Bilan Livresque Mensuel : Janvier 2021

Quoi d’neuf docteur pour ce mois de Janvier 2021 ? Rien de neuf sous le soleil (ou sous la pluie), juste des nouvelles lectures, une PAL qui monte plus souvent qu’elle ne descend et des nouveautés qui arrivent avec la rentrée littéraire et qui vont encore venir exploser mon compteur PAL.

Mon Bilan Livresque de Janvier est honorable. Je suis dans la normalité, ni plus, ni moins et pas de démarrage en trombe car qui veut voyager loin ménage sa monture, ou qui veut lire un max sur l’année ne commence pas par se fatiguer.

Pour le moment, j’ai lu plus de livres qu’il n’y a de vaccinés, c’est-à-dire 11 Romans, 16 Bédés et 1 Manga (= 28 lectures). Attention, dans mes romans, j’avais deux pavés énormes : un de 1050 pages et l’autre de 900…

Si j’additionne mes pages lues, ça fait un sacré nombre (5104 pages lues). Non, je ne suis pas dopée, même pas à l’insu de mon plein gré. Juste au café…

Minou de son côté continue de progresser. Il passe sa journée dans le divan en haut, pendant que nous sommes en bas, mais depuis le nouvel an, mon mari sait remonter les escaliers et donc, au soir, il se pose dans le divan de Minou.

Si au départ le poilu n’a pas osé monter sur mes genoux et s’est contenté de se vautrer sur le gros coussin à mes côtés, il a été s’acheter une dose de courage et depuis quelques temps, il n’hésite plus à sauter sur mes genoux, à s’y installer (tout en dardant sur mon homme son regard de braise qui doit vouloir dire « casse-toi d’là »), à ronronner et dernièrement, à y pieuter !

Lorsque mon mari monte se coucher, le chat court se planquer sous la table (des fois qu’il voudrait le tuer) et revient ensuite reprendre son dodo là où il l’avait terminé. Non mais, des fois !

Dernièrement, il a même osé aller se coucher à sa place, au fond du divan, à côté de mon mari. Que de progrès.

Dans les escaliers, lorsque le chat et moi, nous nous croisons, c’est toujours la fuite en avant (comme si j’allais lui shooter dedans) mais ça cavale moins vite, il prend des risques, ne s’enfuit qu’au dernier moment (il aime la vie dangereuse), tout en vérifiant que je suis dans son sillage, si c’est l’heure de manger…

Ne déviez pas du chemin pour brancher la bouilloire électrique pour votre café, le Minou viendra vous rappeler d’un miaulement que ce n’est pas l’heure pour ça mais pour les croquettes… Hé ho, le café, ça attendra, moi je veux mes croquettes !

C’est grâce à la chronique de Sharon que j’ai enfin sorti de ma biblio Dans la vallée de l’ombre de la mort de Kirk Mitchell, roman policier historique qui se déroule durant la guerre de Sécession. C’est un récit qui prend son temps, qui nous plonge dans un bain de sang, sans jamais virer au glauque, sans jamais devenir lourd et qui nous expédie, avec un réalisme glaçant, dans la Guerre de Sécession.

À cause de Dealer De Lignes, j’ai acheté Le Voleur de plumes de Kirk Wallace Johnson, qui est totalement en dehors de mes sentiers battus, même si c’est tout de même une enquête sur un vol… Un vol particulier dans un musée : des plumes d’oiseaux rares afin de monter des mouches pour la pêche. Non, ne soupirez pas d’ennui car le roman est super intéressant et je n’avais pas envie de reposer le livre qui m’a tenu en haleine durant tout le temps.

Je me devais de terminer la trilogie de Don Winslow et je me suis attaquée à La Frontière – Art Keller 03, roman sur la drogue, les cartels, la D.E.A, les prisons, mais pas que… C’est un roman sombre, glaçant, sans concession, sans manichéisme, d’un réalisme à couper le souffle. Une trilogie qui va trôner dans les hautes étagères de ma biblio, avec les autres grands romans coups de poing dans la gueule. Bref, un putain de coup de coeur !

La loi des hommes de Wendall Utroi [LC avec Bianca] n’est pas qu’un roman policier historique, c’est aussi un roman noir car les conditions sociales sont mises en avant par l’auteur à tel point qu’on se croirait dans un Dickens rythmé. Dans ce roman, les gens mentent, cachent des choses et il faudra de la persévérance à l’enquêteur pour démêler le vrai du faut. Un récit sombre mais non dénué d’émotions.

Depuis le temps que je me dis qu’il est temps que je découvre les auteurs Coréens, c’est maintenant chose faite avec Eté, quelque part, des cadavres de Yeon-Seon Park qui est un roman policier bourré de fraîcheur, de sourires, tout en restant sérieux car nous avons 4 jeunes filles disparues le même jour. Une enquête menée par une jeune fille, sa mémé bourrue et un gamin de 14 ans beau comme Apollon. Une belle découverte.

Ce genre de petites choses de Claire Keegan se déroule en 1985 mais pourrait avoir lieu de tout temps et vu le comportement de certains, on pourrait même croire que ce récit vient tout droit de l’époque victorienne. Hélas, il n’en est rien. Ce roman court met en avant un contexte social de crise économique et l’omniprésence de la religion dans cette Irlande catholique. Les bonnes soeurs bouffent du Bon Dieu et chient du Diable. Un roman bourré d’émotions qui se termine un peu trop vite, malheureusement.

Si on voulait absolument classer Le Sanctuaire de Laurine Roux quelque part, la tentation serait grande de le mettre en dystopie et post-apo, mais ne vous fiez pas aux étiquettes ! Deux adultes et leurs deux enfants vivent reclus après une pandémie…  Voilà un récit de survie qui m’a emporté loin dans les airs, là où je ne m’y attendais pas, me taclant violement à certains moments. L’auteure fait évoluer ses personnages, certains remettant en question l’ordre établit, se rebellant. J’étais en terres inconnues et je me suis laissée porter par le récit et la belle plume de l’auteur.

