Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T02 – Une étude en rouge : Ian Edginton, Ian Culbard et Arthur Conan Doyle

Titre : Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – Tome 2 – Une étude en rouge

Scénariste : Ian Edginton et Arthur Conan Doyle
Dessinateur : Ian Culbard

Édition : Akileos (2010)

Résumé :
Le corps d’un homme mort est trouvé dans une pièce maculée de sang… alors même qu’il n’y a aucune trace de blessure sur celui-ci. Un nom a été partiellement écrit en lettres de sang sur le mur. Une alliance de femme a été trouvée…

La sensationnelle histoire que Sherlock Holmes suit à la trace, d’un immeuble miteux de Londres aux plaines sauvages de l’Ouest américain, offre un cas de jurisprudence à sa « science de la déduction » alors que pour son nouvel ami le Dr Watson, la plus grande énigme c’est Sherlock Holmes lui-même.

Critique :
Une étude en rouge est le premier roman consacré à Sherlock Holmes et il n’avait pas eu le succès escompté.

Il a fallu attendre le suivant (Le signe des quatre) pour qu’il décolle et connaisse le succès que l’on sait.

Holmes est meilleur dans les nouvelles que dans les romans et celui-ci, comme le suivant, aura une seconde partie où le coupable raconte tout.

La première chose qui m’a fait soupirer d’aise en ouvrant ce tome 2 c’est que les dessins des visages sont mieux réussi que dans le premier et le dessinateur a laissé tomber cette ligne qui fendait une partie du visage des protagonistes.

Se déclinant dans des tons gris bleus, l’album ne sera toute fois pas ma tasse de thé en ce qui concerne les graphismes.

Le récit, quant à lui, est conforme au roman, donc, pas de surprise pour ceux ou celles qui l’ont lu, mais cette bédé est intéressante si vous voulez faire découvrir Holmes à des personnes qui ne le connaissent pas encore et que la longueur d’un roman rebute.

Par contre, il y a un truc qui ne colle pas et que je n’avais pas remarqué dans le roman… Lorsque Holmes fait passer une petite annonce au sujet de la bague, il donne le nom de Watson mais indique leur adresse commune, le 221b Baker Street.

Se méfiant, le coupable ne s’est pas présenté à l’adresse et pourtant, quelques jours après, il s’y rendra sur demande de Wiggins. Il n’a pas reconnu l’adresse ?? Bon, on va oublier cette petite erreur dans le scénario de ce cher Conan Doyle.

Une bédé qui aurait été plus agréable avec un autre graphisme mais puisque le dessinateur s’est appliqué un peu mieux pour les personnages, je ne vais pas trop pinailler.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°244 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

L’importance d’être constant : Oscar Wilde

Titre : L’importance d’être constant

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Grasset – Les Cahiers Rouges (2013) édition bilingue
Édition Originale : The Importance of Being Earnest (1895)
Traduction : Charles Dantzig (+ préface)

Résumé :
Dernière pièce d’Oscar Wilde, L’Importance d’être constant brille des feux d’un langage habité par la grâce : s’y manifestent la puissance et la modernité de la réflexion de l’auteur sur la fiction, mais aussi son inventivité subversive et satirique, son esprit généreux et étincelant d’élégance et de drôlerie.

Jack Worthing et Algernon Moncrieff, deux jeunes dandies du Londres de la fin du XIXe siècle, se sont inventé un parent et un ami fictif, bien commode pour échapper aux obligations sociales.

Pour Jack, c’est Constant, frère débauché qui lui permet de fuir la campagne ; pour Algernon, c’est Bunbury, ami toujours souffrant, qui lui permet de fuir Londres. Jusqu’à quand tiendra la supercherie ?

Un feu d’artifice d’humour, de finesse et de mots d’esprit. Satire de la société victorienne tout autant que féerie comique, L’Importance d’être Constant est le chef-d’œuvre d’Oscar Wilde.

Cette nouvelle traduction est celle de la pièce telle qu’elle a été représentée du vivant de Wilde. Elle est précédée d’un long essai de Charles Dantzig, « La premièrte Gay Pride ».

Critique :
Je n’ai jamais aimer lire des pièces de théâtre, les noms des protagonistes inscrits à côté ou au-dessus des dialogues m’ont toujours dérangés, importunée dans ma lecture. Ici, ce ne fut pas le cas !

Wilde disait de cette pièce qu’elle était une comédie frivole pour gens sérieux et si la lecture ne procure pas de grands éclats de rire, elle se laisse lire avec un sourire béat affiché sur les lèvres.

C’est léger, sans être dénué de profondeur ou sans cervelle, les dialogues sont fins, brillants, amausants, décalés et Algernon Moncrieff m’a semblé répondre comme Wilde l’aurait fait : avec de l’humour et de l’esprit, mais aussi en se moquant de tout.

Comédie à l’italienne, basée sur des quiproquos délicieux que l’on voit venir de loin et qui, au lieu de nous faire soupirer, nous donnent envie d’avancer pour voir comment ces messieurs vont s’en tirer de leur pitoyables mensonges et petites entourloupes.

Hé oui, Jack, sans famille, pour pouvoir quitter la campagne, s’est inventé un frère imaginaire, un débauché, nommé Constant (Ernest) dans la V.O, qu’il doit aller voir à la capitale.

De son côté, Algernon, un autre dandy, c’est inventé un ami, Bunbury, mourant, et qu’il doit aller visiter à la campagne.

Pratique lorsqu’on veut se dégager ou échapper à des obligations familiales ou autres. D’ailleurs, j’aurais dû m’en inventer un afin d’éviter certains dîners familiaux assommants, barbants et chiants, car il n’est pas toujours évident de tomber malade à chacun d’eux…

Les quiproquos étant l’essence même des pièces de théâtres (avec les portes qui claquent), Wilde s’est amusé à nous en mettre un beau en scène et on se délecte car c’est un plaisir de fin gourmet.

Pour que vous alliez vous coucher moins bête (et moi aussi), en allant sur Google translate, j’ai appris que « Earnest » signifiait « sérieux, sincère » et effectivement, ça sonne un peu comme le prénom « Ernest ». Pour la francophonie, il a fallu traduire ce jeu de mot et ce n’est pas toujours évident. Constant était un bon compromis.

Alors oui, il y a des choses qui sont plus grosses qu’un camion, aussi téléphonée que la défense d’un politicien pris la main dans le sac, mais nous sommes au théâtre, et dans cet endroit, tout est permis, même les grosses ficelles, même les fins merveilleuses ou tout se remet en ordre.

Ne hurlons pas au « pas crédible », le but est de faire rire, de faire sourire, de se moquer des gens biens, de se rire des dandys, pas de faire une étude sérieuse et réaliste de la société d’en haut.

À l’époque, elle a sans doute fait grincer des dents, mais à la nôtre, elle ne fera pas le buzz, les scandales n’étant plus les mêmes et l’homosexualité n’étant plus un crime (pourtant, il n’y a pas mort d’homme si tous les deux sont d’accord et majeurs).

Une pièce qui se lit avec plaisir, de manière agréable, les doigts de pieds en éventail, le sourire aux lèvres et qui, comble du bonheur, est en version bilingue (anglais à gauche, français à droite) et qui m’a permis de vérifier mon anglais. Il est toujours au top !

Ce qui sous-entend qu’il est du niveau d’un Chirac ou Sarko parlant anglais ou de celui de Ludovic Cruchot dans le gendarme à New-York !

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).