien mal en point, qui essaie de rassembler ses souvenir sur la cruelle expérience qu’il a pu vivre au château du Comte Dracula, où il s’était rendu pour affaires, et dont il serait parvenu à s’évader…

C’est ainsi que s’ouvre le premier épisode de cette Nième adaptation des aventures du plus célèbre vampire des Carpathes et de ceux qui veulent sa peau bien gorgée du sang de ses victimes.

 

Je ne vous ferai pas l’offense de vous en dire davantage. Les lecteurs et lectrice de ce blog (et même les autres pauvres malheureux et incultes qui n’y jettent jamais un œil) savent tout de l’histoire écrite par Bram Stoker, même s’ils ne l’ont pas lue pour de vrai, se contentant de ce que le cinéma et autres séries en ont mis à notre disposition.

Bien évidemment, cette adaptation n’est qu’une adaptation qui s’inspire plus ou moins de l’œuvre originale, voire des précédentes adaptations…

Et comme Gattis et Moffat nous y ont habitué lorsqu’ils se sont attaqués à Sherlock Holmes, ils n’ont pas non plus rechigné à user et abuser des swicths spaciaux-temporels qu’ils semblent apprécier au point d’en faire leur marque de fabrique.

Si les deux premiers épisodes sont assez proches du roman, dans l’esprit du moins, car certaines péripéties sont clairement rajoutées pour faire durer l’affaire 3 x 1h30, et si certains personnages sont développés différemment ou carrément modifiés, le troisième épisode lui n’est plus que très vaguement inspiré de l’œuvre de Stoker. Un peu quand même mais… bien moins que les autres.

Image soignée, effets spéciaux corrects sans être délirants, beaux décors, belle image… Sur le plan technique rien à dire…

Quoi que je ne sois pas non plus une cinéphile distinguée et compétente pour me poser là en critique évidemment. En même temps si ça avait été moche et nul, ça, j’aurais été capable de m’en rendre compte tout de même…

Comme je commence à m’habituer à voir chaque scénariste ou réalisateur vouloir réécrire l’histoire à sa sauce, je ne m’en suis pas offusquée, et j’ai passé un bon moment jusqu’aux dernières vingt minutes… Les minutes cruciales du dénouement…

Et tout de même la qualité d’un dénouement ça compte quand on s’est fadé près de 5h de série…

Ce n’est pas tant que le dénouement soit totalement hors sujet…

Mais Gattis et Moffat nous avaient déjà fait le coup dans la conclusion du dernier épisode de la dernière (probablement pour de bon) saison de Sherlock…

Ils semblent aimer les dialogues dramatiquement surfaits, grandiloquents et métaphysiques de révélations finales sur la vraie nature des choses, des gens, et là en occurrence de la vraie nature du vampire…

Et ça donne à l’atmosphère des dernières minutes de la série un côté pseudo-intello artificiel torturé des méninges qui se la pète… Que je trouve totalement inutile, pour ne pas dire pénible en ce sens que ça me donne l’impression que ça tombe à plat tant c’est en décalage avec le fond de l’histoire.

Ouais… Le mythe du vampire fascine… Sinon on n’aurait pas des dizaines de films et de séries sur la question…

Ouais… il y a derrière des ressorts symboliques ou psychologiques qui peuvent expliquer pourquoi ça vient capter notre intérêt…

Mais si on veut présenter une thèse sérieuse et solide là dessus, ça ne se torche pas en un quart d’heure et ça ne s’explicite pas sur le dos d’une histoire qu’on doit finir de raconter en en faisant une illustration.

C’est peut être ma sensibilité personnelle… Mais j’ai beaucoup du mal avec le mélange des genres.

Soit on fait du reportage ou du documentaire pour exposer sa thèse sur les vampires… Soit on fait une histoire à partir de ses propres représentations du vampire… Mais profiter du dénouement d’une série pour exposer ça à travers le dialogue final du dénouement… Bof bof…

J’ai du mal avec le divertissement qui subitement quelques minutes avant la fin veut se faire intellectuel ou philosophique alors que franchement… le genre fantastique s’y prête généralement assez mal.

En effet, face au fantastique, notre cerveau rationnel doit se mettre en pause, sinon on se dirait du début à la fin « mais ça n’existe pas tout ça, ils nous prennent pour des cons ».

Donc si on met son cerveau rationnel en pause… et bien il n’est plus là pour accuser réception des messages philosophique qu’on veut faire passer… Et ils sont tellement inattendus qu’ils en deviennent presque grotesques à ce moment là.

Bref une série de bonne qualité dont j’ai trouvé la fin relativement décevante eu égard à ma propre difficulté face au mélange des genres et à la mise en scène dramatisée d’une inutile pseudo philosophie de supermarché.

Mais, j’avoue être assez difficile sur cette question. Il y a des gens qui aiment.