Le gardien des ténèbres : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : Le gardien des ténèbres

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat Grafica (30/05/2007)

Résumé :
Le mystérieux carnet rouge à l’écriture toujours étrange possède des fragments écrits par une autre main en grec ancien. Ils font allusion à Charles Darwin et à sa visite à Monham.

London est approché par l’inquiétant Ptah qui souhaite acquérir le carnet, offre qu’il refuse.

Sur les traces de Brewser, ancien secrétaire de Darwin, Mort London apprend qu’il dirige un cirque ambulant sous le nom de Docteur Ward. Alors qu’il obtient de Ward le nom de Monham, la belle Victoria est chargée par Bram Stoker de séduire PTAH qui l’entraîne de nuit au Bristish Museum…

Un ultime épisode qui conclut avec éclat cette remarquable trilogie flirtant agréablement avec les romans gothiques des grands auteurs britanniques.

Critique :
Cette bédé fait suite à la série « London », même si pour autant il n’est pas noté que c’est le tome 3…

Ici Londres ! Fin XIXe siècle. Mortimer London (Mort) est entré en possession d’un étrange carnet rouge dont il ne comprend pas un traître mot.

Bram Stoker, qui lui donne un coup de main, peut juste lui dire que l’ami qui a tenté de le déchiffrer a juste réussi à lire du grec ancien et la signature de son auteur : Charles Darwin himself !

À travers le court récit qui explique la visite que fit un jour Charles Darwin à un inconnu, on comprend facilement que ça l’a marqué, ébranlé, qu’il a failli remettre en question ses théories.

Une fois de plus, les auteurs surfent sur l’élément fantastique sans vraiment le faire apparaître car rien du visage de la personne rencontrée par Darwin ne sera montré. Vu les commentaires de Mort qui vit la photo et les tableaux, on se doute que ce n’est pas joli joli à voir et qu’il aurait sa place dans la foire aux monstres.

Mais avant d’arriver à ce point final, Mort va enquêter, se faire cambrioler, se faire agresser, mais aussi se faire aider de la belle Victoria. Fil après fil, il va dénouer cet écheveau sans jamais que le lecteur ne sache vraiment qui sont ces autres créatures qui ont arpenté la Terre du temps des premiers Hommes…

Je pestai dans mon coin car j’aurais aimé voir, savoir ce à quoi j’avais affaire comme créature, supprimant d’office les vampires (puisqu’ils ne sont, en principe, pas horrible à regarder) et éliminant Néandertal puisqu’il n’est pas capable de vivre plus de 300 ans (et ne possède pas non plus une peau de serpent).

Jusqu’à ce que j’arrive à la fin, je pensais que je resterai sur ma fin… Mais l’ultime indice viendra de Victoria, partie en Amérique s’occuper d’un jeune garçon. Le tête du gamin, plus sont prénom peu courant m’ont sauté aux yeux et j’ai compris. Si besoin est, le nom de famille est lui aussi divulgué, sans compter l’indice flagrant dans la couverture, que j’ai remarqué ensuite.

Un récit bourré de mystère, de suspense, des graphismes agréables à regarder avec des couleurs qui ajoutent une ambiance gothique à cette bédé.

Anybref, sans révolutionner le genre, cette saga se laisse lire et la conclusion, même si elle laisse bien des portes ouvertes et qu’elle ne montre pas la tête du « monstre », donne tout de même de gros indices tout en mettant à l’honneur deux monuments de la littérature fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°275], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°25], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’hôtel de la dernière chance – Une enquête magique de Seth Seppi – 01 : Nicki Thornton

Titre : Une enquête magique de Seth Seppi – 01 – L’hôtel de la dernière chance

Auteur : Nicki Thornton
Éditions : Michel Lafon (2019) / Michel Lafon Poche (2021)
Édition Originale : Seth Seppi Mystery, book 1: The Last Chance Hotel (2018)
Traduction : Isabelle Troin

Résumé :
L’hôtel de la Dernière Chance est un endroit très particulier ; le jardin y est probablement enchanté, les murs ne se contentent pas d’avoir des oreilles, ils peuvent aussi parler, et le garçon de cuisine, Seth Seppi, a empoisonné par mégarde le sorcier le plus important du pays !

