Les vieux fourneaux – Tome 6 – L’Oreille bouchée : Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

Titre : Les vieux fourneaux- Tome 6 – L’Oreille bouchée

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud (06/11/2020)

Résumé :
Mimile a eu l’idée du siècle : inviter ses vieux amis à le rejoindre en Guyane pour un séjour mystérieux.

Antoine, qui n’a jamais voyagé, est aux anges. Pierrot, qui n’a jamais voyagé non plus, n’a pas l’intention de laisser l’exotisme et l’aventure saper sa proverbiale mauvaise humeur.

Les voyages forment la jeunesse, pas les vieux, pense-t-il. Il se trompe pourtant, car c’est bien l’enfance qui les attend au détour du fleuve Maroni.

La jeunesse de Guyane, mais aussi la leur, celle des vertes années dans le Sud-Ouest, lorsque les trois amis jouaient aux pirates et rêvaient à des coffres remplis d’or !

Douchés par les pluies tropicales, menacés par les bestioles hostiles de la jungle et enivrés par leurs souvenirs, voilà les trois amis embarqués dans un voyage initiatique qui leur fera découvrir que la fièvre, en Amazonie, n’est pas transmise que par les moustiques.

Entre une ex-prétendante de Pierrot, une pièce de théâtre improvisée et la sacrée surprise de Mimile… ce voyage est une pépite !

Avec l’humour et l’engagement qui les caractérisent, Lupano et Cauuet rempilent pour un sixième tome des Vieux Fourneaux. Une aventure aux accents écologiques dans le berceau de l’or jaune…

Critique :
La Guyane ! Ça te dépayse un Vieux Fourneau ! Loin de Paris, Pierrot est encore de plus mauvaise humeur que d’habitude, c’est vous dire !

Dans la jungle tropicale, sous les pluies, nos deux amis y ont rendez-vous avec Mimile, le tatoué. Il a des surprises pour eux et personne ne sait de quoi il va en retourner.

James Bond disait que les diamants étaient éternels, oubliant d’ajouter qu’ils étaient aussi plein de sang…

L’or est une valeur refuge durant les temps troublés, facilement négociable, joli à porter autour du cou, à ses doigts, mais c’est aussi plein de sang et on y ajoutera du mercure et de l’arsenic… Fini pour moi, l’or, même si j’en ai peu.

Les auteurs nous parlent d’écologie, de militantisme, taclent là où ça fait mal, nous montre ce qu’est devenue la Guyane avec les chercheurs d’or qui font ça à la sauvette et en dégueulassant tout partout, laissant la merde ensuite à ceux qui habitent dans le coin. ♫ Comme d’habitude ♪

Nos vieux contestataires sont toujours incisifs, surtout Pierrot qui n’arrête jamais de militer avec son association de vieux « Ni yeux ni maîtres », même si je l’ai trouvé moins mordant, moins caustique qu’autrefois.

Attention, Pierrot ne dort pas, ses réparties sont toujours aussi piquantes, surtout à l’aéroport, devant les flics, qu’il déteste, dois-je vous le rappeler ? Eux sont rhabillés pour l’hiver, en tout cas… Le tout avec des mots qui font bien souvent plus mal qu’un coup de pied aux fesses.

Une aventure qui nous emmène dans un coin qui pourrait un paradis sur terre mais qui ne l’est pas, loin de là, à cause de la cupidité, de la voracité de l’Homme et de sa propension à tout prendre de force et à laisser ensuite la merde sur son passage, partant ailleurs la foutre, la merde.

Des petits vieux toujours caustiques, qui se rappelleront leurs souvenirs de jeunesse, joueront au théâtre, se prendront de la pluie sur la tronche et qui verront aussi des horreurs commise par ceux qui cherchent le métal jaune autrement qu’avec un tamis au milieu d’une rivière.

Des petits vieux en forme, qui n’en ratent pas une, qui nous font rire, sourire, avant de nous laisser muet devant ce qu’ils dénonceront.

Un excellent album, différent des trois premiers, mais toujours dans la même veine humoristique des militants anarchistes qui se battent pour les bonnes causes en ouvrant grand leurs gueules pour dénoncer les inégalités, les saloperies de ce Monde.