Les chroniques de St Mary’s – 03 – Une seconde chance : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – 03 – Une seconde chance

Auteur : Jodi Taylor
Édition : Hervé Chopin (14/02/2019)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 03: A Second Chance (2014)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
St Mary est de retour et rien ne va plus pour le docteur Maxwell. Une fois encore, l’institut très spécial de recherche historique St Mary, qui détient le secret du voyage dans le temps, passe d’une catastrophe à une autre.

De la rencontre avec Isaac Newton au champ de bataille sanglant d’Azincourt, rien ne se déroule comme prévu.

Mais c’est surtout à Troie, alors qu’Achille et Hector s’apprêtent à s’affronter sous ses yeux, que le destin de Max va se jouer.

Car si elle espère pouvoir percer le mystère du cheval de Troie, expliquer la destruction de cette cité mythique et toucher du doigt le destin tragique de Cassandre, elle va aussi devoir faire des choix irréversibles.

Critique :
Les sauts temporels sont toujours plus dangereux que les sauts dans des flaques d’eau ou que des sots, gardes des sceaux qui sautent dans des seaux d’eau, mais ils sont aussi bien plus instructifs et plus drôles que les autres exemples.

Si j’avais trouvé le tome 2 brouillon et foutraque avec plein de petits voyages temporels (pas assez développés à mon sens), que les résolutions arrivaient de manière un peu abrupte et que la relation entre Max (Madeleine Maxwell) et Léon partait en eau de boudin pour des petits rien, dans ce tome-ci, le récit est maitrisé.

L’humour est toujours bien présent, même lors de présentation des personnages principaux. Vous lisez les premières lignes et vous pouffez déjà de rire.

Cela équilibre un peu les drames parce que les aventures de Max et du département d’histoire ne sont jamais des parties de plaisir. On peut être blessé gravement durant un voyage dans le temps (et même à St Mary), on peut mourir, rester coincé au crétacé et finir dans l’estomac d’un dinosaure (imaginez ceux qui, plus tard, analyseront la crotte du dino après qu’il vous eût digéré : ils trouveront des éléments anachroniques dedans, telle de la viande humaine !)…

Déjà que les premières pages commencent par un épisode violent, avant de nous laisser sur un cliffhanger de dingue et de repartir en arrière pour nous expliquer ce que Max faisait en si mauvaise posture à cet endroit bien précis.

Si le premier voyage temporel de ce troisième roman est assez court (Isaac Newton), il est néanmoins assez drôle et dynamique et ne donne pas l’impression de se terminer abruptement comme celui du temps de Jack The Ripper (tome 2), même si le retour se fera, une fois de plus, en quatrième vitesse.

Ce qui sera le plus important dans ce roman, c’est le voyage temporel à Troie. Non, ils ne seront pas que trois à Troie et je ne vous dirai pas quand, mais ce n’était pas à Caen. De toute façon, le quart était passé.

Le récit d’Homère (d’alors) est-il véridique ? Nos amis vont tenter de résoudre cette énigme en partant à Troie durant 7 mois, un an avant la guerre, tentant de comparer le récit à la réalité, avant de revenir pour la guerre, à la fin, juste avant l’entrée en scène du cheval de Troie (qui avait quatre jambes).

Là, j’ai bu du petit lait ! La réécriture était intelligente, fine et j’ai dû faire abstraction du film où le beau Brad Pitt courrait en nous montrant ses belles guiboles. Rien à voir ! C’était violent et instructif à la fois. J’ai adoré avant que leur retour ne tourne en vinaigre entre Max et Léon, une fois de plus.

Le personnage de Madeleine Maxwell (Max), en plus d’être ronchon, gourmande, têtue, hyperactive, en bute avec l’autorité aura la conscience à géométrie variable. Une des règle les plus importantes est qu’il est interdit d’interférer dans l’Histoire, ce serait trop dangereux. Si Max a eu les couilles de s’interposer face à un membre qui allait prendre des libertés avec le règlement, elle aidera pourtant les premiers Hommes à traverser la mer Rouge…

L’univers de l’auteure est toujours riche en personnage marquants, hauts en couleur, déjanté, le genre de personnes qu’on ne peut laisser seul si l’on ne veut pas se retrouver avec des accidents ou catastrophes en tout genre.

