Les Disparues du tableau : Daria Desombre

Titre : Les Disparues du tableau – Andreï Yakovlev & Macha Karavaï 2

Auteur : Daria Desombre
Édition : du Masque (02/09/2020)
Édition Originale : ПОРТРЕТ МЕРТВОЙ НАТУРЩИЦЫ (2014)
Traduction : Julia Chardavoine

Résumé :
Macha Karavaï, étudiante en droit et stagiaire au sein de la police de Moscou, poursuit son travail d’enquête sur les anciens dossiers non résolus.

Avec l’aide de son responsable Andreï Yakovlev, elle se lance sur les traces d’un tueur en série qui assassine de jeunes femmes et laisse à leurs côtés une esquisse du peintre Ingres.

Le coupable semble vouloir recréer une oeuvre d’art.

Critique :
Chouette, j’allais à nouveau partir enquêter en Russie !

Non pas que j’ai de l’affection pour ses dirigeants, mais j’ai toujours eu un gros faible pour le pays et le duo d’enquêteurs que sont la jeune Macha Karavaï et son chef Andreï Yakovlev, me plaisent énormément.

L’avantage, avec cette auteure, c’est que les crimes ne sont jamais banals ! Sherlock Holmes aurait apprécié de se trouver face à pareil criminel qui élèvent le crime au rang d’art.

Les victimes n’apprécieront pas, bien entendu, la police va piétiner, s’arracher les cheveux et pour remonter la piste artistique du tueur en série, va falloir avoir de la culture (ben oui, elle est essentielle tout le temps) en peinture et notamment pour le célèbre peintre qui a laissé son nom dans une expression où on lui accole le mot « violon ».

La France a (« avait », merde l’adresse a changé) le 36, quai des Orfèvres et la Russie possède le 38, rue Petrovka.

Malgré mon inculture en peinture, je n’ai jamais perdu pied dans ce roman qui allie le rythme, le suspense et bien des mystères quant à l’identité du tueur des jeunes filles et son mobile.

Comme un tableau, au départ, on ne verra que des taches de couleurs qui ne semblent rien vouloir dire, mais au fur et à mesure que l’auteure trempe sa plume dans la palette et l’étale sur la toile de son roman, le tout commence à prendre forme et c’est avec un grand plaisir que j’ai remonté la piste, aux côtés de Macha et Andreï.

Nos deux personnages sont toujours aussi tintés de réalisme car comme nous ils ont peu, ils doutent, craignent que leur histoire d’amour n’aille pas plus loin, éprouvent de la jalousie… Leur histoire d’amour évite l’écueil de la guimauve et heureusement car je déteste les trucs mièvres.

Afin de mieux comprendre de quoi il était question en peinture, j’ai demandé à Google de me faire apparaître les toiles du maître, puisqu’il n’était pas question que je puisse aller les admirer au musée de Montauban ou à Saint-Pétersbourg, au musée de l’Ermitage. Cela permet de mieux comprendre la teneur du tableau et des motivations du criminel.

Si l’enquête était bien réalisée, ne manquait pas de suspense et de mystère, si le duo d’enquêteurs était toujours au top, que l’assassin avait de l’épaisseur, du talent, qu’il était « intelligent », que le scénario de l’enquête était instructif en ce qui concerne l’art, l’auteure n’a pas oublié de parler de son pays et de ceux qui souffrent, pendant que d’autres baignent dans le fric.

Ce n’est pas écrit noir sur blanc, c’est plus subtil que ça, mais si on lit entre les lignes, on est tout à fait capable de comprendre que tout le monde ne mange pas des sandwichs au foie gras en buvant du champagne, que tout le monde n’a pas les moyens de faire des études et que la classe moyenne n’a plus les moyens qu’elle avait avant.

Ce roman policier se laisse lire tout seul, avec addiction puisque l’on veut en savoir plus sur le meurtrier, ses mobiles. Les chapitres qui lui sont consacrés permettent de découvrir son enfance, de comprendre la genèse de son mal (pas de l’excuser), ses pensées…

Lorsque c’est bien fait, les changements de narrateurs donnent une autre épaisseur à un récit et c’est plus appréciable que le narrateur omniscient. Une fois de plus, l’auteure a réussi à le faire de manière intelligente en se mettant dans la tête des trois personnages principaux (même 4 puisqu’on a un passage avec une victime).

Une lecture que je conseille aux amateurs de romans policiers et qui souhaitent lire autre chose que leur came habituelle, de se dépayser et de se frotter à un tueur qui n’a rien d’un colonel Moutarde avec le chandelier dans la bibliothèque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°238].

18 réflexions au sujet de « Les Disparues du tableau : Daria Desombre »

  1. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Avril 2021 | The Cannibal Lecteur

  2. Purée de purée de ma grand-mère haltérophile cannibale et anachorète !!!! 😩 Tu en veux à ma PAL? Tu veux démontrer que les libraires sont une profession indispensable? C’est bon! On est tous d’accord avec ça !!!😬 Il va encooooore falloir que je secoue ma libraire préférée par les pieds! La pôvre! C’est que tu nous le vends bien ce bouquin!!!

    En tout cas… je ne comprends pas pourquoi les victimes de ce tueur là ne seraient pas heureuses d’être contentes d’avoir été homicidées d’une façon originale! C’est moins banal qu’un sordide meurtre conjugal ou crapuleux!!! 🙄 Bon… heureusement que c’est du roman hein… on peut encore dire ce qu’on veut même si c’est pas politiquement correct! 😬

    Pourquoi parle-ton du violon d’Ingres? Et ben je me suis laissée entendre dire que c’est parce qu’Ingres était un bon violoniste amateur en plus d’être peintre. C’est pourquoi on utiliserait cette expression pour parler d’un talent d’une personne qui n’est pas son talent principal. C’est bête comme choux! 🧐 Stephane Bern sors de mon corps que tu ne saurais posséder !!! 😱

    Aimé par 2 personnes

    • J’avais été lire le pourquoi du comment de l’expression et maintenant je peux briller en société que de toute façon je ne peux pas puisque rassemblement de troupeau d’intellectuelles interdits 😆

      C’est un honneur d’être trucidé de la sorte, je trouve aussi, et en effet, ce n’est pas politiquement correct mais si les politiques étaient corrects, ça se saurait, non ?? Dire à un aveugle qu’il est non-voyant, ça ne change rien au schmilblick, ni à son handicap… :/ Pour moi, c’est des édulcorants, du saccharose pour faire passer le goût du malheur.

      Bon, je vais aller me coucher, moi, je fume du cerveau et c’est pas bon 🙂

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