Mala vida : Marc Fernandez

Titre :Mala vida

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Préludes (2015) / Le Livre de Poche (08/03/2017)

Résumé :
De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte.

Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence.

Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes.

Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique.

Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loins qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.

Quand un spécialiste du polar mêle petite et grande histoire sur fond de vendetta, le résultat détonne et secoue.

Marc Fernandez signe ici un récit sombre et haletant qui nous dévoile les secrets les plus honteux de l’ère Franco, dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. Un premier roman noir qui se lit comme un règlement de comptes avec la côté le plus obscur de l’Espagne.

Critique :
Si je devais qualifier ce roman en peu de mot, je dirais qu’il est glaçant et addictif.

L’Espagne se réveille avec la gueule de bois car la Droite Dure a gagné les élections et remis la Gauche Molle dans les cordes.

L’AMP est au pouvoir et ici, ça ne signifie pas Agence et Messagerie de la Presse.

On entre dans une ère sombre car les nostalgiques de Franco sont toujours là et prêt à faire revivre les grandes heures du caudillo.

Les peuples ont toujours la mémoire courte ou alors, ils ne retiennent jamais que le « bon » côté de la chose, comme cette dame d’origine espagnole qui me dit, un jour, qu’au moins, sous Franco, personne n’aurait osé te voler ta bouteille de lait sur ton perron.

Les morts apprécieront, les disparus encore plus, quand aux torturés, ça leur fera une belle jambe de savoir qu’on n’aurait jamais osé leur piquer leur bouteille de lait. Quand je vous dis que certains ont la mémoire courte (et les idées encore plus rabotées).

Un qui n’a pas la mémoire courte, ni sa langue en poche, c’est Diego Martín, journaliste à Radio Uno qui aime piquer là où il faut, profitant de son émission pour égratigner le pouvoir en place et parler des injustices commises. Il a des cojones et préfère enquêter longuement afin d’être sûr de son info que de sauter directement dessus, comme le font les médias de nos jours.

Ceci est un roman policier noir et politique où le nom de l’assassin est connu directement. Pas besoin de chercher si c’est le colonel Moutarde ou le professeur Olive qui a assassiné l’élu de Droite, on a directement son prénom et ensuite, on fait le lien entre l’assassin et un personnage qui entre en scène.

Il nous manque juste le mobile, mais puisque les assassinés ont tout de la crapule, personne ne les pleurera. Quant au mobile, sans avoir fait des hautes études en science criminelle, on le trouvera assez vite, en déduisant sans se faire mal aux neurones.

En fait, dans ce roman, ce n’est pas vraiment l’identité de l’assassin qui nous importe mais l’autre enquête, celle sur les bébés volés et vendus à d’autres parents, des braves gens qui n’avaient rien de Rouge ou d’opposants au régime…

Choquant et révoltant de se dire que des êtres humains (??) ont trouvé cette idée brillante et que ce ne fut pas quelques bébés qui furent volés mais des milliers, la loi d’amnistie faite après le décès de Franco ayant enterré ces dossiers brûlants et rendu le sujet hautement tabou.

Et moi qui pensais qu’il n’y avait eu ce genre de pratiques horribles qu’en Argentine… Djézus, je dois encore avoir un fond de petite fille naïve, il était plus que temps de me coller deux baffes et de m’expliquer violemment que ces horreurs avaient eu lieu aussi en Espagne, sous Franco et après Franco… Froid dans le dos, je vous dis.

Un journaliste qui a des cojones, un procureur qui en a aussi et Ana, une ancienne prostituée transsexuelle devenue détective privée (qui a en a eu avant). Un trio couillu, qui marche bien ensemble, sorte de groupe d’incorruptibles, dont Ana est le personnage le plus attachant.

Le roman est captivant, difficile à lâcher, tout en étant glaçant. L’auteur nous livre une enquête bien ficelée, prenante, historique, bien documentée

Mon seul petit bémol sera pour la personne qui assassine, pas super crédible dans son rôle (personnage trop parfait), mais comme je vous l’ai dit, la résolution des crimes est accessoire, elle ne sert qu’à lancer Le sujet puisque ce sera une passerelle entre les affaires de meurtres et les enfants volés.

