Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confirmée et Confinée]

Titre : Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (02/10/2020)
Édition Originale : Death of an Outsider (1988)
Traduction : Marina Boraso

Introduction Babelio :
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres.

Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Résumé :
C’est le cœur totalement déchiré qu’Hamish se trouve provisoirement muté à Cnothan, autre bourgade écossaise, pendant les longues vacances du policier local, qui prendra le temps de l’accueillir d’ailleurs comme un chien dans un jeu de quilles, ingratitude assez déplacée puisque tout de même c’est bien un peu grâce à Hamish qu’il pouvait prendre ses vacances…

L’accueil ne sera pas meilleur de la par des autochtones, car en Ecosse comme dans nos petits villages de campagne, celui qui vient du village d’à côté est toujours perçu comme un intrus, et celui qui vient d’encore plus loin sera un « estranger » à vie condamné à la relégation.

Les seules à lui témoigner un peu de sympathie seront sa voisine d’en face, une artiste peintre canadienne, et la femme du pasteur, un pasteur qui sermon après sermon promet les flammes de l’enfer et l’apocalypse, qui elle n’en doutons pas n’est aimable que par obligation professionnelle.

Un autre personnage haut en couleur semble retenir l’attention et faire l’unanimité du village contre lui : un certain Mr Mainwaring, riche retraité anglais installé là depuis quelques années avec son épouse qui s’est accaparé un certain nombre de terres et des maisons qu’il semble laisser tomber en ruine comme autant de trophées provocateurs à l’adresse de ceux qui auraient bien aimé les acheter à sa place.

Celui-ci ne tardera pas à se faire connaître d’Hamish à peine arrivé, pour lui demander de se lancer dans une chasse aux sorcières, son épouse ayant été agressée par trois d’entre elles. Car oui, il l’affirme, il y a bien des sorcières à Cnothan !

Le personnage est grossier, brutal dans ses manières, et semble connaître beaucoup de choses pas très avouables sur les uns et les autres…

Ce qui ne pourra que multiplier les pistes sur lesquelles il faudra enquêter lorsque l’on se rendra compte que le squelette retrouvé dans la nature après avoir que ses chairs n’aient été dévorées par des homards gloutons, n’est autre que le sien.

Évidemment l’hostilité des gens du crû et surtout l’insupportable inspecteur Blair dépêché sur les lieux et qui semble suivre Hamish comme une ombre, vont lui donner du fil à retordre, mais avec sa nonchalance naturelle, ce grand gaillard doux et ne payant pas de mine, saura se montrer plus futé que tout ce vilain monde.

Mon avis : 
Vous le savez, je suis sous le charme d’Hamish et des Highlands.

En ces temps de confinement les descriptions de la nature sauvage d’Ecosse, et la façon dont ils savent exalter l’âme de de ce grand gaillard aux cheveux de feu et à l’air si serein, ne peuvent donner à la lectrice qu’une grande bouffée d’air frais.

Pourtant, il est toujours plus ou moins obsédé par sa chèèèèrèe Priscilla, mais pas au point de ne pas se montrer sensible aux charmes de sa voisine… C’est qu’il ne me connaît pas encore, c’est tout…

Une intrigue à tiroir, un peu de culture sur les coutumes et lois locales, des personnages complexes mais pas trop, des petits coups de griffes contre les mesquineries de la société britannique et la tendance universelle des habitants de villages à cancaner ou à se méfier des nouveaux qui le resteront et dont la descendance restera étrangère jusqu’à la troisième génération, une intrigue bien emmêlée… Bref, une lecture fort agréable.

Un bémol cependant… Les passages décrivant les réflexions d’Hamish tendent un pu trop souvent à s’interrompre avant d’aboutir.

La façon dont il semble rester sur son quant à soi est évidemment là pour faire durer le suspens mais cela a quelque chose d’assez artificiel.

Soit on peut suivre le cours de la pensée du personnage puisque l’auteur nous y invite… Soit on ne peut pas…

Mais ce mélange des deux m’est un peu déconcertant, surtout quand Hamish disparaît pour revenir au bout de quelques pages avec une solutions toute ficelée qu’il est allé chercher très loin sans que le lecteur n’en soit avisé.

Mine de rien… si on aime lire des polars, c’est aussi dans l’espoir de trouver le coupable avant l’enquêteur, et là MC Beaton nous prive de ce plaisir. A quoi bon réfléchir en lisant si la solution ne peut venir que d’ailleurs ???

C’est me semble-t-il le gros point faible de ce volume, et j’espère que le volume 4 fonctionnera autrement, sans quoi, mon intérêt pour cette série pourrait s’en trouvé assez entamé…

Malgré tout l’attrait qu’Hamish et l’Ecosse exercent sur moi bien entendu.