[SÉRIES] Perry Mason (nouvelle version) – HBO Reboot (2020)

Perry Mason est une série télévisée américaine créée par Rolin Jones et Ron Fitzgerald d’après les romans policiers écrits par Erle Stanley Gardner, et diffusée depuis le 21 juin 20201 sur HBO.

La saison 1 comporte 8 épisodes.

Résumé :
1932, Los Angeles. Alors que le reste du pays se remet de la Grande Dépression, la ville est en plein boom. Pétrole, Jeux Olympiques, ferveur évangélique !

Mais quand l’affaire de la décennie arrive entre les mains de Perry Mason, le jeune détective privé se lance dans une quête de la vérité qui va révéler les fractures de la Cité des Anges.

Et par la même occasion ouvrir la voie à la propre rédemption de Mason…

Acteurs principaux :

  • Matthew Rhys : Perry Mason
  • Tatiana Maslany : Sister Alice McKeegan
  • John Lithgow : Elias Birchard « E.B. » Jonathan
  • Chris Chalk : Paul Drake
  • Shea Whigham : Pete Strickland
  • Juliet Rylance : Della Street

Ce que j’en ai pensé :
Je n’en ai pas cru mes yeux, ni mes oreilles quand j’ai vu qu’on allait refaire une mini-série sur Perry Mason.

Yes, j’adore cet avocat !

Je possède quasi tous les romans de Erle Stanley Gardner (il m’en manque 4) et j’avais suivi la série « Perry Mason Return » avec Raymond Burr (1985/1995) dans le rôle de l’avocat.

Rôle qui était une imposture puisque dans les romans, Mason est un avocat trentenaire et Della Street, sa fidèle secrétaire, un peu plus jeune et assez jolie. La série de 1947 à 1957 étant sans doute plus fidèle à l’apparence de Mason, mais je ne l’ai jamais vue (Raymond Burr déjà dans le rôle de l’avocat).

Là, l’action se situerait dans les années 30 et avec un Perry Mason dans la quarantaine, ce qui m’allait bien car j’adore les enquêtes sans smartphone, sans internet, avec des coups de fils qui se donnent en passant par des opératrices. Comme dans les romans, en fait !

Premier épisode, j’étais aussi excitée qu’un morpion au festival du film de cul où les acteurs/trices ne sont pas rasés. C’est vous dire mon état d’excitation !

On commence fort avec un enlèvement d’enfant et une demande de rançon… Puis l’enfant est tué, ce qui ne s’est jamais lu dans les romans et nous retrouvons Perry Mason qui fait une filature sur un acteur qui va tremper son biscuit ailleurs.

Heu ?? Perry Mason est un détective privé qui a plus du fouille-merde que du Private Investigator ??? Je suis tombée où, moi ?? Là, on faisait le grand écart avec les romans. Quant à Della Street, elle travaille pour un avocat, « E.B. » Jonathan, connaissance de Perry.

Perry est divorcé, père d’un gamin, a fait la Grande Guerre et boit comme un trou tout en baisant comme un lapin sa voisine du terrain d’aviation…

Là, j’ai failli tout arrêter. Si c’est pour tout me foutre en l’air mon personnage, je ne suis pas d’accord. Pourtant, la curiosité fut plus forte que l’exaspération et je me suis dit que j’allais regarder la série en occultant les romans, la série avec Raymond Burr et faire comme si ce Perry Mason était un homonyme de l’avocat.

Ma curiosité a payée et à la fin du premier épisode, je voulais le suivant !

HBO a mis les petits plats dans les grands niveau décors, ambiances et après quelques secondes de visionnage, on est déjà dans l’ambiance du Los Angeles des années 30. Tout est soigné, autant les véhicules que les mentalités des gens de l’époque.

Perry Mason tient plus du Philipp Marlowe ou du Sam Spade, au choix (ou on mélange les deux) que de l’avocat BCBG des romans ou des séries précédentes.

