Blake et Mortimer – Tome 13 – L’affaire Francis Blake : Jean Van Hamme, Ted Benoît et Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 13 – L’affaire Francis Blake

Scénariste : Jean Van Hamme
Dessinateur : Ted Benoît

Édition : Blake et Mortimer (1996)

Résumé :
Francis Blake, le chef du MI5 est-il devenu un traître à sa patrie? Le fait est qu’un espion étranger a infiltré les Services Secrets britanniques. Blake démasqué, commence une véritable chasse à l’homme où le Capitaine est devenu l’ennemi public numéro 1.

Mortimer, de son côté ne peut admettre cette trahison, et tente de garder sa confiance envers son vieil ami.

Le savant se rend à un congrès en Écosse où il se rend compte une nouvelle fois qu’il ne fait pas se fier aux apparences…

Critique :
La première fois que j’avais vu la couverture de l’album, j’étais tombée des nues.

Quoi ? Francis Blake en train de boire un verre avec Olrik, le Grand Méchant qui revient toujours ?

Olrik, ce Joe Dalton (en version sérieuse) qui rate toujours son coup, lui qui aimerait devenir Calife à la place du Calife et qui pourrait clore chacune de ses aventures par un « Caramba, encore raté ! »… Et Blake qui boit avec…

Edgard P. Jacobs n’était déjà plus, mais d’autres ont pu reprendre sa série mythique et que l’on aime ou pas, certains albums de l’après ne sont pas si mal que ça, en voici la preuve.

Je marmonnais dans ma barbe que « La Marque Jaune » était truffée de lourdeur, de dialogues énormes et de Méchant qui explique tout, nous tartinant sa vie sur des phylactères et des phylactères ? Ici, ce n’est pas le cas.

Jean Van Hamme n’est pas un scénariste à la petite semaine, il est le père de Largo Winch, de XIII, de Lady S, de Thorgal, pour ne citer que les plus connus et son fils, Thomas, est plaisant à regarder (il présente des émissions sur la chaîne Belge de RTL).

Donc, mon cher compatriote, au lieu de s’enliser dans des parlotes inutiles, il fait avancer son récit à un bon rythme et évite le côté fantastique ou science-fiction pour nous offrir un mélange entre de l’espionnage et une enquête qui nous fera voyager dans l’Angleterre pour finir par sauter par-dessus le mur d’Adrien, avant de plonger d’une falaise.

Pourquoi toutes ces péripéties ? Mais enfin, vous ne le saviez pas ? On accuse le capitaine Francis Blake d’être un agent double ! Et il avoue sa forfaiture en s’enfuyant avec l’espion que le MI5 venait d’arrêter.

Cet Anglais, vraiment, oser tromper sa patrie, son pays, sa reine ! Un étranger, les Anglais auraient compris, mais pas un des leur. Tout fou le camp, ma bonne dame.

Les personnages sont conformes aux originaux, même si je n’ai pas pris la peine de relire tous les véritables albums pour corroborer les faits…

La preuve en est que lorsqu’on annonce à Blake que son copain Mortimer est mort, noyé, après avoir sauté dans la mer, à plus de 60 mètres de hauteur, notre Blake insulte Olrik d’un « Misérable », montrant par là toute sa flegme et son éducation anglaise, là où un autre aurait utilisé des « sale enculé de ta mère de fils de pute de ta race que je vais te niquer ».

Blake et Mortimer sont un peu coincés sur les bords, ce sont des gentlemans et même lorsqu’on tire vers des bandits qui veulent notre peau, on vise à côté pour ne pas les tuer… Dans les éditions anciennes, j’aurais compris, la censure était là, mais dans les années 90, elle sévissait toujours et ailleurs que chez Dupuis ?

Oui, j’aurais aimé un Francis Blake éructant des insultes aussi colorées que celles du capitaine Haddock, mais un bon anglais ne s’abaisse pas à si bas. Dommage, ça donnerait un peu plus de réalisme et d’épaisseur à nos deux hommes.

