Manhattan Sunset : Roy Braverman

Titre : Manhattan Sunset

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo & cie- Thriller (04/02/2021)

Résumé :
Il n’y a pas pire vengeance que ce qui blesse ceux qu’on aime. À moins qu’on ne les tue.

Il n’y a pas pire obsession qu’un fantôme qui vous hante. À moins que ce ne soit celui d’un ami.

Il n’y a pas pire crime que de tuer une enfant. À moins de la tuer deux fois.

Un New York sombre et violent, avec des rues comme des canyons dans lesquels la vie se perd et la mort s’engouffre. Avec fracas parfois, comme lorsqu’elle vient saisir une petite fille, retrouvée assassinée, le corps mutilé, au milieu d’un amas d’épaves de voitures.

En équilibre précaire, accroupi tout en haut d’une pile de carrosseries déglinguées, Pfiffelmann interroge son partenaire, l’inspecteur Donnelli : « Alors, tu en dis quoi ? ». Un début d’enquête somme toute normal.

Sauf que  » Pfiff  » est un fantôme, qui exige lui aussi la vérité sur les circonstances de sa mort. Comme si Donnelli n’avait pas déjà tout son soûl de crimes, d’obsessions et de vengeances. Comme si la ville ne lui avait pas déjà arraché un lourd tribut.

Critique :
New-York, la ville qui ne dort jamais…

Donnelli, inspecteur au NYPD, est un flic bourru, au gosier en pente, qui n’a pas beaucoup de respect pour sa nouvelle partenaire, qu’il surnomme Bleue-bite et en plus, il voit le fantôme de son ancien coéquipier, assassiné lors d’une perquisition qui a mal tournée.

Non seulement il le voit, mais en plus, Pfiffelmann, fantôme de son état, lui parle, l’aide dans son enquête et Donnelli lui répond, ce qui le fait passer pour un fou aux yeux des autres.

Le cadre est posé, ce polar ne sera pas comme les autres, même si nous partons avec le flic bourru, désabusé et à tendance alcoolo. Donnelli, c’est le flic qui n’arrive jamais au bon moment, qui ne tombe pas à pic, mais qui, tout comme Grouchy, arrive quand tout est terminé et que ses collègues sont morts.

Ceci est un polar violent, noir comme la crasse sur les buildings, noir comme le fond des rues des quartiers mal famés, noir comme un café torréfié avec des chaussettes sales et du charbon. Bref, cherchez pas la lumière, la rédemption, les bons sentiments, les Bisounours, il n’y en a pas !

Le seul moment lumineux sera au moment du Manhattanhenge, lorsque le soleil couchant et flamboyant prend la 42e rue en parfaite enfilade. Moment de grâce, temps suspendu avant le dur retour aux affaires et aux meurtres qui semblent précéder notre pauvre inspecteur Donnelli, à cran à cause du fantôme de son coéquipier.

Les dialogues sont savoureux, heureusement qu’ils ajoutent de temps en temps une petite note d’humour, sinon, ce roman serait à vous donner envie de ne plus espérer dans le genre humain. Entre des meurtres de sang-froid, des tortures animales, des enlèvements d’enfants, du trafic d’êtres humains et j’en passe, l’ambiance est aussi plombée qu’un cercueil.

Mon bémol sera pour la présence du fantôme de Pfiffelmann : non pas que je n’ai pas apprécié ce personnage qui détonne dans un univers policier, il a ajouté son impertinence, qui était la bienvenue. Non pas que je sois réfractaire au fantastique, le fantôme pouvant aussi symboliser la voix de la conscience de Donnelli et ma foi, nous avons tous fait des dialogues dans notre tête… Non ? Oups…

Ce qui m’a le plus gênée, c’est que le fantôme lui explique ce qu’il s’est passé durant son assassinat, alors qu’il n’y a pas eu de témoin et que Donnelli n’a jamais su ce qu’il s’était passé.

Ce genre de détail donne un ancrage trop réaliste au fantôme et là, ailleurs que dans du Harry Potter ou dans le film Ghost, ça coince un peu chez moi. On n’est pas dans la série Ghost Whisperer tout de même !

Un peu trop facile, encore un peu et c’est Pfiff le fantôme qui résout l’enquête ! D’ailleurs, j’ai compris assez vite qui était le coupable… C’était du très classique et ne sera pas mémorable.

Ce polar est assez  effréné au départ, les descriptions de New-York nous la font vivre de l’intérieur et ses personnages, bien que semblant stéréotypés au départ, s’échappent assez vite de la caricature pour prendre leur envol et nous offrir quelques belles passes d’armes dans certains dialogues en plus de la guerre entre les flics de base et les Men In Black du FBI…

Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui trinque ! Autrement dit, à force de se tirer dans les pattes entre les différents services, le droit des victimes, lui, est bafoué et la justice, elle l’a dans le cul !

Le final est à la limite de ne plus savoir où donner de la tête tant les différents protagonistes de l’enquête arrivent de tous les côtés et comme souvent, trop c’est trop. Entre le NYPD, le FBI, la mafia lituanienne, les Russes, le MI6, ça fait trop de monde sur le pont.

Cet excès de protagonistes nuit au final de l’histoire. Tous ces rebondissements, après un petit essoufflement dans le récit, boostent le rythme, mais ne m’ont pas convaincue.

Manhattan Sunset est un polar du style hard-boiled, avec des durs à cuire, ce qui en fait un roman sombre, très sombre et très violent, sans possibilité de rémission. Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir…

Manhattan Sunset est plus pour un public avertit alors que Pasakukoo était plus dans le registre du polar de plage, celui qui fait du bien au moral. Ici, le moral est en berne, mais au moins, j’ai apprécié ma lecture, même si elle ne restera pas gravée dans ma mémoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°70].

 

18 réflexions au sujet de « Manhattan Sunset : Roy Braverman »

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