Les maîtres inquisiteurs – Tome 05 – Aronn : Sylvain Cordurié et Jean-Charles Poupard

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 05 – Aronn

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Jean-Charles Poupard

Édition : Soleil (20/04/2016)

Résumé :
Depuis sa fondation, la cité d’Anderion est sous la protection des prêtres du Dragon Rouge.

À la pleine lune, ils récitent les versets sacrés issus de leur antique grimoire et empêchent le réveil des dragons. Quand ces derniers sont retrouvés morts et leur grimoire détruit, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur.

Grâce à son pouvoir, Aronn peut extraire Eliezer le Fou de sa prison du Gottland et le ramener à Anderion. Eliezer, qui a autrefois écrit le grimoire, est le seul capable de sauver la ville de la rage des dragons. Mais les assassins rôdent toujours.

Critique :
On a beau aimer une série, lorsqu’on a trop de choses à lire, on a tendance à oublier ce qu’on a commencé et pas achevé, comme ce fut le cas avec les Maîtres Inquisiteurs.

Dans la cité marchande d’Anderion, qui se trouve à l’est de l’Ardaigne (situez-là sur la carte vous-même) ont eu lieu des crimes horribles et sordides : tous les prêtres de l’ordre du Dragon Rouge ont été assassinés, décapités et un grimoire brûlé.

Les mécréants diront qu’on s’en fiche des prêtres… Oui mais non, pas ici ! Ce sont eux qui doivent réciter les versets sacrés qui gardent les terribles dragons rouges endormis et quand les bêbêtes font dodo, la cité évite de se transformer en Pompéi de la fantasy.

Pour enquêter et réussir à sauver la vie, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur qui possède un pouvoir vachement intéressant qui leur permettra de sauver la vie avec l’aide d’un condamné qui connait les versets par coeur.

Eliezer, le condamné régicide a un faux air de Sean Connery dans le film « Rock ». Ayant été condamné, il a le droit de fermer sa gueule, de ne rien dire et de faire ce pour quoi on l’a amené à Anderion : réciter les versets qui garderont les dragons au dodo.

Oui, mais… Si tout allait bien dans le meilleur des mondes, Sylvain Cordurié ne serait pas un scénariste de talent exerçant dans une série talentueuse mais tout simplement scénariste des aventures des Mon Petit Poney, là où tout est happy end et point barre.

Si le scénario est intelligent, les dessins sont très agréables à regarder, à admirer et les couleurs tout pareil. Lorsque les dessins sont merdiques, ça donne moins envie de tourner les pages, ce qui n’est pas le cas ici.

Cet album est une fois de plus une réussite, tant par ses personnages énigmatiques, aux pouvoirs importants, que par la trame de l’histoire qui, bien que conventionnelle, est contée d’une manière qui nous happe directement et il est extrêmement difficile de lâcher l’album avant le fin mot de tout.

Une enquête, de l’aventure, de l’action, des pistes que l’on remonte, des techniques d’interrogatoire propres aux Maîtres Inquisiteurs et à leur acolyte – un Elfe, dans ce duo – et bien entendu, des sombres complots, des manipulations, une conspiration que l’on sent grandir dans les coulisses et un brin d’humour dans les répliques, sans pour autant que les dialogues tournent à la farce.

D’ailleurs, les dialogues sont travaillés et affirment quelques vérités.

Comme dans notre Monde, la Justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas apparaître de temps en temps, le doute s’installe (Audiard) et croyez-moi, ce n’est pas dans ces pages que vous trouverez la Justice car comme chez nous, les innocents sont fustigés et condamnés tandis que les coupables dansent en ricanant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°226] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

La république des faibles : Gwenaël Bulteau

Titre : La république des faible

Auteur : Gwenaël Bulteau
Édition : La manufacture de livres (04/02/2021)

Résumé :
Le 1er janvier 1898, un chiffonnier découvre le corps d’un enfant sur les pentes de la Croix-Rousse. Très vite, on identifie un gamin des quartiers populaires que ses parents recherchaient depuis plusieurs semaines en vain.

Le commissaires Jules Soubielle est chargé de l’enquête dans ce Lyon soumis à de fortes tensions à la veille des élections. S’élèvent des voix d’un nationalisme déchainé, d’un antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus et d’un socialisme naissant.

Dans le bruissement confus de cette fin de siècle, il faudra à la police pénétrer dans l’intimité de ces ouvriers et petits commerçants, entendre la voix de leurs femmes et de leurs enfants pour révéler les failles de cette république qui clame pourtant qu’elle est là pour défendre les faibles.

Critique :
Ce polar historique qui fleure bon le roman noir, nous parle de la France d’en bas, celle qui se lève tôt, celle des sans-dents.

En un seul mot : des prolétaires de tous bords. Ceux qui triment comme des bêtes, tirent le diable par la queue, où les hommes boivent, traitent les femmes comme des moins que rien, ont la haine des Juifs, des étrangers, des Prussiens, des flics…

En commençant son histoire par la découverte du corps supplicié d’un enfant, déposé dans une décharge, l’auteur nous balance directement dans la fosse à purin avant même que l’on ait pu tester la température du bouillon de culture.