Depuis des années que je veux le lire… Là, cela faisait 1 an qu’il était entré dans ma biblio et que je ne me décidais toujours pas. L’Archipel du Goulag – Version abrégée de Alexandre Soljenitsyne est une sacré montagne à escalader, elle fait très peur puisque l’on va descendre dans les cercles de l’enfer, côtoyer des pauvres hères et des salopards sans états d’âmes. Jamais Soljenitsyne ne fait pas un réquisitoire politique. Sa plume, magnifique, nous explique les choses sans fard mais à aucun moment je n’ai passé des passages trop éprouvants ou eu envie de caser ce livre dans le freezer, comme le furent certains sur les camps de concentration. N’allez pas croire que c’est une balade de santé, jamais de la vie, mais l’auteur a eu manière de raconter qui fait que l’on va jusqu’au bout du périple. Un vrai coup de ❤️ 

Copenhague, 1834. Hans Christian Andersen est accusé d’un meurtre et il va mener l’enquête afin de s’innocenter. La Mort d’une sirène de Thomas Rydahl & Kazinski n’est pas un polar historique qui va à toute vitesse, le récit prend son temps de nous immerger dans la Copenhague de l’époque et, une fois de plus, il ne manquait que les odeurs pour s’y croire vraiment. Ici, j’ai sauté quelques passages horribles (dont une fois de plus un avec un pauvre chat).

Le lièvre d’Amérique de Mireille Gagné était court, c’était un conte et je suis passée à cent lieues de lui, le lisant, mais sans jamais accrocher vraiment. C’est un roman atypique, surprenant à plus d’un titre, captivant par certains moments, qui dénonce les conditions de travail dans certains bureaux où les employés bossent au-delà des heures et qui met en scène d’une manière originale le mythe algonquien du lièvre Nanabozho, mais voilà, la rencontre n’a pas eu lieu entre lui et moi. Dommage.

Appalaches, le retour ! Nous sommes au fin fond de la Virginie où le criminel en cavale, Rice Moore, a trouvé refuge dans une réserve…  Dans la gueule de l’ours de James A. McLaughlin n’est pas un roman qui va à un train d’enfer, l’auteur prenant le temps de poser ses personnages, de faire des retours en arrière, d’explorer la nature sauvage des Appalaches et de certains de ses habitants bas de plafond. À lire sans se presser.

Bilan Livresque Janvier 2021 : 11 romans (5104 pages lues)

  1. Dans la vallée de l’ombre de la mort : Kirk Mitchell (528 pages) ❤️
  2. Le Voleur de plumes : Kirk Wallace Johnson (488 pages) ❤️
  3. La Frontière – Art Keller 03 : Don Winslow (1024 pages) ❤️❤️❤️
  4. La loi des hommes : Wendall Utroi (398 pages) [LC avec Bianca] ❤️
  5. Eté, quelque part, des cadavres : Yeon-Seon Park (327 pages) ❤️
  6. Ce genre de petites choses : Claire Keegan (112 pages) ❤️
  7. Le Sanctuaire : Laurine Roux (147 pages) ❤️
  8. L’Archipel du Goulag : Alexandre Soljenitsyne (899 pages) ❤️❤️❤️
  9. La Mort d’une sirène : Thomas Rydahl & Kazinski (560 pages) ❤️
  10. Le lièvre d’Amérique : Mireille Gagné (184 pages)
  11. Dans la gueule de l’ours : James A. McLaughlin (437 pages)

Bilan Livresque Janvier 2021 : 16 Bédés / 1 mangas = 17

  1. Black Butler – Tome 29 : Yana Toboso (Manga)
  2. Lincoln – Tome 9 – Ni Dieu, ni maître ! : Olivier & Jérôme Jouvray
  3. Les Naufragés d’Ythaq – Tome 13 – Glèbe la Singulière : Arleston & Floch
  4. Le Detection Club : Jean Harambat
  5. Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda : Quino
  6. Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti
  7. Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll : Dobbs et Antonio Marinetti
  8. Regarde dans la jungle : Emiri Hayashi
  9. Les Indes fourbes : Alain Ayroles et Juanjo Guarnido
  10. Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic
  11. Grands anciens – Tome 2 – Le Dieu Poulpe : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic
  12. Champignac – Tome 2 – Le patient « A » : David Etien et Béka
  13. Agatha Christie – T18 – Cinq petits cochons : Miceal O’Griafa et David Charrier
  14. Grimmy – Tome 4 – Je me lave les dents après chaque poubelle : Mike Peters
  15. Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres : Christophe Arleston et Dimat
  16. Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan : Jean-Luc Istin et Sébastien Grenier
  17. West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone : Fred Duval et Andrea Fattori

 

Eté, quelque part, des cadavres : Yeon-Seon Park [LC Rachel]

Titre : Eté, quelque part, des cadavres

Auteur : Yeon-Seon Park
Édition : Matin Calme (14/01/2021)
Édition Originale : Summer, Bodies Somewhere (2016)
Traduction : Mathilde Colo-wu et Yeong-hee Lim

Résumé :
L’ado qui se levait tard, sa Mémé et Apollon : Trio d’enquête pour quatre disparitions.

Ce matin-là, Musun – la narratrice – a été réveillée par le réfrigérateur. Parce qu’il n’y avait pas d’autres bruits dans la maison. À 11 heures ? Étrange. Elle s’est levée et atrouvé ce petit mot dans la cuisine, avec quelques billets : « Ma chérie, nous te laissons dormir. Occupe-toi bien de Mémé. On revient dans un mois. Ton Papa qui t’aime. »

Toute la famille était rentrée à Séoul en l’abandonnant avec Mémé ! L’horreur ! Dans ce trou perdu où les smartphones ignoraient internet ! Avec cette grand-mère qui sarclait son champ dès cinq heures du matin… Un cauchemar…

La cohabitation avec Mémé débute mal. Jusqu’au troisième jour, quand Musun retrouve un dessin qu’elle a fait 15 ans plus tôt, quand elle avait cinq ans : une carte au trésor ! Et quand elle montre le dessin à Mémé, la vieille marmonne… « Ah… ça… Tu te souviens pas ?… C’était l’été… le jour où les quatre jeunes femmes ont disparu… »

C’est alors que l’enquête commence vraiment, avec dès le lendemain le renfort de l’héritier des Yu, quatorze ans, dont la fabuleuse beauté a immédiatement inspiré à Musun son surnom : Apollon.

