Intuitions : Paul Cleave

Titre : Intuitions

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (05/11/2020)
Édition Originale : A Killer Harvest (2017)
Traduction :

Résumé :
Jusqu’à quel point une greffe peut-elle altérer votre perception du monde ? Inspecteur aux homicides de Christchurch, Mitchell Logan est sur la piste de l’assassin d’une jeune femme, qu’il soupçonne d’être un tueur en série. Au moment de l’appréhender, Logan se fait tuer.

Conformément à ses dernières volontés, un don d’organes permet à son fils adoptif, Joshua, 16 ans, de retrouver la vue. L’opération se déroule parfaitement mais Joshua devient vite la proie de mystérieuses visions. Les yeux qu’on lui a greffés auraient-ils une mémoire ?

S’il est maintenant capable de voir le monde qui l’entoure, c’est dans des ténèbres beaucoup plus dangereuses qu’il va pénétrer en essayant de percer les secrets de l’inspecteur Logan et de mener à bien une enquête aux rebondissements incessants.

Prenant pour toile de fond la mémoire cellulaire, Paul Cleave nous propose un nouveau puzzle diabolique, aux pièces plus intrigantes et effrayantes les unes que les autres.

Critique :
Je m’en voudrais de rater un rendez-vous avec les beaux yeux de Paul Cleave et avec sa belle plume (ni voyez aucune connotation sexuelle, merci).

Son dernier roman commence doucement, lentement, gentiment. Enfin, juste après un BIG BOUM BADABOUM, ça continue doucement.

Joshua, 16 ans, est un personnage avec lequel on accroche directement et la malédiction qui le poursuit semble fort attachée à ses basques.

Le pauvre, la vie n’a pas été tendre avec lui et elle continue de le poursuivre après sa greffe des yeux.

L’auteur commence lentement son roman, avec un récit qui est accrocheur malgré son côté « gentillet ». Les personnages sont travaillés, sans pour autant avoir une surenchère de détails et la question est de savoir où l’auteur va-t-il nous emmener cette fois.

Bizarrement, au début, on a la sensation d’être sur un boulevard que l’auteur va suivre, et puis, sans prévenir, il quitte l’autoroute par une bretelle non répertoriée sur la carte et va nous déposer en plein cambrousse, sans GPS, sans carte et là, pas le choix, faudra le suivre et découvrir le chemin qu’il va nous tracer.

Excellent ! J’ai adoré le fait que l’auteur ne reste pas dans le conventionnel, dans le traditionnel, dans ce que je pensais qu’il allait faire.

Non, non, le gars, il innove et ne se contente pas de pondre un roman suivant une ligne de chemin fer rectiligne, là, il prend des risques et nous montre ce que je ne m’attendais pas à voir.

Ses personnages sont malmenés, torturés, mis à mal, ils doutent, ils ont peur, et toutes ces émotions passent chez le lecteur qui angoisse avec eux.

Bref, c’est terrible, ça se dévore d’un seul coup et le scénario n’est pas bancal ou couru d’avance puisque l’auteur n’a pas cédé aux sirènes de la facilité et n’a pas fait l’erreur de porter des jugements ou de dire à ses lecteurs ce qu’ils devaient penser. Chacun se fera son jugement.

Un thriller addictif, réaliste, angoissant, profond, dont j’ai sauté les passages les plus dégueulasses (pour moi) : la prise des globes oculaires en vue de la greffe. Désolée, mais ça, c’est LE truc que je déteste le plus avec les arrachages des ongles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°140].