L’épopée de Gengis Khan – Tome 2 – Le seigneur des steppes : Conn Iggulden

Titre : L’épopée de Gengis Khan – Tome 2 – Le seigneur des steppes

Auteur : Conn Iggulden
Édition : Pocket (2011)
Édition Originale : The epic story of the great conqueror: Lords of the Bow (2008)
Traduction : Jacques Martinache

Résumé :
L’appétit de conquête de Gengis Khan n’a plus aucune limite. Après avoir unifié les tribus mongoles à la pointe de l’épée, le voilà qui tourne son regard vers l’Est.

L’ennemi chinois est sa prochaine proie. Mais n’est-ce point un trop grand défi pour le grand Khan ?

Le chemin est long et pénible pour arriver jusqu’à l’Empire du milieu. Ses cavaliers mongols n’ont jamais combattus de villes fortifiées. Et au moindre revers, comment réagiront ses bouillants généraux ?

Cette campagne est un tournant périlleux pour le chef de guerre.

S’il ne succombe pas aux dangers d’une telle entreprise, Gengis Khan deviendra alors un conquérant de légende…

Critique :
Non, Gengis Khan n’est pas arrivé à pied de la Chine… (contrepèterie offerte).

Mais il devait posséder l’anneau de pouvoir de Sauron puisqu’il a réussi à unifier les tribus mongoles sous une seule bannière : la sienne.

Un seul homme pour les trouver, un seul homme pour les unifier, les gouverner et dans la steppe les lier. Gengis, c’est un meneur, un unificateur.

Maintenant, direction l’empire Jin : une grande marche dans le désert, ensuite des attaques, l’élimination du petit royaume Xixia, des batailles, un siège, bref, tout ce que des conquérants font habituellement.

Mais lorsqu’on est dans l’armée de Gengis, c’est autre chose que de l’habituel. Chez les Mongols, même les femmes ont du cran, les gosses ne sont pas de pleurnichards et les guerriers ne veulent qu’une chose : faire des razzias, attaquer, tuer, égorger, violer, voler… Des guerriers nés.

Si vous n’aimez pas les récits de guerre, passez votre chemin et allez lire « Le club des Huns », une bédé d’humour où Attila veut avoir la Gaule.

Lorsqu’on lit la biographie romancée d’un conquérant légendaire, il faut s’attendre à bouffer de la stratégie militaire, des assauts de forteresse et de femmes (les viols sont courants), des attaques, des morts…

On pourrait penser que tout cela deviendra vite rébarbatif, mais non, les pages se tournent, on chevauche dans l’armée du grand Khan, on vit dans une yourte, on bouffe du mouton, on pue et on tue. Résumé ainsi, ça pourrait vous faire fuir, mais tout est fait pour que le lecteur ne s’ennuie pas et que l’action ne déborde pas sur le fond.

Les personnages sont travaillés (personne ne se souvient de comment étaient les frères et les généraux de Gengis) et on a beau être face à des guerriers sanguinaires, malgré tout, on s’attache à certains, on râle sur d’autres, on admire leur courage…

L’avantage, c’est que chez Gengis, on travaille au mérite : pas d’imbéciles à la tête de son armée (on ferait bien de s’en inspirer). Ta place, si tu la mérites, tu l’obtiendras, sinon, tu n’auras que dalle.

Gengis Khan est un homme dur, comme le fut son père. Dans les steppes mongoles, les mauviettes ne font pas long feu et tout est fait pour endurcir les gamins.

Par contre, Gengis, tu ne vaux pas toujours grand-chose en psychologie enfantine ! Toi qui aurait aimé que ton père soit encore en vie pour voir ton ascension et lire la fierté dans ses yeux, tu refuses ce regard de père à ton fils aîné que tu penses n’être pas ton fils, malgré que tout le monde te dit qu’il ressemble à ton père à toi. Nul n’est parfait, mon petit Gengis…

Un roman biographique romancé qui permet d’entrer dans la vie de Gengis Khan, de chevaucher à ses côtés, de boire de l’airak et de découvrir la vie des guerriers Mongols et leur avancée expansionniste dans les territoires voisins.

De l’action, des combats, de la stratégie, des hommes au pouvoir parce qu’ils ont fait leurs preuves (et non pas en raison de leur naissance) et des guerriers sans peur.

Un roman que j’ai tenté de dévorer lentement, en savourant les mots, les personnages, le cadre avant de me jeter dessus et d’avaler 350 pages en un seul jour tant j’étais prise dans l’histoire et que je ne voulais plus la lâcher.

Note pour moi-même : ne pas attendre 8 ans avant de lire le tome 3 !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°266, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°17].

Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T04 – La vallée de la peur : Ian Edginton et Ian Culbard

Titre : Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T4 – La vallée de la peur

Scénariste : Ian Edginton
Dessinateur : Ian Culbard

Édition : Akileos (30/05/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est intrigué et troublé par la réception d’un message inquiétant : M. Douglas de Birlstone House est en danger.

Avant qu’il ne puisse agir, une nouvelle choquante arrive. Douglas a été trouvé mort, le visage effacé par un fusil de chasse. Scotland Yard est perplexe.