Critique :
La littérature du pays du matin calme est fort peu présente dans mes étagères mais je suis en train de réparer ce tort avec l’aide des éditions du même nom (Matin Calme, pas Tort !).

Le titre de ce roman, ainsi que la première phrase du résumé, pourraient faire fuir les futurs lecteurs, mais ce serait une erreur car ce roman policier est jubilatoire !

Non, on ne rit pas à gorge déployée ! Mais quand des anti-héros tels qu’une ado qui se lève alors que le cul du soleil est au zénith, sa Mémé qui n’arrête pas de bougonner, ronchonner, l’engueuler (et de bosser) et un bel ado de 14 ans, surnommé Apollon se mettent à jouer les Sherlock Holmes ou les Hercule Poirot sur les quatre disparitions de jeunes filles qui eurent lieu il y a 15 ans, ça ne peut que donner du burlesque.

Burlesque, oui, mais pas à n’importe quel prix non plus ! L’enquête n’est pas bâclée, les personnages non plus et la trame est extrêmement bien faite car à aucun moment on ne s’embête tout en découvrant quelques pans de la vie en Corée du Sud.

Sous des dehors amusants (vu le trio d’enquêteurs), l’enquête cache tout de même une affaire grave puisque 4 jeunes filles ont disparu le même jour, laissant leurs parents au désespoir, certains plus que d’autres.

Assassinat ? Enlèvement par des types louches ? Fugues toutes les quatre en même temps ? On sait que si enlèvement il y a eu, ce n’est pas par des extra-terrestres, sinon, Fox Mulder serait déjà sur place.

Un roman policier qui ne manque pas de fraicheur, de sourire et qui, sous des airs amusants, est tout de même plus sérieux qu’il ne laisse paraître. La grand-mère est truculente et ses relations avec sa petite-fille sont des moments assez drôle. Le tout sera de s’apprivoiser l’une et l’autre qu’elles sont toutes deux aux antipodes en ce qui concerne leur mode de vie.

Voilà un intéressant voyage au pays du Matin Calme que je viens de réaliser grâce à ma copinaute Rachel et ce livre est à ajouter aux très rares que nous avons adorés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°174].

Lupin – Dans l’ombre d’Arsène – Série Netflix 2021 avec Omar Sy [Par Dame Ida, envoyée spéciale]

Présentation :
Assan Diop est un jeune adolescent qui vit seul avec son père, chauffeur de maître et domestique depuis le décès de sa mère.

Dans une passe difficile sur le plan financier et ayant grandement besoin de se renflouer en liquidités, le grand capitaine d’industrie et homme d’affaires Monsieur PELLEGRINI, patron du papa Diop va très opportunément bénéficier de la prime d’assurance d’un collier fort précieux ayant appartenu à la Reine Marie Antoinnette, malencontreusement disparu de son coffre fort.

Évidemment, il faut que quelqu’un paye pour ce vol, et ce sera le père d’Assan que le sort, choisira… Le sort a un peu été aidé dans cette affaire, et pas franchement pour faire triompher la vérité. Assan grandira en s’accrochant au dernier cadeau que son père lui aura fait : un exemplaire des aventures d’Arsène Lupin.

Le Gentleman Cambrioleur finira par devenir un vrai maître à penser pour le jeune homme qui une fois devenu grand et fort devra en découvrir un peu plus sur son passé et ourdir une vengeance que Montecristo n’aurait pas reniée.

Mon avis :
Ma présentation a été volontairement brève et inspirée de ce qu’Omar Sy a bien voulu nous en dire pendant sa tournée de promotion sur tous les plateaux de télévision ces dernières semaines afin d’annoncer la sortie de cette série sur Netflix.

Pas question de spoiler pour préserver votre plaisir éventuel à découvrir la série.

C’est au cours de mon visionnage que j’ai appris par Sieur Toquéfada qu’il avait eu des retours assez négatifs de la série par le biais de ses collègues et amis… et en effet, j’ai pu voir sur le net que beaucoup de gens se montraient très critiques.

Je n’ai pas cherché à trop écouter ces commentaires. Pourquoi ? Et bien parce que moi, ça m’a bien plu, et je ne voulait pas gâcher mon plaisir en le laissant polluer par les regrets exprimés par d’autres. Laissez moi rester heureuse d’être contente de kiffer, s’il vous plaît.

OK, Omar Sy ne me laisse pas indifférente… Je le trouverais sympathique même s’il jouait un bourreau spécialisé dans l’obtention d’aveux grâce à la torture ! Et puis… Sans être forcément d’une beauté ravageuse, il est grand, costaud, et j’aimerai un peu parfois moi aussi me sentir faible femme ou petite chose à protéger…

Bon… ça y est… Vous savez tout… Dame Ida peut avoir ses petites faiblesses et des petits côtés fleur bleue… Bon… C’est dit, maintenant on peut passer à autre chose et ne plus y revenir.

Et puis… On a de jolis plans sur Paris, capitale de la France, ville lumière et toussa toussa. On se demanderait même si l’Office de Tourisme parisien n’a pas mis des billes dans l’affaire tant on nous balade dans une capitale un peu magnifiée (ben oui, on va pas vous montrer les quartiers les plus glauques ! Mais… en reste-t-il seulement ? La gentrification des quartiers populaires fonctionne à fond les ballons depuis quelques temps!).

Bon… Est-ce qu’on regarde une série pour l’acteur principal ou la ville où elle se déroule ? On est supposée répondre non à cette question… Mais franchement reconnaissez le…

La série Sherlock n’aurait pas eu autant de succès sans Londres et sans des acteurs craquants… Le survols des sites de fans consacrés à la série vous le font comprendre bien vite.

Au-delà d’Omar Sy et des jolies vues de Paris, la série a selon moi quelques qualités scénaristiques. Quelques personnages sympathiques. Même chez les flics qui veulent l’attraper ! Quelques trames secondaires et parallèles permettant de mettre en valeur les aspects les plus attachants des personnages…

Et puis on a un vilain méchant pas beau comme on aime les haïr… Et des personnages de femmes instrumentalisées un peu perdues qu’un vrai Gentleman devrait pouvoir sauver etc.

