Molosses – 06 – Walt Longmire : Craig Johnson

Titre : Molosses – 06 – Walt Longmire

Auteur : Craig Johnson
Éditions : Gallmeister Noire (2014) / Points Policier (2016)
Édition Originale : Junkyard Dogs (2010)
Traduction : Sophie Aslanides

Résumé :
Alors que l’hiver s’installe dans le comté le moins peuplé de l’État le moins peuplé des États-Unis, Walt Longmire, son shérif, se voit confier une curieuse mission : celle de mettre la main sur le propriétaire d’un pouce abandonné à la décharge.

L’enquête devient rapidement haute en couleur, car Walt se trouve face à deux molosses qui gardent le terrain, à son vieux propriétaire loufoque et à un promoteur immobilier multimillionnaire qui cherche à prendre possession des lieux pour étendre son vaste ensemble de ranchs luxueux.

Sans parler d’un jeune couple fleurant bon la marijuana, de la vieille institutrice au charme incontesté, du perroquet dépressif et déplumé et de quelques cadavres qui bientôt viennent compliquer cette affaire.

On retrouve dans Molosses le style enlevé de Craig Johnson et l’humour désopilant de son shérif au service d’un nouveau polar parfaitement abouti.

Critique :
Ne dites pas au vieux Geo Stewart qu’il possède une déchetterie mais bien un « Site municipal de dépôt, tri et de récupération des déchets ».

Malgré l’empilement de bagnoles en tout genre et du bordel qu’il y règne, ceci n’est pas une casse non plus mais bien le « Site municipal de dépôt, tri et de récupération des déchets ». Repeat after me *voix d’Elie Kakou*

Geo Stewart, c’est le vieux qui fait du surf de neige derrière une bagnole, qui tchoupe avec une dame (il frouchelle avec, quoi) et qui se fait renverser par une bagnole et se relève, tel Iron Man.

C’est l’hiver dans le comté d’Absaroka, Wyoming et tout le monde peut chanter ♫ Tombe la neige ♪ Et mon cœur s’habille de noir ♪ car le shérif Walt Longmire va avoir son lot de cadavres sur les bras, sans oublier un pouce trouvé dans une glacière, une grosse méforme de santé.

Les emmerdes volant toujours en escadrilles, on ajoutera que Sancho, dit Le Basque, veut quitter l’équipe du shérif ; que la copine de Longmire (Vic) lui fait quelques reproches ; que son pote, Henry Standing Bear, dit la Nation Cheyenne, broie du noir et qu’il ne doit pas oublier d’organiser le mariage de sa fille Cady.

Pour une fois, on a un roman plus léger que les précédents, comportant assez bien de morceaux d’humour et de réparties drôles qui me font toujours sourire. De nombreux personnages secondaires gravitent dans l’enquête sans que l’on sache s’ils seront impliqués ou non (faut tout lire pour le savoir), mais une chose est sûre, ils étaient tous réussis.

Des coupables qui seraient innocents ? Des innocents qui seraient coupables ? Longmire se gratte la tête et mène son enquête en traînant la patte. Pas parce qu’il n’en a rien à foutre, mais juste parce qu’il a mal à sa jambe, à sa fesse (mordu par un chien), sans parler de son oeil qui lui joue des tours et le médecin qui veut absolument le voir…

Les lecteurs/trices devraient faire une pétition pour que son employeur (l’auteur) l’envoie quelques semaines dans un climat chaud, en tongs, les pieds dans le sable, sans rien d’autre à avoir à faire que manger et gratter la tête de son chien.

L’enquête est bien ficelée et j’ai eu ma petite surprise dans le final, parce que celle-là, je ne l’avais pas vue venir ! Comme quoi, sous ses airs de vouloir divertir ses lecteurs en les faisant sourire à l’aide de dialogues enlevés, l’auteur sait aussi focaliser notre attentions ailleurs pendant qu’il réalise son tour sous nos yeux.

Moi, j’adore !

