Arrive un vagabond : Robert Goolrick

Titre : Arrive un vagabond

Auteur : Robert Goolrick
Éditions : Anne Carrière (2012) / Pocket (2014) / 10/18 (2016)
Édition Originale : Heading Out to Wonderful (2012)
Traduction : Marie de Prémonville

Résumé :
C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent.

Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard.

Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg.

La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

Critique :
Chronique d’un drame annoncé…

Un jour, en 1948, un inconnu (Charlie Beale) débarque dans une petite ville où tout le monde connaît tout le monde.

Petit à petit, il s’intègre dans cette communauté très pieuse (cela ne veut pas dire qu’ils passent leur vie au lit) où il est obligatoire d’aller à l’église le dimanche, devient ami avec le boucher et son épouse et copain avec Sam, leur gamin.

Deux communautés cohabitent à Brownsburg et évitent de se croiser : les Blancs et les Noirs.

Nous ne sommes pas sur un jeu d’échecs mais je peux vous dire qu’ici, les Noirs sont toujours les perdants, communauté pieuse ou pas, la ségrégation est bien là, comme une sale habitude.

Sans être des gens violents, les Blancs estiment que les Noirs doivent rester à leur place et l’auteur arrive à intégrer cette règle de manière habile dans son récit.

Charlie Beale rencontre Sylvan Glass et c’est l’amour fou et qui dit histoire d’amour dit drame, sinon, ce n’est pas une vraie histoire d’amour.

Et comme le récit a un fond de roman noir (contexte social bien présent), on se doute qu’on devra faire une croix sur le « Ils vécurent heureux et baisèrent comme des lapins »… Quoique, ils ont baisé comme des lapins pendant un temps.

Pas de guimauve dans ce roman, pas de grandes envolées lyriques à la Harlequin, juste un homme dont on ne sait rien de son passé, juste qu’il a de l’argent et face à lui, une jeune fille vendue par sa famille à un homme plus âgé et qui ne peut divorcer sous peine de voir ses parents jetés hors de le leur petite ferme.

Par contre, il y a un poids sur bien des épaules… Sur celles de Charlie qui ne peut dire de qui il est amoureux, sur les épaules frêles de Sylvan qui voudrait vivre comme les stars d’Hollywood et sur celle du petit Sam, 5 ans, qui est témoin de cette idylle et qui ne peut rien dire car il a juré à Charlier qu’il garderait son secret.

Vous pensez bien que dans une communauté plus pieuse que le pape, l’adultère est un péché horrible puni par les flammes de l’enfer, si pas pire.

Nous sommes en 1948, dans l’Amérique rurale, très rurale et on ne plaisante pas avec la moralité, du moins, on ne plaisante pas avec une certaine moralité, pour les choses vraiment amorales, on trouvera bien un arrangement avec sa conscience.

Sans jamais sombrer dans le pathos, l’auteur a réussi à me serrer la gorge dans les dernières pages, alors qu’il venait déjà de m’emporter durant tout son récit, grâce à sa plume qui sait si bien décrire l’Amérique profonde, l’Amérique rurale, pieuse, trop pieuse et qui, même si elle voulait passer l’éponge, ne le pourrait pas car la pression est trop forte.

Le drame, on le sent venir, lentement, insidieusement, on crève de mal aux tripes au tribunal, quand les procureurs viennent avec leur diable, leur enfer et en menace un enfant de 5 ans, victime et témoin involontaire des actes des grandes personnes.

Assurément, une belle histoire tragique qui, comme toute bonne tragédie, qu’elle soit grecque ou américaine, se finit dans les larmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°32].

Le Mois Américain arrive…

17 réflexions au sujet de « Arrive un vagabond : Robert Goolrick »

  1. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Août 2020 | The Cannibal Lecteur

  2. Ça à l’air super. Je ne suis pas très thriller ni roman noir mais avec mon Book club nous avons décidé de lire ce genre donc je vais acheter ce roman et le lire. Merci beaucoup pour cette idée.

    Aimé par 1 personne

    • Le côté social du roman noir est présent, mais pas au point d’un roman de la Série Noire, ça reste pour planter le décor et les habitants.

      C’est un beau roman, j’ai été happée et j’espère que toi aussi tu te laisseras emporter par les personnages.

      J'aime

  3. Mmmm… vu ma PAL et mes goûts il risquerait hélas d’attendre au fond pendant une éternité et certainement pour rien… Cependant effectivement vu comment tu en parles on ne peut que croire à un très grand roman.

    Aimé par 1 personne

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