Mages – Tome 2 – Eragan : Nicolas Jarry, Stéphane Créty et Olivier Héban

Titre : Mages – Tome 2 – Eragan

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Stéphane Créty
Coloriste : Olivier Héban

Édition : Soleil (21/08/2019)

Résumé :
Kevoram, capitaine de l’ordre des Ombres, et son apprenti Eragan, se rendent au monastère des Drahanan. Pendant une année, ils vivront coupés du monde en compagnie des clercs et d’un groupe venu étudier la magie Runique.

Peu après leur arrivée, un clerc est retrouvé mort, le corps couvert de runes, après avoir laissé un singulier message en lettres de sang sur les murs de sa cellule.

Les deux membres de l’Ordre devront découvrir ce qui se cache dans les entrailles du monastère s’ils veulent survivre à cette année de retraite…

Critique :
Eragan est un cancre ! Avec un sale caractère en plus… Eragan, c’est un apprenti jeune mage qui a le caractère d’un ado grognon, têtu, mal élevé, bref, un pitoyable élève pour son maître.

Incapable de canaliser son énergie, il détruit tout lorsqu’il invoque la magie à l’aide des runes.

Bref, c’est un champion du monde des emmerdes non contrôlées et en plus, il a un sale caractère…

Pas de quoi en faire un héros, surtout si en plus, on l’envoie, avec son maître, dans un monastère durant 1 an, pour approfondir son savoir runique. Ce qui le fait ronchonner encore plus.

Il pensait se faire chier comme un rat mort entre ses murs peuplés d’espèce de moines érudits et d’étudiants de tous âges qui veulent progresser, alors que lui, il progresse juste dans les catastrophes.

Voilà de quoi l’occuper un peu avec une enquête à huis-clos, plus en version « Nom de la Rose » avec l’élément fantastique en plus puisqu’ici, nous avons de la magie runique et des clercs qui se gravent des runes sur la peau, avec un poignard et qui salopent les murs en écrivant avec leur sang des runes (peut-être la version runique de « Omar m’a tuer »)…

Du suspense, du mystère, des runes et encore des runes, sans oublier les grognements de la tête de mule d’Eragan qui fait le désespoir de son maître qui le laisse tomber tant il en a plein les baloches de son impertinence. Là-dessus, il devient aussi un mauvais maître puisqu’au lieu d’aider Eragan, il l’enfonce.

Si le début est assez lent, le temps de mettre le récit en place et de poser les personnages, la lenteur est contrebalancée par les décors du monastère, mis en valeur par les dessins de Stéphane Créty. Les visages ne sont bien esquissés et je n’ai pas eu les yeux qui saignaient.

La magie runique est bien développée, les auteurs ont donné des noms à des runes, ainsi que des rôles bien précis et cela donne un côté réaliste aux leçons reçues par Eragan, même si ça le fait chier grave sa race.

Le caractère ronchon d’Eragan est ce qui fait aussi sa force, il n’est pas comme les autres, il n’en fait qu’à sa tête, mais parfois, ça paie ! Il a beau n’avoir rien écouté en cours, il a tout de même une science des runes bien à lui et là où son maître ne voit rien, lui découvrira une partie de l’énigme.

Un deuxième tome totalement différent du premier, toujours les références aux autres séries et aux événements survenus avec l’invasion des goules, des personnages attachants, même Eragan et sa tête à claque, une enquête difficile, dangereuse et un combat final dantesque, même si il semble y avoir un peu de précipitation.

Si le mobile des crimes est compréhensible, le reste semble un peu précipité. Attention, c’est un petit bémol, le reste est bien amené et ça pulse malgré le côté whodunit de l’affaire.

Pas encore de coups de cœur direct comme avec les Elfes et les Nains, moins de profondeur que dans un « Redwin de la Forge », même si dans l’ensemble, je suis satisfaite de cette nouvelle saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°216.