La misère noire, on va en bouffer, mais sans jamais jouer au voyeur car l’auteur a évité le pathos et le larmoyant. Oui, c’est brut de décoffrage, oui c’est glauque, oui c’est violent et c’est à se demander si on en a un pour relever l’autre, dans ce petit monde qui est aux antipodes de La petite maison dans la prairie.

L’enquête aura plusieurs ramifications, elle servira de fil conducteur à l’auteur pour nous montrer la ville de Lyon en 1898, en pleine affaire Dreyfus, à une époque où Zola et son « j’accuse » fit l’effet d’une bombe et où les gens se transformèrent en bêtes sauvages dans le but d’aller casser du juif.

Le travail historique et documentaire est énorme, mais jamais nous n’aurons l’impression que l’auteur nous déclame une leçon apprise en cours d’histoire car tous les éléments historique s’emboîtent parfaitement dans le récit, sans jamais l’alourdir, l’appesantir, ou ralentir le ryhtme.

Mesdames, ne cherchez pas vos droits dans ces pages, nous n’en avons pas, ou si peu : celui de fermer notre gueule, d’écarter les cuisses et de rester à notre place, devant les fourneaux. Je préviens les petits esprits que cela pourrait choquer et qui voudrait ensuite porter plainte contre l’auteur pour maltraitance féminine.

L’Histoire ne fut pas tendre avec nous les femmes (nous le charme), comme elle fut violente aussi pour bien d’autres personnes ! On ne va pas renier le passé ou le passer sous silence sous prétexte que certains ne veulent pas en entendre parler ou veulent nous imposer la cancel culture.

Ce que ce roman décrit et met en lumière est terrible, car à cette époque, on a de la maltraitance enfantine, féminine, ouvrière, c’est bourré d’injustices, d’inégalités sociales, d’antisémitisme, de misère crasse, de mauvaises foi et de type qui ont des relations inadéquates avec des enfants.

La République (IIIème) avait promis de protéger les faibles, mais ce sont eux qui morflent en premier. La société est bourgeoise, l’ordre est bien établit dans les classes et ceux d’en haut n’ont pas trop envie que les trublions socialistes d’en bas viennent foutre en l’air cet ordre. S’il le faut, la police et le rouleau compresseur de la Justice viendront y mettre bon ordre, dans ces agitateurs.

Un roman noir puissant, violent, sans concession, brut de décoffrage. Une belle écriture, sans fioritures et une plume trempée dans l’acide des injustices sociales. Un très bon premier roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°225].

La Mystérieuse Affaire de Styles : Agatha Christie [LC avec Bianca]

9782702449370_1_75Titre : La Mystérieuse Affaire de Styles

Auteur : Agatha Christie
Éditions : Le Masque / Livre de Poche
Édition Originale : The Mysterious Affair at Styles (1920)
Traducteur : Marc Logé (ou Thierry Arson)

Résumé : Pendant la Première Guerre mondiale, Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court (ou Styles en version abrégée) par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp.

À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.

Plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent sur Alfred Inglethorp. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire.

Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

la_mysterieuse_affaire_de_stylesCritique :

Alors que je suis capable de me souvenir des coupables dans certains romans d’Hercule Poirot, ici, c’était le trou noir complet, j’avais tout oublié !

Pire, dans mes souvenirs, je pensais que la personne à qui l’on faisait boire le bouillon de 11h, était un vieil homme et que l’astuce était l’utilisation d’un… Hop, hop, hop, je ne vous dirai plus rien parce que je ne vais pas divulgâcher et pire, si ça se trouve, j’ai fait un bouillon avec plusieurs romans.

Lorsque Bianca m’a proposé cette LC, je n’ai pas hésité longtemps et j’ai dit « Voui » (Rabbi Jacob, sors de ma tête). Mon seul problème était que je m’étais remis cette enquête en mémoire en regardant son adaptation télé avec le magnifique David Suchet et celle des « Petits meurtres d’Agatha Christie » et que donc, j’allais avoir zéro suspense…

Loupé, j’ai eu du suspense, j’ai hésité, j’ai pensé que ma mémoire me jouait des tours, une fois de plus, que j’avais zappé un morceau dans la série avec David Suchet ou que la version française avait peut-être plus de liberté que je ne le pensais…

Merde alors, c’est bien le talent d’Agatha Christie que de jouer avec ses lecteurs, que de s’amuser avec des illusions, des insinuations, les codes du polar, nos pensées, notre compréhension ou notre propension à ne pas voir ce qui crève pourtant les yeux.

Bordel de Dieu, je me suis laissée prendre une fois de plus ! Malgré mes ricanements en début de lecture, parce que je savais QUI était coupable, à un moment, j’ai douté de moi, de mes souvenirs et j’ai changé mon fusil d’épaule, visant un autre personnage.

Hercule Poirot ne serait pas content de moi ! Sherlock Holmes non plus… Parce que la Reine du Crime n’est pas la reine pour rien. Pour ma défense, je dirai que même Poirot a failli se faire avoir ! Bon, lui est retombé sur ses pattes de suite, là où moi je nageais en pleine purée de pois.

Anybref, si vous avez envie de vous faire entuber par autre chose que le gouvernement, quel qu’il soit, faites-vous entuber par la Reine du Crime, ça fait du bien au moral et met de bonne humeur.

