Les chroniques de St Mary’s – Tome 2 – D’écho en échos : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – Tome 2 – D’écho en échos

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (22/10/2018)
Édition V.O : The Chronicles of St Mary’s, book 02 : A Symphony of Echoes (2013)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
Les visites dans le passé reprennent à l’institut de recherche historique de St Mary. Maxwell et ses excentriques confrères historiens partent pour de nouvelles aventures à travers le temps.

Promue directrice du département d’Histoire, Maxwell va contrer, à l’aide de son équipe, les plans de leurs ennemis qu’ils croyaient neutralisés. C’est l’Histoire tout entière qui est menacée par ces fantômes du passé.

Au bord du burn out, l’historienne utilise ses dernières forces pour maintenir l’équilibre dans l’Histoire et dans sa vie privée.

Non sans rudesse, elle doit faire face à l’attaque de Jack l’Éventreur, à un St Mary du futur quelque peu différent, un séjour improvisé à Ninive, ou encore à la mort étrange d’Élisabeth Ière d’Angleterre.

Critique :
Ouiiiii, moi aussi si j’étais une Historienne de St Mary et que c’était mon dernier saut, j’aurais choisi Londres en 1888, Whitechapel, sur les traces de Jack…

Ok, j’aurais sans doute laissé des traces de freinage dans ma culotte lorsque j’aurais eu le tueur à mes basques…

Cours, Maxwell, cours !

Les voyages dans le temps, c’est dangereux, quand on y pense bien… On peut même revenir avec des saloperies de l’époque que l’on vient de quitter avec précipitation…

Les chroniques de St Mary’s, c’est frais, c’est déjanté, bourré de petites touches d’humour, de sexe, d’aventures folles, de voyages dans le temps, de paradoxes temporels et de courses à pied, poursuivis par tout ce que peut compter l’Histoire comme prédateurs, soldats, assassins, guerriers, vélociraptor…

J’ai posé mon manchon sur la console, lissé mes vêtements et tapoté mes cheveux pour les remettre en place. Les historiens ne rentrent jamais débraillés. Parfois ils rentrent morts, mais même dans ces cas- là, nous faisons toujours en sorte d’ être présentables.

Maxwell (Max) est une historienne et, pour une fois, on est face à un personnage féminin qui n’est pas voluptueuse mais qui a de la cellulite, des capitons, quelques kilos en trop… Ajoutons un caractère bien trempé, c’est une tête brûlée et si vous tenez à votre bagnole, vaut mieux pas la chercher sur un domaine horizontal.

Lorsque l’on voyage dans le temps, il faut éviter de créer des paradoxes temporels, c’est bien connu. En voulant rétablir une situation qui part en couilles, vous pourriez faire pire que mieux…

C’est un peu ce qu’il s’est passé dans ce roman : un paradoxe s’est créé et une fois de plus, je vais devoir faire le grand écart entre mon ressenti de lecture et le roman en lui-même. Ça va encore me donner des crampes pour la notation, ce grand écart…

Si j’ai aimé ma lecture ? Bien sûr ! J’adore Max, ses compagnons de voyage, les personnel de St Mary, la manière d’écrire de l’auteur, parsemant son récit de petites notes qui font sourire. C’était bien déjanté, les réparties étaient drôles, cinglantes et j’ai souri de nombreuse fois sans voir le temps passer.

Les voyages temporels sont toujours intéressants, bourrés de suspense et d’aventures folles mais… On a l’impression que tout le récit est un peu brouillon, foutraque, comme si on avait voulu développer plein de chouettes idées mais qu’on n’avait pas été jusqu’au bout des choses.

Le voyage en 1888 au temps de Jack ? Génial, mais trop vite terminé et sans vraiment rien apprendre sur l’époque. De plus, pour l’identité du tueur, pas sûr que ce soit bien ça…

Mais bon, l’épisode Jack n’était sans doute là que pour propulser le lecteur directement dans la marmite d’adrénaline avec les morceaux de suspense flottant dedans, de lui faire peur et d’envoyer plein de personnages du roman à l’infirmerie.

Les voyages entre le St Mary de maintenant et celui du futur ? Une idée intéressante mais qui laisse un goût de trop peu car la résolution arrive de manière un peu abrupte. Les congés de Max et de son boss ? On termine ça en eau de boudin car Max pète un câble pour pas grand-chose… Quand Max fâchée, elle toujours faire ainsi ?

Le voyage dans les jardins suspendus de Babylone qui sont en fait à Ninive ? Oui, très bon, mais ça donne l’impression qu’on meuble afin d’ajouter des pages au roman pour ne pas que les acheteurs fassent la gueule en découvrant un ouvrage guère épais.

Heureusement qu’on a le voyage chez Marie Stuart pour équilibrer le récit qui tanguait un peu dans tous les sens sans savoir si nous allions gîter à bâbord ou à tribord…

Les historiens sont des farfelus qui aiment prendre des risques, d’accord, mais si le récit ne partait dans autant de sens, on y retrouverait plus facilement nos jeunes et cela ne nous laisserait pas cette impression de nuit noire et obscure où on tâtonne pour savoir où tout cela va nous mener.

