Le grand livre de l’horreur – T05 – Sur les traces de Sherlock Holmes : N. M. Zimmermann

Titre : Le grand livre de l’horreur – T05 – Sur les traces de Sherlock Holmes

Auteur : N. M. Zimmermann
Illustrations : Caroline Hüe

Édition : Albin Michel (30/01/2019)

Résumé :
Pour cette nouvelle mission, Le Grand Livre de l’Horreur envoie Virgile à la rencontre du plus célèbre des détectives : Sherlock Holmes !

Virgile, son lapin Pollop et sa grande sœur Mahaut doivent l’assister dans une tâche des plus périlleuses : protéger un riche héritier du chien démoniaque lancé à sa poursuite.

Mais quand le monstre fait de Virgile la cible de ses flammes incandescentes, la situation devient critique. Ce revers porte de toute évidence la signature du Maliseur, bien décidé à empêcher Virgile d’interférer dans ses plans, une bonne fois pour toutes.

Quelle que soit l’issue de leur confrontation, le monde de l’horreur en restera marqué à jamais…

Critique :
Il était marqué « À partir de 9 ans » et j’ai un peu plus de 9 ans, donc, je pouvais le lire, na !

Et puis, ce n’est pas tous les jours qu’on peut entrer dans un livre et essayer de le sauver des machinations du Maliseur, cet espèce de Méchant qui veut anéantir tous les classiques de l’horreur.

Et comment sauve-t-on le roman de Conan Doyle ? En pyjama, tout simplement…

Oui, il est possible de sauver le roman ET Sherlock Holmes, en pyjama !

Et avec l’aide de son lapin Pollop aussi… Et avec un peu d’aide de Mahaut, sa grande sœur, tombée dans le roman par erreur, elle et qui pense que Sherlock Holmes, c’est le détective sexy de la télé et de notre époque… Mahaut, un jour, on va t’expliquer…

Bon, accessoirement, pour aller sauver le roman où se trouve Holmes, il faut aussi posséder « Le grand livre de l’horreur » qui est en fait un portail pour voyager dans des mondes parallèles. Heu, dans les romans d’horreur.

C’est pour les enfants, mais un adulte peut y trouver du plaisir littéraire quand même ! On ne prend pas les lecteurs pour des quiches, on leur offre de l’aventure, du mystère, de la frousse et des héros réalistes, attachants.

Le lapin Pollop est amusant aussi, même si, une fois transvasé dans les romans à sauver, il change et devient un grand ronchon. Puisque le fait d’entrer dans un roman lui donne la parole, il est normal qu’il l’utilise pour se plaindre.

Cette version-ci pourrait faire plus peur que celle de Conan Doyle, puisque, sans spolier l’affaire, dans le roman canonique, le chien diabolique sorti des Enfers n’en était pas un, mais un vrai chien recouvert de phosphore pour briller…

Là, ce qui poursuit Virgil, sa soeur Mahaut, le lapin Pollop et Sir Henri Baskerville, c’est un vrai chien démoniaque ! Oui, oui, un vrai de vrai sorti des Enfers. Ça, Holmes ne l’avait pas déduit. Normal, lui il vit son aventure dans le roman et ne connait sans doute pas l’existence du Maliseur.

Virgil et Mahaut se détestent dans la vraie vie, comme des frères et sœurs normaux, mais une fois dans la mouise, ou dans le bourbier de Grimpen, ils savent mieux que personne que l’union fait la force et que pour vaincre la boue aspirante et ensuite le Maliseur, va falloir s’entraider.

Parce que Pollop a beau être un lapin qui parle, pour vous sortir du bourbier, c’est difficile !

Un chouette roman illustré, qui conviendra aux petits comme aux plus grands.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°253, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°14] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Mauvais garçon : Michaël Morpurgo

Titre : Mauvais garçon

Auteur : Michaël Morpurgo
Édition : Folio Junior (2015)
Édition Originale : Not Bad For A Bad Lad
Traduction : Diane Ménard

Résumé :
« Mauvais garçon ! » On l’a toujours appelé comme ça. Petit, il faisait les quatre cents coups. En grandissant, il est devenu un vrai voyou et a été placé en maison de redressement où on lui mène à son tour la vie dure.

Un jour, M. Alfie, un vieil homme qui s’occupe de chevaux, lui offre une seconde chance et lui confie Dombey, un cheval maltraité et farouche.

Critique :
Mais pourquoi est-ce si court, ce récit ? Parce qu’il y avait matière à développer plus profondément les personnages et ce qu’il leur arrive.

Un grand-père raconte à son petit fils ses jeunes années d’errance, de voyou, d’enfant incompris, né sans père, dans une famille nombreuse, juste avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Si notre héros sans nom devient un mauvais garçon, c’est aussi à cause de ces profs qui n’ont pas fait d’effort avec lui, de ce directeur, prompt à juger, qui ne lui a jamais donné l’occasion de montrer ses talents ou de lui donner des responsabilités, comme le fit sa prof de musique…

Ajoutons ensuite les renvois successifs et les mauvaises fréquentations et on obtient un sale gosse envoyé en maison de correction.

Au travers son récit, l’auteur nous parle des maisons de corrections dans l’Angleterre des années 50, des lieux de perdition où la sévérité est loi mais ou l’entraide est absente. Il nous parle de ces êtres humains qui ont plus facile de punir, de corriger des gamins en perdition, au lieu de les aider, de tendre la main et de leur donner une autre chance.

Pourtant, lorsque monsieur Alfie tend la main à notre mauvais garçon et lui propose de l’aider avec les chevaux, notre sale gosse change car enfin, quelqu’un lui a dit qu’il n’était pas si mauvais que ça pour un mauvais garçon.

Hélas, ce livre ne fait qu’une centaine de pages et c’est là qu’on voit qu’il est destiné à un jeune public car l’auteur brosse un portrait épuré de notre sale gosse, n’approfondit pas le travail qu’il réalise avec les chevaux, sa relation privilégiée avec Dombey, ce cheval qui n’a plus confiance et pire, il nous plante même là sans que nous sachions ce qu’il arrive à monsieur Alfie !

La fin est précipitée aussi, elle est belle, pleine de douceur et d’émotions, de morale et de happy end, mais, une fois de plus, cela aurait mérité plus de traitement en profondeur de la part de l’auteur.

Il faudrait deux versions de ce chouette petit roman plein de tristesse et de tendresse : la version abrégée pour les gosses et la version longue pour les adultes qui n’aiment pas terminer une lecture avec un goût de trop peu.

Malgré ma sensation de faim non rassasiée, ce roman jeunesse est un bon roman d’apprentissage qui nous prouve que l’on peut sauver de la délinquance des jeunes en leur tendant la main au bon moment et en leur donnant une seconde chance, confiance en soi.

À noter que en fin de roman, l’auteur nous livre des documents sur la délinquance juvénile et ensuite nous parle des chevaux de la race Suffolk Punch, la plus ancienne race de chevaux de trait connue, quasi éteinte.

Contrairement aux Shire ou Clydesdale, ces chevaux n’ont que peu de fanons aux jambes (ces poils rigides situés au-dessus du sabot et derrière le pied dans lesquels la boue vient se foutre).

Le Suffolk Punch est plus ramassé et plus massif que les autres races de traits lourds britanniques, comme le Clydesdale et le Shire. Leurs robes est toujours alezane (bizarrement, Dombey est un pie).

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°13].