Tout est sous vos yeux, mais c’est à vous de voir ! Avec elle, on ne sortira pas un personnage inconnu d’un chapeau, comme certains auteurs m’ont déjà fait le coup. Non, avec Agatha Christie, c’est cash, à vous de savoir lire et à vous de savoir observer ! Parce que bien souvent, nous voyons, mais nous n’observons pas !

Un roman policier qui se lit presque d’une traite, qui nous parle entre autre, de la société anglaise, de son racisme, de ses préjugés, de ses mœurs, de ces distinctions de classe et, last but not least, met en scène pour la première fois le détective Belge expatrié pour cause de Première Guerre Mondiale, Hercule Poirot !

Un plaisir de le relire avec Bianca, pour qui c’était sa première lecture. Comme moi, elle a adoré. Son avis est à lire ici !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°224], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°09].

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°2XX], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX].

La cité de larmes : Kate Mosse

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Titre : La cité de larmes

Auteur : Kate Mosse
Édition : Sonatine (21/01/2021)
Édition Originale : The City of Tears (2020)
Traduction : Caroline Nicolas

Résumé :
1572. Depuis dix ans, les guerres de Religion ravagent la France. Aujourd’hui, enfin, un fragile espoir de paix renaît : Catherine de Médicis a manœuvré dans l’ombre et le royaume s’apprête à célébrer le mariage de la future reine Margot et d’Henri, le roi protestant de Navarre.

Minou Joubert et son époux Piet quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Alors que la tension est déjà à son comble dans les rues de Paris, on attente à la vie de l’amiral de Coligny. C’est le début du massacre de la Saint-Barthélemy. Précipités dans les chaos de l’Histoire, Minou et Piet sont sur le point de prendre la fuite quand ils découvrent la disparition de Marta, leur fillette de sept ans…

Après La Cité de feu, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque historique et familiale pleine de rebondissements. Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, elle tisse sa toile et le lecteur, captivé, regarde s’écrire l’Histoire.

Une famille plongée dans l’enfer de la Saint-Barthélemy : l’Histoire de France comme vous ne l’avez jamais lue !

51176327Critique :
L’Histoire de France racontée par une Anglaise ! Et dans cette histoire, la perfidie n’est pas toujours du côté d’Albion…

Celle qui n’est pas encore Marianne se comporte aussi comme une traîtresse et plus le sang coule et plus les gens ont envie de le faire couler.

On a toujours quelque chose à venger et à ce rythme-là, on peut assassiner au nom d’une vieille rancune ou des morts durant des siècles.

Si je retournais dans le passé, je ferais en sorte d’éviter le mois d’août 1572 et la ville de Paris, car bien que étiquetée catho tendance « je me pose beaucoup de questions et je ne sais rien de rien », je risquerais ma tête en tant que non pratiquante, profane…

Une fois encore, l’auteure nous entraîne dans les horreurs des guerres de religions, dans les querelles sanglantes entre protestants (huguenots) qui pratiquent la religion réformée et les catholiques qui pratiquent la totale et ne démordent pas que leur religion est la seule, la vraie, la plus mieux, bref…

Pas de place pour les autres croyants qui voudraient un culte plus sobre, si ce n’est de la place au cimetière. Aimez-vous les uns et les autres… Tu parles !

Les ambiances sont travaillées pour que les lecteurs n’aient aucun doute sur l’époque à laquelle ils sont transportés, le travail de documentation de l’auteure est titanesque et c’est toujours un plaisir de découvrir l’Histoire de France dans ses romans.

Par contre, autant où le premier opus m’avait emporté de suite (La cité de feu), autant où celui-ci a pris plus de temps à arriver à un certain rythme de croisière et à entrer dans l’action. Les débuts sont un peu lents et il a fallu que l’on arrivasse à Paris, quelques jours avant la funeste Saint-Barthélemy pour que le roman se mette à bouger vraiment.

Entre nous, j’aurais préféré avoir plus de pages sur cet épisode sanglant que fut la Saint-Bath… Là, c’est assez vite expédié. Je l’avais vécu de l’intérieur avec Ken Follet (Une colonne de feu) mais j’aurais aimé que Kate Mosse y passe plus de pages.

Les femmes ont leur place dans les romans l’auteure et ce n’est pas jouer les seconds rôles, celui de la potiche de service qui fait à manger pour les hommes !

Non, dans ce roman, les femmes ont de la force de caractère, même si elles se font toujours rabrouer par les mecs qui leur demandent de tenir leur place, mais malgré tout, elles en veulent, elles ont la hargne et tous les mâles dans ses pages ne sont pas des Alphas, phallocrates, misogynes et empêcheur de dire haut ce que les femmes pensent tout bas.

Les chapitres sont nombreux mais assez courts, ce qui donne la possibilité à l’auteure de multiplier les points de vue des personnages et de nous faire voyager entre l’un et l’autre. Plusieurs intrigues se dérouleront sous nos yeux avant que toutes ne se rejoignent pour un final démentiel qui sera bourré d’action (sans pour autant en arriver à celle d’un 007, restons sérieux).

Un très bon roman historique qui parle des guerres de religions, des jeux de pouvoir entre les têtes couronnées, de massacres de Protestants, de haine de l’autre, d’inégalités sociales, de religions intransigeantes et qui met en scène un couple attachant (Minou et Piet), leur famille et bien des secrets enfouis que certains ne voudraient pas voir remonter à la surface.

