Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 02 – À Knokke-le-Zoute ! : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 02 – À Knokke-le-Zoute !

Auteur : Nadine Monfils
Édition : Robert Laffont – La bête noire (10/06/2021)

Résumé :
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague…

Enfin les vacances, direction Knokke-le-Zoute ! Le peintre Magritte et sa femme Georgette se préparent à savourer les plaisirs de la côte belge : promenades en cuistax, croquettes de crevettes et moules-frites.

Mais avant ça, ils profitent de la plage, bien installés dans leur transat. Un peu plus loin, les aboiements de leur chienne Loulou sonnent la fin du farniente.

En grattant dans le sable, elle a déterré une main. Une aubaine pour René et Georgette qui vont se livrer à leur plaisir secret : traquer le meurtrier.

Critique :
C’est armée de mon maillot, de ma pelle et de mon seau que j’ai entamé cette lecture.

Débarquant au Zoute, j’ai évité d’ouvrir ma gueule de peur que l’on se rende compte que j’étais une francophone et j’ai camouflé mon frio-box sous le sable, afin que le bourgmestre Lippens ne le repère pas… Monsieur le maire préfère que l’on dépense ses sous dans les restos plutôt que de venir avec son pique-nique.

Pour les néophytes, si vous allez au Zoute, la station huppée de la Côte Belge (ou Vlaamse Kust selon certains), jouez aux prout-prout ma chère, s’il vous plait ! Moi, je me suis faite repérer de suite… Heureusement que je voyageais aux côtés des Magritte. René à aussitôt précisé, en montrant ma photo : « Ceci n’est pas une wallonne ». Sauvée !

Si seuls les Belges comprendront mon intro, que cela n’empêche pas les autres de découvrir les folles enquêtes des Magritte car elles sont une bouffée d’air frais dans une journée. Non seulement vous allez manger belge, parler belge, mais enquêter belge ! Alors, nom d’une pipe, allez-y gaiement !

On ne révolutionnera pas les enquêtes policières faites par des détectives en herbe, on est dans un whodunit classique, mais ce sont les atmosphères entourant ce récit qui valent leur pesant de crevettes grises.

Ce qui est magnifique, dans ce récit, c’est la présence du couple Magritte. Moi qui ne m’intéresse pas à la peinture de ce compatriote, j’ai été tout de suite conquise par son personnage, ainsi que celui de sa femme. Quant à Carmen, leur femme de ménage, elle est décalée et personne n’aurait envie de l’avoir pour passer la loque à reloqueter dans sa maison.

Les décors installés par Nadine Monfils sont parfaits et sans avoir jamais mis les pieds au Zoute à cette époque, vous aurez l’impression d’y être, de fouler sa plage, de sentir le pluie tomber sur vous et lorsque la drache viendra (pluie abondante), vous saurez que vous êtes dans le plat pays qui est le mien (plat uniquement au Ch’Nord, hein !).

Cette fois-ci, je n’ai rien vu venir dans le final, j’ai suspecté tout le monde, une fois de plus, échafaudé des scénarios tarabiscotés et pourtant, une fois éliminé l’improbable, ce qui restait, était la vérité. Merci Jackie d’avoir un aussi bon flair ! Sans leur chienne, les Magritte piétineraient encore.

Magritte n’a rien d’un Holmes Poirot, il trouve souvent par hasard, suite à un coup de pouce, ce qui rend l’enquête encore plus réaliste puisqu’elle ne le transforme pas en super détective tel un Columbo à l’imper impeccable.

Mon léger petit bémol sera pour le fait qu’on aurait pu complexifier la résolution finale, puisque nous avions des morts en cascade et aller plus loin dans le récit, un peu à la manière d’Agatha, ajoutant des crimes aux crimes, certains profitant de l’occasion pour occire leur vieille tante, épouse…

L’auteure aurait pu exploiter un triangle intéressant, mais comme souvent, plus c’est simple et plus c’est réaliste. Elle a sans doute eu raison de ne pas complexifier le tout, même si j’adore quand c’est retors à souhait.

Une lecture qui aurait encore eu plus de goût sur une plage de la Flandre, avec les veneurs de boules de Berlin (ou de l’Yser), des odeurs de moules-frites plein les narines, du sable collant entre les orteils et un goût salé sur les lèvres, mais dans le canapé, ça le faisait très bien aussi.

J’espère que ce duo reviendra parce qu’il m’enchante. Une petite visite à la Wallonie et à es patois serait des plus génial, mais là, faudra sans doute sous-titrer et pas que pour les lecteurs de France et de Navarre ! J’ai beaucoup de mal avec les patois qui ne sont pas de mon bled. Comme tout le monde.

Un très bon roman policier qui se construit autour des tableaux de Magritte, qui sent bon la belgitude, qui fleure bon les références littéraires.

Les dialogues sont croustillants, savoureux, rempli d’expressions de chez nous (que vous comprendrez, sinon, Google est là) et le surréalisme, sans jamais devenir lourd ou débile. C’est frais, c’est rempli de soleil, de pluie revigorante, de personnages ayant existés (Hergé, ici) et c’est une lecture détente qui fait un bien fou au moral.

Remboursé par la Sécu, en plus (uniquement pas les bonnes mutuelles Belges). Une super LC avec ma copinaute Bianca qui s’est laissée porter par le récit elle aussi et son avis rejoint le mien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°24] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°77].