Le comportement du journaliste, Diego Martín, m’a surprise à la fin. Que l’identité de l’assassin lui fasse un coup, je peux comprendre, mais c’est lui qui avait lancé cette théorie, les flics étant toujours dans le noir total. Par contre, qu’il nous la joue boudeur, choqué, horrifié, là, je tique un peu, même si se faire justice sois-même est interdit et dangereux, sa réaction est anormale. Mais bon…

Un voyage glaçant sur les flots houleux des quartiers madrilènes, dans une Espagne qui a mis la barre sur Tribord dure (droite), avec les nostalgiques de Franco qui hissent les voiles pendant que ceux qui sont à voile et à vapeur serrent les fesses, dans cette galère où tout ce qui n’est pas « espagnol catho pur » est jeté par-dessus bord.

Et puisqu’un jour, un capitaine a décidé qu’il fallait amnistier tous les coupables qui ont profité de la dictature, afin de repartir sur le bon pied, il est clair que sortir une affaire aussi explosive des cales poussiéreuses de l’Histoire, ça risque d’amener des mutineries.

Un super roman policier, plus que noir que policier, glaçant. Une leçon d’Histoire afin de ne pas oublier (ou d’apprendre), le tout porté par des personnages sommes toute un peu stéréotypés (sorte de Chevaliers Blancs) mais attachants.

♫ Tu me estas dando mala vida
yo pronto me voy a escapar ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°224 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 12].

25 réflexions au sujet de « Mala vida : Marc Fernandez »

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  4. Je suis contente que tu aies aimé ! Déjà parce que j’ai moi-même aimé ce roman, et aussi parce que j’avais l’impression que tes dernières lectures n’étaient pas fofolles… Ca fait donc plaisir de voir qu’une lecture a su te convaincre et surtout que cette chaîne de lectures médiocres est enfin brisée ❤

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    • Oui, j’ai eu une passe à vide avec trois romans qui se sont enchaînés sans déchaîner ma passion… 😆 Problème, c’est que quand tu tombes sur un roman fort, un roman profond, qui te remue les tripes, après, les suivants te semblent fades, sauf si, bonne pioche, tu tombes à nouveau sur un roman puissant… « La conspiration des médiocres » qui a suivi en fut un aussi !

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  5. Euh tu peux rajouter chili/bolivie pour les bebes…ce fut tout un traffic entre ces 4 pays…ils s’echangeaient les bebes….joyeusement….ordure oui…..en tout cas oui le franquisme est encore bien vivant…horrible…et toute une enquete en tout cas….

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    • Lorsqu’on soulève les tapis, on y trouve bien des horreurs cachées ! Si on soulevait les tapis de la Belgique et de la France, on ne trouverait pas le parquet bien propre.

      Horrible ces trafics. Et plus nos sociétés connaîtront le chômage, l’insécurité de l’emploi, les maladies… et plus elles auront tendance à voter pour les extrémistes ! :/

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  6. Ça m’a l’air pas mal du tout ce roman…

    J’avais vu un sujet ou mini reportage sur ce scandale des bébés volés du franquisme avec la complicité de certains couvents je crois… on peut trouver des infos sur Toupub sur cette page bien glauque de l’histoire… un scandale qui nous démontre bien que la façon dont on tend à considérer les bébés comme des marchandises supposées apaiser la douleur de ceux qui n’en ont pas, en ne se posant pas de question sur ce qui se passe en amont, n’est pas si nouvelle…

    Sachant que ceux qui « reaffectaient » les bébés étaient convaincus de bien faire… on peut se demander comment l’histoire jugera ce que nos sociétés font aujourd’hui en pensant que c’est fooormidable de faire plaisir aux demandeurs et que ceux qui tiquent sont des fascistes conservateurs…

    Enfin… je dis ça et je ne dis rien… 🙄

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    • Oui, pour eux, ils rendaient service à l’enfant en le prenant de ses parents rouges (socialiste, gauchiste, communiste, tout ce que tu veux en « iste ») et en le donnant à des bons parents… On est loin de prendre un chien battu et de le mettre chez des gentilles personnes qui en prendront soin.

      Ici, pour nos demandeurs, l’enfant n’est pas encore conçu, il n’est pas né dans une autre famille, il faut encore le faire… Tu parles bien des inséminations ou mères porteuses pour ceux et celles qui n’ont pas la clé ou la serrure (mais 2 clés ou 2 serrures) ?