Un roman historique hautement documenté, possédant des couleurs sociales, des références historiques, une jolie plume pour nous conter le tout et un rythme assez lent au départ, avant de prendre une vitesse de croisière plus intéressante pour la lectrice que je suis.

Étoile 3,5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°223], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°08].

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Tu mourras moins bête – Tome 1 – La science, c’est pas du cinéma ! : Marion Montaigne

Titre : Tu mourras moins bête – Tome 1 – La science, c’est pas du cinéma !

Scénariste : Marion Montaigne
Dessinateur : Marion Montaigne

Édition : Ankama (2011)

Résumé :
Si vous avez toujours rêvé de manier le sabre laser ou de rétrécir vos gosses, réveillez-vous : le cinéma, c’est pipeau et compagnie !

Si vous aussi vous ne voulez pas mourir bête, découvrez le blog de vulgarisation scientifique en BD de Marion Montaigne : la célèbre Professeure Moustache y épluche les aberrations scientifiques qui peuplent vos films et séries préférées.

La science, ce n’est peut-être pas du cinéma, mais avec la Prof Moustache, c’est terriblement drôle !

Critique :
N’ayant pas encore eu l’opportunité de lire le premier tome de vulgarisation scientifique de Marion Montaigne, je l’ai commandé à la librairie et j’ai pris le temps de le déguster pour faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Mais c’est comme des bonbons, on se dit que c’est le dernier, puis on en ajoute un autre, puis un autre et au final, alors qu’on s’était promis de lire une historiette chaque soir, on dévore les 3/4 de l’album d’un coup avant d’arriver à le poser.

Le Professeur Monstache s’attaque aux conneries que le cinéma peut nous offrir et je ne parle pas des scénarios sur la moitié d’un ticket de métro, mais des choses toutes simples comme les armes à feu : blessures par balles, manière dont les héros du cinéma utilise les armes à feu et les incohérences innombrables (moins évidentes à repérer que le fait qu’ils tirent à tire-larigot sans jamais recharger).

Le cinéma de SF y passera aussi, ainsi que les séries, avec nos chers Experts et autres séries télés qui ne s’embarrassent pas du réalisme.

Marion Montaigne répond à bien des questions, toujours avec humour, toujours en vulgarisant la science et même une brêle dans le domaine sera capable de comprendre que les sabres lasers dans Star Wars, c’est matériellement impossible !

Les dessins sont dans un style épuré, par trop de décors, les visages ne sont pas les mieux faits, mais avec l’auteure, ça passe tout seul car ils sont drôles, amusants et j’adore ce côté minimaliste de l’album.

À ne pas lire si vous n’avez pas envie de vous gâcher vos soirées télés en repérant tout ce qui est impossible, dorénavant… Moi, c’est une de mes petites marottes devant la télé et je m’extasie toujours avec ironie devant ces femmes qui se réveillent coiffées et maquillées ou ces gens qui dorment avec les rideaux et tentures grands ouverts !

Ben maintenant, je pourrai étaler ma science au lieu de repérer des petits détails insignifiants et pourrir les soirées télés de tout le monde ! Mhouhahahaha !

Ah merde, avec la covid, le confinement, le déconfinement, bref, avec ce brol de merde, je ne pourrai pourrir les soirées télé que de mon homme… Là, c’est moins drôle…

Il faut flinguer Ramirez – Tome 2 : Nicolas Petrimaux

Titre : Il faut flinguer Ramirez – Tome 2

Scénariste : Nicolas Petrimaux
Dessinateur : Nicolas Petrimaux

Édition : Glénat (04/12/2020)

Résumé :

Qui parviendra à flinguer… la rockstar du S. A. V. ? Falcon City est en émoi. Le lancement du Vacuumizer 2000 s’est transformé en une scène de crime macabre. L’inspecteur Eddy Vox est persuadé que le coupable n’est autre que Jacques Ramirez, un salarié de la Robotop fraîchement nommé « employé de l’année ».

Quant aux hommes du cartel de Paso del Rio, ils n’ont pas dit leur dernier mot… C’est avec l’aide inattendue de deux célébrités en cavale que Ramirez parvient à leur fausser compagnie ! Alors qu’il avait planifié un week-end mémorable à Stone Creek, il se retrouve embarqué bien malgré lui dans une chasse à l’homme aussi explosive que pittoresque.

L’occasion idéale pour régler certains conflits familiaux et profiter des richesses qu’offrent l’Etat d’Arizona. Dans ce décor majestueux, nombreux sont les candidats qui courent après Ramirez.

918vlpedlolCritique :

Enfin la suite des aventures trépidantes de Ramirez, le roi du S.A.V, poursuivi par des tueurs sanguinaires et en cavale avec deux braqueuses de banque.

Le tome 1 nous laissait sur un suspense insoutenable mais avec déjà un fragment de réponses quand au fait que notre Jacques Ramirez, paisible employé muet du S.A.V de la société d’aspirateurs Vacuumizer 2000 était considéré par des membres d’un cartel comme un dangereux tueur.

De l’humour, de l’action, encore de l’action et toujours de l’humour pour cette bédé où je conseille à tous et toutes de tout lire ! Même les pubs de lancement pour un film, même les annonces de pub pour des aspirateurs… TOUT, lisez-tout, nom d’un aspirateur à l’obsolescence programmée !

