Les irréguliers de Baker Street [SÉRIES] – Saison 1 (2020) – Par Dame Ida, envoyée spéciale victorienne

Synopsis :
Bienvenue dans le Londres du XIXe siècle, où les Irréguliers, un gang de jeunes marginaux, élucident des crimes surnaturels pour le compte du Dr Watson et de son mystérieux associé, Sherlock Holmes.

L’avis de Dame Ida : Bon… Ces irréguliers là n’ont rien à voir avec les 4 tout en s’en inspirant… Mais s’ils sont 4 c’est deux filles et deux garçons…. Dont une asiatique et un black.

On est bien dans cette manie actuelle de la parité et l’inclusivité des personnes racisées. Comme dans les Chroniques de Bridgerton où on te collait des zaristos racisés alors que ça ne correspond pas à la réalité de l’époque. Certes dans l’Est End, on pouvait avoir des personnes « non blanches »…

Mais… Tout de même… cette relecture de plus en plus fréquente de la représentation raciale qui altère la réalité historique m’irrite profondément. Je suis contre le racisme, et contre la faim dans le monde comme Miss France…

Mais pas trop d’accord pour qu’on nous fasse croire que les personnes racisées avaient tel ou tel statut qu’elles n’avaient certainement pas dans la réalité de l’époque de référence.

Je ne cautionne pas l’esclavagisme et la ségrégation, et aucune discrimination mais je ne cautionne pas non une réécriture faussée de l’histoire qui justement les efface sous prétexte d’égalitarisme et de visibilité des minorités.

Car en effaçant les réalités douloureuses de l’histoire, on efface aussi la réalité des souffrances que ces horreurs ont causé. Si on continue comme ça on va finir par voir des chevaliers musulmans autour de la table ronde et des juifs dans l’armée nazie !

N’oublions pas le rôle de la télévision et du cinéma sur l’éducation des foules. Beaucoup de jeunes qui n’écoutent que distraitement leurs cours d’histoire-géo et s’empressent de les oublier après le contrôle… découvrent l’histoire à travers ce que les films et les séries en présentent.

Ces films « en costumes », situées dans une époque clairement datée de l’histoire mais présentant un tissu social qui n’avait rien à voir avec celui de l’époque en question contribue à une opération de désinformation de la population et à entretenir celle-ci dans une méconnaissance de son histoire.

Or, comme disait l’autre (qui n’était pas psychanalyste mais un psychanalyste n’aurait pas dit mieux!)… Ignorer son histoire nous expose au risque de la répéter. Et nous présenter une histoire qui occulte les clivages raciaux et sociaux du passé au nom de la volonté louable d’offrir une visibilité des minorités, ne peut qu’entraîner une confusion dans les esprits des personnes les moins favorisées dans leur capacités à accéder aux réalités de la culture et de l’histoire.

Même Watson est black ou au moins métis!!! Je n’aurais rien eu contre si ça avait été dans une adaptation du XXe ou XXIe siècle… Mais pas pendant l’ère victorienne où les femmes des meilleurs milieux ne pouvaient même pas entrer à l’université.

Croyez vous qu’il y aurait eu des personnes de couleur assez riches pour faire des études à cette époque, et qu’on les ait autorisées à entrer à Oxford ou Cambridge dans une société de classe aux frontières hermétiques ???

Passons sur Mrs Hudson qui, ici, n’est pas la sympathique proprio du 221B mais une marchande de sommeil qui possède carrément tout le quartier et n’hésiterait pas à expulser ses mauvais payeurs.

Et évidemment, cerise sur le pompon, Baker Street  (à l’ouest de Londres et pas si loin que ça de Buckingham) est à un jet de pierre de la cathédrale St Paul et des fenêtres du 221B on voit les bouges ressemblant à ceux de l’est end !

Et à 38mn du début on a aperçu juste les pieds d’un Holmes allongé sur un divan avec bien évidemment une pipe à opium à ses pieds… Watson et Holmes (qui reste invisible) surpris en pleine scène de ménage (je vois gros comme une maison qu’au fil de la série on va jouer avec l’ambiguïté et laisser entendre qu’ils sont amants)…

Et une altesse royale, fils de la Victoria fait le mur pour aller copiner avec une fille de la bande… Ben voyons ! C’est vrai que les crasseuses en guenilles (et en pantalon !!! des filles en pantalons qui ne cachent pas leurs cheveux… normal à l’époque) c’est tout ce qu’il faut pour séduire un prince pressé de s’encanailler !

Bref, les puristes en seront pour leurs frais. Et c’est dommage parce que c’est pas si mal au niveau de l’histoire qui inclut des éléments fantastiques. ça aurait pu le faire.

Cette série aurait pu se trouver son propre style.. si elle n’avait pas accumulé tant de travers.

