Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune : Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune

Scénariste : Edgar P. Jacobs
Dessinateur : Edgar P. Jacobs

Édition : Lombard (1956) / Blake et Mortimer (1987)

Résumé :
Depuis quelques temps déjà, Londres ne baigne plus dans la sérénité. Pourquoi ?
La faute en revient à un homme,  » La marque Jaune » qui menace de plus en plus la sécurité des citoyens et nargue les forces de l’état en leur indiquant quel délit il projette de faire et à quel moment.

Nous nous retrouvons donc à une heure du matin, à Big Ben sous une pluie battante…

Là, des hommes sont en train de deviser et discuter à propos de ce mystérieux individu qui a prévenu qu’il volerait la couronne royale. Quand soudain ….
Plus de lumière, le garde surveillant l’entrée, évanoui… la couronne volée !

Qu’a t-il pu se passer ? Blake est immédiatement mis sur l’affaire et en informe son ami le professeur Mortimer. Il faut dire que ce dernier est bien placé pour émettre un avis tant l’intelligence de leur adversaire semble inouïe !

Critique :
Cela faisait des années que je n’avais plus relu un Blake et Mortimer… Il est un fait que, dans ma collection de bédés, ce sont des albums que je relis le moins souvent, contrairement à des Astérix, pour ne pas le citer.

Une fois en main, l’album pèse son poids et il n’est pas avare en pages puisqu’il est composé de 96 planches !

Les dessins « ligne claire », chère aussi à Hergé, font toujours des merveilles sur mes petits yeux, les détails sont foisonnants et les différents visages remarquablement exécutés.

Si les dessins d’Edgar P. Jacobs sont détaillés, il en va de même pour son scénario et ses bulles (phylactères), qu’elles soient de dialogues ou explicatives. Et c’est lourd, très lourd !

Dans un soucis de tout vouloir nous expliquer, l’auteur multiple les grands cadres avec des textes, ce qui pourraient faire fuir (ce qui fera fuir) les lecteurs peu habitués à ce genre de narration copieuse, à cette cuisine réalisée au beurre, à la crème, aux oeufs, au louchée de sucre…

C’est savoureux, ça ne laissera pas une dent creuse, on a de quoi s’occuper pour toute une longue soirée, alanguie sur sa terrasse et on aura encore des restes pour le petit-déj du lendemain, mais quand c’est trop lourd, et bien, c’est trop lourd ! (les philosophes ont du soucis à se faire, j’arrive avec mes grandes pensées profondes).

Mes souvenirs de cet album étaient pourtant bons… Si ma mémoire est une passoire, elle garde pourtant les émotions ou sensations ressenties de mes lectures passées et mon subconscient se réjouissait, tel un jeune chiot, de cette relecture.

Sans aucun souvenirs par contre du « coupable », je n’ai pas mis longtemps à le retrouver, sa perfidie se portant sur son visage et peu de temps après, un nom a réveillé le reste et je savais qui se cachait sous le masque de l’Ombre Jaune, ce génie du crime, ce Napoléon de la cambriole (et pas Edgard de la cambriole) qui est arrivé à barboter les bijoux de la couronne gardés dans la Tour de Londres ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Le capitaine Francis Blake de l’Intelligence Service et de son ami le professeur Philip Mortimer sont sur l’enquête car en plus d’avoir réalisé des cambriolages spectaculaires, d’avoir mis les gardes hors d’état de nuire, la Marque Jaune a enlevé quatre personnes et si on ne trouve pas le mobile, impossible de trouver le coupable.

Le récit est dense, bourré de fantastique, de science-fiction et de bons sentiments anglais, comme nous les connaissons à travers la littérature qui fait la part belle à leurs travers, justement, dont l’un est de se considéré comme mieux élevés que les autres nations, plus calmes, plus mieux, plus anglais, quoi !

Autant où j’avais apprécié la lecture de l’album plus jeune, autant je suis plus critique en ayant pris de la bouteille car rien n’est plus frustrant et téléphoné que le Méchant qui explique tout à son prisonnier, donnant du temps aux autres pour intervenir ou au prisonnier pour renverser la situation.

On en arrive même à se dire que sans les explications du Méchant, une partie de l’enquête serait restée dans le flou.

Si le graphisme « ligne claire » de l’album est une oeuvre d’art, si les cases regorgent de détails et que les visages des personnages sont d’un beau réalisme, il y a, selon moi, trop de bla-bla, ce qui ralentit la lecture et la fait durer, durer, mais durer… Sans doute mieux qu’un gel de chez ©Durex pour retarder l’éjaculation… Désolée, mais à un moment donné, il faut quand même conclure !

Anybref, me revoici, une fois de plus, le cul entre deux chaises car, malgré les blas-blas et les tracas de nos deux compères, cette redécouverte s’est bien passée, j’ai eu de quoi nourrir mon cerveau de lettres et de phrases et si à un moment donné, j’aurais bien cravaché tout ce petit monde pour qu’il avance un peu plus vite, je me suis tue car avec cet album, on en avait pour son argent et pour des heures de lecture garantie.

Ça a sans doute mal vieilli, ce qui était la norme dans les années 50 ne l’est plus en 2020 (presque 70 ans, bigre !) et pourtant, la bédé garde tout son charme et est digne de faire partie de la biblio d’un bédéphile qui se respecte où tous les genres littéraires se côtoient.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°237 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Fresque murale que l’on peut admirer à Bruxelles

13 réflexions au sujet de « Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune : Edgar P. Jacobs »

  1. Je crois bien qu’on l’a à la maison. Il ne me dit pas plus que ça (il est d’ailleurs à ma moitié) mais quand même, ton billet en partie élogieux sur le graphisme, la clarté et la promesse d’une bonne soirée, bref, tout cela me donne envie de faire une tentative…

    Aimé par 1 personne

    • Niveau graphisme, Jacobs était un maître (cocorico), les cases sont lisibles, les visages expressifs, ils ne changent pas comme dans « les archives secrètes de S. Holmes ». Mais ça blablatte trop ! 😆

      Malgré tout, j’ai envie de me relire quelques Blake et Mortimer ensuite, surtout la grande pyramide !

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