Oui, dans cette bébé géniale, on a des coupures pubs, mais c’est pour la bonne cause parce qu’elles sont drôles, singeant notre monde, disant tout haut ce que les publicitaires (et les vendeurs) n’oseraient pas dire tout bas : obsolescence programmée, garanties plus que limitées, malbouffe, empreinte carbone excessive et j’en passe.

Bref, vous l’aurez compris, dans cette bédé, l’humour est décalé et le second degré est nécessaire pour apprécier toutes les subtilités, d’ailleurs, il est noté dans l’album que des situations peuvent avoir recours au degré N°2. Sans cette disposition, vous risqueriez de ne pas apprécier l’affaire.

L’auteur n’est pas vache, il répond à une partie de nos questionnements et nous en apprend un peu plus sur son personnage principal, Jacques Ramirez, qui entre nous, n’a sans doute pas fini de nous étonner.

Les couleurs sont toujours dans les tons chauds, les dessins, même s’ils offrent des gros nez à certains personnages, sont dynamiques et les scènes de baston ne sont pas statiques, figées, comme parfois j’ai déjà vu, mais ici, c’est dynamique !

D’ailleurs, impossible de lâcher l’album avant d’avoir tout lu, la moindre page, la moindre pub, les imbécilités de fin d’album, non, je n’ai pas sauté une seule ligne, une seule lettre.

C’est fun, décalé, bourré d’humour, d’action, de suspense, de flingues, de balles qui partent dans tous les sens, de cadavres semés à tous les vents et de révélations sur le passé de certains personnages. Lire cette bédé, c’est ouvrir la porte d’un autre monde, un monde des années 80, sans covid, sans masques, sans papiers de sortie à se signer soi-même.

Une bouffée d’air frais, voilà ce que c’est ! Elle sent peut-être la poudre et l’essence qui brûle, mas on s’en fout, tant qu’on ri et que l’on passe un super bon moment de lecture, non ?

Je ne sais pas ce que vous foutez encore devant vos écrans qui vont vous abîmer les yeux au lieu d’être en train de courir vers le dealer de bédés le plus proche pour acquérir ces deux petits bijoux que sont ces deux tomes.

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°222].

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Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris

Scénariste : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (17/03/2021) 

Résumé : Dangers, mystères et émotions! Londres, 1895. Alors que Charlie s’apprête à faire ses débuts sur la scène du Merry Minstrel, sa grande amie la chanteuse Polly Perkins est victime d’une terrible agression qui la laisse dans le coma…

Ce drame survient suite à une violente altercation entre l’artiste et Edgar Wilson, célèbre impresario de l’East End, alias le « dresseur de canaris ».

Persuadée que ce douteux personnage est responsable de la tentative d’assassinat, Charlie décide d’infiltrer sa troupe de music-hall. Il lui faudra toute l’aide de ses amis, le fin limier Billy et le casse-cou Black Tom (sans oublier le chat Watson!), pour élucider cette ténébreuse affaire… Incontournable série jeunesse, le neuvième tome des Quatre de Baker Street plonge dans une nouvelle aventure en plein cœur du show-business londonien.

Un récit toujours aussi juste qui trouve son équilibre entre la fraîcheur de dialogues ciselés, une intrigue fascinante, un rythme implacable et une atmosphère pleine de tension.

Screenshot_2021-03-18 le dresseur de canaris bedethèque – Recherche GoogleCritique :

Chouette, voici le retour de mes francs-tireurs préférés de Baker Street pour une nouvelle enquête pleine de péripéties et de danger dans les ruelles sordides de l’East End.

On retrouve notre trio dans le cabaret Minstrel où Charlie pousse la chansonnette. Tout semble aller bien, il tombe déjà des cordes dehors, Charlotte ne pourrait donc faire pire.

Mais le danger ne viendra pas de son bel organe mais de Edgar Wilson, producteur de show-biz qui a une gueule qui n’inspire pas confiance.

Nos jeunes vont devoir mener l’enquête quasi seuls puisque Holmes résout un problème au Vatican. Mais nos jeunes amis sont débrouillards, depuis les années qu’ils bossent pour Holmes, ils savent ce qu’ils doivent faire et comment espionner le producteur pourri qui se targue de dresser les canaris, autrement dit, les chanteuses.

De l’action, de l’amitié, du suspense, du mystère, une enquête et du danger, voilà ce que nous avons au menu de ce 9ème album, qui, comme les précédents, est de très bonne facture, autant par ses dessins que par son scénario qui ne laisse pas vraiment une minute de repos, sans pour autant cavaler dans tous les sens.

Les auteurs maîtrisent leur série et leurs personnages et c’est toujours un plaisir de fin gourmet que de les retrouver tous les 4, le chat Watson ayant toujours son rôle à jouer. Même Holmes jouera un petit rôle à la fin…

Les décors de l’East End sont toujours soignés, les moeurs aussi, même si les auteurs restent sobres. Malgré le fait que nous soyons dans une bédé jeunesse, ils ne prennent pas leurs lecteurs pour des crétins et ne cachent pas la misère sociale qui régnait dans ces quartiers à l’époque.

Les adultes peuvent aussi lire cette saga sans soucis car elle est pour les lecteurs de 7 à 77 ans, sans aucun soucis.

