Impact : Olivier Norek

Titre : Impact

Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon (22/10/2020)

Résumé :
Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille

Pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir

Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants.

Critique :
Impact, le dernier roman de Norek, fait l’effet d’un missile reçu sur la gueule…

Problème c’est qu’en recevoir un sur la tronche m’aurait empêché de lire, je vais donc le comparer à une douche glacée (2.000 litres) reçue sur soi un jour de grand froid. Ça te glace jusqu’au tréfonds des os.

Après, une fois que tu es bien trempée, on te mettra les doigts dans une prise de courant, histoire de te coller un électrochoc. Lire Norek, ce n’est jamais synonyme de lecture douce mais toujours de lectures violentes, justes, dures, noires, sombres, réalistes… La vérité noir sur blanc.

J’attends impatiemment le jour où l’auteur écrira un roman minouche, style Père Castor racontant une histoire gentille aux Bisounours.

Et j’apprécierais aussi qu’il arrête de s’en prendre aux chats ! Là, dans un des chapitres, le chat est aux prises avec un autre animal qui « l’accoste » (jeu de mot uniquement compréhensibles pour ceux qui ont lu le roman).

Comment arriver à vous donner de l’empathie pour un assassin ? C’est chose faite ! Je ne devrais pas, mais tant pis ! Virgil Solal a tout de même moins de sang sur les mains que certains grands patrons d’entreprises qui tuent avec notre consentement tacite puisque nous regardons ailleurs ou pire, nous nous en foutons royalement tant que nous avons du carburant à la pompe, de l’eau au robinet, des batteries lithium qui tiennent le coup, de la bouffe plein les supermarchés et nos armoires.

Non, je ne vais pas me faire plus catholique que le pape ou plus vierge que Marie elle-même… J’ai beau essayer de faire attention, je pollue comme tout le monde.

Le dernier roman de Norek est engagé, une fois de plus et cette fois-ci, il dénonce les grandes entreprises pollueuses, tueuses qui ne veulent pas changer leur fusil d’épaule avant 50 ans et tant pis si on va droit dans le mur (on y est déjà).

Moi même j’ai parfois l’impression d’être devant les écuries d’Augias à nettoyer : le truc est tellement énorme que l’on ne sait pas trop par quoi commencer et à la fin, on se décourage et on va s’asseoir, refilant le boulot à un (des) autre(s).

L’auteur tire à boulets rouges sur les pollueurs et les chiffres font froid dans le dos. Hélas, l’auteur leur fait un procès à charge et nulle part ne cite une décharge. Les industriels et grands patrons ne sont pas des anges et n’ont que le profit à la bouche, je le sais. Si l’un d’entre eux veut changer, il ira changer tout seul ailleurs.

Bon sang, ça doit quand même exister des industries à taille humaine qui font en sorte que leur empreinte soit la plus petite possible, non ? Qui essaient au moins ? Ils sont en voie de disparition eux aussi ?

Sans oublier d’autres coupables qu’il faudrait citer à comparaître : les cons-sommateurs.

Nous avons créé la Bête, nous avions des demandes qui ont été exaucées, on nous a créé des besoins inutiles, nous n’avons pas dit non, nous avons con-sommé et nous nous sommes doucement déconnecté de la Nature et de la réalité qui veut que le steak ne pousse pas sur les arbres. Nous voulons tout pas cher, tout de suite, en toute saison et éthique, si possible, ce qui est impossible.

Anybref, je ne me ferai pas l’avocate du diable mais un peu moins de dichotomie aurait rendu le récit moins à charge et équilibré les torts tout en lui donnant un meilleur équilibre.

Une chose est sûre, c’est que les personnages sont directement adoptés, même si j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur eux, ce qui est impossible en 322 pages. Par contre, si on veut qu’un récit percute fort, faut le faire au plus court.

La partie plaidoirie m’a énormément plu, mais j’ai toujours eu un faible pour les prétoires et les grands avocats qui savent défendre l’indéfendable en mettant le nez de tout le monde dans leur propre merde. Parfois, le coupable n’est pas que celui qui se trouve dans le box des accusés.

L’écriture de Norek fait toujours mouche, elle est comme une balle qui te traverse de part en part, ses dires sont étayés par des articles cités dans les références et son roman donne à réfléchir (en plus de donner des sueurs froides).

A-t-on maintenant les cojones de changer, ça, c’est une autre histoire ! Je n’y crois pas, l’Homme restera sur sa ligne de conduite jusqu’au boutisme. Quelques uns le feront, l’ont déjà fait, mais ça reste trop peu, hélas.

Un roman de la puissance d’un missile pris sur le coin de la tronche, une douche glacée en plein hiver, un électrochoc puissant, le tout porté par des personnages sympathiques, réalistes, et un assassin qu’on a du mal à détester, même s’il a tué.

Un thriller écologique qui fait réfléchir, qui donne des sueurs froides car on touché l’iceberg et il n’y a pas de canots de sauvetage pour tout le monde… Juste pour les passagers de la première classe, celle des trèèèès riches. ♫ Comme d’habitude ♪

Et nous ? On coulera (ou on crèvera de soif, de faim, de fatigue,…).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°119].