Une enquête qui ne manque pas de rythme, où l’on voyage beaucoup en Angleterre, Mortimer donnera même des coups de pédale, la présence d’une « cousine » de Blake qui n’a pas froid aux miches (pour une fois qu’on a un personnage féminin qui n’est pas une bonniche), des agents doubles, des traîtres, du suspense et un scénariste qui a joué aussi avec ses lecteurs, ajoutant du peps dans certaines scènes.

Pour se coucher moins bête au soir : Sur le dos de la première édition figurait le nom d’Edgard P. Jacob sans le « d’après » qui a été rajouté par la suite à la demande des héritiers qui craignaient une confusion des lecteurs qui auraient pu penser que c’était un inédit d’E.P. Jacobs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°256 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Sacrées sorcières : Roald Dahl

Titre : Sacrées sorcières

Auteur : Roald Dahl
Édition : Folio Junior (1997/2011/2013/2016)
Édition Originale : The Witches
Traduction : Marie-Raymond Farré

Résumé :
Ce livre n’est pas un conte de fées, mais une histoire de vraies sorcières. Vous n’y trouverez ni stupides chapeaux noirs, ni balais volants.

La vérité est beaucoup plus épouvantable. Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire. En fait, elles ressemblent à n’importe qui.

Il faut savoir qu’une sorcière peut très bien être votre voisine ou la meilleure amie de votre mère et si on ajoute à cela qu’elle passe son temps à dresser les plans les plus démoniaques pour attirer les enfants dans ses filets, il y a de quoi se méfier et vous comprenez pourquoi ce livre vous est indispensable !

Critique :
Une fois de plus, c’est à cause de La Grande Librairie que j’ai eu envie de découvrir cette lecture jeunesse, suite à la venue sur le plateau de Pénélope Bagieu qui présentait ce livre qu’elle avait mis en bande dessinée.

N’étant pas hermétique à la littérature jeunesse et apprenant que Roald Dahl était un maître dans ce domaine là, je me suis dis « pourquoi pas ».

Mais que j’ai eu raison ! Mille fois raison, même, de lire ce livre jeunesse bourré d’humour, de tendresse, d’aventure, d’action, de frisson et d’un style d’écriture qui donne envie de lire (même si chez moi, il n’a jamais trop fallu me pousser à lire mais plutôt me freiner).

Quelle riche idée que d’avoir ôté aux sorcières leurs balais, leurs chapeaux pointus et leurs nez crochus et d’en avoir fait des gens comme vous et moi, presque… Presque ?

Oui, ici, les sorcières n’ont rien à voir avec la sympathique Hermione Granger, même si, de prime abord, on ne les distingue pas. Ne vous inquiétez pas, mamy va vous expliquer comment on peut les reconnaître car ces furieuses femmes pourraient être votre voisine, votre cheffe de bureau, la représentante qui sonne à votre porte.

Le jeune héros, sans nom, commence mal dans la vie puisqu’il perd ses parents et part vivre chez sa grand-mère en Norvège, avant de revenir en Angleterre pour les vacances.

Les moments de complicité entre la grand-mère et l’enfant sont très touchants et notre jeune ami est un garçon débrouillard, bien dans sa tête, intrépide et avec une bonne dose d’intelligence et de maturité.

Sous le couvert de son aventure, l’auteur aborde des sujets assez tabous face à des enfants : la mort et les parents indignes. Sans oublier le fait qu’il ne faut pas faire confiance aux adultes que l’on ne connait pas.

Le tout est jubilatoire ! Ça se lit vite, trop vite et une fois la dernière page tournée, on se retrouve orphelin(ne) des personnages alors qu’on aurait adoré continuer à vivre des aventures avec eux.

Une très belle découverte, comme quoi, malgré les tonnes de livres lus, on a la certitude qu’il nous en reste encore des tonnes d’autres généralissimes à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°255, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°15] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).