Si vous n’avez pas encore découvert cette super série, il est toujours temps de régler cette erreur et d’aller les acheter chez votre dealer de livres le plus proche parce que la littérature, quelle qu’elle soit, est indispensable pour moi (et pour tout ceux qui aiment lire).

PS : Pour une fois, je ne suis pas en retard sur la sortie et s’il m’a fallu du temps pour rédiger ma chronique, c’est à cause de ces enfoirés de lutins de Word Press qui m’obligent à passer à une nouvelle méthode d’édition de chroniques qui est soi-disant plus rapide que l’ancienne, mais entre nous, c’est mon cul et je mets un temps de fou à faire une bête chronique.

Je n’ai plus accès à la partie HTML comme avant, qui me permettait de mettre en page mes chroniques comme je le désirais (et celle de Dame Ida aussi). J’étais maître à bord et tout se déroulait super.

Maintenant, quand je lui demande du HTML, môssieur WP me signale qu’il n’arrive pas à récupérer le bloc, l’enculé de sa race ! Oui, je suis en colère, avec leurs changements à la con, j’en suis arrivée en deux jours à craindre le moment où je vais devoir monter mon article car c’est la prise de tête garantie maintenant !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°221B], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°07] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

Le sang des Belasko : Chrystel Duchamp

Titre : Le sang des Belasko

Auteur : Chrystel Duchamp
Édition : L’Archipel Suspense (14/01/2021)

Résumé :
Cinq frères et sœurs se réunissent dans la maison de leur enfance, la Casa Belasko, une imposante bâtisse isolée au cœur d’un domaine viticole au sud de de la France.

Leur père, vigneron taiseux, vient de mourir. Il n’a laissé qu’une lettre à ses enfants, dans laquelle sont dévoilés nombre de secrets.

Le plus terrible de tous, sans doute : leur mère ne se serait pas suicidée – comme l’avaient affirmé les médecins six mois plus tôt. Elle aurait été assassinée…

Au cours de cette nuit fatale, les esprits s’échauffent. Colères, rancunes et jalousies s’invitent à table. Mais le pire reste à venir. D’autant que la maison – coupée du monde – semble douée de sa propre volonté.

Quand, au petit matin, les portes de la Casa se rouvriront, un membre de la fratrie sera-t-il encore en vie pour expliquer la tragédie ?

Critique :

J’adore les huis-clos, quand les gens ne peuvent s’échapper de la maison, de l’île… Quand c’est bien rédigé, c’est le must !

Et c’était le must absolu ! Un véritable récit addictif à ne pas commencer avant d’aller au lit sous peine de nuit blanche. Heureusement, le roman est assez court (238 pages), ce qui permet de la dévorer en une seule journée.

La famille Belasko est composée de trois frères et de deux soeurs, réunis en ce jour pour le décès de leur père, six mois après que leur mère se soit suicidée. Ambiance funèbre, certes, mais surtout lourde car les deux frères aînés ne savent plus se voir en peinture et il semblerait que toute la fratrie ait des squelettes dans le placard…

La lettre écrite par leur père, leur apprenant que leur mère ne s’est pas suicidée mais qu’elle a été assassinée va mettre le feu aux poudres et chacun va y aller de ses petits reproches l’un envers l’autre, autant les frères que les sœurs.

La construction du récit, qui commence par la fin, est telle que le suspense est maintenu jusqu’au bout, que le mystère reste des plus opaques et que l’on se fait balader d’un personnage à l’autre, selon celui ou celle qui prend la parole pour balancer son avis, ses griefs, sa haine à ses frères et soeurs.

Jalousie, rancœurs, trahisons, favoritisme, tout est prétexte à envoyer des piques aux autres, à se disputer, à jeter de l’huile sur le feu et le lecteur se demande comment tout cela va finir… Ah bon non, on sait déjà comment ça va se terminer, mais pas qui va se retrouver sur un lit d’hôpital à tout raconter à l’inspecteur de police.

Les personnages sont magnifiques, tous ont des secrets, tous ont des choses à se reprocher, personne n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir, même si chacun se croit plus ange que les autres. 

La maison recèle des secrets, le père, parano, a fait installer des caméras au rez-de-chaussée et des volets qui se ferment à heures fixes et a soigneusement entretenu un secret avec un soupirail.

Les mystères vont se dévoiler au fur et à mesure mais en attendant, votre rythme cardiaque va augmenter et le suspense se faire de plus en plus présent. Difficile de lâcher ce roman qui allie suspense de fou, mystère épais, scénario implacable, narration au poil et construction intelligente afin de mieux prendre les lecteurs dans ses filets.

Hautement addictif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°220].

Thrillers polars 04

Dehors les chiens – Les Errances de Crimson Dyke – Tome 1 : Michaël Mention

Titre : Dehors les chiens – Les Errances de Crimson Dyke – Tome 1

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10/18 Grands détectives (18/02/2021)

Résumé :
Californie, juin 1866. Crimson Dyke, agent des services secrets, sillonne l’Ouest et traque les faux-monnayeurs pour les livrer à la justice. Tandis qu’il est de passage dans une ville, un cadavre atrocement mutilé est découvert. Crimson intervient et se heurte aux autorités locales.

Mais lorsque d’autres crimes sont commis, ce sont les superstitions et les haines qui se réveillent. Crimson décide alors d’enquêter, traqué à son tour par les shérifs véreux et les chasseurs de primes.