Au passage on trouvera un fond de critique sociale. Il sera présent mais sans s’appesantir. Juste parce que c’est une donnée qui a du sens pour comprendre le personnage principal et certains aspects de l’intrigue et sans déraper dans la leçon de morale.

De toute façon… la morale n’est jamais sauve dans les histoires dont les héros sont des brigands… Mais ça n’empêche pas en effet, une petite réflexion éthique digne du bac de philo : est-il éthique de cambrioler les salauds qui s’enrichissent sur ton dos ? Mmm…

Personnellement je serais tentée de répondre que ce n’est pas en faisant comme les salauds qu’on se grandit soi-même… Mais bon… Je peux me tromper.

Et puis… Il y a du suspens. Trop de suspens. Surtout à la fin du dernier épisode de la saison. Et oui… Moi je n’aime pas quand une saison se termine et que l’histoire semble loin d’être terminée.

Certes, cela promet (je l’espère) une saison 2… Mais quand la saison 1 se termine ainsi généralement ça donne le ton pour les suivantes… Et j’ai un peu peur qu’une éventuelle future saison 2 me laisse aussi sur la faim.

Bref… Ne pas savoir comment l’intrigue se termine en fin de saison et être prise en otage jusqu’à la sortie de la saison suivante ce n’est franchement pas ma came. Et ça c’est vraiment le truc qui me laisse d’humeur chafouine avec cette série.

Alors oui… On pourra dire que… tout de même… certains stratagèmes, retournements de situation, ou plan du personnage principal ne sont pas très réalistes ou crédibles…

Mais j’aurais bien envie de renvoyer ceux qui feraient une telle remarque vers les précédentes adaptations, voire vers le texte de Maurice Leblanc ! Les histoires de Lupin ne sont pas franchement très crédibles. On leur demande juste d’être distrayantes.

Souvenez vous tout de même que Leblanc et Proust ne jouaient pas dans la même catégorie.

OK… Aujourd’hui lire un livre sans image en entier relève tellement de l’exploit pour 70 % de la population et la Bibliothèque Rose a renoncé à l’utilisation du passé simple…

Alors on imagine vite que pour lire Leblanc dans le texte il faut être un fin lettré super cultivé etc.

Mais, en réalité ce n’était que de la littérature populaire écrite pour distraire un public populaire (enfin… moyennement populaire… car il fallait encore savoir lire!).

Et oui… On avait pas la télé, pas encore la radio… Et pour les longues soirées au coin du feu à la lumière du bec de gaz, si on avait déjà eu autant d’enfants qu’on pouvait en nourrir et qu’on ne voulait plus le risque d’en choper un autre en faisant des galipettes… Et bien on se contentait de lire !

De fait, je ne reprocherais pas à une série qui veut s’inspirer de l’esprit de Lupin de ne pas chercher à être crédible ou vraisemblable à 100 %.

Quand je regarde ou lis ce genre d’histoires, je mets mon cerveau critique en mode veille épicétou. Je me laisse guider docilement.

Et en l’occurrence, je me suis laissée d’autant plus docilement guider qu’à ma grande honte, même si j’ai quelques aventures de Lupin sur ma liseuse, je n’ai pas encore lu grand-chose le concernant. Oui, je sais… je dois m’y mettre !

C’est pourquoi je pense, j’ai pu voir la série avec autant de bienveillance et seulement pour ce qu’elle est et non en m’attendant à y trouver quelque chose de particulier.

Je suis en effet persuadée que nombre de fans du Gentleman Cambrioleur ont du visionner cette série en espérant y retrouver quelque chose de leur propre lecture des ouvrages de Leblanc.

Et il s’est produit pour eux, ce qui se produit toujours dans ces cas là. À force de teasing et d’attente fébrile les fans attendent quelque chose de plus en plus précis à mesure que la date de sortie se rapproche et forcément comme une série ne viendra jamais coller aux attentes trop précises ou ciblées d’une frange du public puisqu’elle doit ratisser large… Et bien c’est la grosse déception. Le gros flop.

Mince… Omar il vous l’a bien dit dans le poste ! Son personnage est un fan d’Arsène et s’inspire de lui pour organiser des vols. Arsène lui sert un peu de modèle certes… Mais Omar/Assan n’est pas non plus un clone de Lupin et le scénario de la série n’a pas à être calqué sur l’œuvre de Leblanc même si l’ombre de Lupin est présente d’un bout à l’autre. Il y a quelques références à certaines de ses aventures toutefois…

Mais dans une série qui dit d’emblée s’inspirer du personnage, aucun cahier des charge n’impose un degré précis d’inspiration à respecter pour contenter la critique.

Pour résumer, cette série est à prendre pour ce qu’elle est : un divertissement et pas une œuvre à clés saturée de références pointues. Et si on l’accepte dès le départ, le charme peut opérer.

Cette série a en outre une qualité non négligeable que les copinautes de la Belette Cannibale et la Belette elle-même loueront d’une seule voix : cette série donne envie de lire l’œuvre de Leblanc et de découvrir ou de redécouvrir qui est réellement Arsène Lupin.

Car si en effet, on ne parle que de lui du début à la fin de ces cinq épisodes, il n’y est pas réellement présent (ce que certains regrettent peut-être) et garde de ce fait sa part de mystère.

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (25/10/2020)

Résumé :
Après avoir échappé à la mort et s’être accaparé les biens de l’étrange société Walton, le docteur Jekyll a découvert son Saint Graal et détient désormais les comptes rendus d’expérience de feu Frankenstein.

À travers tout un périple européen, il n’a plus qu’une obsession: capturer la créature monstrueuse qu’il a croisée en Suisse et qui a failli le tuer.

Mais cette idée fixe est parasitée par la méfiance qu’il éprouve maintenant pour sa si « dévouée » gouvernante, Faustine Clerval. Une jeune femme mystérieuse qui s’est fait engager par lui dans un dessein qu’elle finira par lui avouer, de gré ou de force…

Critique :
La seconde partie est plus en action, en combats titanesques entre le docteur Jekyll, devenu Hyde et la créature du docteur Frankenstein.

Nos deux monstres sont réunis dans les mêmes cases et force est de constater qu’ils sont moches tous les deux !

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… Preuves par A+B dans cette fin de diptyque.