 

24 réflexions au sujet de « Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 02 – À Knokke-le-Zoute ! : Nadine Monfils [LC avec Bianca] »

  1. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Août 2021 | The Cannibal Lecteur

  2. Ha, ton introduction… ça rappelle aux petits belges à quel point nous vivons dans un pays compliqué !
    Je n’ai jamais tenté la série bien que de mon côté, j’aime le travail de Magritte (c’est d’ailleurs le seul peintre que j’apprécie car autrement, je suis totalement insensible à cet art !). J’ai un peu peur du côté décalé…

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    • Même les belges ne suivent plus les brols politiques ! Les institutions belges, lorsque tu les étudies, c’est mal de crâne assuré !!!

      L’art est souvent galvaudé, ça a commencé avec des prêtes ou des rois (je ne sais plus) qui voulaient du fric et un esprit éclairé a décidé de donner de la valeur à des tableaux, des peintures, des statues….. ils les ont vendus, ont gagné du fric et depuis….

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      • Pour le prix de l’art… dans des émissions de S.Bern j’avais entendu dire que les peintres n’étaient pas si bien payés que ça sous Louis XIV. Un tableau ne coûtait pas si cher que ça… depuis la renaissance les peintres célèbres vivaient correctement car ils étaient pris en charge par leurs mécènes et ils avaient une équipe sous leurs ordres… mais à part ça… c’était des ateliers qui réalisaient des commandes… et on payait le temps et la réputation du peintre mais… ça restait un luxe accessible à la plupart des riches. La flambée des prix des tableaux a d’avantage à voir me semble-t-il avec l’émergence du capitalisme… et de la recherche de prestige des nouveaux riches qui voulaient s’approprier des morceaux d’histoires pour se donner un pseudo verni aristocratique… ou en faisant du mécénat.

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        • Beaucoup de peintres vivaient dans la misère totale, tel Van Gogh… maintenant, tu exposes une toile blanche, vierge de tout et tout le monde crie au génie !! De l’art ? Et mon cul, c’est du poulet ??

          On m’avait parlé un jour de ces prêtres qui cherchaient à se faire du fric et ce qui leur fut répondu par un roi avec des X, des V ou des I… Même si à l’époque, les prix ne devenaient pas aussi fous que maintenant, depuis que l’art est devenu un placement.

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  3. Tu as oublié de préciser que l’auteure était belge aussi. Cela aide pour parler de la culture locale.
    Trop drôle ta phrase : « « Ceci n’est pas une wallonne ».
    Par contre, il faut préciser que la plume de l’auteure n’est pas accessible à tous. Elle a un univers assez absurde qui ne plaît pas à tous. Mais si on aime, on rit bien:)
    La librairie du métro l’a mise dans les nouveautés. Je l’ai vu mais je n’ai pas cédé. même si cela sent bon les vacances tant attendues 🙂

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  4. RrrhhhooOOÔOooo… Et dire que j’ai même pas encore lu le premier volet que tu en est déjà au second!!!! Tu vas trop vite épicétou! 😀

    Chez moi aussi on passait la loque à reloqueter… et la wassingue aussi… 😆 J’ai pouffé en revoyant le mot… J’ai pouffé et je me suis gaussée (mais sans devenir une grosse pouffe pour autant bien entendu! :-/ )… Et puis… oui… je me suis souvenue de quelques partie de plage au bord de la Manche, là où l’eau est trop froide pour se baigner et où il faut marcher trois kilomètres vers l’horizon avant d’avoir l’eau jusqu’à la cheville, en gardant son KWay sur le dos (et en bougeant le buste comme un Playmobil ) et en mangeant un sandwiche au sable salé (ben ouais, à cause du vent qui s’arrête jamais! Aucune nourriture ne se consomme sans sable sur les plages du Nord!), seule nourriture envisageable pour les fauchés qui ne vont pas au resto parce que la moule-frite c’est devenu un luxe sur les bords de mer ! 😆

    Purée t’en parle bien des bords de mer comme je mes ai connus dans le Nord-Pas-de-Calais… Ben ouais on ne remontait pas jusque chez les Flamands! On pouvait pas… on comprenait rien à leurs panneaux routiers et on avait trop peur qu’ils nous lynchent en nous confondant avec des Wallons… Faut pas mélanger les Wallons avec les Nordistes tout de même! 😀 . Et dire que mon Toqué refuse catégoriquement de telles destinations de vacances ! Quand je pense ce que coûterait un été un Dunkerque par rapport aux locations de la côte d’usure où pour une semaine tu dois hypothéquer tes reins et ceux de tes enfants! Pffff! En plus les moules frites sur la côte d’usure… excuse moi mais… j’ai pas confiance… 😦 Les frites et les moules n’y sont fraîches qu’en sortant du congélo et pour ce qui se passe après… mystère et boules de gnomes!

    Dis moi? Tu sais s’ils font des mojitos sur les bords de la mer du Nord ? 😉

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    • Oui, tu prendrais des risques énormes à venir, ou alors, faut prendre l’accent du Sud !! Ils te prendront pour une cagole de Marseille et tu passeras sans encombre 😆

      Ah, les loques, tout des souvenirs…

      Oui, j’ai déjà bouffé le second, oui je lis trop vite, je sais, je suis la Shumi de la littérature (sauf que je pousse personne dans les fossés pour gagner).

      Moi j’adore la côte d’opale, on ne m’y fait pas chier, on me fout la paix et ils sont content de nous voir dépenser notre fric, alors que chez les flamands, on te regarde de travers alors que tu dépenses ton argent. Ils ne l’auront plus !

      Ouais, quand je vois ce que coûtent des vacances, on devrait se farcir la mer del ch’nord et rien de plus :p

      S’ils fond des mojitos, ce doit être au prix des moules frites : impayables !!!!

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