Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween : Chandre et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween

Scénariste : Chandre et Agatha Christie
Dessinateur : Chandre

Édition : Emmanuel Proust (18/10/2007)

Résumé :
Le 31 octobre, c’est la fête du Potiron. Pour fêter l’événement, Mrs Drake invite les adolescents du village à une soirée. Joyce, une fillette à la langue bien pendue, se vante d’avoir assisté à un meurtre. Personne ne la prend au sérieux.

Erreur fatale, car peu après, son cadavre est découvert dans la bibliothèque ! Qui a voulu éliminer un si jeune témoin ? Pour cacher quel crime encore plus épouvantable ?

Critique :
Dans mes envies de relecture de l’oeuvre d’Agatha Christie, « La fête du potiron » était dans le peloton de tête car c’est le seul roman de la reine du crime où la victime du meurtre est une enfant.

N’ayant gardé aucun autre souvenir de ma lecture, c’était, une fois de plus, la série télé « Les petits meurtres » qui m’avait rafraichi la mémoire.

Néanmoins, j’avais envie de croiser la route d’Hercule Poirot et de son amie écrivaine, Ariadne Oliver dont le slogan pourrait-être « Mangez des pomme » tant elle aime ce fruit.

Pas de bol pour moi, cette adaptation bédé a été faite par Chandre dont je n’avais pas aimé les dessins dans « Témoin indésirable » à tel point que cette intrigue d’Agatha Christie, dont j’avais adoré l’adaptation télé, ne me donnait plus envie de la lire tant les ambiances n’étaient pas bien retranscrites.

Allais-je subir les mêmes tourments avec cette adaptation ? Ben oui, en partie et ce, toujours à cause des dessins qui semblent mal esquissés à certains moment, trop figés et des couleurs que je n’ai pas vraiment appréciées. Le pompon a été gagné avec Hercule Poirot… Une horreur !

En ce qui concerne les bons points, ce sont les tons plus chauds que dans « Témoin indésirable » et par le fait que l’intrigue ne portant pas sur des ambiances psychologiques de suspicion, ma lecture n’a pas été rébarbative comme pour l’autre adaptation.

Si je n’ai pas aimé la représentation d’Hercule Poirot, j’ai apprécié cheminer avec lui en quête d’indices pour nourrir mes petites cellules grises et récolter les indices afin de trouver le nom du coupable.

Les jeunes sont souvent accusés de tous les maux, dans ce récit : ils ne pensent qu’au LSD, au sexe, il faudrait les encadrer, tous des hippies, des zazous portant la barbe…

Bref, les litanies habituelles que les adultes lancent sur les jeunes, oubliant qu’à leur âge, ils étaient eux-mêmes le sujet d’inquiétudes, subissant les remontrances des adultes, devenus des vieillards maintenant. La vie est un éternel recommencement.

Moi qui avait râlé de voir que le dessinateur Chandre était aux dessins de cette adaptation, la lecture a été moins pénible que pour « Témoin Indésirable ».

Les dessins sont moches, c’est un fait, mais l’adaptation est bien réalisée car le lecteur n’a pas un goût de trop peu lors de la résolution puisqu’il a bien suivi les pérégrinations de Hercule Poirot et donc, les révélations ne tombent pas comme un cheveu dans la soupe, comme pour « L’affaire Protheroe ».

De plus, Poirot est bien le héros de cette affaire, c’est lui qui mène l’enquête et non le vicaire du patelin ou tout autre personnage.

Anybref, si on fait abstractions des dessins que je n’ai pas appréciés du tout, cette adaptation est réussie dans son scénario. Ce dernier ne donne pas l’impression que des coupes intempestives ont été faites au mauvais endroit et Poirot prendra le temps de nous expliquer la résolution de cette affaire sordide où deux enfants perdront la vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°304], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°57], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’homme invisible (BD) – Tome 1/2 : Dobbs, Christophe Regnault et H. G. Wells

Titre : L’homme invisible (BD) – Tome 1/2

Scénariste : Dobbs et H. G. Wells
Dessinateur : Christophe Regnault

Édition : Glénat (2017/2018)

Résumé :
Derrière son apparente légèreté se cache un lourd secret…

Un soir d’hiver, un étranger arrive à Iping, petite bourgade anglaise, bien nichée au cœur d’un 19ème siècle rural. Descendu au Lion’s Head Inn Tavern, son apparence et son attitude suscitent la curiosité et, rapidement, l’inquiétude.

L’homme, dont le visage est constamment recouvert de bandelettes et d’étranges lunettes, vit cloîtré et réduit les échanges avec ses semblables au strict nécessaire.

Bientôt, il annexe le salon de l’auberge, qu’il transforme en laboratoire. Au milieu de cornues, tubes à essai et autres formules mathématiques, il se livre sans relâche à d’obscures recherches. La population locale voit cette activité d’un mauvais œil.

Histoire courte mais intense, L’Homme invisible est une œuvre fondatrice à la fois cynique, drôle et inventive. Redécouvrez-la dans une adaptation en BD fidèle à l’ambiance glaciale du roman d’H. G. Wells !

Critique :
N’ayant jamais lu le roman de H.G. Wells, je me suis tournée vers son adaptation en bédé pour le découvrir.

Dès la première planche, j’étais dans l’ambiance : la nuit, de la neige, du froid, le petit village d’Iping, qui semble isolé et un mystérieux arrivant qui… qui arrive !

Les dessins sont très bien exécutés, que ce soit pour les décors intérieurs du petit hôtel ou ceux du village, en extérieur, sous la neige (mauvais timing pour la lecture, dehors, il fait plus de 30°).

Les couleurs oscillent entre le sombre ou les ocres pour illustrer la chaleur d’une pièce, illuminé par son feu ouvert.

Il y a beaucoup de mystère lors de l’arrivée de ce curieux client, portant des bandages sur le visage et des lunettes de scaphandrier. Il parle peu, ou alors juste pour donner des instructions, assez sèchement. Misanthrope, il ne se lie d’amitié avec personne, les chiens aboient (la caravane passe) et les chats crachent sur son passage, il ne dit bonjour à personne. De plus, il met mal à l’aise les habitants du village.

Les commérages vont bon train et si le lecteur ne savait pas ce qu’il était vraiment, il se poserait lui aussi bien des questions : savant fou ? Anarchiste ? Original ? Mutilé ?

Contrairement au roman original, cette bédé commence de suite avec l’arrivée de Griffin dans le petit village d’Iping, sans passer par le développement antérieur où notre homme, albinos, cherchait la formule de l’invisibilité en la testant sur le chat de sa voisine.

Le personnage de Griffin n’a rien d’un homme que l’on souhaiterait pour ami. Là où les super-héros de Marvel ou DC Comics cherchent à utiliser leurs pouvoirs pour faire le bien, Griffin utilise les siens pour commettre des vols, des agressions et se fiche pas mal de l’humanité tant il est égocentrique, égoïste et limite psychopathe. La morale ne l’étouffe pas un seul instant.

Cette adaptation, bien dessinée et bien colorisée, pose de suite les ambiances d’un petit village du Sussex, dans cette Angleterre rurale du 19ème siècle.

Commençant directement dans le vif du sujet, cet album ne perd pas de temps en préliminaires, nous mettant face à face avec cet homme étrange, couvert de bandages, dont le caractère est aussi aigri qu’un trait de vomi et qui, en s’enfermant dans son narcissisme et sa haine des autres, ne voit plus les autres êtres humains (au sens figuré) et abuse de son pouvoir d’invisibilité.

Une belle adaptation ! Vite, je m’en vais lire le tome suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°303], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°56], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.