Les dessins sont toujours dans des tons sépias ou noir et blanc, donnant des ambiances gothiques et sombres à l’album.

Mais bon, ce n’est pas Oui-Oui non plus…

La partie que j’ai le plus appréciée, c’est celle où Hyde va se coucher sur le divan de Freud car il expliquera sans faire d’expériences scientifiques malheureuses, la dualité de l’Homme.

Démontrant la folie des Hommes, surtout celle des scientifiques, les auteurs nous offrent une dualité dans les personnages qui est la bienvenue car dans leur jeux, il y a de l’abomination et une violence exacerbée.

Ce que je regrette, c’est que les auteurs aient fait de la créature de Frankenstein, une bête assoiffée de baston, de vengeance, tuant tout autour d’elle, sans jamais contrebalancer le portrait.

Alors que dans le roman initial, j’avais eu de l’empathie pour la créature, ici, rien du tout. Alors que j’avais gardé un excellent souvenir ému de la créature dans le roman de Mary Shelley, ici, je ne garderai que le souvenir d’une grosse brute, un Hulk gris qui aurait mérité plus de développement.

Dommage, un peu d’équilibre dans la créature aurait donné plus de corps à ce second récit mais là, j’ai l’impression que le monstre a été sacrifié sur l’autel des personnages et qu’on a oublié de lui donner un petit supplément d’âme.

À vous de voir… Malgré cette critique un peu sévère, je ne balancerai pas ce diptyque dans un recoin obscur de ma biblio car il y a du bon et en plus, cette bédé propose tout de même du nouveau et des graphismes excellents.

Un bon galop d’essai, une belle mixité dans certains personnages, un autre oublié, hélas. Je la relirai tout de même avec plaisir d’ici quelques temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°173].

Le sanctuaire : Laurine Roux

Titre : Le sanctuaire

Auteur : Laurine Roux
Édition : du Sonneur (13/08/2020)

Résumé :
Le Sanctuaire ? : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains.

Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.

Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu.

Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes?: celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…

Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

Critique :
Ce roman est-il une dystopie ? Un post-apocalypse ?

Au départ, ça y ressemble, ça en a la couleur, le goût mais lorsque je suis arrivée à la fin, j’ai compris que ce roman se situait au-delà des étiquettes, au-delà des genres.

Vous le comprendrez lorsque vous l’aurez lu et d’après vos interprétations à vous. Selon mes déductions, c’est plus puissant que du post-apo, je dirais même plus : c’est encore pire, encore plus glaçant.

Un père, son épouse et ses deux filles vivent dans les montagnes après une pandémie qui a éliminé une partie de la population suite à un virus transmis par des oiseaux. Alors, quand la petite famille en voit un, c’est l’élimination directe et passage au lance-flamme, rien de moins.

Ce récit de survie dans la nature m’a emporté loin dans les airs car l’auteure a réussi à décrire la Nature, sa puissance, son souffle prodigieux, donnant la sensation que je me trouvais dans les forêts, dans ces montagnes.

La Nature ne fait pas de cadeau et nos survivalistes doivent sans cesse rester sur le qui-vive, être entraîné, ne jamais louper leur gibier s’ils ne veulent pas mourir de faim. Le père est intransigeant et mène la vie dure à ses filles.

Mais c’est aussi un père aimant, protecteur. Trop aimant ? Oui, sans aucun doute… Jusqu’où pourrait-il aller pour protéger ses filles, sa famille, leur sanctuaire ?

Oserais-je une analogie ? Oui, j’ose… Le père m’a fait penser à ces dictateurs qui empêchent leurs concitoyens de quitter le pays car ils ne veulent pas qu’ils voient ce qu’il y a ailleurs.

Ce roman m’a emporté là où je ne m’y attendais pas, me taclant violemment à certains moments. L’auteure fait évoluer intelligemment ses personnages, certains remettant en question l’ordre établit, se rebellant, d’autres campant sur leurs positions. J’étais en terres inconnues et je me suis laissée porter par le récit et la belle plume de l’auteur.

Alors que j’ai du mal avec des romans sans dialogues, ici, pas de soucis, car ce style va comme un gant à ce genre de huis-clos où les actions sont plus importantes que les discours.

Lui aussi est un roman court, très court, mais pas besoin d’en ajouter, tout est dit dans ces pages, même l’indicible.

Une très belle découverte, faite grâce à mon cousin, Cannibales Lecteurs, une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°172].

Ce genre de petites choses : Claire Keegan

Titre : Ce genre de petites choses

Auteur : Claire Keegan
Édition : Sabine Wespieser Littérature Etrangère
Édition Originale : Small Things Like These (2020)
Traduction : Jacqueline Odin

Résumé :
En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.

Trois jours avant Noël, il va livrer le couvent voisin. Le bruit court que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de blanchisserie des filles non mariées et qu’elles gagnent beaucoup d’argent en plaçant à l’étranger leurs enfants illégitimes.

Même s’il n’est pas homme à accorder de l’importance à la rumeur, Furlong se souvient d’une rencontre fortuite lors d’un précédent passage : en poussant une porte, il avait découvert des pensionnaires vêtues d’horribles uniformes, qui ciraient pieds nus le plancher. Troublé, il avait raconté la scène à son épouse, Eileen, qui sèchement lui avait répondu que de telles choses ne les concernaient pas.

Un avis qu’il a bien du mal à suivre par ce froid matin de décembre, lorsqu’il reconnaît, dans la forme recroquevillée et grelottante au fond de la réserve à charbon, une très jeune femme qui y a probablement passé la nuit.

Tandis que, dans son foyer et partout en ville, on s’active autour de la crèche et de la chorale, cet homme tranquille et généreux n’écoute que son cœur.

Critique :
C’est ce genre de petites choses que j’aime dans un roman : le contexte social, une crise économique, la présence de la religion et l’hypocrisie ambulante.

Après, il faut tout bien mettre en scène sinon c’est le vol plané assuré.

Ici, c’est mon coeur qui, une fois de plus, a pris un billet de parterre, se brisant en plusieurs morceaux après une chute.

Cette histoire, inspirée de faits réels puisque les couvents des Magdalene ont bel et bien existés et que ce qu’il s’y passait n’avait rien de catholique mais tendait plus vers les cercles de l’Enfer.