Il a fait la Première Guerre Mondiale (on aura des flash-back), en est revenu blessé dans son âme, n’a reçu aucun honneurs, tire le diable par la queue, boit, baise et se fait entuber quand il vend une photo compromettante.

Il va enquêter sur l’assassinat du petit Charlie, l’enfant enlevé et je vous le dis de suite, ce n’est pas toujours très frais, HBO ne nous épargnant pas les images trash de cadavres, qu’ils soient enfantins ou suicidé d’une balle dans la bouche.

C’est bien plus sombre que les romans où les clientes avaient toutes l’air coupables mais étaient en faite innocentes et que Perry Mason arrivait à disculper au cours d’un procès, sans se démonter, même quand la cliente lui avait caché des choses.

Cette série est un bon reboot car elle commence avec un Perry Mason détective de poubelles et explique comment il est devenu avocat ensuite. C’est bien amené et Della Street ne joue pas les potiches de service dans la série, mais le genre de secrétaire pourvue d’un cerveau et d’une paire de coui**** !!

Dans cette série, les femmes ne font pas de la figuration, même si à cette époque là, on les voyait dans leur foyer à s’occuper de leurs maris et interdiction de faire un pas de côté… Monsieur peut aller perdre 3.000$ aux cartes mais madame ne peut pas aller faire des galipettes avec un autre homme que son mari.

Si le film « Les Ripoux » me fait toujours rire, le côté pourri des flics de Los Angeles a de quoi faire frémir. La corruption est installée chez eux, les pieds sur le bureau et soit tu suis le mouvement, soit… Tu dégages.

Et si tu es un flic noir, tu dis « Oui maître », tu baisses les yeux et tu te tais deux fois plus puisque tu n’as même pas le droit d’arrêter un Blanc, même criminel. Les concepteurs de la série ont très bien su rendre cette ségrégation à l’écran, sans en faire trop, nous montrant juste quelques moments qui en disent bien long sur la mentalité de certains.

Entre nous, je n’aurais pas aimée me faire arrêter par les deux inspecteurs Blancs, ils ont des sales gueules de truands plus que de policiers. Quant à la justice, ils ne la cherchent pas, faut juste un coupable, le premier qui tombe dans leurs pattes et on s’en fout qu’il y n’y ait qu’un faisceau de présomptions.

La bigoterie et la dévotion de la mère de Sheldon Cooper (Young Sheldon) me fait rire aussi, sans que je la trouve dangereuse, mais les dévots que j’ai croisé dans cette série, rempli de ferveur évangélique, m’ont donné envie de fuir à toutes jambes.

Le réalisme était saisissant et vous avez déjà tous et toutes vus des sermons rempli de folie religieuse où tout le monde chante et semblent atteint de folie furieuse. Une fois de plus, HBO a fait ça avec maestria.

Anybref, Perry Mason nouvelle version par HBO 2020 a dépassé mes attentes, tout en s’éloignant des romans, trop sages, trop lisses, tout en gardant les grandes lignes et en nous offrant une genèse à ce célèbre avocat, un passé, une vie, des blessures, tout en restant cohérent.

Une série fort sombre, sans lumière, où il faut se battre pour obtenir justice, tout en sachant qu’on est perdant d’avance face aux rouleaux compresseurs qui se tiennent devant nous.

Une série qui a tout d’un roman noir. Ne cherchez pas de l’action, ici, on prend son temps de planter le décor, de nous plonger dans l’ambiance des années 30 et de mettre le tout en place avant de passer au procès dans les derniers épisodes.

Procès qui vous donnera envie d’étrangler Maynard Barnes, le procureur… Perry Mason, lui, va devoir apprendre au fur et à mesure et se rendre compte que la Justice est galvaudée et qu’il ne fait pas le poids face au juge.

Petit clin d’oeil dans le générique du dernier épisode, on entend la musique de l’ancienne série Perry Mason.

