Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2003)

Résumé :
Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).

Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille.

Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John.

Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

Critique :
Le premier tome de Blacksad sentait bon le polar hard-boiled à l’ancienne (nous sommes dans les années 50) et avait tout d’une grande bédé.

Le tome 2 grimpe encore plus haut et crève le plafond et explose la cotation.

Hard-boiled, il l’est toujours, mais en lieu et place d’une enquête « classique », on met les pieds dans l’auge puante (et j’insulte les cochons) du ségrégationnisme, du racisme, des encagoulés du KKK et des bas de plafond des WASP (le banc anglo saxon et protestant).

Bienvenue dans le quartier de The Line, bienvenue chez la racaille des Claws, bienvenue aussi chez les suprémacistes d’Artic Nation, ceux qui viennent du froid et qui sont plus Blancs que Blancs que même les poudres à lessiver Dash/Dixan vont leur coller un procès tellement qu’ils sont Blancs.

Si au départ on pense à une enquête classique sur la disparition d’une jeune gamine Noire, restez sur vos gardes car il n’en sera rien et le scénariste sait non seulement monter une histoire qui tient la route mais en plus, il sait comment nous trouer le cul à la fin de son album. J’adore me faire entuber de la sorte.

Le dessinateur Juanjo Guarnido me donne envie d’acheter des ex-libris de Blacksad tant ses dessins sont sublimes, magnifaïïïïks, géniaux (et faudra aussi que j’achète un dico car les superlatifs comment à manquer).

Lorsque je lis (que je dévore goulûment) Blacksad, j’ai l’impression de regarder un vieux film des années 50, un bon vieux polar à l’ancienne, avec des atmosphères à la Bogart. Les dialogues, eux, sont toujours ciselé au scalpel, rempli de cynisme et de sarcasmes. J’adore !

Surtout qu’une espèce de fouine (une belette ?) a fait son entrée aux côtés de Blacksad : le journaliste surnommé Weekly qui ne manque pas d’humour.

L’anthropomorphisme est toujours bien réalisé à tel point que l’on oublie que l’on a affaire à des animaux qui souffrent des mêmes tares que les Humains.

Blacksad, c’est sobre, soigné, c’est intelligent, c’est fin, bref, je me demande pourquoi je n’ai pas lu cette série plus tôt. Avantage, je la découvre avec encore plus de plaisir et là, elle a sa place sur les plus hautes étagères de ma biblio, là où je classe le Graal de la bédé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°261], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°58], le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) [N°20  Une bd récompensée] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

  • 2003 : prix spécial du jury au festival de Sierre;
    • Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Arctic-Nation.
  • 2004 : prix du public et Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Arctic-Nation ;
    • Prix Virgin du meilleur album pour Arctic Nation.
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur album original pour Arctic-Nation;
    • prix Virgin du meilleur album pour Arctic-Nation.