M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique (2/2) : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Stevan Subic

Titre : M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique (deuxième partie)

Scénaristes : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Stevan Subic

Édition : Delcourt – Néopolis (05/06/2019)

Résumé :
Londres, 1899. Le professeur Moriarty lance une attaque sans précédent à l’aide des Hyde Men.

Ces monstres, nés du sérum maléfique créé par le docteur Jekyll, dévastent les beaux quartiers, affrontent l’armée et parviennent à entrer dans le palais royal.

Mycroft et le jeune Winston Churchill se lancent dans la bataille tandis qu’Holmes, prisonnier de son plus farouche ennemi et sous la garde de la cruelle Li Mei, doit faire preuve de la plus grande imagination pour s’évader.

Critique :
1899… Londres est attaquée, Londres est envahie.

La reine Victoria a donc 80 ans et dans les cases, je la vois courir comme une jeune fille… Comme quoi, la peur, ça donne des ailes !

Moriarty a de grands projets, dont celui d’anéantir Londres et l’Angleterre en lançant des Hyde Men sur mon cher Big Ben (entre autre).

Holmes disparaît et seuls les lecteurs sauront où il se trouve…

Beaucoup d’action, de rythme, d’aventures dans ce second tome mais ça va tellement dans tous les sens qu’il faut s’accrocher.

Voir un Sherlock Holmes avec des automates, des chars d’assaut et tout ce qui fait le charme du steampunk, est toujours un peu difficile pour moi.

Autant je me suis habituée à un Sherlock version années 2000, autant j’ai du mal avec la version victorienne de Holmes dans un monde de machines à vapeur steampunk. Mais bon, j’y arrive avec le temps.

Deux questions se posent pour moi, à l’issue de cet album : comment cela se fesse-t-il que Mycroft, pourtant plus doué pour l’observation que Sherlock, n’ait pas remarqué ce qui avait sous les yeux alors que moi, j’avais déjà compris que cette personne était un automate ??? On a la vue qui baisse, Mycroft ?

Pourquoi cette série se nomme-t-elle « Moriarty » alors que ce dernier est peu présent ?

Les dessins sont toujours peu avenants pour les visages, toujours striés de noir et on les distingue mal.

Le premier album était le meilleur, à mon sens, ici, on retombe une fois de plus dans un Méchant qui veut dominer une ville, un pays, le monde (biffez la mention inutile)… c’est lassant et Sherlock Holmes n’est pas non plus un Indiana Jones ou un Belmondo qui grimpe partout, fait des cascades…

L’univers du fantastique peut se marier avec Holmes, mais il faut bien choisir son scénario afin de ne pas le noyer dans une profusions d’événements et par la même occasion, perdre le lecteur en même temps.

À noter que la fin laisse la possibilité d’une suite. Pas sûre que je serai au rendez-vous…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°252 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

M.O.R.I.A.R.T.Y – T01 – Empire mécanique (1/2) : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Stevan Subic


Titre : M.O.R.I.A.R.T.Y – T01 – Empire mécanique (première partie)

Scénaristes : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Stevan Subic

Édition : Delcourt – Néopolis (2018)

Résumé :
1899, Londres. Le calme brumeux d’une fumerie d’opium s’évapore à l’arrivée d’un homme en furie. Serait-ce le docteur Jekyll ?

Pendant ce temps, dans le quartier de Mayfield, un inconnu plume de manière radicale les joueurs de poker, à tel point que Sherlock Holmes est dépêché pour examiner ce champion et analyser sa tactique trop parfaite pour être honnête.

Les événements semblent liés : qui tient les deux fils ?

Critique :
J’avais découvert cette bédé dans le défunt « Lanfeust Mag » (mensuel) et j’avais envie de la lire d’un seul coup, sans attendre 1 mois entre chaque parution.

Tiens, j’avais oublié que les dessins des visages étaient aussi moches !

Nom de Zeus, la couverture était épurée, mystérieuse, avec Holmes et Watson bien esquissés et, une fois la bédé ouverte, là j’ai manqué de défaillir.

Watson ressemble à un vieillard et le dessinateur a pourvu tous les visages de stries ou de petites taches noires qu’on se demande bien à quoi elles servent, si ce n’est à enlaidir tout le monde. Holmes, par contre, donne l’impression d’avoir 15 ans de moins que Watson, ce qui n’est pas juste.

Même les yeux sont assombris avec des traits noirs, ce qui ne laisse jamais voir leur couleur.

Vous prenez une grande casserole et dedans, vous incorporez un Holmes, un Watson, un Winston Churchill, un Mycroft Holmes, un Docteur Jekyll et son Mister Hyde/Hulk (pour la  force, pas pour la couleur verte), Moriarty (mort sous les yeux de Holmes, pourtant), Baskerville, le bourbier de Grimpen, le chien maudit. Vous touillez le tout, en n’oubliant pas d’assaisonner et de surveiller la température de cuisson sous peine que le plat soit trop cuit et immangeable…

Ici, on est à la limite… À force de vouloir donner trop de goût, on sature le plat en saveurs différentes et le consommateur ne sait plus trop ce qu’il déguste… Ah oui, c’était un Holmes sauce steampunk enroulé dans du fantastique.

L’univers de Holmes ne se prête pas toujours au fantastique ou au steampunk, mais bizarrement, toutes les bédés qui sortent sur le détective aiment surfer sur ces univers et peu nous offrent des enquêtes classiques, sans vampires, loups-garous, automates, voyages dans le temps…

Ici, bingo, on a des automates, des fiacres avançant sans chevaux et des machines volantes sorties de l’univers steampunk.

Malgré les dessins moches, malgré les machines et tout le tralala lié au Docteur Jekyll Hulk, il y a dans cette enquête un truc vieux comme le monde mais auquel personne ne pense jamais, moi en premier. Une fois que je l’eu devant mon nez, j’ai levé les yeux au ciel en me disant que « bon sang mais c’est bien sûr »… Bien vu.

Bon, cette relecture ne m’a pas fait changer d’avis : sans être mauvaise, sans être merdique, cette bédé prêche par ses dessins de visages très moches et sa profusion d’éléments, de personnages connus, comme si on avait voulu en mettre le plus possible pour toucher le plus grand nombre de lecteurs/trices, ou alors, afin d’arriver à faire une histoire intéressante.

Parfois, « Trop is te veel » (trop, c’est trop). La profusion nuit en tout et dans ce cas-ci, l’allusion au Moriarty n’était pas nécessaire, on peut inventer d’autres grands méchants sans pour autant ressortir le vieux professeur de son trépas.

Comme j’ai passé un bon moment de détente et d’aventures en tout genre, je ne vais pas être trop sévère avec la cote. Et puis, faut que je vérifie ce que me réserve le second album que je n’avais pas lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°251 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).