Allez, faudrait pas que je reste trop longtemps entre deux enquêtes de mon shérif préféré parce qu’elles sont trop bonnes.

— Vous avez laissé partir Geo ?
À travers ses épaisses lunettes, Doc contempla les flocons de poussière qui flottaient dans son bureau.
— Non il a filé à la Longmire.

— Qu’est ce que vous entendez par là ?
Isaac referma le livre qu’il tenait dans les mains et le posa sur le haut de la cinquième des piles fragiles qui se trouvaient sur son bureau.
— Il a signé son bon de sortie et il a disparu dans la nuit, un peu comme un individu que nous traitons régulièrement dans cet hôpital, et dont les fuites sont devenues tellement régulières que nous avons maintenant intégré son nom à notre lexique.
Je baissai la tête sans réprimer un sourire, et observai mes bottes d’un air faussement contrit.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°83], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°31] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 21 – La dernière carte : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 21 – La dernière carte

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1983) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry, Red Neck et MacClure sont à Chihuahua parce que, selon Blueberry, c’est le seul endroit où il ait une chance de retrouver Vigo.

Ce dernier aurait en effet en sa possession un document concernant le vol du trésor de guerre sudiste. Ce qui innocenterait Blueberry.

Publié pour la première fois en 1983, c’est le premier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Cela fait quelques albums que Blueberry ne porte plus l’uniforme des Tuniques Bleues et qu’il court partout dans le but de prouver son innocence dans plusieurs sales affaires qui lui pendent au cul (Hors-la-loi).

Déjà qu’on l’accuse de tentative d’assassinat sur le président Grant, mais en plus, il y a toujours la vieille affaire du trésor de guerre des Confédérés qui a disparu alors qu’il devait le ramener.

Il est plus que temps qu’on le réhabilite, le Blueberry et qu’on lui offre une médaille !

Cet album est moins bon que les précédents, pour plusieurs choses : les couleurs sont horribles, criardes, pas agréable pour les yeux. Certains encrages sont trop légers, comme si on avait oublié de repasser un coup dessus et le scénario est mal équilibré.

Alors que ça traîne un peu en longueur au départ, le final est précipité. Entre les deux, c’est le remake de la grande évasion, sans moto et sans plan foireux de la 7ème compagnie. Bien que le coup des matelas n’était pas si mal trouvé… (mdr)

Le Mexique change de dirigeants comme de chemise et les coups d’état sont nombreux. Aujourd’hui, Vigo est gouverneur de l’État de Chichuahua, mais demain ? Ou dans une heure ? En tout cas, le hasard fait toujours bien les choses et c’est tant mieux pour que nous puissions continuer de lire les aventures de Blueberry.

Je déplorerai aussi que le bandit de l’album, El Tigre, soit aussi fin que le papier d’une cigarette, l’auteur n’ayant pas pris la peine de lui donner de l’épaisseur. Mais comme je le disais, on démarre lentement, comme un vieux diesel et ensuite on fonce pour boucler l’album qui est un 46 planches.

Pour une fois, voilà un album qui n’arrive pas à la cheville des autres, aussi bien au niveau des dessins, que du scénario et que des couleurs. Carton plein dans la demi-teinte, comme si les auteurs avaient eu d’autres occupations et que Blueberry en avait pâti.

Malgré tout, ça reste un album que j’ai pris plaisir à relire, mais il manque de professionnalisme et c’est bien dommage.

Il ne me reste plus qu’un seul tome à relire du cycle de la Réhabilitation de Blueberry et je pourrai dormir sur mes deux oreilles quand mon lieutenant préféré aura réussi à blanchir sa réputation, à défaut de domestiquer sa chevelure ou son caractère de cochon.

Oui, c’est ma 36.000ème relecture mais malgré tout, je vibre toujours pour lui et je m’inquiète aussi… C’est ce qui prouve le talent du scénariste Jean-Michel Charlier car les relectures n’entament jamais le suspense et mes angoisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°82] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.