Cette histoire, on la dirait sortie d’un conte de Dickens : des gens pauvres, qui triment comme des esclaves, l’omniprésence de la religion, la toute puissance des religieuses et des jeunes filles exploitées.

Sérieusement, on pourrait croire que ce genre d’horreurs sont de l’époque révolue de la reine Victoria… Que nenni, ça existait toujours dans les années 90 puisque le dernier fut fermé en 1996 (merci Wiki).

Dans ce roman très court, très sobre mais bourré d’émotions, l’auteure met en avant l’hypocrisie habituelle des gens, ceux qui détournent la tête, qui ne veulent pas avoir ce qu’il s’y passe tant que leur linge est bien propre, qui colportent des ragots mais ne bougeraient jamais le petit doigt pour aider ces pauvres filles et qui, sans mauvaise conscience aucune, s’en vont à la messe de Minuit et fêtent Noël en famille.

De plus, il y a la peur… Les religieuses sont toutes puissantes, être admise dans l’école à côté est un honneur, une échelle pour s’en sortir et nos pingouins décident de qui y entrera. Les religieuses sont aussi des gros clients, payant rubis sur l’ongle et en ces temps de crises, on ne fait pas la fine bouche, alors, on ferme les yeux, on continue sa route et si la pingouin en chef vous donne un ordre, on l’exécute en disant « oui amen ».

Non, non, ne me faites pas croire que vous seriez des rebelles qui diraient non et qui tiendraient tête à la mère supérieure ! Nous sommes dans l’Irlande catho à mort et quand les soeurs font la pluie et le beau temps, on s’écrase car on ne veut pas perdre son gagne-misère.

Le récit est court, trop court… J’aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite, même si je le devine… William Furlong n’est pas Zorro, ni Superman… Tout se paie dans la vie et parfois à un prix trop cher car dans sa ville, personne ne lui dira qu’il a eu raison, personne ne le félicitera, non, que du contraire, tout le monde le conspuera.

Puis, le jour om le scandale éclatera dans les années 90, tout le monde se placera de son côté, disant qu’il a raison, qu’il était un précurseur, un homme qui avait des couilles et la populace se ruera pour la curée sur ces religieuses dont elle a crain toute sa vie les représailles. Quand l’ennemi chute, on a du courage, avant, jamais.

Je ne jugerai pas la population car je ne sais pas si moi j’aurais eu le courage de m’opposer à ces bonnes femmes mariées à Dieu (ou Jésus) qui avaient bien trop de pouvoir dans leurs mains… et qui maintenant est passé à d’autres, puisque de toute façon ♫ Non, non, rien n’a changé… ♪

Une belle lecture, un récit tout en émotion, tout en questionnement, tout en douceur, un beau conte de Noël, sauf que derrière, il y a de la souffrance humaine dont les blessures ne guériront jamais.

Hélas, un récit trop court… J’aurais aimé plus de pages et ne pas quitter les personnages si abruptement sans recevoir de leurs nouvelles.

Une belle lecture faite grâce à la chronique de mon cousin, Cannibales Lecteurs.

 

Le Mois du Polar – Février 2021 [Chez Sharon]

Cool, Février est de retour et Sharon organise de nouveau son Mois du Polar, juste ce qu’il me faut pour m’échauffer en prévision des autres Mois qui suivront.

Comme d’habitude, je vais piocher dans ma PAL « auteurs aux nationalités pas encore lues » (ou si peu lues) et continuer mes habituels auteurs, tels Petros Markaris (Trilogie de la crise) et le regretté Andrea Camilleri (Les enquêtes du commissaire Montalbano), comme d’habitude !

Pour arriver à faire des tas de fiches, j’ai aussi ajouté au programme des bédés, des comics et même du manga ! 

Et puis, qui sait, je pourrais aussi me refaire quelques « Petits meurtres d’Agatha Chrsitie » pour le plaisir… Ma box est programmée pour me les enregister. 

Si je ne fais pas mon quota de fiches, Sharon va penser que je ne suis pas motivée, que je suis malade ou alors, que je suis redevenue normale… MDR

Sans vouloir péter les records, j’apprécie fortement le Mois du Polar et ça me ferait mal de ne pas l’honorer avec des tas de fiches. 

Romans que je vais essayer de lire (surtout essayer de ne piocher que dans cette liste) :

  1. Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof (Pakistan)
  2. Gaza dans la peau : Selma Dabbagh (Palestine)
  3. Le chemin parcouru – Mémoires d’un enfant soldat : Ishmael Beah (Sierra Leone)
  4. Dressé pour tuer – Drongo 02  : Tchinguiz Abdoullaïev (Azerbaïdjan)
  5. L’autre ville : Michal Ajvaz (Tchèquie)
  6. Get Up ! Stand Up ! : Perry Henzell (Jamaïque)
  7. Les Patriotes : Sana Krasikov (Ukraine)
  8. Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant : Jung Jae-han (Corée du Sud)
  9. Chien de faïence – Montalbano 02 : Andrea Camilleri (Italie)
  10. Un mois avec Montalbano – Montalbano 05 : Andrea Camilleri (Italie)
  11. La Première Enquête de Montalbano – Montalbano 11 : Camilleri (Italie)
  12. Pain, Education, Liberté – Trilogie de la crise 03 : Petros Markaris (Grèce)
  13. Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise 04 : Petros Markaris (Grèce)
  14. Si vulnérable : Simo Hiltunen (Finlande)
  15. Hong Kong noir : Chan Ho-kei (Chine)
  16. Les planificateurs : Un-Su Kim (Corée du Sud)
  17. La dénonciation : Bandi (Corée du Nord)
  18. Le portrait de la Traviata : Jinki Do (Corée du Sud)
  19. Le jour du chien noir : Si-woo Song (Corée du Sud)
  20. Génocide(s) : Kazuaki Takano (Japon)
  21. Crime impuni aux monts Wuyi : He Jiahong (Chine)
  22. Le dernier loup : Jiang Rong (Chine)
  23. Bratislava 68, été brûlant : Viliam Klimacek (Slovaquie)
  24. L’attaque du Calcutta-Darjeeling : Abir Mukherjee (Écosse)
  25. Quand les vautours approchent : Miguel Miranda (Portugal)
  26. Sherlock Holmes à Chamonix : Pierre Charmoz (France)
  27. Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune : Le Griot (France)
  28. Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime : Irene Adler (Italie)