Sueur, misère et violence : Dehors les chiens réinvente le western avec réalisme, sans mythe ni pitié.

Critique :
Yes, un western ! Et pas écrit par n’importe qui, mais par Michaël Mention, qui, j’en aurais mis ma main à couper, allait y apporter sa touche personnelle et nous sortir un excellent roman western.

Bingo, j’ai gagné ! Non seulement le western n’est pas mort, mais l’auteur lui rend un vibrant hommage en respectant ses codes habituels mais en les cuisinant à sa sauce, ce qui donne quelque chose de consistant sans pour autant être indigeste.

D’ailleurs, il nous écrirait une romance qu’elle serait sans aucun doute magnifique et loin d’être neuneu… Parce qu’avec lui à l’écriture, on peut être sûr que la société va passer à la moulinette et que son analyse sera pointue et le diagnostic sévère.

Avec Michaël Mention, même une bête scène de rasage devient magistrale, remplie de poésie, de questionnement (avant que l’on ne comprenne qu’il s’agit d’un simple rasage). Mieux, j’ai même pensé me trouver devant une scène de sexe alors que ce n’était des ouvriers qui posaient des voies de chemin de fer…

Son personnage principal, Crimson Dyke, agent des services secrets, n’est pas bourré de gadgets comme un 007, mais chevauchant toute la journée, avec ses petites douleurs un peu partout et une odeur qui fleure bon le canasson en sueur (ça fouette !).

Heureusement, si l’auteur est doué pour décrire des ambiances au plus précis, nous donnant l’impression que nous y sommes, il est incapable encore de produire un roman en odorama. Mais je vous jure qu’il ne manque que le bruit et les odeurs pour y être.

Son western se double d’une enquête policière car 22 ans avant les crimes de Whitechapel, un assassin se prend déjà pour Jack The Ripper avant l’heure, mais au lieu d’éventrer des pauvres prostituées, il éventre des hommes. On peut dire d’eux qu’ils ont sorti leurs tripes.

Fort bien documenté, l’auteur nous balade dans cet Ouest sauvage et sans justice, ou alors, celle des plus forts ou de ceux qui tirent plus vite que les autres, qui magouillent mieux, qui tirent en traître.

Non, son Ouest n’a rien à voir avec La Petite Maison Dans La Prairie et si d’aventure une enfant chutant en courant, ce serait parce qu’elle serait poursuivie ou abattue d’une balle dans le dos. No stress, ça n’arrivera pas.

C’est un western sans concession que Mention nous sert, un western qui nous démontre que la société d’aujourd’hui et celle d’avant, ne sont pas fort différents, (les colts et les canassons en moins) et que ce qui fait tourner notre Monde faisait déjà recette dans celui des collons Américains : haine des autres, repli sur soi, violences, magouilles, corruption, femmes méprisées,…

Ces gens qui, obnubilés par l’idée d’éradiquer la menace de l’éventreur, ne réalisent même pas compte que les moyens qu’ils mettent en œuvre pour y parvenir les rendent encore plus mauvais que ledit éventreur.

Que la sauvagerie n’est pas que chez les Indiens (qu’ils considèrent comme non civilisés), mais qu’elle était présente aussi chez les colons et qu’elle n’attendait que l’étincelle pour exploser et sortir, faisant plus de dégâts que les quelques connards éventrés.

Voilà un western noir que j’ai dévoré, bouffé jusqu’à la dernière miette, avec avidité et c’est le cœur lourd, très très lourd, que je l’ai refermé, me disant que la justice, une fois de plus, ne frappait pas les vrais coupables et que, une fois de plus, les gens regardaient par le petit bout de la lorgnette.

Je me suis sentie, à la fin, comme dans un roman mettant en scène les enquêtes du commissaire Kostas Charitos et seul ceux (celles) qui les ont lues comprendront.

Merci, Michaël (je me permets) pour ce putain de roman western, mâtiné de roman noir et pour ces réflexions sur notre société pourrie. Tu as mis le doigt là où ça faisait mal.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°219] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Thrillers polars 02

Le chant du bison : Antonio Pérez Henares [LC avec Bianca]

Titre : Le chant du bison

Auteur : Antonio Pérez Henares
Édition : HC (21/01/2021)
Édition Originale : La cancion del bisonte
Traduction : Anne-Carole Grillot

Résumé :
Il fut un temps où deux espèces humaines coexistaient sur terre : Homo sapiens et Néandertaliens. Que s’est-il passé pour que l’une d’elles disparaisse ?

Chat-Huant est encore jeune lorsqu’il voit arriver dans sa grotte celui que l’on surnomme l’Errant, que tout le monde craint et respecte. La solitude du petit garçon et son intelligence poussent le grand homme à l’emmener avec lui dans son long périple.

Un voyage initiatique commence alors pour le jeune Homo sapiens, qui découvre de nouvelles contrées, de nouveaux horizons, de nouveaux clans, leur art, le pouvoir des femmes… Il va aussi s’approcher de la vallée des Premiers Hommes où vivent Terre d’Ombre et les Néandertaliens.

Mais alors que les Lunes de glace deviennent de plus en plus rudes, alors que chaque nuit est une occasion de mourir, Chat-Huant et Terre d’Ombre comprennent qu’ils ne vont pas avoir d’autre choix que celui de s’affronter pour tenter de survivre.