Bref cette série peut se regarder avec plaisir si on n’a pas lu les 4 de Baker Street… Et si on ne connaît rien à la géographie londonienne… si on ne tient pas trop au respect du canon notamment concernant les personnages de Holmes, Watson et Mrs Hudson !!!

Et si on n’est pas allergique avec la mode sévissant actuellement dans les séries consistant à nier les réalités historiques des clivages raciaux et sociaux de l’époque où l’on situe l’action pour sacrifier à une volonté de visibilité des minorités racisées, certes compréhensible mais historiquement trompeuse.

Ne négligeons pas l’impact des fictions grand public sur la culture générale des masses qu’on peut ici plonger dans la confusion sous prétexte de les rendre plus tolérantes et ouvertes aux diversités.

Dénoncer les clivages en démontrant leur cruauté et leur arbitraire me semblerait tout aussi efficace et plus proche de la réalité.

Ce sont évidemment là des conditions que je ne remplis pas et j’avoue que ça pèse lourdement dans mon appréciation alors que la série a pourtant de bons côtés et ses points d’originalité qui permet de ne pas trop y voir un plagiat de notre bédé préférée.

PS : Cannibal Lecteur est un peu moins chaude pour regarder cette série qui n’est historiquement pas réaliste. L’élément fantastique ne me dérange pas, mais restons dans les réalités historiques au moins…

Ce que la presse en pense : pas que du bien…

Un journaliste du Hollywood Reporter qualifie de “création calibrée pour l’algorithme Netflix : une série apparemment produite ou acquise non pas tant parce qu’elle est fondée sur un concept fort, mais parce qu’à l’évidence on peut la faire entrer dans toutes les catégories de la plateforme”. (Le courrier International)

Une série en huit longs chapitres, plongeant dans un Londres victorien fantasmé grâce à des intrigues fantastiques aussi nombreuses que bancales.

À part son nom très évocateur, repris effrontément au canon holmésien, certainement dans l’unique but d’attirer quelques clics rémunérateurs, il n’y a que de maigres points d’accroche qui rapprochent réellement les enquêtes des Irréguliers de Baker Street à celle de Sherlock et de son cher Watson.

En fait, outre les noms de deux fameux lurons enquêteurs, de Mycroft (évacué de l’intrigue aussi rapidement qu’il y avait été intégré) et du 221 B Baker Street, il ne reste à peu près rien de l’œuvre bien connue d’Arthur Conan Doyle.

De la vivacité d’esprit agaçante du célèbre détective, ne subsiste plus qu’un esprit fumeux, endormi par les vapeurs des drogues ingurgitées à longueur de journée pour oublier son amour perdu, disparu dans un portail interdimensionel lors d’une enquête foireuse, son auto-flagellation légendaire née d’avoir abandonné ses filles (adoptive et naturelle), ainsi qu’une queue de cheval, dans les flashbacks, une tête rasée et quelques tatouages dignes des meilleurs punks à chien.

Après moult teasing étouffe-chrétien, on en viendrait presque à regretter les premiers épisodes, certes dénués de Sherlock, mais n’abîmant pas son image au point d’en faire ce chien rampant sans cervelle. […]

Le résultat, ce sont malheureusement des dialogues d’une pauvreté à pleureur, des interactions et physiques entre les personnages incompréhensibles de fausseté et des interprétations qui ne font pas dans la demi-mesure. Difficile de ne pas décrocher de la série dans ces conditions.

Les Irréguliers de Baker Street est un pur produit Netflix : une série qui manque de logique, de vision, d’originalité et de talent, qui met à mal un des personnages les plus connus de la pop culture et qui restera en mémoire pour la laideur de certains choix. (Écran Large)

22 réflexions au sujet de « Les irréguliers de Baker Street [SÉRIES] – Saison 1 (2020) – Par Dame Ida, envoyée spéciale victorienne »

  1. Tu rejoins toutes mes critiques de cette série (que j’ai regardé jusqu’au bout… par masochisme je pense), ce qui me dérange le plus (révolte, est-ce trop fort ?), c’est la destruction de mes personnages cannoniques bien aimés ! Que Watson soit black… murff quoi, mais qu’il soit un salopard de premiere ! Watson est pour moi un homme adorable, et empathique (et pas si benet que cela), et ici, l’empathie… et de même pour Mrs Hudson (rendez-moi celle de Granada!) ou encore Lestrade… Bref j’ai détesté !

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    • Un Watson noir en 2000, ok, pas de soucis, toute personne qui a un cerveau peut réussir en médecine, mais du temps de Victoria, aucun Noirs, même super intelligents, n’auraient pu faire médecine en Angleterre !!!

      Oui, Watson est celui qui veille sur Holmes, même Elementary l’a bien compris.

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  2. Bonsoir toutes les deux ! Même avis que toi mais j’aimerais bien que Belette la regarde aussi ! Ça se laisse visionner quand même, mais il faut oublier Sherlock et compagnie. Elle ne va pas rester dans les annales et je ne sais même pas si la saison 2 verra le jour.

