Les Indes fourbes : Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Titre : Les Indes fourbes

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Delcourt Hors collection (28/08/2019)

Résumé :
Fripouille sympathique, don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu’on appelait encore les Indes au siècle d’or.

Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l’Amazone, jusqu’à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l’Eldorado !

D ans Les Indes fourbes, Alain Ayroles poursuit les péripéties du héros narrées dans L’histoire de la vie de l’aventurier don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et miroir des filous, un récit picaresque de Francisco de Quevedo publié en 1626. Ce dernier promettait un second volet qui n’est jamais venu. L’oubli est désormais réparé.

Critique :
Que dire de plus qui n’a pas encore été dit au sujet de cette bédé de 160 pages ?

Que c’est génial ? Que le récit se dévore d’un seul coup, un sourire aux lèvres ?

Que le scénario excellent est super bien mis en valeur par les dessins et que la couleur vient parachever le tout, sublimant encore plus ce gros album ?

Que le prix assez élevé le vaut bien ? Que j’ai pris un pied magistral en la lisant et que je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir lue plus tôt ?

Pablos de Ségovie est une fripouille que l’on pourrait qualifier de sympathique, même s’il n’hésitera jamais à vous planter le couteau dans le dos afin de se faire un peu d’argent… Ou à vous vendre… Ou pire !

La devise de son père étant « Tu ne travailleras point », notre gueux va y mettre un point d’honneur, en volant, rapinant, trichant, entre autre, et afin d’améliorer son ordinaire, partira vers le Nouveau-Monde, vers ce qu’on appelle encore les Indes, même si ce ne sont pas elles mais l’Amérique du Sud.

Pablos est un excellent conteur, il m’a emmené dans son voyage de folie à la recherche des Cités d’Or et je l’ai suivie comme un seul Homme (femme) dans tous les dangers de ce voyage vers une mythique ville faite d’or.

Cette bédé est riche de plusieurs choses qui fait d’elle un lingot d’or : la richesse des dessins, des expressions des personnages, des décors, des couleurs chatoyantes, des personnages travaillés et du scénario, au poil, qui possède des rebondissements inattendus (bien que j’en ai suspecté un et j’avais bien vu) et des filouteries dignes des plus rusés roublards.

Pas de fausses notes dans la partition, la musique est enlevée, dynamique, entraînante et on se demande jusqu’où ira la bassesse humaine pour obtenir des richesses tout en souriant de toutes ses dents.

La maestria est là aussi car Pablos a tout de l’anti-héros, du salopard né, du fainéant de classe mondiale, du vaurien patenté, du délateur zélé, du profiteur de toutes situations, de roublard, du traître, bref, une canaille retorse à qui on ne devrait pas faire confiance et qui a tout pour nous dégoutter de l’âme humaine tant il n’hésitera jamais à faire du tort. Et malgré tout ça, on l’adore, le Pablos !

Une bédé grandiose, un roman graphique qui ira trôner dans les étagères du haut, avec la crème de la crème, un roman picaresque où c’est le filou qui nous raconte son aventure, son histoire et dont on n’est pas prêt d’oublier les multiples fourberies car ce bougre nous a rendu complice de ses infamies qui, avouons-le, étaient bien trouvées, culottées et devant lesquelles je ne peux que m’incliner.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°171] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°37].

38 réflexions au sujet de « Les Indes fourbes : Alain Ayroles et Juanjo Guarnido »

  1. Ping : Bilan du challenge polar et thriller janvier 2021 | deslivresetsharon

  2. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Janvier 2021 | The Cannibal Lecteur

    • Oui, c’est fou tout de même, car par certains de ces travers, Pablos est détestable ! C’est un traître, un délateur, prêt à tout pour du fric. Une tepu, pour rester polie.

      Mais pas de chance, on l’adore tout de même car il est flamboyant (sauf quand il fait ses coups de tepu). 😉

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  3. La bédé n’est pas une folle passion pour moi et l’invasion espagnole des Amériques n’est pas nécessairement ma page d’histoire préférée (je préfère voir les Zincas et les Zasteaks se sacrifier les Zuns les Zautres) mais je dois reconnaître que les dessins sont magnifiques !!! Et c’est certains : ils sont tellement beaux que je n’arriverai pas à suivre les bulles dans l’ordre!!!! 🙄

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    • Regarde juste les zimages alors ! 😆

      Quand ils se sacrifiaient l’un l’autre, ou juste les plus faibles d’entre eux, au moins, ils le faisaient entre eux, mais les autres sont arrivés et leur ont montré qu’ils maîtrisaient mieux le sujet…. :/

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      • Ah oui! Mais les méthodes des Zespaniols manquaient cruellement de panache! Le mousquet… l’épée… pfff… c’est nul à côté des jolies processions de tous ces mecs qui venaient se faire arracher le coeur dans la joie et la bonne humeur! Et j’oublie leur tradition : ils organisaient des compétitions de jeux de balles et le capitaine de l’équipe perdante était systématiquement décapité à la fin du match! Pourquoi on fait pas ça chez nous!🙄

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          • Et ouais! Rien de mieux qu’une bonne exécution publique pour faire monter l’audimat! T’imagine les audiences de l’EquipeTV, BFM et CNews avec des matchs finissant comme ça!!!🙄

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          • En même temps vu ce que coûtent les joueurs de foot aujourd’hui… ya peu de chances que les responsables de club le permettent!😉

            Mais… en même temps… vu ce qu’on les paie… s’ils ne sont pas à la hauteur c’est une façon de mettre fin au contrat sans trop d’indemnités… 🤔

            Tu crois qu’il faut qu’on en parle à la FIFA? 😜

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            • Je me souviens d’une coupe du monde où l’on avait promis des bagnoles aux joueurs d’une équipe des émirats arabes (un truc dans le genre) s’ils arrivaient en X-finale. De quoi motiver les troupe, parce que quand tu gagnes blindé de fric, t’as plus envie d’en foutre trop… Moi, j’en foutrais pas trop sur le terrain 😆

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