Mafalda – Tome 01 : Quino

Titre : Mafalda – Tome 01

Scénariste : Quino
Dessinateur : Quino

Édition : Glénat (1980/2010)

Résumé :
On ne présente plus Mafalda, petite fille vive qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs.

À travers l’éveil d’un enfant Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l’étrange animal qui le peuple : l’être humain.

Critique :
Quand on n’a pas le moral, rien de tel que de se faire prescrire des bédés drôles.

Pas besoin d’aller chez le dealer de bédés du coin, j’ai toute ma pharmacopée à la maison, je n’ai qu’à tendre le bras.

Choix toujours difficile lorsqu’on ne possède beaucoup, mais puisque je voulais mettre à l’honneur une série oubliée de ma mémoire, j’ai pris un Mafalda (l’abus de Mafalda ne nuit pas).

Depuis le temps que je n’en avais pas lu un… Honte à moi.

Cette petite fille impertinente et plus éveillée que nous l’étions à son âge, je l’avais découverte à la bilio publique (j’étais jeune), mais je n’avais jamais compris le sens profond puisque je ne connaissais pas la situation politique traversée par l’Argentine à cette époque-là.

N’allez pas croire que je n’avais pas ri ! Je m’étais bien bidonnée avec les gags que j’avais pris au premier degré, sans voir ce qu’ils visaient réellement.

Heureusement que j’ai grandi, appris en lisant des romans se déroulant en Argentine et maintenant, je vois les messages cachés dans les strips.

Je ris toujours mais le rire est grinçant tant l’auteur a réussi, sous le couvert d’une adorable petite fille, à nous parler de politique, de capitalisme, de censure, de la place de la femme, de la guerre du Vietnam…

Avec quatre images formant le stip, Quino – tout comme Schulz avec ses Peanuts -arrive à nous développer une petite histoire, à faire passer ses réflexions, sans oublier de nous faire rire avec la chute.

Les gags sont indépendants les uns des autres, mais il y a un fil rouge et un petit rappel des épisodes précédents dans les phylactères, comme pour l’épisode de la télé.

Les dessins des décors sont expurgés des détails inutiles, les plans arrières sont d’une couleur unie durant tout le strip et les dessins ne sont pas exceptionnels, mais reconnaissables entre mille.

Dans un comic stip, faut aller à l’essentiel et ici, le plus intéressant se trouve dans les dialogues et les réflexions pertinentes de notre petite fille qui sont toujours d’actualité alors que nous sommes en 2020 (Mafalda a commencé ses réflexions en 1964 !).

Si Martine est devenue has been, Mafalda ne le sera jamais. Ses réflexions sont toujours terriblement d’actualité, sa vision du monde toujours aussi acérée, lucide, sans concession.

Drôle, mais ça fait grincer les dents quand on lit entre les lignes…