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      • T’as mis deux euros dans le juke box!😬

        Je parle de toutes les situations où l’enfant devient un business ou une marchandise.

        Qu’il soit adopté ou fabriqué sur demande, on oublie qu’il est un être humain dès sa vie utérine et vit douloureusement la séparation du ventre qui l’a mis au monde et qu’il devra faire toute sa vie avec ce traumatisme et avec la question de ses origines qui le hantera.

        Avant même qu’on parle de l’adoption par les homosexuels, les hétérosexuels considéraient déjà l’enfant comme un droit et comme un objet de consommation supposé les combler, mettant leur douleur en avant pour légitimer leur droit d’en avoir un… Dans 80% ils se fichent totalement de ce que l’enfant a vécu avant sauf… quand ça commence à leur poser problème et que l’enfant n’est plus conforme à leurs attentes.

        Peu importe l’orientation sexuelle des gens (même si effectivement être homo n’aide pas à concevoir au sein du couple)… le problème n’est pas là! Il y a plein d’homos équilibrés capables d’amour et ayant des compétences éducatives… ils ne sont pas moins ni plus capables que les hétérosexuels d’élever un enfant… même s’ils ne peuvent pas en concevoir… le problème c’est qu’heteros et homos oublient dans 90% des cas ce que signifie réellement une adoption ou une GPA pour l’enfant et ne veulent pas en savoir grand chose parce qu’ils sont trop pris par leur douleur ne n’être pas parents. En fait ce qui me défrise c’est que le droit des adultes est plus reconnu que celui des enfants et à quel point lors des débats (quelqu’ils soient) ils parlent de l’adoption comme un truc idyllique s’il n’y avait pas tant de procédures et d’attentes… Alors que la réalité est infiniment plus complexe. Les adoptants ou les personnes usant de la GPA (qui implique d’acheter un ventre et une séparation pour le bébé… et des questions aussi incontournables qu’embarrassantes sur « qui est la mère qui m’a portée ? » « pourquoi a-t-elle accepté ? » « pourquoi je peux pas la voir? » « qui a donné son ovule? Ma mère porteuse? Ben alors si j’ai ses gènes? C’est aussi ma mère biologique! » « Pourquoi vous l’avez laissée dans sa pauvreté? ») ne mesurent pas et édulcorent la réalité du côté de l’enfant!

        Regarde le marché » de l’enfant adopté d’occasion aux USA où les gens remettent les enfants qu’ils adoptent à d’autres candidats parce qu’ils n’en sont pas satisfaits! Et v’lan qu’on traumatise encore plus des mioches déjà fragiles parce qu’on a droit à un enfant mais en plus il faut qu’il soit parfait! Quelle horreur!😱

        On va nous dire… oui… c’est les USA… ils votent Trump toussa toussa… donc ça n’arrivera pas chez nous… Sauf qu’à partir du moment ou le bébé devient un marché comme un autre… on franchit un cap sans retour.

        A chaque fois comme dans l’affaire des bébés volés on se donne bonne conscience et des justifications sur le moment pour légitimiser l’affaire et puis quelques décennies plus tard, on se rend compte que… ça ne va de soi pour personne. D’ailleurs aux USA où on peut se proposer de payer les frais de grossesse d’une jeune femme qui après avoir découvert sa grossesse veut confier l’enfant à l’adoption, il y a régulièrement des femmes qui au dernier moment refusent d’aller au bout du contrat et veulent garder leur bébé. Tout ça pour dire que porter pour autrui ça n’est pas si simple que ça du côté de la mère porteuse non plus…

        Bref… Le problème c’est que quand tu rappelles toutes ces réalités sur l’adoption ou la gpa tu passes pour une fasciste de catho intégriste homophobe même si tu ne vas pas à la messe tous les dimanches, refuses de voter extrême droite, ne parles pas latin… et restes favorables à la reconnaissance sociale et au mariage des couples homos…

        La réalité c’est que j’ai un peu bossé dans ce secteur et trop vu d’adoptions ratées ou extrêmement difficiles dans ma vie pro… ou trop de demandes d’adoption où les gens ne se rendaient pas compte de ce qu’ils faisaient… trop de situations où les adultes ne prennent pas assez le temps d’imaginer le vécu de l’enfant…

        Alors tout discours idyllique sur les moyens alternatifs de devenir parents ça me laisse systématiquement dubitative et critique… peu importe la sexualité des gens.