Extraordinairement documenté, Le Chant du Bison est aussi un roman d’amour et d’aventure au temps de la dernière glaciation. Best-seller en Espagne dès sa sortie, Le Chant du Bison est particulièrement actuel, mettant en lumière les valeurs écologistes et féministes de nos ancêtres néandertaliens.

Critique :
S’il y a bien une matière qui me faisait chier à l’école, c’était celle consacrée à la préhistoire et aux hommes des cavernes… Faut dire aussi qu’on en a bouffé à chaque rentrée des classes, des hommes des cavernes !

La faute n’est pas imputable à nos lointains ancêtres mais à la manière dont les profs donnaient leurs cours, revenant sans cesse sur les mêmes sujets (et j’ai quand même tout oublié) et sur le fait que, nom d’une pipe, j’aurais préféré en apprendre plus sur mon siècle (le 20ème, merci de ne pas remonter plus loin) et sur les deux guerres mondiales que sur les hommes en fourrures qui vivaient dans des grottes.

Une fois adulte, maintenant que l’on sait plus de chose qu’il y a 35 ans (purée, on m’a appris des conneries à l’école !), le sujet est devenue bien plus passionnant ! J’ai dévoré la bédé Sapiens et je me suis jetée comme une affamée sur Le chant du bison.

Il faut saluer avant tout le travail de documentation de l’auteur, ses notes en fin de chapitres étaient remplies de détails historiques, des quelques licences que l’auteur parfois a prises avec l’Histoire. C’était très instructif car tout son récit s’appuie sur des faits avérés ou des preuves découvertes dans les grottes, essentiellement en Espagne et dans le Sud de la France.

Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que le récit avance bien, surtout qu’il est en alternance avec les aventures de Chat-Huant, qui fait partie des Peaux Sombres (Sapiens) et de Terre d’Ombre, métis entre une Peau Sombre et un Pattes Courtes.

Les Pattes Courtes ne sont pas une manière polie de parler de personne de petite taille qui souffrent de verticalité contrariée… C’est tout simplement l’appellation d’un Néandertalien, dit aussi Premiers Hommes.

Qu’est-ce qui s’est passé entre les Sapiens et les Néandertaliens ? Pourquoi une race s’est-elle éteinte et l’autre à t-elle prospéré ? Génocide ? Extinction naturelle ? Impossibilité des Néandertaliens d’évoluer comme les Sapiens ont réussi à la faire, développant des armes de jet et racontant des histoires pour fédérer tout le monde ? Les meilleurs enquêteurs sont sur la piste : pour le moment, rien n’est exclu…

L’auteur, dans son roman, nous donne une piste, qui est tout à fait plausible car les Hommes de l’époque n’ont pas tellement changé par rapport à ce que nous sommes maintenant : lutte pour le pouvoir, magouilles et compagnie, mise à l’écart d’un bon élément s’il est susceptible de nous faire de l’ombre, peur des autres (ceux qui sont différents de nous qu’on prend toujours pour des sauvages, des barbares), très haute opinion de nous-mêmes (trop haute)…

Ce récit est une grande aventure qui nous fera voyager dans le Nord de l’Espagne et ce, jusqu’en France, dans le Sud, plus précisément à la grotte Chauvet. Là, j’était en terrain connu puisque j’ai eu la chance de visiter la réplique de cette grotte et putain de nom de dieu, c’était magnifique (mais 1h, c’est trop rapide, j’aurais aimé y flâner, mais ce n’était possible qu’en juillet/août à l’époque où le covid ne pourrissait pas notre vie).

Les personnages sont attachants, autant Chat Huant que l’Errant, que Pavot ou même Terre d’Ombre, qui cherche sa place, lui qui est un sang-mêlé. Hé oui, rien n’a changé !

Si les Sapiens aiment bouger, aller voir ailleurs, changer de territoire, les Néandertaliens sont plus casaniers, n’aimant pas changer de méthode quand une fonctionne très bien, n’aimant pas aller sur les territoires des autres afin de ne pas ramener la merde ensuite. On ne peut pas leur donner tort non plus…

Ce roman n’est pas à lire si vous voulez de l’action pure et dure et un récit qui avance à la vitesse d’un coureur cycliste dopé, dans une descente de montagne. C’est un récit qui prend son temps : celui de planter ses décors, de nous montrer les mœurs de nos ancêtres, de présenter ses personnages et de les approfondir.

Malgré tout, dès la première ligne avalée, j’étais immergée dans mon récit et j’avais du mal à le lâcher car c’était instructif, intéressant, bien écrit et malgré le fait que les dialogues sont courts et peu présent, je me suis attachée aux personnages et me suis gavée de cette histoire qui, si elle m’avait été présentée ainsi à l’école, m’aurais empêché de soupirer sans fin.

Une LC réalisée avec Bianca, qui avait attiré mon attention sur ce roman qu’elle venait de recevoir et j’ai dit oui tout de suite ! Aucun regret car c’était une super lecture qui m’a bien rempli mon petit cerveau. Tourner la dernière page m’a donné un petit coup au cœur car j’étais bien avec ces personnages. Pour Bianca, la lecture fut plus mitigée, trouvant le récit trop dense et contemplatif. Deux avis différents… Suivez le lien pour lire le sien.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°43].