Pour les bédés ou les comics, mangas :

  1. Blacksad – T1 – Quelque part entre les ombres : Canales et Guarnido (BD)
  2. Il faut flinguer Ramirez – T1 : Nicolas Petrimaux (BD)
  3. Hercule Poirot – T1 – Le crime de l’Orient-Express : Chaiko, Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie (BD)
  4. Hercule Poirot – T3 – Mort sur le Nil : Isabelle Bottier et Damien Callixte (BD)
  5. Gotham Central – Tome 1 : Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark [COMICS]
  6. Bad Ass – Tome 1 – Dead end : Herik Hanna, Bessadi et Georges [COMICS]
  7. My Home Hero – Tome 1 : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi [MANGA]
  8. Arsène Lupin, L’aventurier – T3 – L’aiguille creuse : Takashi Morita et Maurice Leblanc [MANGA]
  9. Batman – Année Un : Frank Miller et David Mazzucchelli [COMICS]
  10. Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank [COMICS]
  11. Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank [COMICS]
  12. Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank [COMICS]
  13. Batman – Un Long Halloween : Jeph Loeb et Tim Sale [COMICS]
  14. Preacher (Urban) – Tome 3 : Garth Ennis et Steve Dillon [COMICS]

Les Indes fourbes : Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Titre : Les Indes fourbes

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Delcourt Hors collection (28/08/2019)

Résumé :
Fripouille sympathique, don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu’on appelait encore les Indes au siècle d’or.

Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l’Amazone, jusqu’à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l’Eldorado !

D ans Les Indes fourbes, Alain Ayroles poursuit les péripéties du héros narrées dans L’histoire de la vie de l’aventurier don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et miroir des filous, un récit picaresque de Francisco de Quevedo publié en 1626. Ce dernier promettait un second volet qui n’est jamais venu. L’oubli est désormais réparé.

Critique :
Que dire de plus qui n’a pas encore été dit au sujet de cette bédé de 160 pages ?

Que c’est génial ? Que le récit se dévore d’un seul coup, un sourire aux lèvres ?

Que le scénario excellent est super bien mis en valeur par les dessins et que la couleur vient parachever le tout, sublimant encore plus ce gros album ?

Que le prix assez élevé le vaut bien ? Que j’ai pris un pied magistral en la lisant et que je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir lue plus tôt ?

Pablos de Ségovie est une fripouille que l’on pourrait qualifier de sympathique, même s’il n’hésitera jamais à vous planter le couteau dans le dos afin de se faire un peu d’argent… Ou à vous vendre… Ou pire !

La devise de son père étant « Tu ne travailleras point », notre gueux va y mettre un point d’honneur, en volant, rapinant, trichant, entre autre, et afin d’améliorer son ordinaire, partira vers le Nouveau-Monde, vers ce qu’on appelle encore les Indes, même si ce ne sont pas elles mais l’Amérique du Sud.

Pablos est un excellent conteur, il m’a emmené dans son voyage de folie à la recherche des Cités d’Or et je l’ai suivie comme un seul Homme (femme) dans tous les dangers de ce voyage vers une mythique ville faite d’or.

Cette bédé est riche de plusieurs choses qui fait d’elle un lingot d’or : la richesse des dessins, des expressions des personnages, des décors, des couleurs chatoyantes, des personnages travaillés et du scénario, au poil, qui possède des rebondissements inattendus (bien que j’en ai suspecté un et j’avais bien vu) et des filouteries dignes des plus rusés roublards.

Pas de fausses notes dans la partition, la musique est enlevée, dynamique, entraînante et on se demande jusqu’où ira la bassesse humaine pour obtenir des richesses tout en souriant de toutes ses dents.

La maestria est là aussi car Pablos a tout de l’anti-héros, du salopard né, du fainéant de classe mondiale, du vaurien patenté, du délateur zélé, du profiteur de toutes situations, de roublard, du traître, bref, une canaille retorse à qui on ne devrait pas faire confiance et qui a tout pour nous dégoutter de l’âme humaine tant il n’hésitera jamais à faire du tort. Et malgré tout ça, on l’adore, le Pablos !

Une bédé grandiose, un roman graphique qui ira trôner dans les étagères du haut, avec la crème de la crème, un roman picaresque où c’est le filou qui nous raconte son aventure, son histoire et dont on n’est pas prêt d’oublier les multiples fourberies car ce bougre nous a rendu complice de ses infamies qui, avouons-le, étaient bien trouvées, culottées et devant lesquelles je ne peux que m’incliner.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°171] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°37].

La loi des hommes : Wendall Utroi [LC avec Bianca]

Titre : La loi des hommes

Auteur : Wendall Utroi
Édition : Slatkine et Cie (01/10/2020)

Résumé :
Jacques est homme à tout faire pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord.

Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre des mémoires, rédigées en anglais.

Aidé par sa fille, il se met en tête de les traduire, et comprend que leur auteur est un inspecteur des moeurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

L’aller-retour entêtant, entre hier et aujourd’hui, entre cette loi des hommes et les violences faites aux femmes.

Critique :
Il était une fois un cantonnier qui ne cassait pas des cailloux, mais devait de temps en temps déplacer des cercueils dans le cimetière afin de faire de la place aux nouveaux arrivants…

Dans une tombe, il trouve une caisse métallique avec les mémoires d’un policier anglais qui était de l’époque victorienne, peu de temps après les crimes de l’Éventreur.

Non, on ne nous parlera pas de Jack, ou si peu… Rassurez-vous, il ne s’est pas engouffré dans ce sujet mais en a mis en scène un autre, tout aussi horrible : l’exploitation des femmes (et des filles) par l’homme (et par la femme aussi).

À cheval entre notre époque (le récit que Jacques, le cantonnier qui découvre le récit) et la victorienne (le récit fait par J.Wallace Hardwell, le policier), impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Au travers de récits fait par trois personnes différentes, J.Wallace Hardwell, policier intègre, va découvrir que derrière le décor de son Angleterre puritaine se cache des antres de débauche, de vices, et que si la misère pousse certains à utiliser les autres d’une manière abjecte, la richesse et l’envie de possession sexuelle poussent d’autres à des atrocités sans nom.

