Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Capturé par les indiens, Blueberry est torturé afin qu’il livre l’endroit où l’argent de l’Union Pacific a été enterré. Plus il tiendra, plus la résistance aura le temps de se préparer.

Critique :
Blueberry, c’est LE mec qui chope toutes les emmerdes possibles et inimaginables à cent kilomètres à la ronde !

La preuve une fois de plus avec cet album où il se sort d’un guêpier pour retomber dans un autre, puis un autre… La poisse est son amie.

Blueberry, c’est aussi l’Histoire de l’Ouest de manière plus réaliste que Lucky Luke ou Jerry Spring, plus violente, aussi.

Les dessins de Giraud sont toujours des petits bijoux, remplis de détails et les décors ne sont pas négligés.

Dans ce tome, Blueberry ne va pas se reposer, ses deux amis Red Neck et MacClure non plus. Que ferait notre lieutenant sans eux ? Parfois ça lui ferait moins d’ennuis…

Ce tome emprunte une voie plus positive puisque la langue droite de Blueberry et celle du Général Dodge promettent aux Indiens de ne pas aller massacrer leurs femmes et papooses lorsqu’ils seront à la chasse au bison.

Enfin, se dit-on, du happy end dans l’air avec l’arrêt des massacres d’Indiens… Et puis saloperie, on voit apparaître cet enfoiré d’enfant de pute de Général Allister, un salopard qui râle de ne pas avoir de décorations durant la guerre civile et qui pense qu’un bon Indien est un Indien mort et que la parole de Dodge, il va se torcher avec.

Steelfingers était un salopard fini et Allister peut aller lui donner la main.

Une fois de plus, un excellent tome des aventures de Blueberry mais qui annonce avec horreur le tome suivant, que je déteste, que je crains de relire car le Général Allister est un bel enfant de salaud d’assassin, une couille molle qui s’attaque au plus faibles afin de faire mousser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°57] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Butcher’s crossing : John Edward Williams

Titre : Butcher’s crossing

Auteur : John Edward Williams
Édition : PIranha (2016) / 10/18 Littérature étrangère (2018)
Édition Originale : Butcher’s Crossing (1960)
Traduction : Jessica Shapiro

Résumé :
Dans les années 1870, persuadé que seul un rapprochement avec la nature peut donner un sens à sa vie, le jeune Will décide de quitter le confort d’Harvard pour tenter la grande aventure dans l’Ouest sauvage.

Parvenu à Butcher’s Crossing, une bourgade du Kansas, il se lie d’amitié avec un chasseur qui lui confie son secret : il est le seul à savoir où se trouve un des derniers troupeaux de bisons, caché dans une vallée inexplorée des montagnes du Colorado.

Will accepte de participer à l’expédition, convaincu de toucher au but de sa quête.

Le lent voyage, semé d’embûches, est éprouvant et périlleux mais la vallée ressemble effectivement à un paradis plein de promesses.

Jusqu’à ce que les quatre hommes se retrouvent piégés par l’hiver…

« Butcher’s Crossing démonte le mythe du Grand Ouest américain avec une histoire de survie qui tourne à l’horreur. Un lyrisme superbe et tout en retenue. La prose simple et élégante de Williams est enfin reconnue à sa juste valeur ».
Bret Easton Ellis.

Critique :
Voilà un western qui en est un sans vraiment en être un car tous les codes sont absents et ce n’est pas le saloon, les poivrots et la prostituée que l’on croise au début du roman qui feront l’atmosphère western du roman.

Même les Amérindiens sont absents ! Pas d’attaques, pas besoin de faire le cercle, pas de vengeance pour la tuerie des bisons.

Non, juste Will Andrews; un jeune homme frais émoulu de Harvard qui veut découvrir l’Ouest sauvage en participant à une chasse aux bisons.

Miller, le chasseur, connait justement un coin secret où ces grands herbivores pullulent, un coin connu de lui seul qu’il n’a jamais su exploiter parce que le nerf de la guerre c’est l’argent. Là, il a un bleu-bite qui a du fric et qui veut vivre à la dure.

Si en plus Miller lui promet une chasse de dingue, avec des milliers de peaux à vendre et du pognon à se faire, notre gamin est encore plus tenté et deux autres hommes se joindront à eux, Charley Hodge le conducteur de char à bœufs et Schneider, l’écorcheur.

Le baptême sera violent car notre jeune homme verra un fier bison mâle passer de la noblesse de sa masse en marche à une carcasse vide de vie. Hé oui, on croit que…

On souhaite voir la vie sauvage, mais quand tu la prends dans la gueule, la vie sauvage, dans le sang, les viscères et ensuite la puanteur, tu rigoles moins, petit homme des villes. La réalité est dure et cruelle. L’apprentissage se fera dans la douleur.

On ne lit pas Butcher’s crossing pour avoir de l’action, oubliez les courses-poursuites, d’ailleurs, le char à boeufs ne se prête pas à la chose et le relief non plus.

On ne lit pas non plus ce roman pour s’extasier sur les paysages et la nature, ici, elle est indomptée, le relief est montagneux, encaissé, le soleil tape dur et si tu traînes trop et que tu te prends l’hiver dans la gueule, tu vas geler sur place.

Et nos quatre hommes vont devoir rester des mois, coincé là-haut, à attendre que le printemps revienne et que la neige fonde… Survivalistes, ils vont devoir l’être.

Entre un jeune homme qui a fantasmé cette chasse au bison, cet Ouest sauvage, cette nature libre de tout et un chasseur qui ne rêve que de flinguer, jusqu’à plus soif, des milliers de têtes de bisons, ça ne pouvait que mal tourner.

La gabegie de ce massacre est superbement retranscrite, on voit les carcasses pourrissantes sous le soleil, juste dépouillées de leur pelisses, la scène du film « Danse avec les loups » est gravée dans la mémoire et ça fait mal au bide un tel gaspillage.

L’écriture est belle, lente, descriptive et évocatrice. Vous aurez chaud, soif, faim et froid avec les personnages. Le confinement fut long et dur ? Imaginez un de plusieurs mois, enfermé dans une cabane en peaux de bisons, avec le froid qui s’infiltre et les mêmes vêtements à garder sur le dos…

Vanité, tout n’est que vanité… À force de vouloir gagner un max de fric, d’être celui qui a le plus abattu de bisons, Miller oublie une chose importante : une leçon sur la loi du marché que l’on a apprise avec Caius Saugrenus, dans « Obélix et compagnie »… Une loi basée sur l’offre et la demande. Bardaf, c’est l’embardée.

Un roman d’aventure qui va au rythme du pas des boeufs, un western qui n’en possède que peu de codes, un nature writing beau et violent, qui se déroule au milieu des grands espaces, une réflexion sur la vanité des Hommes et la vacuité de certaines choses, comme ces chasses aux bisons juste pour leurs peaux alors que dans le bison, tout est bon.

L’Homme Blanc aime gaspiller ce qu’il pense avoir en quantité, mais à tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits est vide (oui, j’invente des expressions).

À méditer…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°56], Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc. et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°29]