S’agit-il d’un cas de suicide ou d’un assassinat ?

Pour Holmes la réponse ne fait aucun doute quand il reconnaît la carte de visite de son ennemi juré: le professeur James Moriarty…

Critique :
On a beau me dire que « The valley of fear » est un roman noir, entre lui et moi, ce ne sera jamais le grand amour.

La preuve en est que c’est le roman canonique que j’ai le moins relu !

Lu une première fois lorsque je l’avais acheté (j’avais 12/13 ans) et relu pour les besoins du Mois Anglais de Juin 2013 (j’avais la trentaine).

Et entre les deux ? Le néant !

Pourquoi ce désamour du roman ?

Pour plusieurs choses dont l’une est cette absence de logique totale chez Conan Doyle.

Souvenez-vous, dans « The Final Problem », Holmes parlait à Watson du Napoléon du crime : Moriarty. Watson le découvrait en même temps que nous car il n’avait jamais eu vent de l’existence de Moriarty, le génie du mal.

Puis, Holmes se battit avec Moriarty aux chutes de Reichenbach et ils y moururent tous les deux, avant que l’on apprenne que Holmes n’avait pas chu dans les chutes.

Chronologiquement parlant, « The Final Problem » se déroule APRÈS « The valley of fear » (même si l’ordre de parution est inversé).

Là où le bât blesse, c’est que ici, dans « The valley of fear », Watson connait Moriarty, alors que dans « The Final Problem » qui se déroule après, c’est pour lui un inconnu. Donc, avant tu le connais et ensuite, tu l’connais plus ?? Alzheimer mon cher Watson ?

Conan Doyle, en voulant légitimer son Grand Méchant Moriarty que nous avions si peu vu dans « The Final Problem », s’est pris les pieds dans le tapis en nous donnant l’impression que Watson souffrait d’amnésie lorsque Holmes lui en parla dans « The Final Problem » puisque notre brave docteur ne le connaissait point, alors qu’il était sensé en avoir entendu parler dans « The valley of fear » !!!

Vous suivez toujours ?

Pire, dans « The valley of fear », Holmes nous parle qu’il y a la patte de Moriarty dans le meurtre qu’il est chargé de résoudre mais ensuite, on ne verra même pas l’ombre de l’ombre de la main du chien de Moriarty ! On en parlera un peu à la fin du roman, à la va-vite, Holmes reconnaissant la méthode du Napoléon du crime pour se débarrasser d’une personne.

Hé oh ? On ne se foutrait pas un peu du monde, là ?? Le 4ème t’annonce monts et merveilles et ensuite, ça fait pchitttttt…. On te parle de Moriarty et tu ne le vois pas ? On te balance son nom à la fin, comme si dans le feu de l’écriture, Conan Doyle avait oublié de le mettre en scène et, remarquant cela en posant le mot « FIN », avait vite gribouillé pour qu’on parle un peu de lui.

Donc oui, lors de ma première lecture, j’avais été déçue de ne pas avoir eu plus de Moriarty et je m’étais collée une migraine carabinée en tentant de comprendre le pourquoi de l’erreur.

En ce temps-là, pas d’Internet ou de SSHF pour nous parler des erreurs de Conan Doyle… Maintenant, on rigole, on les traque, ça donne un goût d’authenticité aux récits de Watson, comme s’il avait voulu nous cacher des choses…

Malgré ces bémols, la résolution du crime par Holmes est magistrale, excellente et brillante ! Mais ensuite, une fois de plus, nous avons un personnage qui nous parle de son passé, en Amérique et qui est responsable de la suite d’événements qui viennent d’avoir lieu.

Je ne suis toujours pas fan des dessins de Ian Culbard (ben oui, faut bien parler de la bédé car c’est elle que j’ai découverte) mais ça va mieux que pour le premier tome, même si Watson a toujours un air tristounet et le policier un air ahuri.

La preuve avec un extrait de « The Final Problem » :

— Vous n’avez probablement jamais entendu parler du Pr Moriarty ?
— Jamais ! dis-je.
— C’est bien là ce qu’il y a de merveilleux et de génial chez cet homme ! s’écria-t-il. Il règne sur Londres et personne n’a entendu parler de lui. C’est ce qui fait de lui le criminel des criminels. Je n’hésite pas à vous déclarer, Watson, en toute sincérité, que, si je pouvais réduire ce Moriarty à l’impuissance et délivrer de lui la société, je considérerais que ma carrière a atteint son apogée et que je serais tout prêt à adopter un genre de vie plus calme. […]

Hors, dans « La vallée de la peur », publiée APRÈS « Le dernier problème » mais se passant AVANT, Watson connaît Moriarty !

La preuve avec un extrait de « The valley of fear » :

— Vous m’avez entendu parler du professeur Moriarty ?
— Le célèbre criminel scientifique, qui est aussi connu des chevaliers d’industrie…
—Vous allez me faire rougir, Watson ! murmura Holmes d’un ton désapprobateur.
— J’allais dire : « Qu’il est inconnu du grand public. »

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°265 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).