L’insigne rouge du courage : Stephen Crane

Titre : L’insigne rouge du courage

Auteur : Stephen Crane
Édition : Gallmeister Totem (07/11/2019)
Édition Originale : The Red Badge of Courage (1895)
Traduction : Pierre Bondil et Johanne Le Ray

Résumé :
Jeune garçon de ferme, Flemming vit la guerre de Sécession sous forme de nouvelles et de comptes rendus héroïques de batailles.

La guerre arrive au pas de sa porte, il finit par être entraîné dans son tourbillon et s’engage. Commence alors l’apprentissage du métier de soldat, l’école du courage.

Flemming est d’abord harcelé par le doute : sera-t-il capable de faire face, dans sa première bataille, sans déserter ? L’épreuve du feu débute par un échec total de notre héros : il cède à la panique et se retrouve fuyant parmi un groupe de déserteurs.

Suit alors une descente aux enfers où il vit une complète humiliation. C’est un parcours initiatique terrible, d’une vraisemblance rare et vraiment novatrice dans la littérature classique – excepté le panorama grandiose de la bataille de Waterloo vu par le jeune Fabrice dans La Chartreuse de Parme, d’où le héros, comme Flemming, sort désabusé quant à l’héroïsme des batailles. C’est en traversant cet enfer qu’il reprend courage et surmonte ses peurs…

Critique :
♫ À 18 ans, j’ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la guerre… ♪

Le coeur léger et gonflé de fierté, Henry Fleming s’engage dans l’armée de l’Union, sans écouter sa mère qui lui déconseille d’aller à la guerre.

Il se sent un héros, on l’adule, les gens fêtent le passage de ces jeunes soldats… Vu ainsi, ça a l’air vachement chouette, la guerre.

Mais on déchante vite car soit on est dans l’inactivité comme le sera Henry avec son régiment, soit on monte au front et là, on chie dans son froc.

Écrit 30 ans après la fin de la guerre de Sécession, ce petit roman se veut plus un récit sur l’inutilité de la guerre, sur son imbécillité, sur sa cruauté, sur l’héroïsme imbécile qui veut que les gradés souhaitent de belles charges, se foutant bien que tout le régiment trépasse sous le feu de l’ennemi, faisant monter les hommes à l’assaut inutile, juste pour grappiller 20 cm de plus.

Dans un conflit, on affronte plusieurs ennemis : ceux qui se trouvent en face, sois-même (sa conscience) et la Nature qui peut soit vous aider à vous cacher, soit ralentir votre fuite. Les ennemis sont nombreux et les pire ne sont pas toujours ceux d’en face.

Henry Flemming est comme bien d’autres qui s’engagent sous les drapeaux : après l’euphorie vient la peur, la trouille et la pétoche. Devant l’ennemi, on fuit et, courant dans le sens inverse de l’affrontement, on se demande ce qu’on est venu faire dans cette galère.

L’auteur n’a pas concentré son récit sur des affrontements mais plus sur la vie simple d’un régiment dans l’attente de la montée au front et dans les angoisses qui les étreint tous, mais que personne n’avouera. Tout le monde gamberge pour occuper le temps mort avant l’assaut.

Le récit est intelligent car il ne nous plonge que peu de temps dans l’horreur d’une bataille, préférant s’attarder sur les pensées du jeune Flemming et sur enthousiasme su départ qui, petit à petit, va disparaître une fois qu’il comprendra que tout cela n’est pas un jeu. Ses idéaux vont voler en éclats…

Le parcours du soldat Flemming est celui d’un bleu qui affrontera ses peurs, tout comme les jeunes qui composent son régiment. Dans sa tête, ça bouillonne d’émotions, ça cogite et nous verrons la bataille au travers de ses yeux.

Il m’a manqué des émotions, dans ce roman de guerre (roman psychologique ?) car à force de nommer notre narrateur « le jeune », je me suis détachée de lui et je n’ai pas su m’immerger pleinement dans ses déboires.

Ce roman est excellent dans sa manière de nous parler de la guerre de Sécession, de nous montrer tout l’inutilité de cette guerre fratricide, de sa boucherie, de son inhumanité, mais comme je n’ai pas su m’attacher au jeune Flemming, j’ai loupé une partie du récit puisque je n’ai pas vraiment ressenti d’émotions fortes.

Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

8 réflexions au sujet de « L’insigne rouge du courage : Stephen Crane »

  1. Ping : The American Month is finish – Bilan du Mois Américain [Septembre 2020] | The Cannibal Lecteur

  2. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Septembre 2020 [Mois Américain] | The Cannibal Lecteur

  3. Ping : Billet récapitulatif – Le mois américain 2020 | Plaisirs à cultiver

  4. Oui la guerre c’est nul. Et pis c’est toujours ceux qui z’y sont pour rien qui z’y mourrent. Moi je dis qu’on devrait mettre ceux qui veulent la guerre dans une arène pour qu’ils s’entre-zigouillent à mains nues pendant qu’on regarderait et qu’on se ficherait de leur tronche en leur jetant des tomates et des œufs pourris épicétou! De toute façon en effet pour ce que ça change… Entre l’esclavage et être discriminé à vie, parqués dans des taudis et condamnés à des postes sous-payés la différence est un peu mince, non? Pendant les guerres, les seuls à s’en mettre dans le poches c’est pas les z’ennemis de l’extérieur ou de l’intérieur (avec les histoires de complot bidulo-machinchose de l’anti-Rance) : c’est les marchands d’armes et les grosses zindustries! Les pauvres qui sont pas mort au front ou sous les bombes… ben après ils doivent mourir au boulot ou des privations!

    Anybref! Tu comprends pourquoi j’aime pas les romans de guerre même quand l’écrivain la décrit avec talent et en se gardant bien de l’idéaliser sous couvert de « patriotisme »! Quelle belle escroquerie que le patriotisme, l’héroïsme, comme le communisme, le capitalisme, le mesmérisme ou le priapisme! 😀

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    • Oui, je te comprends, je n’aime pas les guerres non plus, mais j’aime lire sur l’imbécillité humaine (mais pas la lire sur les réseaux sociaux). Le patriotisme me fait peur, tu te bats pour ton pays, ton drapeau… Ok, si on t’envahi, mais je me fiche du drapeau, c’est un objet et il ne m’appartient pas. Quant à mon pays, sait-il seulement que j’existe ?? 😆

      Bref, tout ce qui se termine en « isme » c’est de la merde ! PTDR

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  5. Oui comme celle de 14-18….ils sont partis la fleur au fusil comme des heros….sont revenus la fleur sur le cercueil comme des parias….dommage pour le bemol…oui faut avoir un sentiment pour le hero…un peu

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    • Ils voulaient casser du boche, qu’ils disaient… je ne sais pas pourquoi des gens sont content de partir à la guerre…

      Les militaires, quand ils reviennent de la guerre, c’est toujours des parias, la société ne veut plus d’eux… l’être humain est bizarre

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      • Vraiment…cela me débecte aux states, ils les traitent comme des heros mais ceux qui reviennent totalement detruits sont des SDFs…..
        Bon toujours le probleme des testosterones…c’est bien d’avoir un fusil et de marcher aux pas, c’est tres macho…;)

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