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        • J’ai eu raison de mettre 2€ dans le juke-box ! Cela éclaire un peu mieux mon esprit et celui des autres car ce sont des choses dont on ne parle jamais lors des débats sur l’adoption pour les couples homos (ou autres). Pour les homos, on parle de ce que ressentira l’enfant après, surtout que les gosses dans les cours de récré ne sont pas des tendres, mais il est un fait que l’on ne parle jamais du passé de ces mêmes enfants, hors, avant d’imaginer la futur, pensons au passé et au présent.

          En fait, certaines personnes font avec les gosses comme avec les animaux : on en prend un, puis quand ça ne va pas, on le rapporte et on en prend un autre, comme quand on achète un pantalon trop grand et qu’on retourne au magasin échanger. Heureusement, tout le monde n’est pas ainsi, il y a sûrement des parents qui font attention au passé de l’enfant, comme d’autre qui, lorsqu’ils rencontrent des soucis avec l’animal adopté (ou acheté), font en sorte trouver l’origine les problèmes de l’animal afin que la relation soit plus harmonieuse avec celui-ci (il faut se dire aussi que ce n’est pas l’animal qui a un problème avec vous mais vous avec l’animal… ça change tout !). Les problèmes sont nés dans le passé et passif de l’animal et il est un fait que mettre le doigt dessus aide ensuite à ne pas reproduire les mêmes conneries.

          Mais nous sommes dans une société de consommation et les enfants doivent être le reflet de ce que leurs parents ont imaginé.

          Pour l’adoption d’enfants par les couples homos, je ne me prononce pas car je suis toujours le cul entre deux chaises. Je sais qu’ils peuvent être de bons parents, que les enfants peuvent grandir correctement, en se construisant d’une belle manière, mais quid si l’enfant le ressent mal ? Il faut penser aussi à l’enfant et là, je reste dubitative car je sais que la différence, quelle qu’elle soit, peut devenir une arme pour les autres chiards.

          Je ne suis pas non plus une pratiquante, même si j’essaie de mener une vie simple et sans faire chier le monde, j’aimerais croire qu’il existe un Dieu quelque part, la logique me dit que oui, mais je fais jamais de prosélytisme et laisse chacun penser ce qu’il veut. Je n’ai jamais voté extrémiste non plus et ça me hérisse le poil d’y penser. Je condamne les extrémistes. Bien que je comprenne aussi que les électeurs, qui sont des veaux (et moi aussi), aiment aller mettre une croix chez les partis extrêmes car ils sont lassés des autres partis qui ne les ont jamais écouté. Mais les autres sont pareils, avec le côté liberticide en plus. On a déjà essayé le Rexisme, on voit ce que ça a donné, sans oublier tous les autres partis d’extrêmes droite ou de gauche.

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          • Dans la cour de récrée on se fichera de toi pour tes oreilles décollées, ton appareil dentaire, tes fringues… parce ton père est vieux, ou ta mère trop grosse… que tes parents soient homo n’est qu’un prétexte de plus… mais on ne se moque jamais de n’importe quel enfant… seulement des enfants vulnérables. Si tu n’as pas de vulnérabilité aux yeux des autres que tes parents soient homos, moches, pauvres, ou que tu louches et soit édenté passera tout seul!😁 Après… comment un enfant un peu grand qui attend un papa et une maman a une autre structure familiale… effectivement on peut s’interroger. Tu sais je suis même tombée sur des familles ou l’enfant a été adopté sans être d’accord (parents toujours en vie, fratrie restée au pays…) je te laisse imaginer le traumatisme et la misère que cet enfant fait à ses parents adoptifs qui se sont vus confier cet enfant SANS SAVOIR ce qu’il en était !!!

            En France, tu peux abandonner tes enfants biologiques mais pas ceux que tu as adoptés. Sur le papier en tout cas… ça n’empêche pas de les envoyer en foyer sans jamais les revoir mais sur le papier l’adoption est irrévocable.

            Autre spécialité française : te taxer d’extremisme ou d’homophobie est une façon d’invalider ton avis lors d’un débat. On induit’que ton discours n’est que motivé par la haine et donc n’a aucun intérêt. Te taxer de tout ça c’est poser que tu n’es pas digne d’être écoutée. On s’en fout que se soit vrai ou pas.

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