Comme j’adore l’humour de cette série, sa fraîcheur et son côté déjanté, je serai indulgente (je suis faible) avec le côté « je pars dans tous les sens » car moi aussi, parfois, dans mes longues journées, je pars dans tous les sens, je suis foutraque, bordélique et je me disperse !

Comptez sur moi pour continuer la saga car malgré mes bémols, j’adore ! Quand je vous disais que l’on avait créé un paradoxe.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°246 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

La troisième fille – Hercule Poirot 34 : Agatha Christie

Titre : La troisième fille – Hercule Poirot 34

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Livre de Poche (2010)
Édition Originale : Third Girl (1966)
Traduction : Michel Averlant

Résumé :
Cette fois-ci, après un épuisant effort intellectuel, la rédaction de son « œuvre maîtresse », une analyse des maîtres du roman policier, Hercule Poirot est bien décidé à jouir d’un repos mérité…

N’a-t-il pas plus d’une fois prouvé qu’il était le roi des détectives, l’infaillible dont la réputation n’est plus à faire ? Impossible de mettre en doute ses capacités…

Et pourtant, voilà qu’une jeune femme vient lui déclarer qu’il est trop vieux pour l’aider ! Alors qu’elle-même est venue le consulter au sujet d’un crime qu’elle n’est pas sûre d’avoir commis…

Ah ! cette nouvelle génération… Cheveux longs, idées courtes… Mais Poirot va leur montrer… Trop vieux, lui… Non, mais !

Critique :
Horreur, malheur ! Moi qui me targuait d’avoir lu TOUS les Hercule Poirot…

Et bien non ! L’une de ses enquêtes étaient passée à la trappe.

Sans la série télé « Les petits meurtres d’Agatha Christie » et l’épisode « Crimes haute couture » (Saison 2 – Épisode 19), adaptée de « La troisième fille », et bien, jamais je ne l’aurais su.

L’eusses-tu cru que jamais je ne le suce ?

Une fois acheté ce roman (après vérification dans ma biblio), je l’ai laissé Poirot-er (mdr) pour le sortir pour le Mois Anglais 2020.

Hercule Poirot y est, une fois de plus, savoureux ! Il se lance des fleurs, il a une haute opinion de lui, de sa moustache et est shocking quand une jeune fille, qui a tout d’un mauvais genre, le dérange au moment où il s’apprête à savourer son petit déjeuner pour finir par lui asséner qu’il ne pourra pas l’aider car il est trop vieux.

Shocking, je vous dis, il n’y a plus de jeunesse ! Décadence de l’Angleterre, perversion de la jeunesse, blablabla… La faute aux étrangers, diront certains personnages du roman, qui, comme la plupart de leur contemporain, pensent que l’Anglais est au-dessus de tout et que tout le reste est de la merde.

On le sent bien, dans ce roman, ce racisme primaire, primitif, bas de plafond…

Poirot, faut pas le chercher sur son âge, ni sur son cerveau ! Puisque la fille a dit qu’elle avait peut-être tué quelqu’un, notre Belge moustachu va remonter le fil de cet imbroglio pour tenter de trouver LE crime.

Personnages stéréotypés, peu d’action, un crime dont on n’est pas sûr qu’il ait eu lieu, ni même que le décès soit dû à une main criminelle, lamentations de Poirot, de Mrs Oliver sur la jeunesse qui n’est plus ce qu’elle était, un petit vieux qui perd la mémoire, ses papiers, sa secrétaire qui est sexy en diable, et une criminelle qui est intrigante tant elle veut qu’on lui colle des morts sur le dos.

Non, on ne courra pas dans tous les sens pour cette enquête, on a même la toute grosse ficelle du document qui tombe d’un secrétaire, lors du déménagement et arrive dans les pieds de Mrs Oliver, comme par hasard…

Et pourtant, je me suis régalée dans cette histoire qui commence sans crime, qui semble n’en avoir aucun, qui est bourrée de mystères.

Malgré le fait que j’avais compris deux trucs importants (pour le premier j’ai vu « La grande vadrouille » assez souvent, dont la scène en rapport avec les ronflements – les lecteurs comprendront l’allusion), je n’avais aperçu que la pointe de l’iceberg et bardaf, je me suis prise le reste dans la poire.

Nom d’un scones à l’heure du thé, Poirot n’est pas un vieux croulant, il a de la ressource, de l’esprit, des petites cellules grises qui fonctionnent très bien et ses bacchantes en ont frétillé durant toute son enquête, même si, entre nous, il a patiné sévère durant un moment et ne voyait pas la carabistouille dans le pudding, alors que moi, avec peu de cellules grises, j’avais compris l’indice.

Allez Hercule, ce n’est pas ton enquête la plus brillante, ni celle de ta mère littéraire, mais comme tu fais partie de mes chouchous au même titre que ton homologue victorien, Sherlock Holmes, je te pardonne tes errements.

Et gros kiss à Mrs Oliver car elle a mis de l’ambiance dans ces pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°245 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).