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    • Si cette série va dans des annales, se sera celles avec un seul « n » 😆

      Bon, si Syl me pousse aussi et qu’en plus, elle me prépare des tchinisses à grignoter, alors, je suis pour 😀 Ça fera passer la pilule, ses pâtisseries 😆

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    • Tiens! J’ai jamais fait ça les soirées où on regarde des nanars pour se moquer! C’est un bon concept! J’avais déjà entendu parler de soirées Eurovision pour se moquer du côté kitch!!! Évidemment si il y a des bons trucs à manger… 🤤

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      • J’adore quand mon mari se regarde sur le Net un film de kung-fu mal doublé, mal joué, je me marre à faire des commentaires… Un jour, à force de me foutre de la gueule du film, je l’ai quand même apprécié 😆

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    • Je ne vois pas en quoi en effet cette négation implicite du racisme d’une époque aide un meilleur respect des minorités. Au contraire, en faisant passer leur souffrance sous le tapis au lieux d’insister sur celles-ci pour aider la majorité à les comprendre on pratique une forme de révisionnisme (réécriture de l’histoire niant les souffrances pourtant attestées d’un peuple). Ça part peut être d’une bonne intention ici… mais le résultat est douteux.

      Et puis… cette redéfinition délirante de la géographie de Londres… Pffff!!!

      J’ai abandonné la série en cours de route m’endormant devant le sixième épisode! La trame fantastique devient de plus en plus alambiquée et indigeste!

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        • Oui! Baker Street est dans un beau quartier. Souvenez-vous que Holmes qui vient de la haute-bourgeoisie a besoin d’un colocataire pour partager le loyer! Pas question de trouver là des gourbis de marchands de sommeil (purée! faire de la très respectable Mrs Hudson une exploiteuse de la misère humaine! Quelle honte!). De Baker-Street on peut aller à pieds chez la Reine pour prendre le thé (bon OK… y a tout de même une petite trotte) et on a un grand parc pas loin. On est au nord-est de Londres alors que St Paul est plus à l’ouest, pas très loin de Tower Bridge ou de la Tour au trésors! Et les taudis de l’east-end étaient supposés encore plus à l’est. De fait, nous mettre des plans comme si on voyait les rues mal famées de l’east-end de la fenêtre de Holmes c’est supposer que les spectateurs n’ont jamais fichu les pieds à Londres. Cela m’a trop énervée!!! J’aime pas qu’on me prenne pour une gourdasse! 😦

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          • Avec la pandémie et avant google street view, on n’aurait pas pu aller vérifier (si on n’avais jamais mis les pieds à Londres), mais de nos jours, nous savons !

            Pour pouvoir jouer avec l’Histoire, qu’ils passent en steampunk, fantasy, fantastique et là, tu réinventes un monde où tout le monde peut être égaux et tu peux niquer la réalité !

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    • Avec tout ça, moi, je n’ai plus envie de regarder la série !

      Merde Ida, tu aurais pu attendre que je visionne avant de me plomber l’ambiance avec ta chronique ! 😆

      Ok, j’ai gagné du temps 🙂

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      • Oh… Tu peux essayer de regarder… Considère ça comme une expérience nécessaire pour pouvoir t’autoriser à en dire du mal en sachant de quoi tu parles! 😀 « Maaaais ouiii Madaâame! Je l’ai vu de mes yeux vus avant qu’ils ne se ferment d’ennuuuuuuiiii!!!!! Cette série nullissime est toooooutâfaaiiiiit représentative de l’indigente médiocrité actuelle du monde des séééééries à la solde d’un complot international cathodique dont l’objectif est d’abêtir les masses laborieuses un peu plus vite afin de mieux les asservir et de faire en sorte que le capitaaaal culturel ne soit plus qu’entre les mains des détenteurs du capital économique et ce pour mieux assoir la légitimité d’un partage léonin des richesses » 😀 Et si la Madame te dis « Plaît-il? » tu lui réponds : « Maaaaais voyons! Ne savez-vous pas que comme le clamait Don Saluste : les pauvres sont faits pour être pauvres et les riches sont faits pour être encore plus riches ! Et bien laissons les pauvres payer et s’appauvrir pour regarder des bouses abêtissantes produites par les riches qui font des économies en ne s’abonnant pas à Netflix!  » 😀

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        • Attends, je note le tout !! 😆

          La réplique de Don Salystre, je la connais bien, elle est tellement vrai et plus jolie que la loi de paupérisation !

          Tu sais quoi, je passerai mon chemin et me garderai bien d’expliquer à la mâdâme pourquoi cette série est comme tu dis, ça pourrait fatiguer son cerveau (et le mien en vaine explications) et comme le disait Audiard « je ne parle pas aux cons, ça pourrait les instruire ».

          Mais je tenterai de regarder la série, un soir de migraine, quand j’ai la nausée…

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