Les personnages sont bien campés, ils sont travaillés et sous leurs dehors d’êtres abjects et sans coeur, il se pourrait bien qu’il y ait une étincelle de douceur, que tous ne soient pas des pervertis prêts à tout pour survivre.

L’auteur dévoilera le vrai visage de ses personnages au fur et à mesure du récit et j’ai apprécié d’être surprise par ces révélations qui ressemblent à une poupée gigogne, chacune en cachant une autre et au fil de l’histoire, les poupées vont devenir plus détaillées.

La ville de Londres n’est pas oubliée dans l’histoire et l’auteur nous immerge dans cette capitale au deux visages, tel Janus : la bourgeoisie qui semble avoir le cul serré mais qui ne l’est pas du tout (du moins, une partie) et les miséreux qui ne sont pas à une saloperie près pour avoir à manger, un toit, un peu de chaleur.

La loi de l’offre et de la demande… Tout simplement. Mais si elle était amusante dans « Obélix et Cie », dans ce contexte, elle est tout simplement abjecte, donne des sueurs froides et envie de vomir car la demande est de jeunes filles vierges, de très jeunes filles.

Autant où je pourrais comprendre (mais pas pardonner) qu’une miséreuse s’abaisse à des bassesses avec ses contemporaines afin de survivre (pour cela, l’être humain est capable des pires horreurs), autant je ferais descendre le couperet sur les cous de ces bourgeois, de ces hommes riches qui veulent posséder une jeune gamine vierge et la dompter… Car eux, c’est juste pour avoir de l’amusement, un grain de folie dans leurs vies monotones et éviter de succomber à l’ennui. Moi, je vais vomir.

Ce roman policier, c’est aussi un roman noir car le contexte social est important et bien détaillé. On se croirait dans un Dickens ou dans l’enquête de Jack London : « Le peuple de l’abîme » tant tout est réaliste et coloré.

Rien de reluisant dans cette époque victorienne ! De plus, certains sont prêts à tout pour que les scandales ne soient pas dévoilés car personne ne doit savoir ce qu’il se passe en coulisse, dans l’envers du décor, celui qu’on veut cacher à tout prix afin de montrer une belle vitrine de Londres et de l’empire Anglais.

Que l’on ne s’y trompe pas, si l’époque victorienne n’était pas folichonne pour les droits des femmes et des enfants, la nôtre n’est pas terrible non plus, il y a eu des avancées, certes, mais l’auteur nous prouve, grâce à son récit contemporain, que nous avons reculé (en France) et été plus en arrière que cette époque qui plaçait le consentement à 13 ans…

Comme toujours, l’Homme (au masculin) prend des lois mais jamais dans le sens des femmes qui sont toujours les grandes oubliées partout, alors qu’elles ont fait les révolutions, les guerres, fait tourner les pays quand les hommes étaient partis…

Ce roman (proposé en LC par ma copinaute Bianca que je remercie au passage) je l’ai littéralement dévoré d’une traite. Lu en une seule journée !

Si le récit contemporain est moins intéressant que le victorien et qu’en sautant d’époque, l’auteur nous coupe dans notre élan brutalement, la partie contemporaine était néanmoins utile afin de faire un parallèle entre nos deux époques et nous prouver que tout n’est pas plus rose dans notre nouveau siècle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°170].

Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic


Titre : Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil 1800 (25/08/2010)

Résumé :
En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils.

En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins.

Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure.

Critique :
♫ Époustouflez-moi ! Époustouflez-moi ! Là tout de suite, Allez, vite ! Sachez me faire rêver-é-é-é, M’étonner-é-é-é, Me captiver ♪ Époustouflez-moi ! ♪

♫ Sachez m’hypnotiser, Improviser, Me subjuguer ♪

(Sur l’air de « Déshabillez-moi » de Juliette Greco).

La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture ! Waw, rien à dire, elle subjugue les yeux, elle invite au fantastique, aux voyages marins, bref, à l’évasion et aux frissons.

Devant cette belle promesse, j’ai craqué de suite et j’ai embarqué les deux tomes en même que les deux Hyde contre Frankenstein. Ce que j’espérais, c’était que l’auteur allait me captiver, m’emmener ailleurs et sortir des courants marins habituels. D’où mon intro sur l’air de déshabillez-moi car je voulais être époustouflée.

Lorsqu’on mélange Herman Melville et son capitaine Achab, sa baleine blanche, le Cthulhu de Lovecraft, le Nécronomicon et que l’on raconte ce récit, assis sur une chaise de l’auberge de l’amiral Benbow (celle du Jim Hawkins de l’île au trésor) et un corps repêché qui ressemble à la créature de Frankenstein, faut s’assurer que le montage de toutes ces couches dans le gâteau soit parfait, sinon, barfaf, c’est l’embardée (l’écroulement).

Mon seul bémol sera pour l’intrusion du steampunk alors que l’univers penche plus vers le fantastique. À moins que le Nautilus n’ait un rôle à jouer dans le tome 2, je ne vois pas trop pourquoi on nous l’a montré dans l’entrepôt qui fabrique des harpons d’un nouveau genre.

Comme mes seules attentes étaient d’avoir de l’évasion, des frissons et de l’audace, j’ai été servie. Même si tous les éléments de ce premier tome proviennent d’univers différents, ma lecture a été divertissante et j’ai été époustouflée par les magnifiques dessins de Bojan Vuvik qui nous offre un kraken Cthulhutesque des plus magnifaïïïïk, mes chéris.

N’étant pas de grandes connaissances de l’oeuvre de Lovecraft, je ne porterai pas de jugement sur le fait que la bête ressemble à un poulpe, sorte de monstre marin, puisque de toute façon, je ne l’ai jamais croisée en vrai sur ma route.

Les autres critiques sont assez sévères avec ce premier album, mais vu que je n’attendais rien de plus que de l’aventure et du fantastique, je n’ai pas été déçue. J’ai été époustouflée par la grosse bêbête qui nage, qui nage et je vais de ce pas aller voir ce que me réserve le second tome.

En espérant que la suite ne fasse pas pchiiittttt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°169] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°36]