Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 03 – Crime en toutes lettres : Sophie Hannah

Titre : Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 04 – Crime en toutes lettres

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (2018) / Livre de Poche (2019)
Édition Originale : The Mystery of Three Quarters
Traduction : Valérie Rosier

Résumé :
Hercule Poirot découvre une femme l’attendant devant sa porte, furieuse qu’il l’ait accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Poirot est sous le choc, il ne connaît pas non plus cet homme.

Une deuxième surprise l’attend à son bureau, lorsque John McCrodden lui annonce avoir reçu une lettre signée de Poirot, l’accusant du meurtre de Pandy.

Critique :
Pour les inconditionnels du détective belge, Hercule Poirot, lire ses nouvelles enquêtes écrites par Sophie Hanna, ce n’est pas la même chose.

Ça en a la couleur, ça y ressemble, mais c’est du Canada Dry© mis à côté d’un vieux whisky qui a passé du temps dans son fût de chêne.

N’allez pas croire que ce soit mauvais, le Canada Dry© est d’ailleurs mon soda préféré ! Malgré tout le talent de l’auteure, il lui est impossible de faire comme Agatha Christie.

La première chose qui frappe, se sont les différents personnages qui semblent futiles, guère approfondi, légers. Ceux d’Agatha Christie avaient baignés dans leur jus, les sauces étaient relevées, épicées, vous nappaient le palais, tandis qu’ici, hormis le gamin, Timmy, ils avaient tous l’air d’avoir baigné dans un bouillon Knorr industriel, comme si l’auteur avait manqué de tendresse pour eux.

Les deux premiers personnages étaient même à baffer : invectivant Poirot, à qui ils reprochaient l’envoi d’une lettre horrible, où ce dernier les accusait d’un crime, aucun des deux n’a pris la peine d’écouter le détective leur jurer de ses grands dieux n’avoir jamais écrit pareille lettre.

Ils étaient tellement dans leur trip, versant leur fiel sur le détective et sur tout le monde dans leur entourage, sans écouter un traitre mot de Poirot, que sur le moment, j’ai pensé à deux acteurs de caméras cachées jouant un rôle et je m’attendais presque à voir jaillir monsieur Zygo ou Marcel Béliveau, hilares, d’avoir réussi à piéger Hercule. Loupé.

Dans les critiques lues, certains reprochaient un récit trop long à se mettre en place, je ne leur donnerai pas tort, ça avance lentement, mais je n’ai pas ressenti cette lenteur de mon côté.

J’ai pris plaisir, malgré tout, à suivre Hercule Poirot, même si ce n’était qu’une copie du vrai et qu’il m’a semblé, à certains moments, un peu fadasse aussi, comme s’il lui avait manqué ces fameux jus de cuisson made in Christie et qui lui donnaient un goût hors du commun, irrésistible, celui que David Suchet su lui donner quand il lui prêta ses traits.

Dans ce troisième tome des nouvelles enquêtes, pour la première fois, l’on va parler de la peine de mort, avec d’un côté ses adeptes et de l’autre son détracteur. Comme toujours, dans ces discussions là, c’est tout ou rien et chacun est certain d’avoir raison, là où Poirot mettra plus de tempérance, là où moi je suis souvent le cul entre deux chaises.

Il y aura beaucoup d’hypocrisie ensuite, mais ça, c’est normal face à l’être humain qui n’est pas à une contradiction près et qui nous la joue ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪. L’analyse finale de Poirot sera un joli petit moment car il mettra les mots qu’il faut sur pareille hypocrisie. Il n’y avait, hélas, pas de gorille pour entraîner cette personne dans le maquis…

Une autre chose m’a un peu dérangée, c’est les sentiments amoureux de certains qui étaient un peu trop too much. Que vous gardiez de bons souvenirs d’un amour de vacances, c’est normal, mais que vous restiez amoureux fou, pendant des années, d’une femme que vous n’avez connu que trois jours, là, ça devient plus tiré par les cheveux (ou alors, c’était un super coup au lit), limite ado amouraché qui n’a pas su évoluer et à mis sur un piédestal cette femme.

Contrairement aux originales, cette enquête de Poirot ne m’a pas fait pousser des cris en découvrant la résolution de l’énigme car, sans être banale, elle ne cassera pas la baraque comme ont peu le faire celle de la reine du crime.

Malgré tout, je saluerai tout de même l’ingéniosité de l’auteure qui, si elle n’a pas réussi à nous offrir un vrai Hercule Poirot (mission impossible), a tout de même tenté le tout pour le tout afin de s’en approcher au plus près (mais il manquera toujours les sauces made in Agatha) et pour nous offrir une enquête qui sortait des sentiers battus, sans pour autant révolutionner le polar.

Mitigée je suis. D’un côté, j’ai apprécié ma lecture, sans pour autant qu’elle me transporte et de l’autre, je suis un peu déçue des personnages qui n’avaient pas d’envergure, dont certains étaient exaspérant (je demande qu’on les tue dans le prochain roman) et que mon cher Poirot n’était pas tout à fait tel que je l’ai toujours connu.

Ce n’est pas du polar haut de gamme, mais ce n’est pas la merde littéraire que je pensais, au vu des différents critiques lues (et qui m’ont fait rire, surtout le coup des escargots dans le compost).

Malgré tout, l’auteure aurait pu mieux faire au niveau des personnages qui auraient dû être soignés, surtout les vieilles filles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°290], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°43] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.