Les descriptions de bataille d’Azincourt (autre voyage) étaient bien faites aussi, le lecteur a l’impression d’être sur le côté et de regarder les Anglais, moribonds, en sous effectif, faisant face aux Français, en surnombre, sûrs de leur victoire, vendant déjà la peau de l’ours avant même de l’avoir tué. L’Homme restera toujours le même, ses travers le suivant au fil des époques.

Anybref, après un tome 2 brouillon qui partait dans tous les sens sans vraiment s’accrocher à quoi que ce soit, ce tome 3 est précis comme le tir d’un arc anglais, lumineux comme les miroir d’Isaac Newton et impétueux comme un Agamemnon levant une armée pour faire le siège de Troie.

Le final est assez inattendu, imprévu et je me demande où l’auteure va nous mener dans le suivant avec ce nouvel arc narratif qui entre en ligne de compte. En tout cas, le final donne envie de lire le suivant pour savoir ce qu’il va se passer et j’espère ne pas attendre 1 an pour le faire, sinon, j’aurai tout oublié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°294], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°47] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings : Fabrice David et Jaime Calderón

Titre : Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Soleil (2009)

Résumé :
1066. L’Angleterre se prépare à devenir le théâtre de l’une des plus furieuses et des plus épiques batailles de tout le Moyen Age.

C’est pourtant un tout autre enjeu qui fera basculer le sort des îles britanniques.

Inscrit dans le cuir, n’y a-t-il pas un secret susceptible de transformer le destin de la chrétienté ?

Odon de Bayeux, demi-frère du Duc Guillaume, sera le premier à découvrir à quel point les Voies du Seigneur semblent tortueuses.

Critique :
Si vous m’aviez demandé de vous parler d’Hastings, je vous aurais sorti la biographie du compagnon d’enquête d’Hercule Poirot…

Et si ensuite, vous m’aviez aiguillé sur la fameuse bataille d’Hastings, j’aurais été incapable de vous donner la date, les protagonistes et qui gagna le match (et à combien de buts d’écarts).

Comme il n’est jamais trop tard pour augmenter sa culture, je me suis dirigée vers cette bédé historique qui, en plus de nous faire vivre la bataille d’Hastings de l’intérieur, ajoutera à cela un petit mystère contenu dans un parchemin et qui est de la bombe !

Pour les Nuls qui se trouvaient au fond de la classe avec moi, je vous résume le brol en quelques lignes : Guillaume Le Bâtard (pas encore « Le Conquérant »), qui est, pour l’instant, le duc de Normandie, s’apprête à se lancer à l’assaut de l’Angleterre (anti-brexit, le mec). Son énorme flotte est postée à Bayeux et n’y fait pas tapisserie.

Son but ? Renverser celui qui revendique le trône (Harold) et s’approprier le pays, aidé en cela par Hardrada, le chef saxon (vikings).

Odon, le demi-frère de Guillaume le Conquérant n’a rien d’un espion mais il va devoir jouer double-jeu pour tenter de récupérer ce précieux parchemin, sans que son frangin le sache.

Les atouts de cette bédé sont ses dessins, très bien réalisés et son scénario qui est empli de mystère. Pour l’issue de la bataille, si vous trouvez le suspense trop dur, Wikiki vous dira tout mais vous ne vivrez pas cette bataille de l’intérieur.

Les découpages de l’histoire sont dynamiques, quasi cinématographiques et une fois que l’on a lu les premières cases, on n’a plus envie de s’en aller, mais plutôt de lire jusqu’au bout.

Le mystère sur le parchemin sera levé, les lecteurs sauront ce qu’il contient et c’est une bonne chose car cela évite de devoir attendre la fin de la saga pour savoir. Effectivement, il aurait pu changer bien des choses…

Anybref, voilà une bédé historique plus que correcte, avec un scénario qui romance quelque peu l’Histoire, sans pour autant la dépraver ou la changer totalement.

Mon seul inconvénient sera pour les personnages avec lequel je n’ai eu aucun atome crochu, mais ceci n’est pas trop grave.

Par contre, plus de pages auraient permis aux auteurs de faire durer un peu plus la bataille afin que l’on soit vraiment immergé à fond dedans. Ici, elle se termine un peu trop vite.

L’intrigue liée au parchemin commence dans ce premier tome et je me doute bien qu’elle continuera dans les autres. Si j’ai le temps, je tâcherai de poursuivre cette saga afin de voir sur quelles routes (en dur ou maritimes) elle va me mener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°293], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°46], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.