Mais si le jeune garçon est le suspect numéro 1, le bâtiment grouille de magiciens aux pouvoirs tous plus loufoques les uns que les autres… et chacun avec une excellente raison de faire le coup !

Pour prouver son innocence, Seth, seulement aidé de Belladone son chat noir, devra éveiller le brin de magie qui sommeille en lui et démasquer le véritable coupable avant qu’il ne soit trop tard.

Critique :
Un hôtel perdu dans les bois, de la magie, une enquête, le pitch et l’univers étaient prometteurs.

Seth Seppi est un jeune marmiton dans la cuisine de l’hôtel, quasi un esclave puisqu’il doit tout faire (une Cendrillon au masculin), en plus d’être le souffre-douleur de la fille des patrons qui n’est même pas capable de cuire des œufs brouillés.

Cette fille est une sorte de pendant masculin de Dudley, le cousin de Harry Potter car elle aussi est trop gâtée par ses parents qui la croient la meilleure.

De Seth, on sait juste qu’il est orphelin et que lorsqu’il est puni, on l’enferme dans le placard à balai.

Il y a du mystère dans ce roman jeunesse, notamment avec ce dîner qui a lieu à huis clos et dont l’un des convives meurt empoisonné avec le dessert concocté par Seth. Il va lui falloir prouver son innocence, mais si Seth n’est pas une imbécile, il est souvent dépassé par les événements et spectateur de sa propre vie.

Les chapitres sont courts, beaucoup trop couts, dans le but de terminer sur un mini cliffhanger à chaque fois, mais à force, c’est épuisant, surtout que nous ne sommes pas dans un feuilleton publié dans un hebdo (ou un quotidien) mais bien dans un roman. Je ne sais pas si les jeunes ont autant besoin de suspense à chaque fin de chapitre.

L’enquête ne cassera pas trois pattes à un canard, Seth étant souvent spectateur malgré lui face à l’enquêteur de la MagiPol, la police du monde magique, qui pourrait être une sorte de Sherlock Holmes en plus humain.

L’univers développé par l’auteure est intéressant, dommage qu’il ait été autant survolé sans jamais être approfondi. Au lieu de couper aussi vite les chapitres pour jouer avec le suspense, il aurait été plus intelligent d’apporter un peu plus de mâche à cet univers, de profondeur afin que les lecteurs n’aient pas l’impression que cet univers magique est sans consistance.

La magie doit sans doute expliquer que certains personnages secondaires disparaisse au fil de la lecture, comme si étant de moindre importance, l’auteure n’avait plus jugé bon de les animer, ne gardant plus dans le récit que les importants, ceux dont on se doute, sans hésiter, qu’ils ont joué un rôle dans la mort du sorcier. En réfléchissant un peu, on arrive sans mal à se douter de qui a fait le coup.

Pour moi, roman jeunesse ne doit pas rimer avec facilité scénaristique, pauvreté des personnages ou survol de l’univers créé. Les jeunes ne sont pas des débiles, ils ont un cerveau normalement et il faut les pousser à s’en servir.

Les grandes révélations qui arrivent un peu comme par magie, juste au bon moment, résolvant tout, ça donne l’impression qu’il suffisait d’attendre tranquillement à siroter du thé pour que l’affaire se résolve d’elle-même.

Pourtant, malgré mes bémols, cette lecture ne manquait pas de fraicheur, de bonnes intentions, de créativité, mais il aurait fallu pousser les curseurs un peu plus loin et ne pas se contenter du minimum syndical (mince, on dirait une inscription comme j’en avais sur mon bulletin, du temps de ma scolarité).

Tout n’est pas à jeter dans cette histoire, elle plaira sans doute plus aux jeunes de 8/10 ans et coincera avec les plus âgés, sauf s’ils font partie des lecteurs qui veulent se laisser guider par la narration et ne pas se fouler.

PS : bientôt paraîtra le roman mystérieux dont je vous avais parlé dans l’article de présentation du Mois Anglais. La petite surprise de derrière les fagots… Encore quelques fois dormir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°274], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°62], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°24] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.