Rien ne t’efface : Michel Bussi

Titre : Rien ne t’efface

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses De La Cite (04/02/2021)

Résumé :
Par amour pour un enfant, que seriez-vous prêt à faire ? Maddi, elle, ira jusqu’au bout…

2010. Maddi est médecin généraliste à Saint-Jean-de-Luz, une vie comblée avec Esteban, son fils de 10 ans.

Ce jour d’été là, elle le laisse quelques minutes seul sur la plage. Quand elle revient, Esteban a disparu.

2020. Maddi a refait sa vie, et revient sur cette plage en pèlerinage. Au bord de l’eau, un enfant est là. Même maillot de bain, même taille, même corpulence, même coupe de cheveux. Elle s’approche. Le temps se fige. C’est Esteban, ou son jumeau parfait.

Maddi n’a plus qu’une obsession, savoir qui est cet enfant. Il s’appelle Tom, il vit à Murol en Auvergne. Elle prend la décision de s’y installer.

Plus Maddi espionne Tom, et plus les ressemblances avec Esteban paraissent inexplicables : mêmes passions, mêmes peurs… même tache de naissance.

Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour découvrir la vérité, et sauver son enfant ? Ou ce garçon qui lui ressemble tant.

Ce qu’elle ressent profondément, c’est que Tom est en danger. Et qu’elle seule peut le protéger.

Critique :
♫ Quoi que je fasse ♪ Où que je sois ♫ Rien ne t’efface, je pense à toi ♪ Et quoi que j’apprenne ♪ Je ne sais pas ♫ Pourquoi je saigne ♪ Et pas toi ♫

Michel Bussi doit avoir, planqué chez lui, un manuel qui donne toutes les recettes afin de produire un roman addictif !

Pas possible autrement, il doit avoir piqué à Agatha Christie LE manuel qui permet de bais** son lectorat, de l’enfumer, de jouer avec et de lui faire lire ce qu’il veut lui faire lire afin qu’il ne lise pas entre les lignes.

Ajoute-t-il ensuite de l’ammoniaque, comme les cigarettiers pour nous rendre accro dès la première ligne lue ? Du sucre, comme les industriels de la malbouffe afin que l’on ne puisse plus s’empêcher de reprendre une bouchée de son récit ?

En tout cas, ce bougre de petit salopiaud (c’est dit gentiment, hein !) a encore réussi à me jouer cinq lignes et pourtant, lorsque je j’ouvre un de ses romans, je suis doublement attentive car j’ai l’habitude de me faire entub**, heu, ,enfumer !

Mon cerveau à fumé, tentant de trouver une réponse logique à ces mystères, ces coïncidences étranges, une réponse scientifique, sans les trucs de la réincarnation ou une théorie propre à Fox Mulder et ses enlèvement par extra-terrestres. Bordel de Dieu, j’ai jamais trouvé !

Mon léger bémol sera pour le personnage principal, Maddi Libéri, médecin de son état, à laquelle je n’ai jamais vraiment sympathisé, ni accroché (son comportement est réaliste, néanmoins), alors que j’ai kiffé grave les personnages secondaires comme Savine Laroche, l’assistante sociale et Nectaire Paturin, le secrétaire de mairie (Miss Marple et Hercule Poirot).

Leurs dialogues étaient plein d’humour, de bonne entente, de petites piques, de vannes et ce qui m’a le plus amusé, c’est la manière dont a Nectaire d’utiliser la phrase de Blondin (The good, the bad and the ugly) : « Le monde se divise en deux catégories » et d’y ajouter ensuite la réflexion de son cru. Ça ne vaut pas les proverbes sur les chameaux d’Assad (Département V) mais c’était bien drôle.

Résumer les romans de Michel Bussi à des romans qui se jouent de nous serait réducteur. L’auteur sait aussi monter un récit, nous le rendre addictif au possible (lu en même pas 2 jours), nous emporter ailleurs (Biarritz et l’Auvergne) tout en nous mettant le cerveau sens dessus dessous avec des choses, qui, certes, relèvent des croyances de chacun (réincarnation) mais en nous les présentant avec tellement de logique que l’on en vient à douter de sa non-croyance.

Ce que j’apprécie aussi, c’est que l’auteur ne se plante pas dans son final, qui ne fait jamais « pchhiiittttt » (le fameux tout ça pour ça) et qu’il reste toujours dans le réaliste et ne sombre pas dans le fantastique, celui qui explique tout, sans que l’on doive se casser le cul pour que tout le récit et les mystères s’expliquent.

Un roman dont les personnages sont réalistes, où les actions de Maddi Libéri sont logiques car elles sont celles d’une mère qui a perdu un enfant il y a 10 ans et qui est prête à s’accrocher à tout afin de prouver que l’âme de son enfant s’est réincarnée dans un autre, même à perdre son côté cartésien dû à son métier de médecin.

Un roman où les personnages secondaires ne sont pas laissés en plan mais sont travaillés aussi, un récit addictif, un roman policier qui nous tient en haleine, qui joue avec nous, mais sans jamais nous mentit (on n’a qu’à savoir lire, nom d’une pipe) et nous emmène aux frontières du réel, mais sans jamais dépasser la ligne rouge.

Addictif et bien écrit, j’ai dévoré ce roman et échafaudé un millier de théories toutes plus loufoques l’une que l’autre alors que si j’avais éliminé l’impossible, ce qui serait resté, même improbable, aurait été la vérité.

Pas un problème, j’adore me faire mener en bateau par un écrivain.

PS : il y a un an, en Belgique, le Confinement 1 commençait et me dévastait le moral… Nous sommes 1 an plus tard, le moral va bien et nous n’avons à déploré aucune perte dans la famille ou les proches. Je n’aurais pas espéré ça il y a 1 an, quand tout le monde se mettait sur la tronche pour du PQ (j’y ai échappé aussi !).

Par contre, il y a 2 ans, Minou faisait son entrée chez nous (ok, un peu avant le 13) et je n’aurais jamais espéré en être là deux ans après. Comme quoi, tout est possible, autant dans l’adversité que dans l’apprivoisement d’un chat sauvage ;-))

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°215].