Putain, j’ai adoré cette nouvelle série !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°55] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

16 réflexions au sujet de « [SÉRIES] Perry Mason (nouvelle version) – HBO Reboot (2020) »

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  2. Ce que j’aimais bien avec Perry Mason c’est qu’il était avocat. De glisser d’une série judiciaire à une série de détectives privés ça ne m’a pas séduit.

    Évidemment un personnage peut être représenté ou décliné à divers âges de sa vie et évidemment en prenant de l’âge on change… Mais pas tant que ça. Les fondements d’une personnalité ne se transforment pas au point de creuser un fossé comparable à celui qui existe entre cette nouvelle série et celle avec Raymond Burr.

    Je n’ai pas accroché à la nouvelle série. J’ai laissé tomber pendant le premier épisode. Il m’énervait et je ne retrouvais rien en lui de ce qu’il est supposé devenir. Ils auraient dû donner un autre titre à cette série. Comme elle ne s’inscrit pas dans ce qui aurait pu être une continuité avec les deux autres séries je ne vois franchement pas pourquoi il fallait que le personnage soit supposé être Perry Mason!

    T’imaginerai un Sherlock jeune alcoolique à crête verte et avec un rat sur l’épaule, volant dans les magasins accro à la télé réalité et couchant avec tout ce qui lui tombe sous la main? Bon ok… celui d’Elementary n’en est pas loin mais… justement j’ai toujours dit que ça n’est pas un Sherlock canonique! Et ben ce Perry Mason là ne l’est pas davantage! Na!😤

    Aimé par 1 personne

    • Pourtant, à la fin, il est avocat et il plaide !! C’est sa genèse, il a commencé un peu zinzin alcoolo et il finit en grand avocat (mais ce sera pour la prochaine saison). Raymond Burr vieux n’est pas canonique non plus, dans les romans (que je possède tous sauf 4) que j’ai lu, Perry est jeune, la trentaine, pas plus et dans la seconde version de la série, on avait un vieux croulant qui laissait tout à Ken Malenski, qui n’existe pas dans les romans.

      J’ai aimé le côté roman noir, le glauque, la ségrégation (enfin non, je ne l’aime pas, mais elle appartient à cette époque), les religieux fous, les magouilles et surtout, le côté ripou des flics (horrible). Cette série m’a transporté dans les années 30.

      J’ai eu une peu de ma avec Elementary mais après quelques épisodes, j’ai accroché et même si le Holmes est aux antipodes de ce que l’on connaît, il avait le mérite de sortir des sentiers battus 😉

      Bon, nous ne serons pas d’accord sur ces deux séries ! mdr

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  3. OOOOhhh noooo…Oh My God ( a la facon de janice/ Friends)……again……on a un plaisir en commun…j’ai adore cette version de Perry Mason…tout est genial..et surtout la plaidoirie….on le retrouve le grand Mason…bon il manque juste le chien…il avait bien un chien non ?

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  4. J’aimais beaucoup la série avec Raymond Burr (la V2, je n’ai jamais vu la première)… tant pis si le personnage n’est pas raccord avec celui créée par Earl Stanley Gardner.
    Niveau romans je n’ai lu que 2 compilations parues chez je ne sais plus quel éditeur (Omnibus ?) mais j’en garde un bon souvenir.
    J’hésitais quand vu ce reboot par HBO (même si je sais qu’en matière de série TV ils sont souvent au top)… va falloir que je récupère ça à l’occasion. Mais avant il faut que je me fasse la seconde saison de Big Little Lies et les 3 saisons de Mr Mercedes…

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    • Omnibus, c’est bien ça, j’en possède un recueil Omnibus et un du Masque (couverture jaune), mais je préfère les romans des éditions Presse de la cité (l’éléphant), ils sont vintages !

      Je regardais la série mais je pestais toujours devant le personnage vieux de Mason alors que les romans m’offraient un jeune avocat et une secrétaire canon et compétente.

      Mr Mercedes, j’avais dit que je regarderais et j’ai pas eu le temps, oublié….

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