35 réflexions au sujet de « Impact : Olivier Norek »

  1. Ping : Bilan du challenge polar et thriller janvier 2021 | deslivresetsharon

  2. Ping : Bilan Livresque Annuel et Coups de Cœur 2020 (2/2) | The Cannibal Lecteur

  3. Ping : Bilan Livresque Annuel et Coups de Cœurs 2020 (1/2) | The Cannibal Lecteur

  4. Ping : Bilan #2 du challenge polar et thriller – ou thriller et polar, je ne sais même plus. | deslivresetsharon

  5. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Novembre 2020 | The Cannibal Lecteur

  6. Ta critique est engageante même si je regrette un peu que tu n’aies pas davantage évoqué / développée l’intrigue à travers la présentation du thème. Peut être que ça aurait trop vite conduit à divulgâcher? J’ai besoin d’en savoir un peu sur l’histoire plus pour savoir si je vais m’y engager ou pas…

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    • Je n’ose pas trop en dire de peur d’en dire trop… j’avais plus envie de parler de mon ressenti que de résumer le livre. Sache qu’il est coup de poing, qu’il tire à boulets rouges sur l’industrie polluante, à raison, nous sommes allé trop loin, mais il ne propose pas un procès équitable puisque pas de défense pour ces pollueurs (qui en ont droit à un, dans le droit français et belge). Ok, ils n’ont pas grand-chose pour leur défense, mais parfois, ça permet de faire sortir d’autres choses, un peu comme dans les procès de salopards… ce que l’auteur fait en partie dans le procès en mettant en cause un autre coupable, mais à mon sens, il y en a d’autres : NOUS !

      Si tu veux l’essayer, même une semaine, sans vraiment t’engager, c’est pas un problème ♪

      Pagny, arrêtes de chanter dans ma tête.

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  7. je comprends ta remarque sur le fait que c’es tun livre à charge. Moi je le prends comme un pamphlet, version polar de « J’accuse! ». Evidemment qu’il existe des entreprises qui se soucient de l’environnement, mais leur impact (!) est bien moins fort que celui des mastodontes qui polluent et détruisent la Nature et les Humain.e.s j’ai adoré, mais j’aime beaucoup Norek, donc…

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    • Oui, on peut le prendre pour un « j’accuse », sauf que si Dreyfus était innocent à 100%, ici, les sociétés ne sont pas coupables à 100%, nous le sommes aussi, et comme on dit chez nous « tu l’as voulu, tu l’as eu ». On a voulu aller plus vite pour les courses, avoir plus facile, avoir de la technologie, on l’a eu et on nous a inventé ce que nous n’avions pas demandé aussi.

      Les impacts de ceux qui font de réels efforts sont minimes, mais ça arrive, effectivement, pas dans les grosses boites qui achètent le droit de polluer.

      J’ai adoré aussi, mais un peu de nuances aurait arrangé les choses et pas un procès à charge puisque ici, les torts sont partagés et il ne s’agit pas de défendre un innocent mais d’accuser des coupables et même les pire ont droit à un avocat de la défense, que ça nous plaise au pas…

      PS : j’adore aussi Norek, sauf ce qu’il fait aux chats !!!!

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      • oui, certes, les consommateurs ont aussi leurs responsabilités, les torts sont partagés 70/30% alors. Car depuis presque 70 ans, le marketing et la publicité lave le cerveaux des gens à un point qui est hallucinant. C’est très dur de sortir de ces schémas de pensée consumériste…

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        • Mes grands-parents possédaient peu, des vêtements de travail et de ceux pour le dimanche et un pour les mariages, enterrements… ils tuaient leur cochon, leurs poules, poulets,… et allaient au magasin juste pour certains choses essentielles, mais pour le reste, juste le strict minimum. Notre strict minimum a nous est XX fois plus important que celui de nos ancêtres. L’obsolescence programmée, nous ne sommes pas coupables, mais combien de gens changent-ils de smartphone ou de PC alors que ceux-ci fonctionnent toujours, juste pour avoir le dernier modèle que Machine Truc vient de sortir ? J’ai toujours attendu que mes « outils » soient foutus pour changer et quand ils fonctionnent encore un peu (sur trois pattes), ils servent toujours ! Mon vieux smartphone est toujours opérationnel à moitié, il me sert pour la musique et mon vieux PC servait pour les téléchargements.

          On l’a voulu, on l’a eu, on a même donné plus et on continue de nous tenter… « ne nous soumettez pas à la tentation » devrait s’adresser aux entreprises marketing…

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  8. Pour être dans le milieu (mon métier est d’aider les entreprises wallonnes à réduire leur empreinte CO2), je serai le témoin à décharge qui, effectivement, manque cruellement à l’appel dans cet ouvrage ! Il y a des entreprises qui font énormément d’efforts pour diminuer leurs consommations d’énergie, il y a des êtres humains à la tête d’usines qui ont à cœur de ne pas laisser à leurs enfants une planète complètement pourrie… merci d’avoir relevé ce point avec ta justesse habituelle !

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    • De rien, ça m’a sauté aux yeux. Sans compter que parfois, on pense bien faire et on fait pire, comme avec les voitures électriques et leurs batteries pourvue de kilos de métaux rares extrait aux forceps par des gosses…

      Oh, tu t’occupes de faire réduire les tchinisses dans nos sociétés, c’est bien 😉

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  9. J’ai bien aimé dans l’ensemble mais il est quand même en deçà de ses précédents titres (même si radicalement différent).
    Effectivement au chapitre des faiblesses je plussoie sur le manque de réelle opposition aux arguments de Solal et de ses défenseurs. Un peu plus de nuances dans le propos auraient été bienvenues.

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    • Oui, tout n’est pas à jeter et nous sommes aussi coupables que les industriels ! J’ai lu que les vegans bouffent des tchinisses (saloperies) à cause de la nourriture ultra-transformée qu’ils ingèrent. Fatalement, du fromage de chèvre sans lait de chèvre, du poisson sans poissons, du steak sans boeuf, faut chipoter beaucoup… Comme quoi, tu veux faire mieux et tu bouffes pire :/

      Faut de la nuance, sinon, ça foire un peu.

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